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Ambassadeur Yves Mazile : entre gardien du temple diplomatique et témoin des temps politiques !

Ambassadeur Yves Mazile : entre gardien du temple diplomatique et témoin des temps politiques !



De quel chef d’État haïtien, de quel Premier ministre ou ministre des Affaires étrangères haïtien ou des diplomates étrangers, viendra la prochaine distinction ou la première médaille qui sera remise au plus célèbre des diplomates de carrière, assurant depuis plusieurs années la fonction de chef de protocole de la République d’Haïti ?

Avec l’expérience diplomatique et la maturité politique de l’ambassadeur Yves Mazile, en tant que chef de protocole, ce dernier a su développer une nouvelle capacité ou talent en matière d’improvisation, pour pouvoir adapter les agendas et les cérémoniels dans l’espace, les arrivées et les départs des officiels, la préséance et l’ordre protocolaire ou hiérarchique lors des interventions, afin de sauver l’image de nos institutions dans les temps normaux comme dans les temps de crise. « Eksperyans granmoun nan se nan tèt li ye ! ».

Dimanche 25 avril 2021 : cette date marquera parallèlement les soixante-dix ans de l’ambassadeur Marc Marie Yves Mazile. Une belle occasion pour saluer le parcours ascensionnel de cet homme originaire de la ville des Coteaux, qui a fait ses études primaires à l’école nationale de Garçons de Coteaux, en passant par le collège Jean Marie Robert de Lamennais à Port-au-Prince, pour ensuite poursuivre ses études secondaires jusqu’aux baccalauréats entre 1964 et 1972, au prestigieux lycée Alexandre Pétion.

De 1974 à 1976, Yves Mazile allait fréquenter l’Institut des Hautes Études commerciales, pour ensuite poursuivre des études en sciences politiques entre 1978 et 1982, à l’Institut national de Gestion et des Hautes Études internationales (INAGHEI). C’est entre 1984 et 1988 qu’il allait débuter des études en sciences juridiques, à la faculté de Droit et des Sciences économiques.

Des études de langues étrangères réalisées en 1975 à l’institut Lopé de Vega en espagnol, et en 1991, en allemand à l’institut Haitiano-Allemand confirment cette volonté manifeste chez le diplomate de carrière Yves Mazile, de toujours se préparer afin de servir son pays avec honneur et respect.

Dans la trajectoire professionnelle de l’ambassadeur Yves Mazile, on retient qu’il a été employé comme opérateur de la compagnie nationale de télécommunications (TELECO), ente 1972 et 1979. En mars et mai 1980, le jeune universitaire Yves Mazile à l’époque allait occuper la fonction d’adjoint administratif au projet intégré de Réhabilitation du Nord-Ouest (PIRNO).

Du mois de juin au mois d’octobre 1980, le dynamique Yves Mazile allait finir par bénéficier d’un stage au protocole au ministère des Affaires étrangères, pour être recruté par la suite, en octobre 1980, comme attaché au protocole.

Deux ans plus tard, en mai 1982, la qualité des services fournis par ce dernier allait lui favoriser un détachement de l’administration centrale de la diplomatie haïtienne, pour rejoindre le service du protocole du Palais national, tout en bénéficiant d’une promotion en tant que premier attaché au protocole en décembre 1982.

Dans la foulée des changements politiques, le jeune cadre Yves Mazile avait été rappelé au bureau central du ministère des Affaires étrangères en novembre 1990, pour être transféré à la direction des Affaires culturelles (DAC).

Du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean Jacques Honorat, le jeune cadre originaire des Coteaux allait recevoir sa lettre de nomination en tant que chef adjoint du protocole, avant rang d’ambassadeur, le 31 août 1991.

Dynamique politique, le 30 juin 1991, à la grande surprise, sous le leadership de l’administration de madame Denise Fabien Jean-Louis, le 31 juin 1991, Yves Mazile, allait voir interrompre sa marche, en recevant la lettre qui mettait fin à ses services au sein de la DAC.

Des événements majeurs successifs sont à retenir dans le parcours professionnel de ce diplomate accompli durant l’année 1994. On peut citer : la nomination en tant que chef de protocole avant rang d’ambassadeur de Yves Mazile, par le ministre Charles Anthony David le 30 juin 1994. Quelques mois plus tard, plus précisément le 18 octobre 1994, de la ministre Claudette Werley, le chef de protocole allait recevoir une lettre de mise en disponibilité le 18 octobre 1994.

Diplomatie et politique en Haïti, comme partout ailleurs, sont pratiquement les frères siamois dans la haute sphère de l’État, en particulier pour des cadres aussi brillants, avisés et expérimentés comme Yves Mazile, qui assurent souvent le travail ingrat du protocole. En sachant que lorsque tout va bien les compliments sont partagés par tous les membres du personnel, tandis que lorsqu’une erreur ou un échec se présente, c’est souvent la tête du protocole qui est offerte malheureusement sur le plateau.

De retour dans l’administration centrale de la diplomatie haïtienne, pour servir dans le protocole d’État, l’ambassadeur Yves Mazile allait depuis, assurer la fonction de chef de protocole pour le meilleur de l’administration publique haïtienne, en dépit des faiblesses des institutions régaliennes et du manque de préparation de nombreux hommes et femmes assumant souvent certaines fonctions qui les placent en première ligne, sous les projecteurs.

Difficile d’évaluer au fil des ans, pratiquement les trois à quatre dernières décennies, les responsabilités et les engagements, les sacrifices et les défis du quotidien imposés au personnel affecté dans les services du protocole des plus importantes institutions du pays, en particulier celui du chef de protocole.

Dans les mémoires diplomatiques que l’ambassadeur Yves Mazile devrait s’offrir au soir de sa vie, il faudra pratiquement retenir les contributions, les consultations ou les confirmations de ce dernier, dont la présence marque souvent et toujours l’ampleur de l’événement, ses empreintes particulières sur les principales activités suivantes : les grandes réunions, rencontres, cérémonies de commémoration ou de célébration. Les cérémonies d’inauguration, de lancement, de festivités, des investitures, les présentations des lettres de créance, les hommages ou les funérailles, les cérémonies de départ ou d’adieu, en dehors des fêtes nationales complètent ces grandes occasions où souvent les présidents de la République y prennent part.

D’une encyclopédie vivante et ambulante, certains se réfèrent parfois à l’ambassadeur Yves Mazile, quand il s’agit de discuter ou de planifier, ou d’apporter les dernières touches lors des diners, des cocktails, réceptions et toutes les autres activités privées ou publiques, médiatiques ou récréatives, politiques ou diplomatiques qui impliquent les chefs d’État, et d’autres hauts dignitaires de l’État, selon leurs grades, leurs titres et leurs qualités respectifs.

Dommage, qu’il manque terriblement à l’administration publique haïtienne, un cadre légal récent sur le protocole national, des documents officiels et actualisés, pouvant servir de cadre régulateur ou de guides sur le protocole institutionnel en Haïti, en dépit des quelques propositions formulées, qui mériteront certainement la touche ou la validation de l’ambassadeur Yves Mazile.

Discret et parfois effacé, l’ambassadeur Yves Mazile ne fait pas de bruit. Il est à la fois respecté par ses pairs et solidaire à ses collègues dans la diplomatie et collaborateurs immédiats tant au ministère des Affaires étrangères, qu’au sein du palais national, en dehors des autres institutions républicaines représentant les trois pouvoirs, qui valorisent le protocole.

Durant les dernières années, l’ambassadeur Yves Mazile a été l’un des hauts cadres haïtiens à participer dans les différents ateliers de travail sur le renforcement du protocole d’État en Haïti, en collaboration avec de nombreuses institutions et pays partenaires comme l’ambassade de France en Haïti.

Détourné de toute intention de rendre un digne hommage posthume aux principaux hommes et femmes, qui se sont offerts en sacrifice pour servir leur pays, Haïti, au cours des nombreuses années qui se sont écoulées, j’ai choisi de vous proposer dans ma nouvelle série des portraits diplomatiques, qui vont enrichir les collections du musée de la diplomatie et la galerie des responsables du protocole, de faire un tour dans le parcours de l’ambassadeur Yves Mazile. N’en déplaise à ce dernier, dont les exigences professionnelles et le sens de la réserve d’État le confinent à une humilité hermétique.

D’ici l’année 2030, l’ambassadeur Yves Mazile devrait commémorer ses cinquante ans de carrière dans la diplomatie haïtienne. Comment la nation devrait-elle honorer ce grand serviteur ? Dans quel sens les jeunes générations de diplomates et certains agents du protocole devraient-ils profiter de l’expérience et de la sagesse de l’ambassadeur Yves Mazile ? Entre ses forces et ses faiblesses, ses défauts et ses limites, il faudra retenir les nombreuses contributions de l’ambassadeur Yves Mazile dans l’histoire de du protocole en Haïti, et dans toute la Caraïbe, en tant que gardien du temple diplomatique et grand témoin des temps politiques.

Dominique Domerçant




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