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La phobie des sports nautiques en Haïti !

La phobie des sports nautiques en Haïti !



Les villes haïtiennes se caractérisent par la prédominance d’un peuplement littoral et par la faiblesse des activités marines dans l’économie et le sport. Avec plus de 1770 km de côtes, la dimension marine reste peu développée dans l’organisation de la pratique sportive. Ce qui fait que les sports nautiques restent encore un mystère et/ou une denrée inexploitée.


Il existe une trentaine de sports nautiques praticables dans un pays comme Haïti avec environ 1770 km de côtes. D’autres disciplines sont des sports en piscine et mixte, les sports en eau libre et en eau vive et les sports subaquatiques.

Avec la République dominicaine, Haïti compose la deuxième plus grande île de la Caraïbe après Cuba. Pourtant, selon certaines données disponibles, moins de 2% de la population haïtienne sait nager et environ 0,13 %, données datant d’une dizaine d’années, pratique la pêche comme activité économique. Ce qui est un handicap pour un peuple insulaire. Cette phobie de la mer peut être expliquée par un passé esclavagiste et agriculteur et un manque de moyen criant pour développer ces disciplines souvent couteuses.

Un regard historique

Dans son ouvrage titré les littoraux latino-américains, Alain Musset explique dans le chapitre 3 baptisé, Haïti et la mer : une insularité ambiguë, que depuis l’arrivée des noirs en 1503 à Saint-Domingue, ils ont été majoritairement jetés dans les champs ou dans les habitations aux fins de travaux domestiques. Véritable force économique de la colonie, les esclaves n’étaient jamais impliqués dans le commerce avec l’extérieur notamment la métropole. Et en même temps, les villes côtières se sont multipliées, car le commerce extérieur via la mer, géré exclusivement par les Blancs, a été une source vitale pour l’économie coloniale, explique l’auteur.

Même après l’indépendance, les Haïtiens ont axé leur économie sur l’agriculture par la mise en place de vaste plantation. Cette course à la terre a éclipsé le développement de l’activité maritime. Deux siècles plus tard, les Haïtiens n’ont toujours pas changé leur habitude d’où toute la difficulté de dompter les techniques de la maitrise de la mer. D’autant que sociologiquement, la population haïtienne, croyante et superstitieuse, associe certains phénomènes liés à la mer aux agissements du dieu Agoué-Taroyo, maitre de la mer et des iles, ou encore Damballah- Wèdo qui est le dieu des sources et des rivières. Donc, culturellement, l’homme haïtien craint l’eau.

Obstacles économiques liés à la pratique des sports nautiques

Contrairement au football ou l’athlétisme par exemple, les sports nautiques exigent des équipements généralement chers. Il n’est pas permis à tout le monde de se procurer de ces matériels pour pratiquer les disciplines les plus courantes telles que l’aviron, le surf, rame traditionnelle, barque de sauvetage, etc. C’est pour cela que ces sports sont souvent l’affaire des pays dont leurs fédérations disposent de grands moyens.

En Haïti, il existe une Fédération haïtienne d’aviron qui a gagné entre autres une médaille d’or dans les jeux d’Amérique centrale et la Caraïbe de 2018 grâce aux brillantes performances de Gabrielle Amato. Mais cette discipline tarde à se développer dans le pays par faute de moyen et notamment de pratiquants compétents. Si on prend l’exemple de la natation, qui se pratique en eau douce, elle n’est pas aussi répandue dans le pays. Haïti est loin d’être une référence dans la région, car il n’existe aucune infrastructure adéquate. Le pays ne possède aucune piscine de standard international. Celle du centre sportif de Carrefour peine à être rénovée malgré plusieurs promesses des responsables.

Pourtant, le développement des sports liés à l’eau pourrait être doublement important dans la vie de la population haïtienne. Le pays se situe dans une zone à risque où les cyclones provoquent souvent des inondations. Un fort pourcentage de nageurs dans la population diminuerait le risque de noyade lors de ces inondations. En plus, il pourrait être un bon moyen de se rapprocher de la mer qui est un moyen incontournable pour un pays de s’enrichir à travers le commerce, mais aussi son exploitation.

Kenson Désir




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