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Le nombre «17» dans l’histoire d’Haïti

Le nombre «17» dans l’histoire d’Haïti



De 1986 à 2020, Haïti a connu pratiquement dix-sept régimes politiques, à raison de quinze chefs d’État, avec Aristide et Préval qui ont eu deux mandats, pour aboutir au nombre dix-sept. N’est-ce pas une belle manière de signifier par la numérologie, la fin du cycle de l’ère démocratique qui se confirme entre les voix et les mouvements qui réclament le changement de système ? À noter que ce fut un 17 avril 1825, que l’indépendance d’Haïti a été reconnue par la France, à travers l’Ordonnance de Charles X.

Dans la grande mobilisation des esclaves au lendemain de la cérémonie de Bois-Caïman, cinq ans et trois jours après, soit le 17 août 1796, ce fut la révolte des anciens esclaves du Sud contre les colons blancs et le général Kerverseau, qui avait pour mission de ramener Rigaud à la raison. Pratiquement quatre ans plus tôt arrivaient les commissaires Santhonax, Polverel et Ailhaud dans la rade du Cap, pour une des plus importantes missions dans la colonie. Et dix ans après, à cette même date du 17 août 1802, Toussaint Dominique Louverture allait piler le sol français, en arrivant comme prisonnier et déporté à Brest au bord du bateau le « Héros ». C’est une date qui fait bien les histoires sur cette terre ?

Dans toute l’histoire d’Haïti, il existe un ensemble de symboles, y compris des lettres, des chiffres et des nombres, qui méritent des études approfondies pour pouvoir mieux connaître et comprendre l’essence de certains faits des plus marquants. Toutes les personnalités politiques au pouvoir et aux abords du pouvoir devraient pouvoir maîtriser ces principaux symboles, qui sont présents et influencent pratiquement tous les secteurs de la vie nationale haïtienne et même l’histoire de l'humanité. Dans une telle perspective, je vous invite à faire un tour dans les quelques représentations retenues du nombre dix-sept (17), parmi tant d’autres, pour ainsi lancer les débats sur le sujet ?

Dans l’histoire de la numérologie ou des principes alchimiques, on retient les principales explications qui suivent autour du nombre dix-sept, qui représente le symbole du Grand-Œuvre alchimique ou la spiritualisation de la matière. Il se décrit par le nombre un qui représente l’unité, le nombre sept qui symbolise la spiritualité ou la perfection, et dont la somme des deux premiers donne le nombre huit qui signifie la matière.

Des émotions de toutes sortes, de peur, de joie, de peine, de grandeur, d’humiliation, de honte, funestes ou d’allégresse accompagnent pratiquement cette date si importante dans l’histoire d’Haïti, comme le 17 octobre 1902, qui rappelle les manifestations de réjouissances populaires, qui coïncidaient avec la fin de la guerre civile dans le pays. Six ans et quelques mois plus tard, le 17 décembre 1908, c’est le président Antoine Simon qui allait être proclamé président de l’Assemblée nationale. Quatre et vingt quinze ans plus tôt, soit en 1803, cette même date marquait la perte par les Français de la ville des Cayes, avec les avancées spectaculaires du mulâtre Geffrard, qui s’était rallié à Dessalines, en recevant le commandement de la 13e demi-brigade qui chassa les troupes françaises dans le Sud.

Découvrons ensemble une sélection de faits qui évoluent sur la fréquence du nombre dix-sept ? Que symbolise la date du 17 octobre dans l’histoire d’Haïti véritablement ? Quelle place occupe pratiquement le nombre dix-sept dans la culture des Amérindiens, dans le Vodou, dans la cérémonie de Bois-Caïman, dans les trois pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) et dans la création des institutions du pays ? Qui est le 17e chef d’État haïtien après les années 1804, 1934 et 1986 ? Qu’est-ce qui a marqué la 17e législature ? Quelles sont les dix-sept plus importantes juridictions sectorielles en Haïti ? Qui est le 17e Premier ministre haïtien ? Quelles sont les institutions et les décisions les plus importantes dans l’histoire d’Haïti qui portent les marques du nombre 17 ? Quels sont les 17 plus grands faits historiques d’Haïti ? Comment permettre à Haïti de s’inscrire dans la promotion des 17 objectifs du développement durable d’ici 2030 ?

Des événements majeurs, parmi les plus importants dans l’histoire d’Haïti portent dans un sens ou dans un autre, de façon visible ou voilée la semence ou l’ombre du nombre dix-sept. Pourquoi autant de corrélations, de coïncidences ou de similitudes dans la fabrication et même l’improvisation de ces faits marquants ? Quels sont les secrets ou les pouvoirs qui sont associés à ce nombre dans l’histoire d’Haïti au niveau des dates, dans la vie des acteurs, dans la mesure des lieux, dans l’emplacement, dans la classification et la codification, etc. ?

D’entrée de jeu, le nombre dix-sept fait malheureusement référence à la date de l’assassinat du Père fondateur de la patrie, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, le 17 octobre 1806. On dirait tout bonnement que cela n’a pratiquement aucune importance dans les cercles des profanes, mais par contre dans d’autres milieux, on pourrait conclure qu’en ce jour, les principaux esprits protecteurs du premier des Haïtiens n’étaient pas au rendez-vous. Voilà pourquoi, il n’a pas vu venir ce triste sort jusqu'à tomber dans le complot de ses pairs.

De la présidence à vie Henri Christophe promulgua la Constitution de l’État d’Haïti le 17 février 1907, qui ratifia la scission du Nord et de l’Ouest. Cinq ans avant, en 1802, Christophe allait subir le revirement du camp français, en étant déclaré rebelle et hors-la-loi par Leclerc, et on se souviendra de la suite. Et le 17 février 1842, fut signé le 2e projet de Concordant le 17 mai 1936, et le 3e projet de concordat entre le gouvernement haïtien et le Saint-Siège, avec tout ce que cela comporte comme impact sur le devenir de la nation. Et le bateau Neptune venant de Jérémie, va couler au large de Miragoâve, avec plus de 2024 personnes à bord.

Durant l’année de 1844, qui se rattache à l’indépendance de la République dominicaine, le 17 juin 1844, que la ville de Hinche était redevenue le territoire haïtien, suite au débarquement d’une colonne du régiment de la garde nationale de Marmelade. Il était une fois Haïti.

Depuis, cette date, où le nombre 17 s’est imposé dans l’architecture historique, politique, institutionnelle, économique, générationnelle, religieuse et surtout mystique du peuple d’Haïti, jusqu'à prendre la forme d’un nombre d’or. Comme une tache indélébile dans la trahison des élites et la déviance de nos institutions, dans l’imaginaire populaire et la mémoire collective, ce nombre mérite d’être enseigné dans les écoles et les universités du pays. Comme une dette impayée et une dérive à réparer, la journée du 17 octobre devrait s'inscrire en tant que journée de deuil nationale en Haïti. D’ailleurs, jusqu'à nos jours, l'Empereur n'a pratiquement jamais eu droit à des funérailles officielles et nationales réalisées en son honneur. Quel impair ? Quel manquement grave !

D'autres chefs d'État haïtien ont laissé le pouvoir en dehors de Jean-Jacques Dessalines le 17 octobre 1806, tels que : Pierre Théoma Boisrond Canal le 17 juillet 1879, Borno Monpoint le 17 octobre 1889, et Henry Namphy le 17 septembre 1988. La journée portant le nombre dix-sept a aussi été une date mémorable et importante pour des dirigeants haïtiens, en dehors de Henri Christophe qui s'est proclamé président de la République d’Haïti (Nord), le 17 février 1807, on peut citer : Florvil Hyppolite qui a pris ses fonctions le 17 octobre 1889, et le cas du président Prosper Avril, qui allait assurer la double fonction de chef de l'Armée à chef de l’État le 17 septembre 1988.

Durant l’année 2021 qui avance à grands pas, cela fera pratiquement dix-sept ans depuis l’année 2004, qui marquait le bicentenaire de l’indépendance du pays, avec tout ce que cela a traîné comme symbole, en dehors de l’occupation de forces armées étrangères que le pays a connu.

Dans les prescriptions de la Constitution haïtienne, le nombre 17 coïncidant avec l’âge symbolisant la dernière année d’adolescence avant d'atteindre l'âge majeur des dix-huit ans retenu, contrairement à d’autres pays comme les États-Unis à travers plusieurs de ces États, qui retient l’âge de dix-sept ans.

Dans la Constitution haïtienne amendée, en lien avec le nombre en question, on retient dans l’article 17, qui fait référence à l’âge de la majorité du citoyen, ainsi que le principe du quota d'au moins trente pour cent (30% de femmes exigées dans les services publics.). Deux points combien importants et déterminent dans la sociologie de nos institutions, et déterminants pour les grands choix qui engagent la nation.

D’une date, deux voies. Boisrond Canal fut élu le 17 juillet 1876, par l’Assemblée nationale et deux ans plus tard, il allait démissionner le 17 juillet 1878.

Dans la vie politique du pays, on retiendra Louis Mondestin Florvil Hyppolite, en tant que 17e chef d’État haïtien, depuis l’indépendance d’Haïti, et par coïncidence qui a pris ses fonctions le 17 octobre 1889, pour mourir au pouvoir le 24 mars 1896.

Durant le règne du président Hyppolite, qui fut bien avant : « Chef d’un gouvernement provisoire crée après le départ de François Légitime, il s’est vu confier, le 9 octobre 1989, la présidence par l’Assemblée constituante qui venait juste de rédiger la nouvelle Constitution.», nous rapporte le site « Haiti-Reference,com », qui rappelle également que : «Pendant son administration, il accorda une attention soutenue aux travaux publics. Il acheva ainsi le Palais des ministères, construisit plusieurs ponts, dont celui jeté sur la rivière Grise près de la Croix-des-Missions, érigeant les marchés en fer du Cap-Haitien et de Port-au-Prince... »

Délimitation de la frontière haïtiano-dominicaine et le désir des Américains d’annexer le Môle Saint-Nicolas, sont les deux principaux dossiers épineux, qui ont été abordés par le président Hyppolite, durant les sept ans passés au pouvoir. Des sujets qui auront à influencer toute l’histoire d’Haïti jusqu'à nos jours. On ne manquera pas de signaler que c’est l’image du président Hyppolite qui figure depuis quelques années sur le billet de plus grande valeur actuellement utilisé dans l’économie nationale, tout en rappelant que la Banque de la République d’Haïti (BRH) et la Banque nationale de Crédit (BNC) ont été créées par la loi du 17 août 1979.

Dans l’histoire des banques en Haïti, la date du 17 décembre 1915 rappellera le vol à main armée à la Banque d'Haïti par la Marine américaine. Le site Haïti-Référence rapporte : « Un croiseur américain débarque un détachement de soixante-cinq Marines (Américains) armés de matraque et de revolvers. Ils se dirigent vers la banque, se saisissent de 500.000 dollars valeurs or, le transfèrent à bord du croiseur. Ce dernier fait voile pour New-York. {Diederich, p.41]. »

Date fatidique pour le président Leslie Manigat, qui a signé sa mort politique à la présidence du pays, en choisissant le 17 juin 1988, de renvoyer sans élégance le chef des Forces armées d’Haïti, le lieutenant général Henri Namphy. Et trois jours après, il allait subir le revers de la médaille, par un coup d’État le 20 juin 1988, pour prendre l’exil.

Dire que six ans après et trois mois après, le 17 septembre 1994, cette même armée d’Haïti allait recevoir la délégation américaine chargée de négocier avec les auteurs du coup d’État de septembre 1991. Quelques jours ou semaines après cette mission de haut niveau composée de l’ancien président Jimmy Carter, de l’ancien général Colin Powell et du sénateur de la Géorgie, Sam Nunn, la deuxième occupation du pays par l’armée américaine allait prendre forme.

Dans l’histoire de la fonction de Premier ministre créée par la Constitution de 1987, on retient le nom de Laurent Salvador Lamothe, comme le 17e premier ministre haïtien (le plus jeune à occuper la fonction à date). Et c’est le notaire Jean-Henry Céant, qui fut le dernier premier ministre ratifié devant les deux chambres du parlement, qui a été installé le 17 septembre 2018.

Durant le règne du président Jean-Bertrand Aristide, on retiendra pendant longtemps la date du 17 décembre 2001, en lien avec le dernier coup d'État manqué, où plusieurs partis politiques ont été victimes par la suite. Neuf mois plus tôt, le 17 novembre 2002, la veille du 18 novembre, la ville du Cap-Haitien allait accueillir la première grande manifestation des opposants du pouvoir Lavalas, considérée comme pratiquement le déclic des autres événements en cascade que le pays allait connaître.

Du président René Préval, qui est le seul à date à avoir bouclé ses deux mandats, on peut retenir qu’il est né un 17 janvier 1943 et qui meurt le 3 mars de l’année 2017.

Dans le Vodou, on ne saurait laisser passer sous silence les multiples formes de correspondances, des valeurs monétaires dans le temps, comme les prix des services ou les règlements sur les vibrations du nombre dix-sept ou d’autres valeurs correspondantes ou se terminant par 17 (exemple 7 pyas ou Goud, 17 pyas, 777 pyas, etc. ), qui accompagnent les cérémonies, les rituels, et les esprits qui composent le panthéon. Autant d’aspects et d’approches à découvrir au musée qui va raconter l’histoire du Vodou haïtien.

Comment le nombre dix-sept participe-t-il dans la représentation du pouvoir en Haïti, dans les négociations entre les forces politiques, dans la défense des valeurs ancestrales et dans le développement du pays dans sa globalité ?

Définitivement, avec tous ces symboles que charrie le nombre dix-sept dans l’histoire d’Haïti, on se demande pratiquement : Ki lè Abraham ap di sèt ase ? En attendant, tous les acteurs sont pratiquement informés des déboires, de la gloire et du pouvoir, qui accompagnent le nombre dix-sept, dans ses multiples cycles historiques, politiques, économiques, sociologiques et symboliques. Quelle est pratiquement l’économie du nombre dix-sept dans l’histoire des femmes et des hommes, des institutions et des forces invisibles qui définissent les contours de l’histoire d’Haïti ?

Dominique Domerçant




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