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Éducation: autour de l’héritage de la veuve du feu Fernand Prosper née Claire Neptune

Éducation: autour de l’héritage de la veuve du feu Fernand Prosper née Claire Neptune



Difficile de ne pas saluer le départ pour l’orient éternel le lundi 31 août 2020, de l’une des grandes figures de la génération des années 50, et plusieurs décennies après, qui a pratiquement marqué le secteur de l’éducation en Haïti. Autour de la mémoire de la veuve du feu Fernand Prosper, née Claire Neptune, qui s’était taillé une place importante dans l’éducation, depuis la mort de son mari, Fernand Prosper, ancien sénateur de la République, avocat, et professeur de mathématique, qui avait fait des études en France, à la Sorbonne, rapporte un des héritiers du couple Prosper.

D'anciens/anciennes élèves de l’éducatrice Claire Neptune, sont âgées en 2020 en moyenne de 73 ans. Autant comprendre combien d’années, de générations, et des promotions d’écoliers qui ont profité de la semence des valeurs et de l’intelligence à la fois émotionnelle, académique, des enseignements de la vie pratique et sociale de madame Claire Neptune, qui a vu le jour le 20 mai 1928.

Devenus parents, et grands-parents comme leur ancienne professeure, madame Claire Neptune Prosper, on retient dans la liste des anciens élèves et étudiants de cette grande dame de l’éducation, les noms de : Madame Ertha Pascal Trouillot, la première femme présidente d’Haïti ; le professeur Jacky Lumarque, une éminence grise et recteur de l’université Quisqueya ; l’écrivain René Philoctète ; et plusieurs autres noms importants de la société haïtienne, évoluant tant en Haïti et dans la diaspora, tel que le docteur Lionel Prosper, actuel président de l’association des médecins de Montréal, en dehors des trois enfants du couple : Pierre-Michel Maurice Prosper, qui fut maire de la commune de Pétion-Ville ; Margareth Prosper une professionnelle accomplie, et Jean Philippe Prosper, un ingénieur civil, un économiste accompli, et un financier de renommée mondiale, qui a occupé le poste de vice-président, Afrique subsaharienne, Amérique latine et Caraïbe, de la Société financière internationale (SIF), une structure de la Banque mondiale. Autant considérer que la relève de cette famille modeste est aussi prospère, et à la fois assez bien assurée par la réussite professionnelle assumée dans le renouvellement des générations, de pères en fils, de grand-mère en petite fille !

Derrière cet héritage biologique fièrement célébré bien avant sa mort, la veuve aura, pendant plusieurs décennies, assuré le bien-être de nombreux enfants qui ont fréquenté la pension qu’elle dirigeait, en dehors de ces activités au sein de l’établissement scolaire dénommé : Fernand Prosper, crée en avril 1957, avec son feu mari. Plus d’un, parmi les anciens élèves de cet établissement, espère voir un jour l’école retrouver ses lettres de noblesse. À quel prix pour entretenir un personnel professionnel et des collaborateurs immédiats aussi dévoués comme dans les débuts de l’institution ? Avec quel public pratiquement, lorsque l’éducation de qualité est loin d’être un passage obligé pour réussir de nos jours ? Sachant que plus on est formé, plus on risque de se faire humilier dans ce pays, jusqu'à se faire furieusement "dorvaliser", comme le bâtonnier, en un soir du vendredi 28 août 2020 ! (Fermons la parenthèse de la honte).


Déterminée à se tailler une place avec dignité dans la société, elle allait s'orienter vers les études, pour ensuite servir dans le secteur de l’éducation, en bénéficiant certainement du soutien de certains de ses proches, avec qui Claire allait garder des liens pendant des décennies. Pour les enfants d'autrui et autant pour ses enfants génétiques, elle s’est sacrifiée toute sa vie, confie une de ses proches parmi les plus fidèles, presque devenue l’une des confidentes de Claire.

Dans sa vie intime et personnelle, on retient les dates suivantes : les années 1952 et 1953, qui marquent sa rencontre avec l’homme de sa vie, Fernand Prosper, avec qui elle allait se marier en août 1957, pour lui offrir trois enfants, avant de devenir veuve, le 13 janvier 1972.

Date qu’elle allait porter tristement durant toute sa vie, en témoignent ses enfants, jusqu'à faire le grand voyage, pour certainement retrouver l'amour de sa vie, son mari complice et collaborateur dévoué, en dehors de tous ses anciens camarades et élèves, parents et collègues, et bien évidemment ses aïeux.

Des valeurs telles : la simplicité, l’humilité, l’accessibilité, l’intellectuelle, la rigidité, la discipline et la solidarité figurent parmi les piliers qui caractérisaient la personnalité de cette veuve, à en croire les héritiers de l’éducatrice, qui a enseigné durant toute sa vie, à l’école Externat la Providence, pour ensuite fonder le collège Fernand Prosper.

De mère en fils et filles, les enfants semblent avoir bien hérité de ces valeurs. « Chez les Prosper, on va trouver ces exigences de rigueur et d’honnête, de droiture et des valeurs, que la veuve Fernand Prosper avait transmises à ses enfants. Des valeurs qu’on retrouvait également chez feu maître Monferrier Dorval, qui était l’avocat de la famille », raconte entre une aire de fierté, mais également de tristesse, madame Etelka Molnar, l’épouse Prosper, cette Belge qui est devenue une Haïtienne à part entière.

Désormais auprès du père, l’éducatrice Claire Neptune est certainement heureuse de se libérer de son corps fatigué par la vieillesse, le stress, et certainement, sa grande déception de voir effondrer dans le pays pour lequel elle s’est investie à travers l’éducation des jeunes, un ensemble de principes et de valeurs, qui faisaient la fierté de son enfance et servaient de levier dans les familles durant toute sa génération.

Dans un dernier hommage, le mardi 8 septembre 2020, à l’église Saint-Pierre de Pétion-Ville, entre les salutations d’usage, suivies des funérailles, très tôt dans la journée, ce sont des anciens élèves et pensionnaires, des parents, des anciens collaborateurs du secteur de l’éducation, et des membres issus de toutes les élites du pays, comme des inconnus qui ont bénéficié des savoirs et de la sagesse de cette grande dame, qui vont garder une pensée spéciale pour la mémoire de Claire Neptune. Un monument parmi tant d’autres figures importantes disparues ou encore vivantes, qui ont participé durant les années 50, et jusqu'à nos jours, dans la préparation de plusieurs générations. Honneur et mérite à une femme professionnelle de l'éducation qui a fait son temps et profité de ses semences, dans la douleur et avec honneur, avec intelligence et patience !

Dominique Domerçant




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