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Le scandale Yves Jean Bart divise la presse sportive haïtienne !

Le scandale Yves Jean Bart divise la presse sportive haïtienne !



Depuis le 30 avril 2020, date de la sortie du premier article du journal The Guardian, le dossier Yves Jean Bart, qui est accusé de violer plusieurs mineures à l’Académie de Camp Nou, ne cesse de défrayer la chronique. Alors que la Commission éthique de la FIFA vient de suspendre provisoirement le président pour 3 mois, certains journalistes qui suivent à la loupe l’évolution de cette affaire se perdent dans un parti pris, une situation qui fragilise leur mission d’informer.


La presse sportive haïtienne se retrouve dans une situation assez délicate. Après les allégations accusant le président de la Fédération haïtienne de football (FHF), Yves Jean Bart, d’abuser sexuellement des fillettes au Centre technique FIFA Goal, les journalistes sportifs ont à traiter le plus grand scandale qu’aura connu le football haïtien. Dans les différentes émissions et articles de presse, trois tendances se dégagent : ceux qui restent neutres et tentent de contribuer à éclaircir la situation, un deuxième groupe qui s’affiche comme des défenseurs acharnés de la FHF et les antis Dadou.

De ceux qui traitent le dossier avec impartialité

La presse sportive haïtienne n’a pas la paternité du dossier Yves Jean Bart. Peu importe que ces allégations se soient révélées vraies ou fausses, cela aurait pu être un grand coup pour une corporation très critiquée pour certaines prises de position. Pour se rattraper, une frange essaie d’analyser de manière équilibrée le dossier en essayant de trouver quelques faits pour faciliter une meilleure compréhension des allégations du journal The Guardian, New York Times et de la décision de la Commission d’éthique de la FIFA de suspendre provisoirement pour 90 jours Yves Jean Bart.

Dans des émissions radiophoniques, via des articles de presse ou d’autres espaces médiatiques et de rencontre, ces journalistes restent dans la ligne déontologique du métier qui exige que chaque information soit vérifiée. Ces professionnels qui s’attachent encore aux principes du journalisme ont généralement un comportement flegmatique et jouent le rôle de pacificateurs entre ceux qui manifestent visiblement leur divergence avec trop de vigueur.

Deux groupes de journalistes s’affrontent

Depuis au moins trois semaines, on assiste à un duel à distance entre deux groupes de journalistes. Un premier qui s’identifie comme proche de la FHF et est prêt à défendre leur position face à tous ceux qui critiquent ou croient dur comme fer dans la culpabilité de M. Jean Bart. Leur combat prend plusieurs formes. Dans une émission diffusée tous les matins sur une station de radio de la capitale, les présentateurs ont avoué, en début de semaine, que le dossier Yves Jean Bart n’est autre qu’une manœuvre d’un petit groupe qui veut salir l’image du président. Ces confrères de la presse ont pointé du doigt d’autres journalistes qui seraient de mèche avec le Français Romain Molina et d'autres personnalités du pays pour détruire le football, le football féminin en particulier.

C’est à peu près la même situation pour une pléiade d’agences en ligne qui abordent le sujet dans le sens d’un vaste complot contre le football haïtien. Selon eux, le président de la Fédération est irréprochable. On pourrait les voir citer plusieurs noms comme auteurs et co-auteurs du complot contre Dadou.

En face, il y a ceux qui répondent par des articles, des messages, auxquels on peut voir dégager l’idée, mais surtout l’assurance que le président de la FHF est un coupable né. Ces journalistes, comme on peut l’écouter dans plusieurs messages circulant sur le web, pensent qu’abuser des enfants au Centre FIFA Goal n’est pas une pratique qui date d’aujourd’hui. Pour eux, Yves Jean Bart n’a plus la caution morale pour rester à la tête de la Fédération haïtienne, peu importe l’issue du dossier.

Quid de la liberté d'opinion ?

Loin de l’article 28 de la Constitution de 1987 amendée qui garantit la liberté d’opinion (Tout Haïtien ou Haïtienne a le droit d’exprimer librement ses opinions, en toute matière par la voie qu’il choisit), les défenseurs et antis Dadou se sont lancés dans un duel pestilentiel qui ne fait pas honneur au journalisme. Sur les réseaux sociaux, dans des émissions, des attaques à tout bout de champ sont monnaie courante. Des mots parfois violents font également partie des échanges houleux entre ces hommes irascibles.

Jamais la presse sportive haïtienne n’a jamais été aussi divisée sur un sujet. D'aucuns se demandent pourquoi tout cet acharnement, pourquoi la presse s’entredéchire pour un sujet qui aurait pu leur donner l'occasion de changer la situation des enfants au Centre FIFA Goal et d’autres en situation d’être victimes de toutes sortes d’abus dans des orphelinats, des clubs ou maisons privées.

Kenson Désir




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