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COMMENT CHOISIT-ON LES NOMS DES CYCLONES ?

COMMENT CHOISIT-ON LES NOMS DES CYCLONES ?



Rien que pendant la journée du mercredi 29 juillet, on a assisté à un changement de nom du système météorologique menaçant qui affecte la Caraïbe depuis sa pénétration dans l’arc antillais le mardi 28 juillet 2020. Les bulletins du National Hurricane Center (NHC) des États-Unis avaient commencé par utiliser le chiffre 9 (Nine, Nueve ou Neuf) pour désigner l’onde tropicale qu’on croyait susceptible de se transformer en formes plus élevées, à savoir dépression tropicale, tempête tropicale ou cyclone suivant la force des vents et l’intensité des pluies qui y seraient véhiculées. Pourtant, dès mercredi dans la journée, les vents étaient assez forts pour que le NHC donne un nom au système qui se déplaçait à plus de 75 km/h, mais non encore suffisamment organisé. Dans la soirée du mercredi, le NHC s’était enfin résolu à tirer de la liste des noms de 2020 pour donner le nom d’Isaias au système qui avait le même jour frappé les Petites Antilles et Porto-Rico, sans provoquer trop de dégâts. Aujourd’hui, c’est l’ile d’Hispaniola qui est dans le viseur du système qui devait sévir au moins jusqu’à vendredi avant de continuer sa course plus dangereuse vers Cuba et la Floride.

L’objectif que nous poursuivons dans cet article est d’expliquer la méthode qui est utilisée pour donner les noms aux cyclones.
Pourquoi a-t-on pris l’habitude de donner un nom à chaque cyclone ?

Il a fallu beaucoup de temps au XXe siècle pour arriver au système actuel de dénomination des cyclones, qui est intéressant parce qu’il diffère de celui qui désigne les tremblements de terre qui ne sont présentés que par leur date.

C'est un prévisionniste australien qui a été le premier à donner un nom aux cyclones au début du XXe siècle, mais sur une base plutôt fantaisiste. Entre 1939 et 1945, les météorologistes de l'American Air Force et de la Navy donnaient des prénoms féminins aux cyclones tropicaux du Pacifique, ceux de leur petite amie ou de leur femme.

Un peu avant 1950, on désignait quelquefois les ouragans par l’année où la tempête survenait, tantôt en mentionnant l’ordre de l’évènement (par exemple, la « 5e tempête tropicale 1938), tantôt en faisant suivre l’année du phénomène d’une lettre de l’alphabet (par exemple : 1942A, 1942B, etc.).

De 1950 à 1952, les cyclones tropicaux de l'Océan atlantique Nord ont été identifiés par l'alphabet phonétique (Able-Baker-Charlie-etc.). En 1953, le Service américain de météorologie est revenu aux prénoms féminins. En 1979, l'Organisation météorologique mondiale (l’OMM) et le Service américain de météorologie (National Weather Service) avaient adopté une liste qui rompait avec le sexisme et qui comprenait également des prénoms masculins.

Les noms des cyclones de la zone caraïbe

Il faut savoir que les systèmes de dénomination des cyclones ne sont pas les mêmes dans le monde. En effet, l’OMM et les pays ont adopté une division de la Terre en cinq zones ou bassins qui possèdent chacun leur dénomination : Bassin Atlantique, Bassin Pacifique, Bassin Océan Indien, tous avec des subdivisions. Par exemple, le Bassin Pacifique, qui est le plus étendu est subdivisé en quatre parties.

Dans la zone du Bassin atlantique qui nous intéresse, les noms de cyclones sont présentés de nos jours dans des listes alphabétiques où alternent des prénoms masculins et féminins. On préfère généralement des noms courts, ne dépassant jamais trois syllabes et jamais de noms composés. Toutes les lettres sont utilisées à l’exception des cinq lettres Q, U, X, Y, Z, parce que peu de prénoms débutent par ces lettres, ce qui fait au total 21 noms par liste. Si l’année cyclonique est anormalement active avec plus de 21 systèmes nommés, on a alors recours aux lettres de l’alphabet grec : alpha, bêta, gamma, delta, epsilon, etc, comme il en fut en 2006.

Il faut souligner que les choses sont assez différentes ailleurs comme dans la région Australie où toutes les lettres sont utilisées. Par exemple, Z dans Zelia, Zane ; Y dans Yvette et W dans Wallace.

Les listes annuelles de cyclones

Les noms des cyclones dans la zone caraïbe (Bassin atlantique) sont tirés d’une liste de prénoms masculins ou féminins en anglais, en français ou en espagnol (Alberto, Alex, Cristobal, Florence, Erika, Katrina,…). Il faut rappeler que les systèmes sont en général nommés une fois qu’ils ont atteint le stade de tempête tropicale tandis que les ondes tropicales sont désignées dans l’ordre numérique de leur apparition. La liste est une liste alphabétique, mise à jour chaque année après élimination de quelques noms de cyclones qui ont été particulièrement catastrophiques.

Chaque saison, on prépare une liste de noms potentiels pour les ouragans à venir. Les listes disponibles dans les publications sont généralement au nombre de six dans le Bassin Atlantique, soit des listes A, B, C, D, E et F, quitte à effectuer un ajout pour l’année qui suit après épuisement de la liste de l’année en cours. Dans le Pacifique Sud, on dispose de groupe de six listes également tandis que dans l’Océan les groupes comprennent jusqu’à huit listes.

Les listes sont révisées tous les six ans pour en extraire les noms des cyclones qui avaient causé des dégâts considérables. Ainsi, les mêmes noms reviennent chaque fois au bout de six ans, sauf les noms qui sont retirés - à la demande des pays concernés - des listes pour les cyclones tristement célèbres pour leurs ravages comme Hazel en 1954, Flora en 1963, Inez en 1966, Allen en 1980, Hugo en 1989, Georges en 1998, Katrina en 2005, Gustav et Ike et Irene en 2008. Matthew en 2016, Maria en 2017. Cependant, le nom de Gordon qui avait occasionné de nombreux dégâts et décès en Haïti en novembre 1994, soit 982 morts, figure encore sur les listes de noms de cyclones. Les noms de l’année 2002 se retrouvent en 2008, ceux de 2003 sont repris pour l’année 2009 et ainsi de suite.

Il peut arriver que certains cyclones possèdent deux noms. Par exemple, si un système venant du bassin atlantique traverse l’isthme d’Amérique centrale, il prend automatiquement une autre désignation une fois qu’il pénètre le Bassin pacifique Nord-Est., et ceci conformément aux noms contenus dans la liste de ce bassin d’accueil. Ainsi, en juillet 1996 lorsque la tempête tropicale CESAR formée dans le Bassin atlantique avait traversé l'Amérique Centrale, elle a été alors renommée DOUGLAS dans le Bassin pacifique Nord-Est. Inversement, la dernière fois qu'un système du Bassin pacifique Nord-Est avait rejoint le Bassin atlantique, en juin 1989, COSME est devenu ALLISON.

Conclusion

Cet article a révélé l’immense intérêt qu’a revêtu la pratique qui a consisté depuis le siècle dernier à donner un nom aux cyclones tropicaux à l’instar des tempêtes majeures qui soufflent dans certains pays comme en Europe. Le système en vigueur, dans l’ensemble assez simple, est fondé sur l’utilisation alternée de listes de prénoms masculins et féminins. On sait que l’on commence à baptiser les cyclones à partir du moment que le système a atteint le stade de tempête tropicale tandis que les ondes et les dépressions sont désignées par des chiffres. Le cœur de la question est toujours de savoir à quel moment il convient de nommer les systèmes en passant de l’onde ou de la dépression à la tempête tropicale comme on l’a vu hier pour Iasias. C’est d’ailleurs ce qui s’était passé en 2016 alors que l’on avait continué à désigner à tort le 1er août 2016 un système sous l’étiquette de 20e onde tropicale qui avait en même temps été déjà nommée EARL.

Jean SAINT-VIL
jeanssaint_vil@yahoo.fr




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