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Et si Papa Dessalines manifestait contre les corrompus et incompétents

Et si Papa Dessalines manifestait contre les corrompus et incompétents








Il serait très furieux. Sur tout le parcours, de la manifestation au Champs de Mars, il crierait d’une voix forte, si les citoyens ne se soulèvent pas pour demander des comptes sur l’argent du Petrocaribe, c’est qu’ils ne sont pas des hommes.

D’après les propos de plusieurs analystes politiques et économiques sur le dossier PetroCaribe. «c’est la plus grande opération de corruption et de détournement de fonds public de toute l'histoire de la République d’Haïti. » Alors, si cet argent était bien reparti dans l’infrastructure comme le voulait notre bienfaiteur, le Commandant Chavez, le boulevard Jean-Jacques Dessalines qui porte le nom de l’Empereur ne serait toujours pas défiguré par des plaies béantes comme des montagnes de déchets, les buildings non construits après le meurtrier tremblement de terre du 12 janvier 2010. N’en parlons pas du Lycée Jean Jacques encore sous les tentes. Non seulement le monument de Dessalines au Pont Rouge est dans un mauvais état, mais à quelques mètres de la, il y'a aussi des bidonvilles qui devraient attirer l’attention des autorités, si elles tenaient en compte l’idéal du père de l’indépendance. Comme le mode de vie des gens dans les bidonvilles, l’infrastructure des routes, les écoles publiques et les espaces de loisirs qui sont presque dans les mêmes états après l’indépendance ne semble guère déranger les élites politiques et économiques, il fallait que l’Empereur demande “fout tonè, kote lajan Petro an pase.


Sous le titre inachevé, qui sait combine de millions de dollars a coute jusqu’ici le marché de Fontamara, publié dans les colonnes du Nouvelliste en date du 24 avril 2017, Roberson Alphonse écrit ce qui suit: « Le sénateur Youri Latortue en charge de la commission d’enquête sur l’utilisation des fonds Petrocaribe, avait indexé une série de contrats, dont celui du marché de poisson de Fontamara, ainsi que deux autres. Les contrats assignés à la firme IBT pour l’hôpital Simbi ($ 6 000 000.00 US) et le marché de Fontamara 15 647 900.00 dollars US ainsi que celui octroyé à Sotec pour le Wharf de Jérémie (23 928 392.00 dollars US) ont été attribués sans appel d’offre, de gré à gré, sans concurrence et antidatés pour rentrer sous la couverture de la loi d’urgence promulguée durant la période cyclonique, en 2012, avait révélé le rapport du sénateur Youri Latortue. L’intérêt de l’État n’a pas été protégé dans le cadre de ces contrats, avait soutenu Youri Latortue. »

Oui, définitivement, face à ce constat, l’Empereur serait très furieux contre tous ceux et celles qui ont dilapidé les Fonds du Petro Caribe, spécialement le président de la République. Comment, que ce soient le peuple haïtien ou Papa Dessalines, à ne pas être furieux quand on sait que, « Rex Teyat pentire pou 5 milyon, 61 mil, 139 dola vèt, 91 santim. »

De plus, papa Dessalines serait aussi furieux lorsqu’il constaterait l’état d’un monument érigé en son nom ainsi que les zones avoisinantes du Pont Rouge. Explique moi ce constat d’échec de ce pays en faillite, demanderait Jean Jacques Dessalines le Grand. « Parmi les monuments historiques du pays qui se détériorent ou sont délaissés faute d'entretien, le mauvais état du monument érigé à la mémoire du père fondateur de la patrie, Jean-Jacques Dessalines, au Pont-Rouge, soulève indignation et colère. Tous ceux qui ont l'occasion de fréquenter ce secteur dénoncent le fait que les autorités haïtiennes semblent ne se souvenir de l'empereur seulement une fois l'an, tout juste un peu de nettoyage pour permettre au président du moment de déposer la gerbe de fleurs traditionnelle au pied du monument. »

« Situé au carrefour de l'Aviation dans le quartier populeux de Chancerelles, à l'entrée nord de Port-au-Prince, le monument dédié à la mémoire du fondateur de la patrie trône aujourd'hui dans un environnement particulièrement dégradé. Devenus urinoir public et dépotoir informel, les alentours de la statue offrent un spectacle désolant: au pied de l'empereur, marchandes de fritures, de CD, de porte-clés et d'autres accessoires se disputent les clients, parmi les monceaux de détritus entre lesquels des enfants dépenaillés s'exercent à des jeux de hasard, ministres » constatait Amos Cincir du Quotidien Le Nouvalliste.

Se pat pou sa ke m te fè 1804

Comme Papa Dessalines continuerait le parcours de la manifestation, tout en chantant: kote lajan Petro Karibe an, l’Empereur serait très amère et fâché contre les Conzés, les politiciens et la classe d’affaires au pouvoir qui continuent à collaborer aveuglement avec les fils et petits fils des colons et ceci à l’encontre même des intérêts collectifs. Mis à part sa frustration contre la dilapidation des fonds du Petro Caribe, sur tout le parcourt, comme Papa Dessalines croisait les voitures des occupants, soient en stationnement ou autres sur presque chaque tronçon de routes qu’empruntait la manifestation. ‘’Saw tande an, sik ak tout tansyonn granmounn lan monte byen wo.»

Toujours en colère, mais d’une façon plus modérée, il demanderait aux fils et petits fils légitimes (nationalistes) qui ce sont encore restés debout en dépit des vicissitudes de la vie: comment ces occupants se sont-ils retournés au pays. Qui les ont donnés l’occasion ou l’autorisation de rentrer et de rester dans mon pays, jusqu’a même en droit de designer qui devrait diriger mon peuple. Comment sommes-nous arrivés là? Comment d’un pays indépendant que nous étions en 1804, en sommes-nous arrivés à une nation sous tutelle, demandait Jean Jacques Dessalines le Grand. « Prenez garde à vous, nègres et mulâtres, vous avez tous combattu contre les blancs; les biens que nous avons tous acquis en versant notre sang appartiennent à nous; j’entends qu’ils soient partagés avec équité », faisait remarquer Papa Dessalines.

Après quelques heures de marche, c’était un Dessalines fatigué qui, avec les jeunes, criaient: jurons de combattre pour que justice soit faite autour de la dilapidation des fonds du Petro Caribe. En refrain avec les jeunes, Papa Dessalines chantait, effrayons tous ceux et celles qui ont volé l’argent.

Sur son cheval, entouré de ces lieutenants encore conséquents à la cause d’une Haïti plus juste, sans exclusion, Empereur Dessalines demanderait aux députés et sénateurs aussi bien qu’aux hommes du Palais National qui font du marchandage politique à leurs propres intérêts mesquins, pendant que les masses croupissent dans la misère, ‘’fout tonnè’’, qu’est ce que vous avez fait avec l’épopée de 1804?

Comme les manifestants approcheraient le Champs de Mars pour se rendre au Palais National ou se trouve le président impliqué dans le dossier du détournement des Fonds du Petro Caribe, subitement se trouverait en face d’eux, des camions de police qui tiraient du gaz et de l’eau grattée sur la foule. Pris de paniques, les manifestants couraient dans des endroits dispersés pour s’abriter contre le comportement anti-démocratique de la police. Furieux, Général Dessalines criait encore plus fort: Je veux garder avec moi que des braves. Que ceux qui veulent continuer à être exploités par les corrupteurs du pouvoir et de la classe des affaires laissent la foule. Que ceux au contraire, qui veulent que justice soit faite sur la dilapidation des Fonds du Petro Caribe rejoignent la foule et se rangent autour de moi.

Entre-temps, les fanatiques zélés du pouvoir qui se cacheraient dans les parages, profitant de l’affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants, pour eux même, tiraient avec des armes automatiques aussi bien que des pierres en direction du Père fondateur de la nation. Fatigué et vieillir certes, mais un révolutionnaire reste ce qu’il est. Sur ces comportements anormaux des sbires du pouvoir, Papa Dessalines criait encore plus fort en leur direction: je vous ferai tous sauter si toutefois vous continuez dans vos sales besognes.

Le discours de l’Empereur contre la dilapidation de 4.2 milliards de dollars

Arrivé à destination de la manifestation, Papa Dessalines, entant qu’un invité de marque était celui qui devrait prendre la parole en cette circonstance. L’Empereur aurait tellement de questions à poser aux collabos de la classe politique et celle des affaires que quelques heures de manifestation ne suffiraient pas pour le faire non plus un long discours de quelques minutes. Mais, comme les raisons de la manifestation étaient contre les dilapidateurs des Fonds du Petrocaribe, une affaire dans laquelle le pays est touché jusqu’aux os par un scandale politico-économique impliquant quatre présidents et leurs chefs de gouvernements, donc l’Empereur dénoncerait la dilapidation de 4.2 milliards de dollars américains du Fonds PetroCaribe et effectivement ce qu’on pourrait réaliser avec cet argent si toutefois si ce n’était pas ce type de dirigeants qu’on a eu, donc son discours était sur ce dossier.

Plus de deux cents ans après l'épopée historique de Vertières, le pays fait face à de grands problèmes structurels et conjoncturels, ainsi, dans son discours de circonstance, Jean-Jacques Dessalines disait qu’il ne tolérerait pas qu’un petit groupe de personnes qui forme la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue à exploiter les masses. Avec la rigueur d’un vrai chef, il rappelait aux dilapidateurs des Fonds du Petro Caribe que « l’épopée de 1804 de l’armée indigène n’a pas été seulement l’œuvre des officiers et sous-officiers mulâtres, mais aussi l’effort des vaillants soldats issus de la classe majoritaire esclavagiste. »

De là, il s’enchaînait avec son discours traditionnel en parlant d’une politique publique orientée vers le bien-être collectif. Comme après sa tournée dans le sud du pays, Papa Desalinnes faisait des menaces aux collabos du siècle moderne qui par leurs mauvaises gestions de la chose publique ont forcé nos jeunes à quitter Haïti pour aller immigrer dans d’autres pays de la région. Il a aussi profité à cette même occasion, pour dire à ceux la qui aiment et veulent seulement l’argent de la diaspora, particulièrement leur $1.50, que ayisyen a letranje yo pa dwe etrange pou ayiti.

Avec leur épée dans l’air, Jean Jacques Dessalines le Grand imposait, une fois de plus, sa vision de changement pour les malheureux qui croupissent dans les bidonvilles dans les dix départements du pays. Quant aux fonctionnaires et dirigeants corrompus y compris le président de la République, complices de la communauté internationale, qui pillent effrontément le trésor public et les Fonds du Petro Caribe, l’Empereur demanderait à la justice du pays de les juger. D’une voix basse et calme, il ajouterait pas avec l’actuel ministre de la Justice, non plus le président corrompu au Palais national

À tous ceux-là qui, de par leur statut d’anciens libres, se considèrent eux-mêmes comme étant des privilégiés et qui veulent accaparer tout le bien du pays, en tant que grand visionnaire et aussi en bon justicier, l’Empereur les demanderait « Et les pauvres noirs, dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien?» Il continuait pour dire que le fossé économique est, avec des stratifications sociales, trop criant entre ‘’sa ki pa gen anyen e sa ki gen twòp.’’

Le Koupe Tèt boule kay, serait-il une alternative?

De lampadaires, du viaduc à Delmas, en passant par les terrains de football, même le simple citoyen peut voir que l’argent a été gaspillé. Donc en jugeant tous les corrupteurs et corrompus, spécialement ceux qui ont dilapidé les Fonds du PetroCaribe, enfin nous serons libres. Libre pour finir avec la disparité et l’inégalité sociale. Comme Papa Dessalines finissait son discours par ces paroles célèbres: «Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous- mêmes », ils étaient nombreux ceux-là qui pensaient que le fondateur de la nation faisait appel à la violence ou à une révolution politique.

Du reste, encore frustré, contrarié et fâché, Papa Dessalines était pour le tabula raza. Face à cette intransigeance, cette question lui avait posé par un journaliste: Papa Dessalines, seriez vous pour la violence si toutefois, les autorités de la justice, l’ULCC (Unité de Lutte contre la Corruption), l’UCREF (Unité centrale de Renseignements financiers) qui, de complicités avec les secteurs mafieux, ne prendront pas les décisions appropriées pour que la justice soit faite sur la question du Fonds PetroCaribe ? En homme d’État responsable, l’Empereur répondait: « Que m’importe ce que vous pensez, pourvu que cela sauve mon pays des corrupteurs et corrompus d’aujourd’hui et de demain.»

Prof. Esau Jean-Baptiste
younalot@yahoo.com



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