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Journée nationale de la Reconnaissance en Haïti

Journée nationale de la Reconnaissance en Haïti



Débattre dans les salles de classe et dans les universités, dans les administrations et dans les médias, l’importance d’un ensemble de valeurs comme la « RECONNAISSANCE et la GRATITUDE » pourrait grandement aider à harmoniser les relations entre les familles haïtiennes entre elles, entre les personnes et les institutions, entre les patrons et leurs employés, entre les clients et les fournisseurs de services, entre les employés de maison et les familles d’accueil, entre les dirigeants et la population, entre les candidats et les partis politiques, entre les élus et les électeurs, entre les policiers et la population, entre les médias et les journalistes, etc.

Dialoguer autour des connaissances et des compétences, de la culture et des comportements relatifs à la reconnaissance, encouragerait les enfants d'aujourd'hui et de demain à devenir des citoyens et des citoyennes plus responsables envers l’environnement et leurs parents, les membres de leurs familles et les voisins, leurs camarades et les professeurs, les collègues et les collaborateurs, y compris les inconnus qu’ils vont rencontrer sur leurs routes, qui auront tous quelque chose (de bien, de beau, de grand, des leçons, de l’aide ou des conseils) à leurs apporter.

Définitivement il parait peut-être inutile de nos jours, d’encourager certains esprits rebelles, pendant longtemps victimes de toutes les ingratitudes possibles, venant des proches comme des inconnus qui n’ont pas su remercier, reconnaître encore moins respecter un bienfait. Cela n’empêche pas pour autant de reconnaitre qu’on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Voilà pourquoi nous devons dès maintenant encourager l’enseignement obligatoire des valeurs dans les écoles et les universités en Haïti, au cours d’une journée nationale de commémoration, pour apprendre aux jeunes à convertir certaines critiques en des marques de reconnaissance, de remerciement et de gratitude envers l'être suprême et les ancêtres, la nature et leurs parents, leurs professeurs, leurs ainés et leurs futurs collaborateurs et patrons éventuels.

Dans beaucoup de cas, les jeunes préfèrent critiquer dans les moindres débats et sur les réseaux sociaux, ce qui ne fonctionne pas dans le pays, sans jamais reconnaître qu’il existe parallèlement un certain nombre de valeurs et d’opportunités à prendre ou à jouir.

Dans beaucoup de cas, les Haïtiens s’amusent souvent à couper les branches sur lesquelles ils/elles se tiennent, se reposent ou s’accrochent pour exister ou pour se protéger contre les vents, la pluie et les orages.

Décliner un service, un support, une aide, une assistance, une subvention ou un conseil est parfois mieux et beaucoup plus noble comme comportement irréprochable que d'utiliser et de profiter de la bonne foi, de l'esprit d'entraide, de solidarité et de la générosité des autres, pour ensuite leur cracher au visage pour leur imposer des regrets et des remords.

Des valeurs comme la reconnaissance et la gratitude méritent plus que jamais d’être enseignées en Haïti aujourd'hui même, avant même de penser à changer la Constitution ou encore de système. Car même les rares personnes ou leaders, qui prendront les risques de jeter les ponts pour permettre au pays de passer cette transition, pourraient bien se voir sacrifier sur l'autel de la patrie, comme ce fut le cas pour des personnalités comme : Toussaint, Dessalines, Charlemagne Péralte, Ertha Pascal Trouillot, et tous les autres contemporains.

De nombreuses situations de méfiance et de méchanceté, d'injustice et de sanction disproportionnée, d'empathie, de violences multiformes, de crime et d’abus de toutes sortes, nous invitent souvent à rechercher la vengeance d’un leader, d’un patron ou même d’un parent n'ayant pas été remercié pour ses bienfaits, jusqu'à se faire trahir, humilier, insulter et regretter ses bonnes actions envers des plus faibles à un moment de la durée.

De cette journée nationale de la Reconnaissance et de la gratitude à instaurer dans le système éducatif haïtien, on pourrait, « Au nom de tous les miens », lancer la semaine de la gratitude ou de l’année de la gratitude, pour dire merci à tous ceux qui nous ont aidés et supportés à un moment de la durée. À tous ceux qui ne nous ont pas donné la main, mais qui nous ont servi de modèle d’inspiration ou qui nous ont forcés à développer et à déployer nos forces pour avancer sur le chemin.

Dans pratiquement toutes les couches de la société haïtienne, il y a une dette de respect ou de reconnaissance minimale qui traîne sur la table de nos relations avec la nature et le monde invisible, autant avec les proches et les inconnus. Loin d'encourager une forme de reconnaissance perpétuelle, plus d’un reconnaît comment et combien de nos jours, les Haïtiens expriment de moins en moins ce noble sentiment, envers ceux et celles qui leur ont permis d'exister et de traverser leurs limites, de grandir et de réussir dans chacune des étapes de la vie.

Définie comme étant : « Un sentiment qui incite à se considérer comme redevable envers la personne de qui on a reçu un bienfait », dans la liste des adaptations sociologiques de ce concept, la reconnaissance est une valeur capitale dans les relations interpersonnelles, sentimentales, institutionnelles, internationales, et intergénérationnelles en particulier.

D'anciens et des ancêtres, des grands-parents et des parents, des ainés et des professeurs, pratiquement de toutes les morts que nous lisons et étudions leurs réflexions et leurs contributions, dans les ouvrages et les manuels scolaires, nous avons hérité et nous continuons à bénéficier d’un ensemble de biens dans toutes les formes, des connaissances et des inventions, des créations et des réalisations dans tous les domaines de la vie. Et pourtant, combien de fois, par ignorance, par notre indifférence, par notre insolence, nous nous amusons à cracher sur les images, les héritages et le prestige de ces êtres bienfaiteurs, et des institutions qui nourrissent nos familles et nos proches durant des années.

Des personnes font parfois tout pour occuper une fonction ou pour être employées dans une institution, tout en sachant que le salaire ne va pas répondre à leurs obligations démesurées, sont parfois les premières à critiquer ou à salir l’image de cette institution, jusqu'à détruire volontairement les biens de cette dernière, en voulant se venger du patron ou de ses supérieurs. Ce sont parmi les publics-cibles à retenir dans le cadre d’une telle journée de sensibilisation sur la reconnaissance et la gratitude dans l'autre Haïti dont nous rêvons tous et toutes.

Des communautés étrangères établies dans le pays depuis plusieurs années, loin d'être constituées des saints, sont à prendre en compte dans cette campagne. Car d’une part, ces pseudo-étrangers méritent plus que jamais de reconnaître la terre d’Haïti leur a été profitable pendant plusieurs générations, dans un autre sens, la population haïtienne et les dirigeants devraient une autre forme de sentiment de reconnaissance de leurs contributions dans l’économie du pays, en favorisant l'intégration de ces enfants nés sur le sol haïtien, qui ont grandi et se sont investis dans le pays. Contrairement à d’autres nationaux « 100% Haïtiens », qui ont pillé le pays pour ensuite s’établir à l’étranger, que nous reconnaissons tous encore comme de vrais citoyens haïtiens authentiques !

Différemment de chez nous, particulièrement dans les traditions de toutes les grandes nations dans le monde, comme l’Égypte, la Russie, le Canada, la Chine, l’Angleterre, ou plus proches de nous les États unis, il existe dans la plupart de ces pays une forme d'institutionnalisation de la culture de la reconnaissance. Au sein de ces sociétés traditionnelles et modernes, cette culture est présente et transmise, tant dans les familles que dans le système éducatif, dans les activités socioculturelles et dans toutes les institutions étatiques et privées. Et ce ne sont certainement pas les membres de la diaspora haïtienne qui évoluent depuis plusieurs générations qui vont me contredire ?

Dynamique sociale renouvelée et renforcée au fil des années, il serait intéressant de rappeler les multiples formes de régulations et d’opérationnalisations, de distinctions et de sanctions, d'expressions et de manifestations que peut prendre cette culture de reconnaissance. Pourquoi et comment ? Il suffit de voir les dimensions des monuments dédiés aux pères fondateurs et aux martyrs de ces pays, en dehors de l'attention particulière que les dirigeants accordent aux hauts lieux de mémoire, en dehors de la place que les drapeaux de ces États occupent dans la vie des citoyens, dans les résidences et les véhicules des familles, dans les établissements scolaires et dans les bureaux de toutes les administrations (publiques et privées), pour comprendre à quel point, que le sentiment et la culture de la reconnaissance se confondent au ciment, qui consolide ces sociétés.

Demain les Haïtiens vivront mieux, quand les familles en Haïti, dans leur totalité, vont reconnaître le rôle capital du Vodou, en dehors des pratiques religieuses et ses dérives comme toutes les religions, en tant qu'une culture de la résistance pour renverser la colonisation déshumanisante du colon, dont certains continuent de vénérer, en piétinant les secrets, les valeurs et les sacrifices de nos ancêtres, des Amérindiens massacrés et les Africains réduits à des choses. Notre premier devoir de reconnaissance à assumer sans gêne ni honte !

Demain sera meilleur pour les Haïtiens, et surtout diriger Haïti sera plus valorisant et moins pénible, lorsque la population et les dirigeants de ce pays, apprendront à développer un minimum de reconnaissance, de gratitude et de respect envers ceux et celles qui se sont sacrifiés pour nous donner l’indépendance, en commençant par les monuments et la mémoire de Jean-Jacques Dessalines, le premier des Haïtiens.

Demain sera plus cléments pour les familles haïtiennes, quand elles expriment plus de respect envers l’environnement notre bien commun à tous. Haïti sera plus prospère pour les générations futures, si les élites actuelles acceptent d’investir dans la culture et le patrimoine, à travers la créativité et l’innovation, qui demeurent nos deux principales cartes de visite dans le monde, en dehors du sport et des professionnels de haut niveau et des talents de parents haïtiens, qui évoluent dans la diaspora et font la fierté de notre bicolore. N’est-ce pas une occasion de plus pour exiger des élites et des dirigeants en Haïti, une meilleure forme de reconnaissance à cette diaspora par rapport à son support inestimable, dans l’économie nationale et la survie des millions de familles dans le pays, en signe de gratitude nationale !

Dans l’échec collectif actuel, le pouvoir devrait pouvoir exprimer une certaine marque de reconnaissance envers les membres de l’opposition, qui dans leur manque d’innovation à travers les critiques et les formes de protestations traditionnelles et parfois destructrices, n’exigent pas des dirigeants projets plus ambitieux pour le pays, en dehors des petits projets à inaugurer ou des morceaux à recoller, pendant que d’autres dirigeants dans le monde plus visionnaires développent de mégaprojets dépassant même les frontières terrestres.

Dans le cas d’Haïti, l'inscription de cette journée nationale de la reconnaissance dans l’agenda du système éducatif haïtien, en attendant une plus grande expansion de ces événements dans toute la société, trouverait un terrain à la fois très vaste et assez fertile, en considérant le manque pertinent des valeurs essentielles, basiques et socialisantes chez les écoliers et leurs familles, comme les jeunes (filles et garçons).

De quoi serait faite la journée nationale de la Reconnaissance et de la gratitude en Haïti ? Quelles seraient les dates les mieux appropriées pour commémorer cette journée destinée à la promotion de la culture de reconnaissance à une socialisation plus humaniste des familles haïtiennes ? Comment impliquer à la fois les responsables des écoles, des centres professionnels et des universités, ainsi que les professeurs, les écoliers, les étudiants et leurs parents dans une telle démarche d’intelligence collective ? Comment développer une culture de la reconnaissance en Haïti, en passant par les médias ? Quels sont les modèles à adapter dans la société haïtienne autour de la culture de la reconnaissance ?

Didactique, pédagogique et pratique surtout, l’ensemble des discours et la qualité des messages, des informations et des activités d'échanges, des notions et des programmes de cours, en dehors des animations et des citations abordant le sujet central de cette journée, devraient pouvoir sensibiliser et éveiller les enfants, rationaliser et responsabiliser les jeunes autour des principales questions suivantes : Pourquoi être toujours reconnaissant envers l’être suprême, l’environnement, les personnes autour de nous et les institutions ? Comment les expressions de nos sentiments de reconnaissance (détachées de toute forme de soumission ou de rabaissement) peuvent-elles nous aider à vivre mieux et à réaliser nos objectifs dans la vie à tous les niveaux ? Envers qui et quand devrait-on exprimer notre culture de reconnaissance et quelles seraient les possibles retombées ?

Des dizaines de parents et des couples, des milliers d'amis et de collaborateurs au sein des institutions et dans des groupes de travail se plaignent régulièrement toutes les secondes et les minutes (ici et ailleurs) d’un manque de respect ou d’une absence de reconnaissance de la part d’un autre personne. Ces réactions ou ces comportements souvent considérés comme un manquement grave, comme une trahison ou d’un signe d’ingratitude, sont souvent involontaires, mais surtout irréparables en terme de conséquences immédiates ou à l’avenir sur les autres victimes collatérales.

Dans la situation aussi délabrée et déshumanisante actuelle que connaît Haïti depuis plusieurs décennies, et particulièrement en cette année 2020, on ne saurait négliger les multiples causes structurelles et conjoncturelles de cette déchéance, ayant en commun la mauvaise qualité ou l’absence d’éducation chez les individus et les familles qui influencent la société. On serait également en droit, de nous questionner sur le sens des valeurs comme la reconnaissance et la gratitude, dans les relations entre la République d’Haïti, avec les institutions internationales et d’autres États qui parfois se disent des pays-amis d’Haïti. À ce carrefour décisif dans l’histoire de la nation haïtienne, comment associer une forme d'éthique dans les relations internationales autour de la culture de la reconnaissance dans les jeux d’intérêt ? Quelle est l’économie de la reconnaissance d’Haïti comme première République noire au monde, et comme deuxième État indépendant sur le continent dans le contexte géopolitique actuel ?

Désormais la journée nationale de la Reconnaissance et de la gratitude en Haïti, pourrait être considérée comme une chance pour les Haïtiens, dans leur devoir de réconciliation nationale. Une telle initiative nous permettrait finalement de sortir dans la logique : « Gran mèsi chen se kout baton », afin d’éviter toute forme de revers et de vengeance même légitime, autour du principe : « Bay kou bliye, pote mak sonje ».

Dorénavant, il est venu le temps d’arrêter d'enseigner dans la société la malsaine citation faisant croire que : « La reconnaissance est une lâcheté ». Vulgarisons de préférence dans une démarche plus rationnelle et rassembleuse, la parole de William Shakespeare qui nous dit que : « La reconnaissance est un noble et digne salaire pour les âmes généreuses. » Encourageons nos écoliers et leurs familles à devenir plus humanistes en cultivant la gratitude et la reconnaissance dans toute son essence, en toute circonstance, et avec intelligence.

Dominique Domerçant




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