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Quel président pour les femmes en Haïti ?

Quel président pour les femmes en Haïti ?



Dans cet ouvrage collectif publié autour du titre : « Choisir la cause des Femmes / quel président pour les femmes ? / Réponses de François Mitterrand », que j’ai parcouru plusieurs fois au cours des derniers mois, qui présente le compte rendu de la rencontre de Martine Allain-Regnault, Ménie Grégoire, Gisèle Halimi, Helene Mathieu, François Parturier, Christine Ockrent et Josyane Sauvigneau avec François Mitterrand au palais des Congres, le 28 avril 1991, il m’a été permis de retracer un ensemble de points et d’approches à actualiser et à adapter dans le contexte haïtien.

Des décennies après et dans un autre contexte sociopolitique et culturel. Comment encourager les femmes journalistes et écrivaines haïtiennes à reproduire une telle démarche ? Comment inscrire de façon plus intelligente la problématique des femmes dans les discours et les promesses de campagnes aux prochaines élections ? Comment encourager plus de femmes à s’inscrire dans les prochaines compétitions électorales sachant que charité bien ordonnée commence par soi-même ? !

Dans un texte publié qui porte la signature de Gisèle Halimi, se trouvant à la page 17 de l’ouvrage, qui nous parait intemporel, on retient ces vers : « Nous sommes 52 % des forces de ce pays. Nous sommes des êtres humains à part entière. Notre corps nous appartient. Notre travail vaut ce que vaut tout travail. Nous devons peser notre poids. De vie et de savoir et d’imagination. Nous devons partager la responsabilité de l’avenir. »

D’ici les prochaines élections présidentielles en Haïti, si tout va moins mal, dans la République d’Haïti, le peuple devra choisir son prochain chef d’État, dont le sexe sera déterminé entre les inscriptions de l’homme ou de la femme aux registres du conseil électoral et les résultats définitifs.

Des candidats à la présidence d’Haïti, particulièrement des hommes, commencent à s’affirmer et à s’afficher publiquement au cours du mois de juillet 2020. Ce qui est certain, la grande majorité des autres candidats sortira dans l’ombre dans les mois, les semaines et les jours qui précéderont la fermeture du registre des inscriptions, comme pour créer le suspens ou la surprise, mais sans surprise.

De tous les secteurs de la vie nationale, comme dans tous les domaines d’activités économiques et sociales en Haïti et dans la diaspora, des hommes et des femmes persistent à croire que la solution d’Haïti sortira de leurs champs d’activités politiques et diplomatiques, économiques et éducatives, techniques et technologiques, scientifiques et culturels, etc.

Dans les débats sur la question de genre, et la problématique des femmes en particulier qui reviendront sur la table des discussions, les anciennes et nouvelles organisations de femmes, comme les plus influentes et les plus opportunités vont chacune définir une grille pour mesurer le parcours et les contributions des candidats dans la promotion des droits et la défense des intérêts des filles et des femmes en Haïti.

Depuis les élections de 1987 avortées, et celles de 1988, confirmant la victoire du président Lesly François Manigat, jusqu'aux élections de 2016, qui ont consacré la victoire du président Jovenel Moise, la participation des femmes n’a pas apporté grand espoir, en dehors de celles de 2011, avec la présence de madame Mirlande Manigat au deuxième tour face au grenadier et gagnant Michel Martelly, ancien président d’Haïti.

Des questions très pertinentes méritent plus que jamais des réponses intelligentes dans le contexte de planification stratégique des partis politiques et des institutions sociales, politiques et financières qui vont supporter certains leaders ou candidats à la présence. Quel président pour les femmes haïtiennes ? Pourquoi les femmes ne supportent-elles pas les femmes candidates à la présidence jusqu’au bout ? Quelles sont les prochaines femmes leaders candidates qui vont faire la différence aux prochaines élections présidentielles en Haïti ? Combien de femmes vont briguer le poste de président de la République ? Pourquoi des hommes devraient-ils supporter des femmes en lieu et place des hommes ? Quelles sont les opportunités pour le pays d’avoir une gouvernance dominée par des femmes ?

Des femmes d’affaires et des finances, des femmes politiques et diplomates, des femmes militantes de toutes les causes, des femmes de médias et des milieux culturels, des anciennes officielles et des ministres, des femmes évoluant dans l’éducation et dans les activités professionnelles, techniques et scientifiques, des femmes de la diaspora et des milieux paysans, entre autres, vont certainement plonger dans la prochaine piscine électorale pour tenter d'atteindre la ligne d'arrivée en première position. Qui sont-elles ? Comment se préparent-elles en silence ? Qui va supporter leurs candidatures dans ces prochaines luttes électorales ? Comment identifier les meilleurs profils féminins aux prochaines élections en Haïti ?

Dans le camp masculin, la bataille ne sera certainement pas facile, en constatant le calibre des quelques candidats confirmés durant l’année 2020. De la paternité responsable, en passant par l'avortement, le viol et d’autres violences domestiques et conjugales dont subissent régulièrement les femmes en Haïti, ils sont nombreux les thématiques qui vont cerner la problématique des femmes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, qui espèrent que le prochain président d’Haïti va finalement montrer la voie qui mène aux solutions durables. Quel président pour les femmes ? Quel modèle de femme pour devenir présidente d’Haïti ? Comment offrir une successeure à Ertha Pascal Trouillot ? Comment trouver la meilleure femme leader, candidate et battante qui pourra rattraper le parcours et dépasser les limites de Mirlande Manigat ?

Devenir, titre illustrant le dernier ouvrage en date de Michèle Obama, l'épouse de l’ancien président américain devrait servir de guide pour les coupes qui veulent se lancer dans la politique en ces temps de renouveau dans la politique, qui depuis toujours a été un mot féminin.

Dans une citation D’Angela Davis, on retient ces paroles : « Je n’accepte plus les choses que je ne peux pas changer. Je change les choses que je ne peux pas accepter. » Dans le cas actuel en Haïti, on se demande quelles sont les rares femmes qui vont décider de mettre la main à la patte pour tenter d’apporter ce changement tant souhaité ou espérer par plus d’un.

Derrière les risques des milliers de femmes prennent chaque jour pour se laisser tomber enceinte et jusqu’à mettre au monde au moins un enfant, dans des conditions très difficiles et risquées en Haïti, par rapport aux exigences des critères pour se lancer dans la course électorale, on se demande lequel de ces risques paraît plus difficile, si l’avenir et le bien-être de leurs enfants ne seront pas garantis. En se rappelant de la sagesse populaire qui fait croire souvent que : « Pwoblèm yon fanm se pou tout fanm ! », autant nous demander une fois de plus et non de trop, quel président pour les femmes en Haïti ?

De Saint-Simon, nous revient cette pensée qui traduit notre mal collectif disant que : « L’homme et la femme, voilà l’individu social…».

Dominique Domerçant




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