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La problématique des retours des Haïtiens bloqués à l’étranger depuis l’éclatement de la crise sanitaire du Covid-19

La problématique des retours des Haïtiens bloqués à l’étranger depuis l’éclatement de la crise sanitaire du Covid-19



Comme cela s’est produit pour les citoyens de tous les pays du monde, de nombreux Haïtiens s’étaient trouvés bloqués à l’étranger depuis l’éclatement de la crise sanitaire du Covid-19. Les uns sans ressources financières et sans connaissances dans des pays lointains où leur passage devait être de courte durée, d’autres heureusement dans d’autres pays où ils ont pu bénéficier de l’aide de membres de leurs familles proches ou d’amis comme en Amérique du Nord, d’autres enfin, installés régulièrement ou parfois clandestins se retrouvant brusquement plongés dans une situation précaire.

Toutes ces catégories de compatriotes qui ont été pendant des mois victimes de la crise sanitaire à l’extérieur avaient exercé des pressions sur le gouvernement haïtien, en l’occurrence le ministère haïtien des Affaires étrangères qui dit avoir reçu pendant la période « des milliers de requêtes via son réseau de la part d’Haïtiens bloqués un peu partout à travers le monde… »

Il est intéressant d’analyser avec ses divers rebondissements l’évolution de la situation de ces Haïtiens victimes externes de la pandémie du coronavirus, qui ont beaucoup souffert avant d’avoir pu rentrer au pays.

1. Quid des Haïtiens bloqués à l’étranger lors de l’éclatement de la pandémie ?

Il faut dire au départ qu’aucune estimation sérieuse n’est possible pour le moment du nombre d’Haïtiens qui étaient bloqués à l’étranger lors de l’éclatement de la pandémie.

Les seuls autres chiffres dont on pourrait disposer et auxquels nous n’avons pas accès sont ceux du ministère des Affaires étrangères qui était en contact par email avec des Haïtiens de l’étranger qui n’arrêtaient pas de lancer des SOS pour demander au gouvernement de faciliter leur retour.

Les catégories de nos compatriotes bloqués à l’étranger lors de l’éclatement de la pandémie sont d’une très grande diversité.

Dans certains cas, il s’agissait de personnes en déplacement touristique, principalement en Amérique du Nord. Des gens qui attendaient tranquillement la fin de leur séjour et donc qui disposaient d’une date fixe pour leur retour par voie aérienne. Dans d’autres cas, comme en République dominicaine et au Chili, il s’agissait d’Haïtiens possédant le statut de résidents de longue durée qui, dans le contexte d’explosion de la pandémie, ont décidé de quitter le pays d’accueil pour éviter d’être emportés par la maladie, et cela pas toujours au départ de la crise sanitaire. Enfin, dans un cas plus dramatique, il s’agit de la situation des Haïtiens venus de l’Amérique du Sud et principalement du Brésil et du Chili, en route vers l’Eldorado américain, qui se sont trouvés coincés dans la jungle panaméenne

1.1 Les Haïtiens bloqués en Amérique du Nord et en Europe

Il s’agit pendant toute la période du début de la pandémie de la catégorie la plus visible, car en raison de leur statut social plutôt de haut de gamme, les Haïtiens bloqués en Amérique du Nord et en Europe ont été de ceux qui se sont manifestés de la manière la plus virulente, utilisant toutes sortes médias notamment des organes de presse écrite et des stations de radio et de télévision possédées par les Haïtiens aux États-Unis et au Canada. Ajouter à cela le recours à l’Internet et aux réseaux sociaux qui les mettaient directement avec nos compatriotes vivant dans le pays. Ce sont surtout eux qui, billets en main, exerçaient en permanence des pressions sur le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement haïtien en vue de leur retour au plus vite au bercail.

L’une de leurs motivations principales à l’époque, c’est la grande peur qu’ils éprouvaient alors qu’ils s’étaient trouvés dans des pays très contaminés et en plein pic de la pandémie.

Il faut ajouter à cette catégorie les Haïtiens déportés des États-Unis qui ont été embarqués de force à bord d’avions militaires par le gouvernement américain pendant toute la période, au mépris des craintes et des dénonciations de certaines organisations de droits de l’homme basées en Amérique du Nord.

1.2 Les Haïtiens vivant en République dominicaine

Dans le cas des Haïtiens vivant en République dominicaine, il en était tout autrement, la plupart de nos compatriotes qui, se trouvant brusquement sans emploi et sans ressources, étaient obligés de revenir au bercail sans qu’une telle perspective fît partie de leurs plans. Certains d’entre eux sont rentrés par les voies normales, c’est-à-dire en traversant la frontière sur présentation de leurs passeports. D’autres ont emprunté les points de passage clandestins de la ligne de partage des deux pays. L’estimation de leur nombre est donc un exercice difficile.

Ces rentrées par les points informels posent des problèmes sanitaires graves, en lien avec le risque de propager le nouveau coronavirus, d’autant que la République dominicaine était, dès le mois de mars, le pays le plus infesté de la Caraïbe, avec 1 005 morts et de 56 943 individus contaminés au 23 juillet 2020. On sait que quelques points de contrôle ont été installés le long de la frontière pour tester les rapatriés. Mais, il est possible que l’essentiel des retours se soit effectué de manière informelle, ce qui contribue à la propagation de la pandémie en Haïti.

1.3 Les Haïtiens bloqués dans la jungle du Panama

Enfin, il y a d’autres Haïtiens en difficulté dont personne n’a presque jamais parlé pendant la crise. Il s’agit de ceux qui, dans leurs pérégrinations en Amérique centrale pour tenter d’entrer aux États-Unis, se préparaient à tenter leurs chances pour passer la frontière américano-mexicaine.

Pour cette dernière catégorie d’Haïtiens, il s’agit d’une histoire qui a commencé depuis les années 2010, à partir du Brésil, du Chili, de l’Équateur et du Venezuela qui avaient commencé, en signe de solidarité avec Haïti, à accueillir des milliers de nos compatriotes après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Mais, ce n’était qu’un tremplin pour la plupart de nos compatriotes qui, manifestement insatisfaits, avaient cédé à l’appel des sirènes nord-américaines et avaient pris par la voie terrestre, la route transcontinentale pour entrer illégalement aux États-Unis, via la Colombie et les pays d’Amérique centrale.

D’après certains articles de presse, il y aurait actuellement plus de 2 000 de nos compatriotes dans cette situation, concentrés essentiellement dans la jungle du Panama où ils sont exposés au risque de contracter le nouveau coronavirus dans un pays où ont été recensés au 25 juillet 58 864 cas de Covid-19.

Le journal Rezonodwès, dans son édition du 26 juillet 2010, parle à ce sujet d’oubliés de la jungle du Panama accusant même le ministère des Affaires étrangères de n’être « d’aucune utilité aux yeux de ces natifs du pays sombrant dans le cauchemar » alors que le gouvernement du Nicaragua dont 1 180 ressortissants se retrouvent dans la même situation est intervenu depuis début juillet en vue de leur évacuation.

De toute façon, pour la plupart de nos compatriotes victimes externes du Covid-19, la période allant du 19 mars au 30 juin 2020 a représenté un véritable calvaire, tant les obstacles étaient nombreux quant à la perspective de leur retour au pays.

2 Les dispositions officielles concernant le retour des Haïtiens

Les dispositions officielles concernant les retours des Haïtiens bloqués à l’étranger au début de la pandémie ont varié suivant la distance du pays où ils se trouvaient.

2.1 Les dispositions officielles concernant les Haïtiens vivant en République dominicaine

En raison de l’importance des relations entre les deux pays et de l’effectif des Haïtiens en République dominicaine qui sont estimés à plus de 800 000, un ensemble de dispositions spécifiques ont dû être prises très tôt pour parer à la survenue d’un nombre excessif de contaminations quand ils arrivent au pays. On sait que, dès la fin de février, des Haïtiens avaient commencé à quitter la République dominicaine, les uns par peur de la pandémie, les autres parce qu’ils n’exerçaient plus aucune activité, surtout ceux qui relevaient du secteur informel.

L’ambassade d’Haïti à Santo-Domingo avait mis au point dès le mois de mai en concertation avec l’Organisation internationale pour les migrations (l’OIM), la Croix-Rouge et le gouvernement dominicain. Un « plan de retour volontaire assisté » planifié auquel les Haïtiens souhaitant revenir au pays pouvaient s’inscrire.

Il était stipulé dans ce plan que :

- l’ambassade d’Haïti en République dominicaine était chargée d’inscrire les candidats au retour.

- l’ambassade dominicaine en Haïti devait assurer la prise en charge des Haïtiens et leur transport à la frontière selon un horaire établi entre les deux gouvernements ;

- la Croix-Rouge haïtienne assurerait leur restauration.

En complément, il était prévu sur le terrain :

- la vérification de l’état de santé des Haïtiens rapatriés dans un centre de tri (la prise de température, l’observation de symptômes et la pratique des tests de dépistage) ;

- la mise en quarantaine dans un centre aménagé avec eau, électricité, douche, internet et câble TV avec Canal plus ;

- le suivi des personnes testées positives au Covid-19 vers un centre hospitalier approprié, à la charge du ministère de la Santé publique par le MSPP.

L’OIM avait prévu 120 lits pour accueillir les malades du Covid 19 dans un centre de mise en quarantaine déjà fonctionnel non loin de Ouanaminthe ainsi que d’assurer le retour de nos compatriotes dans leur ville d’origine.

Au total, d’après le Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (le GARR), 98 824 compatriotes seraient revenus en Haïti au cours des six premiers mois de l’année 2020, l’essentiel ayant été enregistré depuis l’éclatement de la crise sanitaire, retours volontaires et déportations quotidiennes (20 629 déportés). On sait que la plupart d’entre eux échappent au test de dépistage même si l’UNFPA et l’OIM jouent un rôle de premier plan dans le projet de surveillance épidémiologique qui couvre 50 points de passage frontaliers, répartis entre 46 points clandestins et 4 points de passage officiels (Ouanaminthe, Belladère, Malpasse et Pédernales). Ajoutons que, selon ces mêmes organisations, les retours volontaires par les points de passage réguliers continueraient au rythme d’une centaine d’arrivées quotidiennes.

2.2 Les dispositions officielles concernant les Haïtiens bloqués dans les pays n’entretenant que des relations aériennes avec Haïti

Depuis l’instauration de l’état d’urgence le 19 mars 2020, on sait que le trafic aérien était à l’arrêt à l’aéroport Toussaint Louverture en dehors de quelques vols exceptionnels autorisés par le Premier ministre.

Il faut préciser que, dès le 30 janvier, un certain nombre de mesures de surveillance épidémiologique était envisagé ou appliquées à l’entrée dans le pays, à l’initiative du ministère de la Santé publique, lesquelles consistaient en la prise de température, la formation des agents de la Police nationale, de l’immigration et des personnels du service d’accueil à l’aéroport de Port-au-Prince.

Par ailleurs, le dimanche 15 mars, alors que l’épidémie battant son plein dans de nombreux pays, le Premier ministre Joseph Jouthe avait annoncé en même temps que la fermeture de la frontière haïtiano-dominicaine, la suspension des relations aériennes avec l’Europe et l’Amérique latine, laissant en suspens toute décision qui serait prise ultérieurement concernant les liaisons avec les États-Unis.

2.2.1. La période des vols exceptionnels et du dialogue de sourds entre les autorités et les Haïtiens de l’étranger

Il s’agissait entre mars et juin 2020 surtout de retours de déportés haïtiens embarqués par le gouvernement américain ou de personnel très spécifique. Aucun départ ni arrivée par l’intermédiaire d’une ligne régulière n’était alors enregistré dans le pays, sauf sur autorisation du Premier ministre. C’était alors une période de vols exceptionnels au cours de laquelle les autorités étaient soumises à un jeu incessant de pressions venant des Haïtiens bloqués à l’extérieur et auxquelles répondaient des messages négatifs du gouvernement qui avait manifestement peur de l’extension de la pandémie. C’était véritablement une période de dialogue de sourds.

Du côté du gouvernement, on constatait une grande réticence à accepter le retour des Haïtiens qui étaient bloqués dans les pays ravagés par le Covid-19, notamment les États-Unis et l’Europe. Cette période est marquée par de multiples correspondances « sévères » du Bureau du Premier ministre fixant les conditions pour le retour de nos compatriotes.

Dans une correspondance datée du 9 avril 2020 et envoyée au ministre des Affaires étrangères, soit environ trois semaines après la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes du pays, le Premier ministre avait déterminé un ensemble de conditions drastiques pour le traitement de toute requête de rapatriement émanant de ressortissants haïtiens. Cette correspondance exigeait la soumission d’un certain nombre de documents à soumettre à savoir :

- un certificat de test négatif de Covid-19 ;

- une réservation de voyage confirmée ;

- une preuve d’adresse domiciliaire et un engagement écrit de bonne foi d’autoquarantaines à domicile durant 14 jours.

En outre, il était stipulé que les intéressés pouvaient être visités à tout moment par les services du ministère de la Santé et que leurs passeports seront gardés par les services de l'immigration durant le temps de la quarantaine.

Le 19 avril, une autre correspondance du Premier ministre au ministre des Affaires étrangères venait renforcer les mesures précédentes. Désormais, tout candidat au retour doit se conformer aux exigences suivantes :

- soumettre une attestation récente d’un résultat négatif au Covid-19 ;

- présenter une réservation de voyage confirmé ;

- soumettre une réservation d’hôtel pour un confinement de 14 jours, soit à Visa Lodge ou à Servotel, ajoutant que « les passeports des intéressés seront gardés par les services de l’immigration durant le temps de la quarantaine soit 15 jours […] »

Inutile de dire que cette disposition avait donné lieu à de nombreux mécontentements, nos compatriotes bloqués à l’étranger ne voyant pas du tout la fin de leur calvaire en terre étrangère, alors qu’au nom des droits humains, ils ne cessaient de faire valoir le principe de leur droit au retour au pays.

2.2.2 La tentative du ministère des Affaires étrangères de faciliter le retour des Haïtiens bloqués à l’étranger

Par la suite, une note du ministère des Affaires étrangères datée du 15 juin 2020 avait fixé de manière différente les conditions pour faciliter le retour dans le pays de nos ressortissants. Elle enjoignait les chefs de missions diplomatiques et de postes consulaires d’Haïti à l’étranger de contacter les ressortissants haïtiens désireux d’entrer en Haïti, de fournir la photocopie de la première page de leur passeport, un numéro de téléphone ainsi que leur adresse en Haïti, sans oublier qu’ils doivent également disposer d’une attestation prouvant qu’ils sont testés négatifs au Covid-19.

Soucieux de remplir sa mission qui est « d’accorder aide et protection aux Haïtiens à l’étranger… », le ministère des Affaires étrangères qui était submergé de doléances de nos compatriotes victimes de la pandémie avait prévu d’établir une liste de ressortissants haïtiens intéressés à rentrer au pays qui serait acheminée à la Primature aux fins d’autorisation.

De toute évidence, les dispositions précisées dans les deux correspondances du Premier ministre n’étaient pas visiblement sur la même longueur d’onde que celles qui étaient envisagées par le ministère des Affaires étrangères, le chef du gouvernement stipulant que « toute ligne aérienne peut prendre à son bord tout passager détenteur d’une réservation de voyage sans qu’aucune autorisation préalable du gouvernement soit exigée pour l’embarquement d’un passager sur un vol à destination d’Haïti ».

Entretemps, à l’approche de trois mois de fermeture du trafic aérien dans presque tous les pays, les pressions s’étaient intensifiées un peu partout en vue de la réouverture des aéroports pour permettre entre autres des retours des nationaux bloqués à l’étranger. Pour leur part, les Haïtiens victimes externes de la pandémie ne cessaient aussi de manifester pour que le gouvernement réponde positivement à leur demande de rentrer au bercail.

3 Les dernières étapes en vue des retours des Haïtiens bloqués à l’extérieur

3.1 Vers la réouverture de l’espace aérien haïtien

Le Président de la République a été le premier à évoquer la question de la reprise du trafic aérien, à l’occasion d’une visite à l’aéroport Toussaint Louverture le dimanche 21 juin. Ce qui allait être confirmé une semaine après, plus précisément le mardi 30 juin, avec la réouverture des ports et des aéroports du pays ainsi que de notre frontière terrestre qui à ce jour est toujours fermée du côté dominicain.

Il avait par la même occasion annoncé que des travaux étaient en cours pour faciliter le respect des mesures visant la protection des passagers et des personnels en service à l’aéroport.

D’autres responsables ont par la suite indiqué la liste des mesures à savoir la prise de température des passagers, le respect de la distanciation sociale, le marquage au sol avec des pictogrammes, le port du masque, l’installation d’écran de protection en plexiglas, la réduction des passagers dans les bus qui amènent les passagers à l’avion, et enfin la désinfection périodique des matériels et équipements.

Parallèlement, l’attestation de test négatif au Covid-19 a été supprimée à la veille de la réouverture de l’aéroport, selon la déclaration de la ministre de la Santé publique en date du 10 juillet qui s’en tenait simplement à la quarantaine domiciliaire imposée aux passagers.
3.2 La décision prise à propos des retours des Haïtiens par le ministère de la Santé publique depuis la réouverture de l’espace aérien.

Un dernier revirement a été observé peu de temps après la réouverture de l’espace aérien, suite aux multiples critiques formulées par la société civile et certaines organisations qui avaient évoqué un laxisme concernant l’admission des passagers venant de l’étranger, la ministre de la Santé publique avait remis le 10 juillet sur le tapis l’exigence de la présentation d’un test de dépistage négatif, délivré 72 heures avant le vol, la mesure entrant en application à partir du mercredi 15 juillet 2020.

Bien que cette dernière disposition soit de nature à créer quelques désagréments chez les futurs voyageurs, elle doit être considérée comme un pis-aller par rapport à la série des mesures drastiques qui ont été imposées entre les mois d’avril et de juin.

Au total, la réouverture de l’aéroport au 30 juin dernier s’est effectuée à la satisfaction des Haïtiens qui étaient cruellement bloqués pendant quatre mois à l’étranger et qui sont désormais plus que soulagés. On peut estimer que plus de 20 000 de nos compatriotes sont retournés au bercail depuis le 30 juin dernier, d’une part, ceux qui étaient « confinés » par la force des choses loin de nos frontières, et d’autre part, des résidents sous d’autres cieux qui sont revenus au pays pour des raisons de convenance personnelle.

Conclusion

Ce qui a été développé dans les pages précédentes montre qu’à l’exception de nos compatriotes encore « piégés » dans la jungle panaméenne pour lesquels la société civile devrait se mobiliser, elle est « belle » l’histoire des Haïtiens bloqués des mois hors de nos frontières depuis l’éclatement de la pandémie. Une histoire avec toutefois une ombre au tableau parce qu’elle a rouvert la porte à l’augmentation des cas importés dans le pays. Une histoire à la fois courte et longue, qui peut inspirer des romans et des nouvelles extraordinaires. Courte, parce qu’elle n’a duré que quatre mois. Mais longue, parce qu’elle a été jalonnée de stress, de péripéties, de rebondissements et de contradictions pendant une période sans doute qui doit être l’une des plus déroutantes de leur vie. Si certains de nos compatriotes ont dû entretemps attraper le nouveau coronavirus sans avoir eu la chance de voir le bout du tunnel, les plus chanceux sont soit de retour, soit sur le point de revenir au bercail pour l’un des plus beaux retours de leur existence, qui sonne manifestement pour eux comme un retour d’exil.

Jean SAINT-VIL : jeanssaint_vil@yahoo.fr




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