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IDEH, une organisation à vocation féministe au service du développement équitable en Haïti

IDEH, une organisation à vocation féministe au service du développement équitable en Haïti



L’Initiative pour un développement équitable en Haïti (IDEH) est une structure associative créée le 16 octobre 2012 à Port-au-Prince dans le souci de promouvoir un développement équitable axé sur la reconnaissance des droits et la participation effective de toutes les femmes haïtiennes. Dans les différents chantiers qu’elle implémente à travers le pays, l’accent est mis sur les femmes et les filles défavorisées dans le processus de développement au moyen de l’éducation à l’égalité. Une sensibilisation ciblée sur toutes les formes de discriminations dont elles peuvent faire l’objet figure aussi parmi les priorités de l’IDEH.


À l’heure où les femmes occupent une place minoritaire sur l’échiquier social et politique, une question prioritaire mérite d’être traitée, tenant compte des multiples barrières sociales : l’autonomisation et le renforcement des capacités des femmes à défendre et faire valoir leurs droits. Ces derniers, essentiels à l’émancipation sociale des femmes et à une société équilibrée rendent à l’évidence qu’aucun développement équitable ne sera possible si la situation actuelle des femmes — faite de violences et d’oppression — n’évolue pas radicalement. L’IDEH mobilise quatre champs d’action en faveur du développement équitable tant souhaité. Ce sont: la santé, les violences basées sur le genre, l’éducation à l’égalité et le genre et le handicap. Les femmes pourront par la suite, impulser un changement de regard et de paradigme en bénéficiant de l’expertise et de l’accompagnement de l’association qui a fait ses preuves dans au moins 5 départements du pays.

Les femmes, négligées et premières victimes des catastrophes

Depuis sa création, l’IDEH a constaté que les violences sexistes et sexuelles sont le lot quotidien des femmes haïtiennes, une situation préoccupante qui fragilise leurs vies. S’appuyant sur les statistiques des Nations Unies, l’organisation constate que plus de 35 % des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours de leur vie et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus dans le pays. En référence toujours aux données chiffrées de l’ONU, la structure observe assez souvent que quand une catastrophe naturelle frappe une région du pays, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes, principalement les femmes en situation de handicap parce qu’elles ne sont pas ciblées en priorité par les programmes d’alerte et de prévention de ces catastrophes. C’est l’objet même de la création de l’IDEH qui vient en aide aux personnes les plus vulnérables en Haïti, particulièrement les femmes en situation de handicap. « L’un de nos combats est évidemment la lutte contre les violences basées sur le genre qui touchent tant de femmes et de jeunes filles en situation de handicap ». En plus de mobiliser les forces vives sur ces questions, nous offrons aussi un service de plaidoyer ainsi qu’une structure d’accueil, d’écoute pour les victimes » déclare Esther Randiche, Présidente de l’IDEH.

Inégalité des chances, persistance pour les femmes et les filles

Beaucoup trop de femmes restent non seulement privées des libertés et des opportunités fondamentales, mais aussi se heurtent à d’immenses inégalités dans le monde du travail. Des lois et des coutumes discriminatoires leur dictent leurs choix et leurs occupations. Des statistiques de l’Institut haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) révèlent que les femmes haïtiennes, qui constituent une partie intégrante et une force majeure du développement, sont malheureusement d’une faible représentativité au sein des instances de décision. À travers les actions qu’elles mènent dans plusieurs Départements (Ouest, Sud-Est, Sud, Artibonite, Centre, Nord) d’Haïti, les féministes de l’IDEH font état que ces discriminations limitent la capacité économique des foyers, empêchent une multitude de femmes de créer, entreprendre, travailler et éduquer correctement leurs enfants. Aux racines de ces maux qui minent la société haïtienne, il y a des cultures et croyances archaïques qui inculquent machisme, sexisme et n’accordent pas la même importance aux hommes qu’aux femmes. Soigner le mal à sa racine, par l’éducation, mais aussi par la sensibilisation et la mobilisation de tous est impératif. Les femmes ont un rôle de premier plan à jouer dans ce combat. Seule la reconnaissance de leurs droits, leur participation effective aux instances de décision et une plus grande autonomie économique leur permettra de s’accomplir tout en prenant toute leur place dans le développement équitable de la nation.

Une perspective capabilisante pour les femmes et les filles

Pour combler ce vide, l’IDEH œuvre de façon à ce que les femmes haïtiennes soient affranchies de l’exploitation, de la domination et de l’exclusion. Jetant leur dévolu sur la participation des femmes, particulièrement les femmes en situation de handicap, à la mise en place d’une société équilibrée, l’IDEH accompagne les femmes en vue de développer leurs capacités et améliorer de façon durable leurs conditions de vie. L’IDEH vise la promotion de la femme, l’implication des femmes dans les prises décisions, la formation, le leadership et l’entrepreneuriat féminin. Elle a pour objectifs, entre autres de renforcer la participation et le leadership des femmes au processus de développement du pays. Dans le même temps, l’association participe à la lutte contre les violences basées sur le genre. Tout comme, elle contribue à la promotion de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes.

Promouvoir les droits socio-économiques des femmes

Se basant sur le principe promu par l’ONU-FEMMES : « Donner aux femmes les moyens de participer pleinement à la vie économique dans tous les secteurs est essentiel afin d’édifier des économies solides, de réaliser les objectifs internationaux de développement et de durabilité, et d’améliorer la qualité de vie des femmes, des hommes, des familles et des communautés », l’IDEH s’implique non seulement à promouvoir la place des femmes dans les instances décisives, mais aussi à améliorer leurs conditions de vie. Il faut inévitablement redonner confiance et encourager les femmes à entreprendre. Pour l’IDEH, la participation des femmes à la vie économique et l’accroissement de leur pouvoir d’action sont essentiels pour renforcer leurs droits et leur permettre d’avoir la maîtrise de leur vie et d’exercer une influence au sein de la collectivité. Renforcer l’autonomisation économique des femmes est une condition indispensable à l’instauration d’un développement durable, à l’augmentation d’une croissance économique et à la réalisation de tous les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Accroître l’autonomisation des femmes est aussi une partie intégrante de leurs droits. Il n’existe pas de solution miracle pour accroître l’autonomisation économique des femmes. Y parvenir exige la mise en place de politiques publiques judicieuses par les pouvoirs publics, l’adoption d’une approche globale et un engagement de longue haleine de la part de tous les acteurs du développement. Il est possible pour les donneurs d’intensifier les efforts d’investissement en faveur du renforcement du pouvoir d’action économique des femmes. Pour cela, l’IDEH s’implique à renforcer les capacités de ses bénéficiaires en gestion de projets, en Management et Leadership pour leur permettre d’être plus opérationnels. L’IDEH s’engage à donner à la femme, sa place de maillon fort et d’équilibre dans la société et rétablir l’équilibre, car les statistiques prouvent que les femmes constituent la plus grande part de la population pauvre dans le pays.

Un engagement dans le social

L’IDEH est convaincue que la société civile doit jouer un rôle actif pour définir les priorités et faire connaître les besoins des femmes les plus vulnérables. La gouvernance démocratique permet ainsi de canaliser les énergies sur des tâches telles que l’éradication de la pauvreté, la protection sociale ou la promotion de l’égalité des sexes et de l’équité de genre. La bonne gouvernance favorise l’équité, la participation, le pluralisme, la transparence, la responsabilisation et la primauté du droit, de façon efficace et durable. L’IDEH s’implique et compte s’impliquer davantage auprès de ses partenaires pour mettre fin à la violence faite aux femmes en initiant des campagnes d’informations, de porte à porte, de conférences-débats, une campagne de communication visuelle, le soutien psychologique aux victimes, des séances d’échanges avec les principaux acteurs, l’aide sociale. D’ailleurs, l’association a déjà participé en Haïti, à plusieurs campagnes et manifestations contre la violence sexiste. « Nous avons la lourde et honorable tâche de sculpter l’adulte que deviendra notre enfant. C’est notre rôle de rappeler à nos enfants que leur référentiel n’est pas la violence, mais qu’ils doivent prendre en compte leurs propres valeurs, leurs idées et leurs ambitions » clame Lovely Maignan la chargée de communication de l’association. Elle déplore le fait que « la problématique des violences sexuelles n’est pas prise en considération par nos dirigeants politiques ». Mais affirme toutefois que, peu à peu, des initiatives sont mises en place. En vue d’encourager cet effort, l’association travaille en collaboration avec la société civile afin de demander aux détenteurs du pouvoir de rendre des comptes, et afin d’influencer les lois et les politiques publiques pour représenter celles et ceux qui sont souvent laissés pour compte des décisions prises pour le développement. Dans la poursuite de ses objectifs, l’IDEH compte élargir son partenariat avec les ministères, les institutions bi et multilatéraux et les partenaires techniques et financiers pour une appropriation à large échelle de sa mission. En proie à de multiples mutations économiques, sociales, humaines et culturelles, la société haïtienne est à un tournant de son histoire de nation libre et indépendante. Ensemble, prenons à bras le corps l’enjeu de l’autonomisation économique et de l’émancipation sociale des femmes ! Il en va de notre avenir et de celui de nos enfants.

Clairvina Dossie
Clairvinadossie29@gmail.com




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