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Que faire, quand le corrompu est celui qui, hier, parlait de corruption

Que faire, quand le corrompu est celui qui, hier, parlait de corruption








Petrocaribe est une affaire dans laquelle le pays est touché jusqu’aux os par un scandale politico-économique impliquant quatre présidents, leurs chefs de gouvernements, ministres, directeurs généraux, des firmes nationales et internationales aussi bien que des parlementaires dans la dilapidation de 3.8 milliards de dollars américains. Lorsque, certains Chefs d’État de la région ont pu, avec cette même aide, réaliser de grands projets dans leurs pays, donc il ya lieu de se demander ou est donc passée cette forte somme d’argent de 3.8 de dollars américains.

Mais, avec les rapports respectivement des sénateurs Youri Latortue (Artibonite) et Evalière Beauplan (Nord Ouest), du viaduc de Delmas, de lampadaires et des 25 stades soi-disant construits, il est clair que l’argent des Fonds Petro Caribe a été dilapidé. Selon les rapports, anpil ak anpil gagòt fèt nan kob Petro Karibe an.

En dépit de ces deux rapports qui a, finalement, mis en branle toute la société civile et politique, lors d’une rencontre avec la communauté haïtienne de France, le Président de la République, issu du mouvement Tèt Kale, a eu à déclarer que Dosye Petro Karayib lan, se youn zafe de pèsekisyon politik. Nou pwal blokel paske nou gen mounn tout kote.

De ce discours du Président, comme le dossier Petro Caribe fait des rebondissements depuis des mois, il ya, avec le mouvement des jeunes Petro Challenger, cet éveil de conscience chez la population. Entre-temps, il y a eu les 6, 7 et 8 juillet. Ces derniers ont conduit au départ de l’ancien PM, Jacques Guy Lafontant et d’un replâtrage de gouvernement par le nouveau PM Jean Henry Céant. Le peuple a parlé certes, mais le Président, dans son entêtement, n’a rien entendu. Et il ne se rendait pas compte, une fois de plus, que son entêtement est sur le point de conduire le pays au bord d’une grande explosion politique et sociale.

Comme il n’avait pas l’intention de faire suite aux rapports de la rue, dans un fait semblant, le locataire du Palais national a dans une de ses tweets écrivait ce qui suit: « L’exigence citoyenne pour que lumière soit faite sur l’utilisation des fonds de Petro Caribe témoigne de la vitalité de notre démocratie. Je demande à tous les grands commis de l’État indexés ayant eu une part active dans la gestion de ces fonds de se mettre à la disposition de la justice. » Mais, en dehors de tout ce que pouvait écrire le président de la République ou considération du peuple haïtien dans ce dossier, dans l’ensemble, quel est donc l’impact que la corruption peut avoir sur le développement de la nation en général ?

La Convention des Nations unies et la corruption

« La corruption nuit gravement à l’État de droit et au développement durable. Dans la Déclaration de la Réunion de haut niveau sur l’État de droit, les états membres se sont déclarés convaincus que la corruption était nuisible, en ce qu’elle faisait obstacle à la croissance et au développement économique, entamait la confiance du citoyen dans la légitimité et la transparence des institutions et entravait l’adoption de lois justes et efficaces, ainsi que l’administration et l’exécution des lois et l’action des tribunaux », peut on lire dans un texte des Nations. Mais, quand dans un rapport de plus de six cents pages de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA) dans le dossier Petro Caribe, la compagnie d’un Président de la République en fonction est accusée de corruption, cela ne nuira pas seulement au développement durable, elle embarrasse l’institution de la Présidence, la classe des affaires et le Core Group qui ont supporté ce candidat inculpé, aux dernières élections présidentielles dans le pays.

« La Convention des Nations Unies contre la corruption a été adoptée par l’Assemblée générale dans sa résolution 58/4 de 2003 et est entrée en vigueur en décembre 2005. Il s’agit du premier instrument juridiquement contraignant contre la corruption. Elle énonce un ensemble exhaustif de principes, mesures et règles que tous les États qui en font partie, doivent mettre en œuvre pour renforcer leurs systèmes juridiques et réglementaires de lutte contre la corruption. L’Organisation des Nations Unies aide les États membres à appliquer la Convention ainsi qu’à renforcer les moyens dont ils disposent pour prévenir et détecter la corruption et mener des enquêtes en la matière. Elle les aide également à mettre en œuvre des programmes visant à promouvoir la transparence, l’intégrité et la responsabilité du système de justice pénale et des institutions garantes de l’État de droit.» Mais, de toutes les questions et préoccupations du moment, la plus importante, c’est comment la communauté internationale, particulièrement le Core Group va encourager ses poulains à démissionner de leurs postes de Président et finalement se remettre à la justice du pays comme le veulent les lois de la République d’Haïti et les conventions des Nations unies contre la corruption

Depuis l’indépendance, la corruption a toujours été un handicap majeur au développement d’Haïti. Aujourd’hui, dans les églises, la presse, les institutions privées ou publiques, la corruption est tellement généralisée qu’il est difficile aux présentateurs de journaux ou aux directeurs d’opinion de ne pas parler de ce mal qui gangrène le pays. Dans l’Haïti d’aujourd’hui, le mot corruption est presque sur toutes les lèvres, même les corrompus et dilapidateurs des fonds Petro Caribe. À telle enseigne que des le tout début de son mandat, le Président de la République a eu à déclarer que : peyi an gen cinq pwoblem. Koripsyon, koripsyon, koripsyon, koripsyon e koripsyon.

Mais, quelques mois plus tard, la question est de savoir qui est les plus corrompus : la classe des affaires, les directeurs généraux des institutions publiques, les ministres du pouvoir exécutif, les sénateurs, les députés, les Premiers ministres, les prédécesseurs locataires du Palais national ou l’actuel président lui-même ? Si pour le moment il est difficile de répondre à cette question, toutefois les rapports des Sénateurs Youri Latortue et Evalière Beauplan et ceux de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA), n’épargnent pas pour autant celui qui, quelques mois de cela, faisait du bruit autour de la corruption. Yo kenbe prezidan an la main dans le sac.

Stratagème de détournement de fonds

Car, sous le titre la boîte de Pandore de la corruption s'ouvre en Haïti, le président épinglé, l’Agence France-Presse publié le 31 mai 2019 publie ce qui suit « Le président haïtien Jovenel Moïse est accusé d'être au cœur d'un «stratagème de détournement de fonds» par la Cour supérieure des comptes qui a rendu vendredi un rapport de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion de l'aide reçue du Venezuela.»

« Les juges haïtiens ont découvert qu'en 2014 pour le même chantier de réhabilitation de routes, l'État a signé deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts, Agritrans et Betexs, mais qui partagent notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique. »

Toujours selon l’Agence France-Presse, avant son arrivée au pouvoir en 2017, Jovenel Moïse était à la tête de l'entreprise Agritrans, laquelle a reçu plus de 33 millions de gourdes (plus de 700 000 dollars américains, au taux de l'époque) pour ce projet routier alors que son activité consistait en production bananière.« Les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates» révèle le rapport de la Cour qui conclut qu'il s'agit «ni plus ni moins qu'un stratagème de détournement de fonds »,

« L'état de ce tronçon de route suscite des questionnements et démontre qu'il y a un décalage énorme entre les sommes dépensées et la réalité des travaux qui auraient été effectués» relate le rapport des juges après leur visite de terrain, lit-on plus loin dans le rapport de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA).

Pour ce chantier, l'entreprise de l'actuel Président avait, par ailleurs, reçu une avance de fonds près de deux mois avant la signature du contrat, ce qui fait aujourd'hui dire aux magistrats «qu'il y a eu collusion, favoritisme et détournements de fonds ».Cette « découverte troublante » comme l'ont qualifiée les juges est une des centaines d'irrégularités relevées dans l'analyse des projets lancés

« Les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates » révèle le rapport de la Cour qui conclut qu'il s'agit « ni plus ni moins qu'un stratagème de détournement de fonds ».

Quand la corruption devient légale

Si autrefois, on se posait cette question à savoir le président est-il corrompu parce qu’il a entretenu des liens d’amitié et de rapports avec des anciens hauts dirigeants du PHTK ou bien parce qu’il est le protégé des hommes et femmes d’affaires du secteur privé et de la communauté internationale, maintenant, après le dernier rapport du weekend dernier, les masques sont tombés. Le peuple haïtien est maintenant convaincu que le premier citoyen de la nation est corrompu surtout lorsque deux compagnies qui ont accepté des fonds Petro Caribe pour la réalisation d’un même projet étaient dirigées par le Président de la République. On ne dépense pas l’argent d’investissement de projets d’un pays comme on dépense ou dirige soi-même des fonds personnels, monsieur le président. Ainsi, de par ce constat, il ne serait pas méchant de conclure que le candidat à la présidence sous les bannières du parti PHTK était, par leur implication même dans le dossier des fonds Petro Caribe, naturellement corrompu avant même son arrivée à la tête du pouvoir politique de ce pays pauvre de la Caraïbe.

Désormais, il n’est plus question réellement d’évaluer qui est le plus corrompu, Jovenel Moise ou ses prédécesseurs, il est plutôt question quand est ce que le Président de la République va se remettre á la justice pour les suites légales dans le dossier du détournement de fonds Petro Caribe.

Peu importe comment les supporteurs du chef de l’État comprennent le rapport du CSCCA, après ce document ou le premier citoyen de la nation est épinglé, comme l’a dit la mairesse de la Cité du Drapeau dans son discours le 18 mai dernier, le peuple a suivi, le peuple a compris, et le peuple a noté. Si deux ans de cela, lors de l’une de ses prises de parole, le chef de l’État a eu à déclarer que : peyi an gen cinq pwoblem. Koripsyon, koripsyon, koripsyon, koripsyon e koripsyon. Mais, quand le corrompu est au Palais national, à ce moment-là, le pays a plus de cinq problèmes. La nation a un problème de leader moral et intègre. Puisqu’elle est dirigée par un corrompu qui détourne les fonds du Trésor public. Car « l’exigence citoyenne pour que Lumière soit faite sur l’utilisation des fonds Petro Caribe témoigne de la vitalité de notre démocratie. ». Et pour citer le chef de l’État, le peuple « demande á tous les grands commis de l’État indexés ayant eu une part active dans la gestion de ces fonds de se mettre à la disposition de la justice. »

Prof Esau Jean-Baptiste



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