S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

L’année 2021 nous rappelle : « Joumou pa janm donnen kalbas ! »

L’année 2021 nous rappelle : « Joumou pa janm donnen kalbas ! »



Double fête pour cette première journée de l’année, depuis pratiquement 217 ans. Entre un Nouvel An qui s’accompagne toujours des traditionnels vœux de toutes sortes, particulièrement de santé, de paix, de prospérité et d’amour, qui demeurent comme des rituels pour les familles et les parents, les camarades et collègues, les partenaires, les amis et les amours, dans toutes les relations réelles et virtuelles, il ne faudra surtout pas négliger que le 1er janvier depuis l’an 1804, coïncide avec la nationale d’Haïti, la première République conçue par d'anciens esclaves et fabriquée par les sacrifices des vies et des biens.

Durant la journée du vendredi 1er janvier 2021, jusqu’au vendredi 31 décembre 2021, les Haïtiens devront surtout se souvenir de la sagesse populaire qui nous rappelle toujours que : « Joumou pa jan donnen kalbas ». Ah la soupe de l’indépendance, quelle belle manière de célébrer l’héritage et les traditions des Pères fondateurs de la patrie !

Début d’une nouvelle ère dans l’histoire universelle et d’un nouvel ordre mondial pour la liberté et pour la dignité de tous les êtres humains. Le 1er janvier de chaque année se confirme par l’histoire d’Haïti et la civilisation, comme cette nouvelle étape franchie, dans la lutte contre la déshumanisation par l’esclavage des Hommes et des Femmes de couleur.

Depuis le génocide des Amérindiens, pratiquement le continent africain allait alimenter les plantations, les ateliers et les résidences des maitres avec la main-d’œuvre gratuite et dévalorisante des esclaves. Une belle invention et exploitation du système esclavagiste colonial européen pour s’enrichir pendant des siècles, que les artisans de 1804 allaient interrompre. Et depuis, l’ancienne colonie de Saint-Domingue devenue la nouvelle République d’Haïti allait connaitre tous les détours historiques et les recours géopolitiques pour obtenir sa reconnaissance et continuer à assurer la résistance, pour protéger envers et contre tous l’ambitieux projet du 18 novembre 1803.

Division et destruction, dérive et déception, dilapidation et sous-développement, dictature et démocratie sont parmi les mots qui continuent de faire l’actualité sur ce coin de terre, qui vient de résister aux multiples crises sociopolitiques et sanitaire en 2020. Les milliers de familles des survivants qui évoluent dans l’ensemble des villes haïtiennes garderont pendant longtemps les souvenirs douloureux de certaines cicatrices et des traumatismes qui reviendront à chaque saison, et face à l’absence de certaines proches victimes de toutes sortes.

Dans les camps des victimes comme dans celui des bourreaux, qui vont dans la grande majorité partager dans beaucoup de villes et de quartiers, la traditionnelle soupe « Joumou », il faudra surtout rappeler aux jeunes comme à leurs parents que : « Joumou pa donnen kalbas ! », dans l’ambiance des échanges des vœux les plus sincères comme les plus farfelus.

Dans l’obligation de faire de l’année 2021, un véritable point de départ pour l’éveil national et le réveil de chaque citoyen, il serait plus intelligent d’inscrire dans les calendriers et sur chaque tableau placé dans les salles de classe, des messages qui invitent à la réflexion, et surtout à la responsabilité individuelle et collective.

Disons à qui veut l’entendre, sans démagogie ni ironie, que l’année 2020, ne sera ni bonne, ni mauvaise, ni douce, ni rose ou noire. Mais, elle sera juste transparente ou caméléon. Elle prendra juste la forme de nos comportements antérieurs et continus. Elle portera une fois de plus comme en 1986, comme en 1991, comme en 2004, ou comme en 2010, les couleurs de nos mentalités et les formes de nos modèles de gouvernance. L’année 2021 sera une fois de plus comme une passoire. Elle sera karmique !

Donc, elle sera juste le prolongement de nos investissements antérieurs, de nos dettes à rembourser, de nos actifs et de nos passifs, de nos préparations durant les derniers siècles, années et mois écoulés, que le temps viendra nous imposer durant les douze prochains mois, comme note individuelle et comme bilan collectif.

Dans une nouvelle course contre la montre, l’année 2021 va nous rapprocher des objectifs de 2030, et de la commémoration des 250 ans de l’indépendance d’Haïti en 2054. Elle va autant nous rappeler que « Joumou pa donnen kalbas » que « Janw fè kabann ou se konsa w ka domi ! ». L’année 2021 devrait nous servir de leçon pour comprendre que l’Haïti que nous avons aujourd’hui sera la récolte des semences d’hier, dans tous les secteurs d’activités, et en particulier dans le domaine de l’éducation, en tant que moule destinée à la fabrication des hommes et des femmes, qui viendront nous diriger, nous protéger, nous représenter, nous éduquer, nous soigner et nous donner justice.

Dominique Domerçant




Articles connexes


Afficher plus [4198]