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Haïti face à la menace d’un régime totalitaire 33 ans après

Haïti face à la menace d’un régime totalitaire 33 ans après








Après 33 ans de conquêtes démocratiques que le peuple haïtien a arraché au prix du sang, suite au départ forcé du régime de fer des Duvalier, le président Jovenel Moïse, à travers ses actions, semble manifester une velléité d’établir une dictature dans le pays. Depuis l’arrivée de son équipe au timon des affaires de l’État, il y a plus de deux ans, Haïti semble prendre un virage vers un retour à un statu quo ante : le régime sanglant des Duvalier que le peuple haïtien a combattu avec acharnement pendant 29 ans.

Depuis l’accession de M. Moïse au pouvoir, Il rame à contre-courant de la lutte que le peuple haïtien a menée pour renverser le régime totalitaire des Duvalier le 7 février 1986. Orgueilleux, le mot démocratie n’est pas dans son champ lexical ni dans son agenda. On s’en souvient de ses formules à l'emporte-pièce : « Le président a parlé, point barre ». « Je suis le président de tous les Haïtiens ». Ce qui laisse croire qu’il n’a pas besoin d’entendre l’opinion du peuple sur des sujets d’intérêt national et qu’il peut tout décider unilatéralement. Il continue à prendre des dispositions pour assurer la pérennité de son pouvoir ; mais aucune mesure n’est prise en faveur des intérêts supérieurs de la nation, notamment des projets ou des programmes en matière de politique publique pouvant améliorer l’environnement politique, économique et social d’Haïti.

Sa façon d’agir montre qu’il n’a pas la volonté politique ni la vision de changer les choses dans le pays. Le culte de personnalité est sa culture. Tout se déroule autour de sa personne. Aucune instance de l’État n’a le pouvoir réel pour agir. Le président seul est détenteur de tout pouvoir. On s’en souvient de cette fillette que Jovenel Moïse a fait déhancher dans un spectacle de mauvais goût au Champ-de-Mars pour lui récompenser d’une voiture.

Quand il s’agit d’atteindre son but, il est fidèle et même rigide. Pour concrétiser son rêve ou sa folie autocratique, le chef de l’État se donne des moyens. Les faits sont parlants : remobilisation de l’Armée d’Haïti le 18 novembre 2017, les votes d’Haïti contre le Venezuela qui trahissent les liens historiques et d’amitié entre les deux peuples, l’arrêté présidentiel en date du 23 mai 2018, pour tenter d’édenter le chef de la police Michel-Ange Gédéon, bien que son mandat de 3 ans n’était pas encore arrivé à terme. Pour contourner le chef de la police qui n’a pas cédé à ses chantages, Jovenel Moïse a pris le contrôle de plusieurs unités spécialisées de la PNH. Il a organisé des visites en série à l’insu du directeur général. Dans cette perspective, il a équipé l’Unité de sécurité générale du palais nationale (USGPN) de véhicules, de fusil M-50, d’armes et munitions, de nouveaux uniformes unilatéralement. Ce que des organisations de droits de défense des humains de la société civile avaient dénoncé y compris l’ex-directeur de la police Mario Andrésol.

En plus de ces actions flagrantes montrant l’ambition du président Jovenel Moïse d’asseoir son régime dictatorial dans le pays, cette affaire de mercenaires arrêtés et transférés aux États-Unis suscite de grandes interrogations. C’est le règne de l’anarchie. On s’en souvient du défilé de la bande du chef de gang Arnel Joseph muni d'armes de grands calibres dans une manifestation parcourant plusieurs rues de la capitale, jusqu’à sa base à Cité de Dieu. Pourquoi les unités spécialisées de la PNH qui reçoivent l’ordre pour bloquer l’accès à des milliers de manifestants au Champ-de-Mars n’ont pas été instruites pour appréhender ces bandits ? Pourquoi n'ont-ils pas reçu l'ordre pour stopper les bandits lors du massacre de La Saline le 2 octobre 2018 ? Pourquoi le pouvoir n’a jamais réagi et ses auteurs n’ont jamais été appréhendés pour répondre à leurs actes par-devant les tribunaux ? Ce que le Réseau national de défense de droits humains (RNDDH) qualifie de massacre d’État.

La justice est impuissante devant les assassins qui circulent en toute impunité. Le pays est infesté de gangs armés qui le rendent invivable. Mais qui a la responsabilité de les traquer selon l’article 136 de la Constitution ?

Le président Jovenel Moïse a méprisé les cadavres de nos compatriotes. Il est resté muet sur cette tragédie. Un jour, c'est peut-être une question de temps, il se verra obligé de faire la lumière sur le massacre de La Saline. Pour certains observateurs, puisque le président a la bénédiction du Blanc, il n'a de compte à rendre à personne.

Dans une lettre adressée à Mike Pompeo, Secrétaire d’État américain, le 20 mars dernier, 104 législateurs américains lui ont demandé d’enquêter sur la corruption et les violations de droits humains commises par le gouvernement haïtien et les forces de l’ordre lors des dernières manifestations organisées en Haïti.

Le président s’accroche avec la dernière énergie du désespoir à son pouvoir. Il n'a qu'un souci : durer. Durer dans le chaos. "Peyi a atè plat".

Le président, jouant sur tous les tableaux, se glisse dans la peau de tous les personnages. il est Magistrat, il est ministre, il est juge et parti à la fois. Il est partout pour n'être vraiment nulle part. Autrement dit. Tout est du vent. Son projet ‘’caravane du changement’’ illustre cette politique du vent. Brasseur d'affaires, l'homme de la banane exécute les programmes de tous les ministères. Ce qui les rend inopérants.

Le pays est tétanisé. On assiste impuissant à la hausse du dollar. On se demande dans quel mois la gourde s'échangera à 100 gourdes pour un dollar?

Manifestement, on se demande si tous les projets de ce gouvernement se liguent contre le peuple haïtien?

Jovenel est-il un éléphant dans un magasin de porcelaines? Dès qu'il touche un élément, c'est la catastrophe : hausse spectaculaire du prix des produits pétroliers, le dollar pulvérise la gourde, la caravane du changement engloutit des millions dollars sans apporter le moindre changement, la mise en application du budget 2016-17 est considérée par maints économistes comme un budget criminel. Quand il touche la question du riz par le truchement de la subvention, la production nationale de riz est assommée par l'importation.

Jovenel veut jouer aux apprentis dictateurs. Mais, il est un mauvais acteur. Tout ce qu'il fait devient la risée du public. Comme la politique n'est pas tout à fait un spectacle pour amuser la galerie, chaque action posée par cet acteur nous touche dans notre chair. C'est le pays qui sombre dans la misère, la bêtise, le banditisme. Haïti dessine des lendemains qui déchantent.

Le peuple haïtien serait-il prêt à oublier les razzias humaines sanglantes du régime des Duvalier qui a régné au pouvoir pendant 29 ans. Le président Jovenel Moïse aura-t-il à se servir des moyens forts pour concrétiser son rêve ? L’avenir nous en dira !

Ronald Singer



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