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Un autre 13 octobre sans Jesula Prophète !

Un autre 13 octobre sans Jesula Prophète !



Deux ans déjà depuis que Jesula Prophète a laissé un vide énorme dans sa famille, particulièrement pour ses deux enfants et son mari, depuis son grand départ le 14 juin 2018; le temps et les crises de toutes sortes qui affectent nos quotidiens ne nous autorisent pas à l’effacer totalement dans notre mémoire collective. Deux ans depuis, que Jesula n’est plus là, pour fêter son anniversaire un 13 octobre, qui reviendra certainement dans les années à venir; on s’en souvient encore de cette avocate, journaliste et auteure.

Derrière les souvenirs qu’elle nous laisse dans la presse et dans la société en général, on retient qu’elle a débuté sa carrière de journaliste à Radio Kiskeya. Elle a aussi travaillé comme journaliste dans plusieurs autres médias, tels que la station de télévision Télémax, Le Nouvelliste, Ticket magazine et Minustah FM, où elle avait animé plusieurs émissions, dont Bazilik Kreyòl, Fanm ak Timoun…

Dans ce portrait posthume présenté par Dofen New, qui porte la signature d’une de ses anciennes collaboratrices, ma camarade de promotion dans plusieurs séminaires de journalisme entre le journal L’Union et Le Nouvelliste et collaborateurs dans Le Matin. Marie Ludie Monfort, rapporte : « Jesula Prophète a rendu l’âme ce jeudi 14 juin à New York aux États-Unis suite à un cancer du sein. Diagnostiquée en 2013, la journaliste suivait un traitement. »

Déterminée à servir, Jesula continuant à se former et à se construire académiquement malgré sa maladie incurable. Et l’article poursuit plus loin : « Née un 13 octobre, Jesula Prophète était aussi une animatrice très talentueuse. Elle avait laissé le pays en 2010 pour aller vivre aux États-Unis avec son mari et ses deux enfants. Licenciée en Droit, en juillet 2016, elle a décroché une maîtrise en Affaires urbaines au Queens College. La même année, elle a fait une rechute de son cancer. »

Dans l’ouvrage « Haïti, ce pays de contrastes », qui porte les contributions de deux professionnels accomplis tels Ésaü Jean-Baptiste et Jesula Prophète, c’est une mine d’informations et de repères sociologiques transversaux, de réflexions et de contributions qui sont proposées aux lecteurs francophones, à travers une sélection de textes publiés sur une décennie, dans les colonnes des deux journaux : Le Nouvelliste et Le Matin. Cette compilation d’articles offre ainsi, une radiographique de la société haïtienne autour des trois angles suivants : l’instabilité politique, la crise économique et la mutation sociale en Haïti.

Des sujets encore d’actualité en comparant le triste tableau actuel !

Dans la presse haïtienne, il y a quand même des noms qui demeurent inoubliables, tant par leurs contributions, leur professionnalisme, et surtout par leur comportement exemplaire, parmi les seuls souvenirs dont je dispose pratiquement d’elle, en dehors des conférences, des ateliers et séminaires de formation suivis ensemble. Que reste-t-il de Jesula Prophète dans les différents médias au sein desquels elle a eu à collaborer ? En dehors de ses défauts certains, comment ces anciens collaborateurs de Jesula, pourraient-ils utiliser leurs souvenirs valorisants d’elle pour construire de nouvelles passerelles pour stimuler les jeunes filles du pays qui veulent se lancer dans la presse ? Qu’est-ce qui faisait la force ou la valeur ajoutée de Jesula Prophète, que ses enfants des années après, en dehors des hommages post-funéraires, aimeraient apprendre ?

Dans mes nombreuses fonctions occupées antérieurement dans la communication publique et politique, qui m’offraient toujours l’occasion d’accueillir et de servir des collègues de la presse et des patrons de médias, en coordonnant en 2009 le Centre d’information et de Communication publiques (CICP), comme coordonnateur adjoint à la direction de communication du ministère de la Culture et de la Communication, consultant en communication au programme éducatif du bureau de la Première dame de la République, au lendemain du séisme, elle a toujours été une professionnelle responsable et respectée.

Dans le prochain musée de la Presse haïtienne qui verra le jour lorsque la culture du patrimoine sera au sommet et dans la liste des priorités nationales, il faudra laisser un coin de souvenir pour cette journaliste et avocate, qui a marqué son temps et son passage.

Dans la salle dédiée aux figures féminines dans ce musée de l’histoire de la presse haïtienne, les visiteurs auront la chance de lire des extraits de ses articles, entendre sa voix à travers des reportages et des émissions sur des sujets intemporels, et peut-être apprécier ses rares sourires immortalisés, son observation des faits et son sérieux protocolaire, à travers des photos d’archives de ses anciens collègues et d’autres proches.

Dans une perspective d’honorer la mémoire de Jesula, comme plusieurs autres membres de la presse haïtienne emportés par des maladies, comme le cancer, avec les noms du photographe Thony Bélizaire (mort le 21 juillet 2013, à 54 ans, qui souffrait d’une tumeur depuis 1996), et du journaliste Duly Lambert (mort le 3 avril 2014, à 31 ans, des suites d’un cancer du système lymphatique), il paraît plus que nécessaire d’encourager les initiatives déjà en cours et d’autres projets qui viseront à renforcer la collaboration efficace et durable entre des professionnels de la presse et de la santé en Haïti, pour une plus grande campagne de sensibilisation, de prévention et d’accompagnement des individus, des familles et de la société haïtienne en général.

Défendre la création d’une distinction dans la presse écrite, la radio et la télévision qui ont pratiquement toutes bénéficié des services professionnels de Jesula, comme le « Prix Jesula Prophète », pour la santé des femmes en Haïti aurait tout son sens. Un projet que l’une ou les associations des journalistes, et/ou des corporations de médias en Haïti, pourraient porter chaque année, afin d’encourager la production des informations destinées à sensibiliser la population, principalement les femmes de plus en plus vulnérables face à certaines maladies comme le cancer du sein, de l’utérus, etc. N’est-ce pas une belle action à la fois mémorable, mais surtout intelligente pour témoigner de sa reconnaissance envers celle qui n’est plus là ?

Deux ans après, Jesula n’est plus là avec nous et surtout sa famille. Sa mission bien accomplie sans faire de bruit, de vacarme, ni de scandale. Que ses enfants poursuivent dans l’ombre de leur mère, la voie de l’excellence et cultivent l’esprit du service public, qui a marqué le passage de Jesula Prophète, dans la profession de journalisme en Haïti.

Dominique Domerçant




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