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Dr Patrice Jean, médecin et body builder

Dr Patrice Jean, médecin et body builder



Le body building encore appelé culturisme est très populaire en Haïti. Cette culture physique qui conduit vers la construction d’un corps bien musclé est désormais virale. Des clubs de pratique de ce sport sont créés dans divers lieux de la capitale et dans les autres villes du pays. Il est d’ailleurs un secteur d’activité pour des investisseurs offrant des services hors normes de par la structure des centres de sport que par les services y associés.


Quoique le sexe et l’âge ne soient pas des paramètres déterminants absolus de la pratique, les jeunes sont censés être les adeptes par excellence au culturisme. Dans la foulée, le Dr Patrice Jean et son histoire s’imposent comme une source d’inspiration.

Docteur en médecine et spécialiste en algologie, Patrice Jean, qui travaille aujourd’hui comme formateur dans des programmes de santé publique, a une histoire qui nous ramène en novembre 2017 où il a fait ses débuts en bodybuilding alors qu’il trainait dans les salles de gym depuis sa tendre jeunesse. Âgé de 32 ans alors, il n’avait pas pu prévenir que le culturisme deviendrait toute une mode de vie et une source de joie pour sa famille deux ans plus tard.

Au début, tout était question de perdre du poids, un point commun avec la plupart des pratiquants. Il a embrassé le bodybuilding sur conseil de son moniteur. La progression a été fulgurante : 22 livres perdus en six semaines de ses 220 livres découlant des mauvaises habitudes alimentaires. L’homme qui reconnait qu’il est un amoureux du sport admet sans gêne que la pratique lui a imposé une grande discipline, car cela exige de l’assiduité et dans son quotidien, il devient plus performant dans ses différentes tâches.

Si aujourd‘hui le body building le rapproche un peu plus de sa femme, c’est toute sa famille qui se réjouit qu’il a renoué avec le sport. Il est une passion pour lui, le passe-temps idéal. S’il ne partage pas l’opinion que la pratique soit chronophage, Patrice déplore par contre le quasi- absentéisme des sponsors dans le milieu sportif et note combien il est coûteux d’être body builder. On est soumis à un régime alimentaire strict, des suppléments (protéines, vitamines etc…). Par ailleurs, les directives diététiques du body building renforçaient les liens entre lui et ses patients, les diabétiques et les hypertendus particulièrement.

Avec un coach personnel qui est médecin, nutritionniste et athlète, des coéquipiers et une épouse qui projette de lui rejoindre dans le cercle, Dr Jean vit une aventure plutôt excitante quoique le body building occasionne des dépenses supplémentaires dans la famille et ne rapporte rien. Il lui faut une à deux heures par jour pour créer son monde. Entre le médecin et le body builder, Patrice ne veut établir de frontière : je suis médecin body builder, dit-il. Selon lui, toute personne, professionnel de la santé ou non devait épouser une activité sportive, il n’y a aucun prétexte valable pour ne pas le faire.

Patrice qui n’a pas encore participé aux compétitions nationales, a raté une chance de devenir professionnel quand il a échoué à la sixième place à sa deuxième compétition internationale à Miami en 2018. Pour lui, la préparation d’une compétition exige beaucoup trop pour se lancer dans une compétition sans garantie que cela va rapporter en.

Dr Patrice Jean, body builder amateur, a laissé le pays le 7 octobre 2019 pour participer à une compétition en Chine : Classic body building supérieur à 185 cm et bodybuilding 85 kilos où il va tenter de gagner une des trois premières places et devenir du coup professionnel.

Si des stéréotypes tendent à décourager les gens sur la pratique d’une activité sportive, il y a tant d’histoires pour raviver l’espoir. Organiser son temps, son quotidien et prendre soin de soi même serait-il incompatible à la vie misérable et stressante que les situations socio-politiques du pays nous imposent ?

B. Charlemagne CHARLORIN




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