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Urgence de sympathie, de solidarité et d’empathie entre les écoles et élèves en Haïti !

Urgence de sympathie, de solidarité et d’empathie entre les écoles et élèves en Haïti !



Durant des mois et des semaines pratiquement, les écoles se trouvant dans les régions à haut risque ou des zones de non-droit dans le pays, comme Martissant, Cité Soleil, et Croix des Bourquets, en dehors du cas récent du quartier de Bel’Air et du département de l’Artibonite, n’ont pratiquement pas fonctionné. Et pourtant, on pourrait chercher en vain dans les salles des nouvelles de nos médias et sur les réseaux sociaux, un seul message ou un cri d’alarme ou un geste de solidarité exprimé par les parents et les familles qui peuvent envoyer leurs enfants à l’école. Pourquoi autant d’indifférence et de mépris envers la vie et aux sorts des autres, les plus vulnérables ?

Durant la deuxième semaine du mois de septembre 2020, trois événements en cascades, tous, concernant des élèves nous montrent à quel point nous nous approchons vers une nouvelle période de tension dans le pays. Ces incidents regrettables ont prouvé combien l’indifférence demeure l’un des grands maux de notre société, et en particulier de notre système éducatif à travers les leçons apprises autour du thème : « Zafè bèf pa zafè kabrit ». Face à un tel défi, on ne peut considérer qu’il y a urgence pour encourager la sympathie et la solidarité entre les écoles en Haïti, tout en invitant les responsables de ces dernières à inscrire l’enseignement de l’empathie aux élèves du pays !

De ces trois incidents malheureux, on retient que des filles du lycée Marie-Jeanne ont été victimes du gaz lacrymogène jeté à l’intérieur ou dans le voisinage de leur établissement lors des troubles dans les rues en début de semaine. Aucune note publique officielle, de sympathie ou de solidarité à l’endroit de ces pauvres filles, venant des autres lycées encore moins des autres établissements scolaires voisins ou de la capitale n’a été remarquée dans les médias ou sur les réseaux sociaux.

Deuxième fait dégradant toujours dans le secteur éducatif, il s’agit de l’annonce dans les médias, au début de la journée du 9 septembre 2020, des établissements scolaires privés qui ont subi la veille, des attaques de jets de pierres, lancés par des groupes de jeunes en uniforme (des éventuels élèves).

Dans le même après-midi de cette sombre journée du 9 septembre 2020, ces mêmes groupes de jeunes encore en uniforme (pour ne pas dire des écoliers-face à d’éventuelles infiltrations) réclamant des cours et de meilleurs services dans leurs établissements scolaires publics souvent en grève, ont envahi les locaux du collège Canado Haïtien, dans la zone de Turgeau. Ils ont laissé en guise de bilan de leur passage, des casses dans le bâtiment et les véhicules qui se trouvaient sur le site, des pertes de matériels des paisibles élèves de l’établissement et surtout un traumatisme irréparable tant pour les parents, les élèves et le personnel de l’institution. Et sans oublier l’indignation partagée entre les anciens élèves de l’établissement et d’autres âmes sensibles.

Derrière ces incidents si tristes et dégradants qui ne font que mettre à nu notre société, particulièrement notre système éducatif haïtien, il existe différentes manières de voir la responsabilité des uns et des autres face à de telles dérives. Accuser l’État et responsabiliser les parents des élèves qui manifestent violemment ? Condamner les éventuelles mains invisibles qui manipulent ces élèves ou ces jeunes en rébellion contre la société ? Reconnaître la responsabilité partagée de nos élites, et du simple citoyen qui, le plus souvent, parait insensible face aux sorts des autres personnes, communautés et familles en difficulté par manque total d’empathie ?

Des décennies déjà, depuis qu’on parait presque tous indifférents envers ces enfants qui trainent dans les rues, qui en grandissant va finir par se venger de nous et de nos enfants. On les riait même parfois dans leur réalité quotidienne dégradante, jusqu'à porter le chanteur Bélo à interpréter la chanson : « Pa ri nan malèm ! », tout en nous rappelant : « Lavi son boula k revè », « Sonje byen nou tout se fre. Pèson pa renmen mizè…Lè bab kanmarad pran dife, ale mete paw la tranpe. Pa fè yon frè w saw pa vlel fèl, pouw pa antisipe malèw sa…» !

Des affrontements entre élèves entre eux, ou des universitaires sont loin d’être une première dans l’histoire des mouvements sociopolitiques et des revendications des écoliers et des jeunes fréquentant les institutions publiques et privées du pays. Cependant, on ne peut que déplorer ces dérives, en sachant que le plus souvent ces actes sont gratuits et irréparables.

Dommage que ces écoliers aigris/victimes comme leurs vulnérables/privilégiés, comme les professeurs qui dispensent des cours dans ces mêmes institutions privées et publiques, ne prennent pas le temps pour développer leur faculté intuitive, afin de se mettre à la place de l’autre, pour mieux percevoir ce qu’un ressent quand son enfant ne peut pas se rendre à l’école par manque d’argent, ou quand une famille fait des sacrifices énormes pour offrir un minimum de pain de l’instruction. Au final, on comprend pourquoi à l’avenir, ceux qui ont connu autant de difficultés pour aller à l’école veulent parfois autant se venger de la société !

Des revendications souvent légitimes portées par ces élèves des institutions publiques, on ne peut que déplorer certaines des manipulations qui poussant ces jeunes à utiliser la violence comme principale arme de combat pour se faire entendre ou pour se venger de ceux qui sont différents d’eux en apparence. Illusion sur toute la ligne, ces approches erronées ne visent que dans la plupart des cas, à ternir l’image de ces jeunes naïfs, même si quelques-uns des chefs de file le plus souvent son récompensés dans la politique…. Mais dans la grande majorité, le reste de la bande est en grande partie utilisé comme de vulgaires instruments ou serviettes suivant les constats.

De la nécessité pour les directeurs des écoles privées et publiques de tracer le bon exemple, en montrant la voie aux familles, aux parents leurs clients, aux personnels administratif et professoral, et enfin aux enfants, en tant que principal acteur en expérimentation dans le processus de socialisation par l’éducation. Il y a pratiquement urgence pour les institutions évoluant dans le système éducatif haïtien, notamment des écoles tant privées et publiques, de manifester un minimum de sens de solidarité et d’intelligence collective les uns envers les autres, dans le secteur. Trop de manifestations d’indifférence entre croisées envers les acteurs entre eux. Entre les responsables des institutions et des professeurs, entre les parents et les élèves, entre les parents et les professeurs !

Durant des mois et des semaines pratiquement, les écoles se trouvant dans les régions à haut risque ou des zones de non-droit dans le pays, comme Martissant, Cité Soleil, et à Croix des Bourquets, en dehors du cas récent du quartier de Bel’Air, et du département de l’Artibonite, n’ont pratiquement pas fonctionné. Et pourtant, on pourrait chercher en vain dans les salles des nouvelles de nos médias et sur les réseaux sociaux, un seul message ou un cri d’alarme ou un geste de solidarité exprimé par les parents et les familles qui peuvent envoyer leurs enfants à l’école.

De la nécessité d’encourager les établissements scolaires en Haïti à se doter d’un service, ou d’un agent ou chargé de communication (interne et externe), qui aurait la mission de porter les messages de l’institution sur tous les sujets relatifs aux activités publiques de l’école, ou concernant des acteurs, des partenaires et des membres de la communauté éducative haïtienne. Plus qu’une simple question d’informer le public, pour annoncer l’ouverture des registres d’inscription, et les dates limites pour payer les frais entre autres. Les écoles haïtiennes doivent se parler entre-elles, pour mieux comprendre la réalité de leur environnement immédiat, pour dégager plus de réciprocité croisée, sincère et solidaire dans le bien et pour le bien-être collectif, entre les responsables d’école, les professeurs, les parents, les élèves et l’ensemble des acteurs de la collectivité.

Dialogue inévitable pour concilier les acteurs entre eux. Les écoles haïtiennes doivent communiquer avec la société, pour mieux entendre les cris désespérés de ces élèves et de leurs familles qui ne peuvent se rendre à l’économat. À travers des associations et regroupements des institutions éducatives la population espère un message inspirant et dépassant ces murmures rebelles ou ces agressions orphelines. Un mot de sympathie, un geste de solidarité ou une communication empathique envers les familles autant vulnérables que les victimes !

Depuis toujours nous savons que : « L’on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas ! », et que : « L’exemple doit toujours venir d’en haut ». Alors autant encourager le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, à inscrire dans le curriculum avant la fin de cette année, des cours sur l’empathie pour les élèves en Haïti. Des expériences réussies dans d’autres pays peuvent être adaptées dans le contexte haïtien. Des connaissances, des compétences et des comportements exemplaires peuvent servir dans ce nouvel apprentissage inévitable pour renforcer les liens entre les différentes couches la population. Et pourquoi pas, des institutions évoluant dans un même et seul secteur, comme l’éducation !

Des élèves qui fréquentent des collègues et des universités privées, ne sont pas aussi heureux, si riches et si privilégiés comme certains esprits erronés, méchants ou malsains veulent parfois le faire croire à certains des pauvres jeunes en uniforme dans les rues, qui veulent briser le miroir social. À chacun ses sacrifices et parfois même ces vices pour tenter de survivre suivant parfois la logique : « Aparans plis blòf egal rezistans ! », ou du : « Piton lèd nou la ! ».

Désarmons une fois pour toutes, cette forme d’illusion qu’on impose à l’autre, qui nous fait souvent croire que : « Jaden vwazen toujou pi bèl », sans vraiment réaliser que : « Zafè ti nèg se mistè ! ». Les familles des enfants qui fréquentent des collèges ne sont pas aussi privilégiées, comme les enfants évoluant dans les quartiers de non-droit, ne sont pas forcement des apprentis bandits.

Dans l’impossibilité pour les élèves des lycées de connaitre la vraie réalité des élèves des collèges, et sans vouloir forcer les élèves des collèges à subir le sort des lycéens, suivant le principe rancunier et revanchard : « Fòk wòch nan dlo konn doulè wòch nan solèy », dans un esprit de pardon et de dépassement, la culture de l’empathie demeure comme la seule solution, parce que l’avenir appartient à toutes ces deux catégories, et pourquoi pas, aux enfants de parents haïtiens et des expatriés qui reviendront travailler et investir en Haïti.

Dominique Domerçant




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