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Gonaïves : lancement officiel de l’organisation féministe entre-femmes

Gonaïves : lancement officiel de l’organisation féministe entre-femmes



Dimanche dernier, a eu lieu aux Gonaïves le lancement officiel de l’organisation Entre-femmes/Haïti; une nouvelle organisation de femmes dédiée à la lutte pour l’émancipation et le respect des droits des femmes et filles en Haïti. Pour marquer cette cérémonie, une conférence-débat a été organisée au local de l’école professionnelle des Gonaïves (EPG) par Me Youdeline Chérizard Joseph, avocate, criminologue et spécialiste en politique publique de sécurité et Dr Kenaz Jean-Baptiste, avocate et normalienne, autour du thème : « l’émancipation réelle de la femme haïtienne, un atout pour le développement du pays ». À quelques jours d’intervalle de la commémoration de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre en hommage aux sœurs Mirabal, assassinées le 25 novembre 1960 en République dominicaine.


La lutte pour l’émancipation et le droit des femmes va bon train dans le pays. Depuis plusieurs années, nombreuses sont les filles et femmes, qu’elles soient en ville ou en campagne, à s’être lancées dans la lutte en faveur des droits des femmes. Dans ce contexte, de jeunes filles se sont associées pour créer une nouvelle structure baptisée Entre femmes/Haïti, en vue de continuer à sensibiliser la population sur la problématique du genre dans les différents milieux sociaux en Haïti. L’objectif est de sensibiliser le plus de monde possible sans aucune forme de catégorisation.

D’après madame Wilnise Jacques, coordonnatrice de l’organisation : « Entre femmes est un regroupement de jeune femme qui a une vision nationale et qui prend la cause des femmes à côté des autres organisations de femmes qui existent dans le pays. Nous essayons de rejoindre les femmes qui vivent dans les milieux les plus reculés afin de toucher en profondeur les problèmes de femmes et discuter avec elles les thèmes de la violence et de l’émancipation, parce que nous avons le sentiment qu’elles n’ont pas assez d’informations à ce sujet et promouvoir l’éducation des femmes. D’abord nous allons accompagner les femmes à travers l’éducation, la formation et encourager l’autonomisation économique, voire politique. Pour nous à entre femme, nous considérons les hommes comme des compléments. Nous ne sommes pas dans la logique de mener une lutte contre les garçons, mais plutôt voir dans quelle mesure nous pouvons sensibiliser et inciter les hommes à travailler ensemble sans aucune forme d’inégalité », a avancé Madame Jacques, qui conseille aux jeunes filles de suivre leurs rêves.

« Vu les violences subies par les femmes et le non-respect de leurs droits, nous avons jugé bon de mettre sur pied l’organisation entre femmes en guise de recours. Je suis très heureuse du lancement. Les gens ont répondu présents et nous avons eu une très belle conférence sur l’émancipation des femmes. Il n’y a pas que les violences sexuelles, il y a les violences physiques, verbales et autres. Nous voulons travailler à limiter le taux de violence dans la société. Malheureusement, nous avons été socialisés de telle sorte que les garçons sont forts, ils peuvent tout faire contrairement aux filles. Ce sont des choses qui doivent évoluer », a commenté la conteuse et normalienne, Sabine Legros.

Madame Kenaze Jean-Baptiste a pour sa part déclaré : « C’est une autre organisation de femmes en plus dans la société. Je me réjouis de voir ces jeunes femmes faire bouger la ligne, car, la création de l’association montre qu’elles réfléchissent sur leur situation et comprennent qu’elles doivent poser des actions. Pour ma part, j’appuie ces genres d’action. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté avec plaisir de participer à cette conférence de lancement. Je demande à chacune de s’approprier de cette lutte et ne pas se contenter du fait que Maître Jean-Baptiste et Maître Chérizard aient déjà franchi certaines barrières. Mais plutôt ce qu’elles vont apporter à la lutte. La situation n’est pas encore claire. Il n’y a pas beaucoup de progrès réalisés dans la lutte pour l’émancipation des femmes malgré d’énormes combats. Je leur dis que la lutte est beaucoup plus complexe que ce que l’on voit. Ce n’est pas une question de textes ou encore de quotas, qui représentent les problèmes majeurs. Que signifie un quota de 30 % alors qu’on parle d’égalité ? Comment donner 70 % à une catégorie et 30 % à une autre ? C’est la confirmation même qu’il y a une inégalité. C’est pourquoi les femmes doivent continuer leur lutte pour retrouver leur vraie place dans la société et faire en sorte de repousser l’idée qui fait croire qu’une catégorie est supérieure à une autre ou du moins qu’elle a une habilité à faire telle activité sur la base du sexe », a suggéré Maître Kenaze Jean-Baptiste, soutenant que le développement du pays dépend chaque homme et de chaque femme du pays.

« Je pense que entre femmes est une association qui vient de s’ajouter à la liste des organisations de femmes qui travaillent sur la question des droits de la femme dans la société. Et en plus, ce sont de jeunes femmes qui ont pris conscience de la complexité de l’inégalité qui existe entre hommes et femmes dans la société et ont décidé de donner leur participation. Ce qui est intéressant avec entre femmes, c’est que ses membres font partie d’autres associations. On peut même considérer que entre femmes est fille de l’association des femmes juristes. Avec Maître Jean-Baptiste, nous avions été là pour les accompagner dans leur démarche. Comme je l’avais dit dans ma conférence, notre modèle de socialisation nous a conduits là où nous sommes aujourd'hui avec un fossé entre hommes et femmes. Plutôt que de travailler ensemble, on a l’impression que chacun part dans une direction. Cette situation est contre-productive pour la société. Donc, nous devons prendre conscience que cette forme de socialisation pose problème. La manière dont les garçons voient les filles et inversement; la manière d’éduquer les garçons dans leurs rapports avec les filles ne fait que détruire la société. Comme je l’ai déjà dit, c’est un processus complexe; mais nous devons lutter pour mettre fin à cette socialisation genrée pour que les personnes sachent que les deux sexes, au-delà de leurs différences biologiques, sont appelés à remplir des fonctions dans la société. À part les fonctions reproductives, ils peuvent remplir les mêmes fonctions. Je sais que cela va demander beaucoup d’efforts puisqu’il faut aider les familles à re-comprendre (déconstruction et reconstruction) la question de genre. À ce moment précis, nous pourrons réellement poser les problèmes d’inégalités dans la société », a réagi Maître Youdeline Chérizard.

Lesly Succès




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