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TENNIS/OPEN D’AUSTRALIE : Naomi Osaka fait la ferté du peuple haïtien, mais avilit les politiciens!

TENNIS/OPEN D’AUSTRALIE : Naomi Osaka fait la ferté du peuple haïtien, mais avilit les politiciens!








Le sacre de Naomi Osaka dans l’Open d’Australie face à Petra Kvitova (7-6, 5-7, 6-4), le samedi janvier à Melbourne, a suscité une vague de réactions au sein de la population haïtienne. Entre le sentiment de fierté de voir une athlète au sang haïtien au premier plan du tennis mondial et l’incapacité persistante de nos dirigeants à mettre en place un vrai cadre de développement de talent, la montée en puissance de Naomi met à nu notre incapacité.

Comment ne pas être aux anges d’assister au triomphe de Nao¬mi Osaka dans l’Open d’Australie 2019, le premier tournoi de Grand Chelem cette année, quelques mois après avoir mis la main sur l’US Open 2018. Si bien que la ré¬alisation de Naomi symbolise, peut-être, la fin du règne des soeurs Williams qui depuis les années 2000 ont compilé 30 ti¬tres de Grand Chelem, Naomi est surtout pour le peuple haï¬tien en panne de modèle ; cette fille de 21 ans de père haïtien qui met le monde à ses pieds.

Sur tous les réseaux sociaux, du président de la République Jovenel Moïse au plus simple citoyen, les éloges à l’endroit de l’actuel numéro un au classement WTA viennent de toutes parts. Le numéro un de la nation haïtienne a écrit sur son compte Twitter : « Haïti est fière de toi, Naomi, et c’est tout un peuple qui te félicite pour cet exploit », peut-on lire sur sa page. D’autres citoyens dithyrambiques croient que c’est le plus grand résultat d’un sportif de sang haïtien sur la scène internationale.

Peu importe l’interprétation, les performances croissantes de Noami Osaka prouvent qu’un athlète de sang haïtien peut at¬teindre le sommet si les condi¬tions de son développement lui sont disponibles. Nom¬breux les jeunes talentueux qui meurent dans l’oeuf, faute d’infrastructures et/ou absence de politique sportive au niveau de l’État et absence d’un vrai cadre légal réglementant le secteur du sport.

Naomi Osaka est depuis le mois novembre de l’année dernière ambassadrice de bonne volonté pour la promo¬tion du sport haïtien. Titre qui lui a été confié par président haïtien Jovenel Moïse. Pour¬tant, l’État haïtien dans ses actes ne croit pas réellement qu’un athlète haïtien puisse ar¬river au sommet par le sport pratiqué par Naomi. Car, les derniers jeux scolaires lancés par l’État se déroulent sans le tennis, la discipline de notre ambassadrice, et le basketball.

Sois au niveau fédéral ou éta¬tique, il n’existe aucune poli¬tique sportive depuis plus 20 ans. À titre d’exemple, le 8 mai 1989, le tennisman haï¬tien Ronald Jean-Martin Agé¬nor a atteint la vingt-deuxième place mondiale du classement ATP avec un quart de finale à Roland Garros et trois au-tres titres à la clé. Depuis lors, nos tennismen n’ont pas fait le poids, faute d’investissements, d’infrastructures et d’encadrement.

Pour Jean Roody Dorval, amant du tennis, les Haïtiens ont tous le droit d’être en liesse pour les récentes performanc¬es de Naomi. Il croit toutefois, que cela prouve que des jeunes Haïtiens auraient pu être au premier plan sur la scène in¬ternationale soit au niveau du tennis, de boxe, ou d’autres disciplines.

Dans la 23e édition des Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes, 65 athlètes ont défendu les couleurs d’Haïti pour une seule petite médai¬lle d’argent. Laquelle médai¬lle a été remportée par Van-essa Clerveaux, une expatriée. Pourtant d’autres pays de la ré¬gion se servent du sport pour en vendre une meilleure image à l’étranger. Aujourd’hui, Cuba est une référence mondiale au niveau de la boxe. La Jamaïque est une puissance en athlé¬tisme, la République dominic¬aine peut se vanter d’être à un très bon niveau dans plusieurs disciplines sportives, dont le football américain et le bas-ketball. Haïti est à quel niveau, dans quelle discipline ?

Tout compte fait, on assiste globalement à une régression des performances des ath¬lètes haïtiens sur la scène in¬ternationale. Avec la montée de Naomi, les autorités pour¬raient mettre en place un vrai programme de sport, de vraies compétitions scolaires et de bonnes infrastructures pour former des athlètes haïtiens valables. Mais, pour l’instant, le peuple se contente de Naomi en attendant l’émergence des Haïtiens de souche.

Kenson Désir



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