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« Quand Me Sonet Saint-Louis avance que la politique peut se passer royalement de l’éthique et pense écrire le contraire »

« Quand Me Sonet Saint-Louis avance que la politique peut se passer royalement de l’éthique et pense écrire le contraire »








J’ai lu avec intérêt l’article de Me Sonet Saint-Louis et j’ai beaucoup appris de ses envolées et de ces citations on ne peut plus instructives. Cependant, souffrez que je dise au Me que j’ai lu et relu son article intitulé « La politique ne peut pas se passer de l’éthique » et je n’ai pas pu établir le rapport entre le titre et le contenu. Au point que je me suis même demandé, si le contenu de l’article n’entre pas en flagrante contradiction avec son titre ? Est-ce qu’au lieu d’intituler l’article « la politique ne peut pas se passer de la politique », l’illustre Me Sonet Saint-Louis ne voudrait pas le nommer « La politique peut se passer allègrement de l’éthique » ? Étant donné, dans la dernière phrase de la production du Me, il a annoncé : « Le débat est ouvert ! ». Alors, qu’il en soit ainsi !

Le premier désaccord que j’ai avec Me Saint Louis, c’est qu’il a écrit tout l’article sans piper mot sur le concept « éthique » qui est pourtant fondamental dans le travail qu’il s’est fixé de faire. Ce faisant, il a plutôt tenté de faire des considérations générales sur la morale en essayant d’établir des rapports plus ou moins légitimes entre la morale et le droit. Mais l’éthique se réduit-elle à la morale ? Hâtons-nous de dire non !

Car, comme nous le dit la commission de l’éthique en science et en technologie du Québec : « la morale réfère à un ensemble de valeurs et de principes qui permettent de différencier le bien du mal, le juste de l’injuste, l’acceptable de l’inacceptable, et auxquels il faudrait se conformer ». Tandis que : « l’éthique, quant à elle, n’est pas un ensemble de valeurs ni de principes en particulier. Il s’agit d’une réflexion argumentée en vue du bien agir. Elle propose de s’interroger sur les valeurs morales et les principes moraux qui devraient orienter nos actions, dans différentes situations, dans le but d’agir conformément à ceux-ci ».

Il faut dire que dans votre article vous avez fait plusieurs approches, que j’ai considérées comme des errements auxquels je n’aurai sûrement pas le temps de répondre point par point. Ceci pour deux raisons : Premièrement, pour éviter de noyer le lecteur dans les détails en écartant l’essentiel. Deuxièmement, pour me borner au maigre espace que le quotidien qui publiera cette réponse me donnera. Ce n’est que partie remise, au fil des réponses je vous donnerai mon point de vue en guise d’éclaircissement sur vos avances me paraissant obscurs.

Maintenant, venons à l’essentiel. Dès le départ, vous avez donné raison à l’autoproclamé « animal politique » le sénateur Joseph Lambert, le fait qu’il est contre la proposition de l’opposition politique rendant caduc le parlement. En te passant grassement de toutes les girouettes politico-juridiques qu’ont effectuées les parlementaires pour prolonger leur mandat. Vous avez également tenté de justifier que la démission du président n’est pas envisageable sous prétexte que le droit constitutionnel a déjà pris position là-dessus. Sur ce dernier point, laissons-nous le soin de souligner pour le fidèle lectorat que vous n’avez donné aucune référence.

Fort de tous ces constats, pensez-vous sincèrement que la moralité est excessive -ou perdait-elle tout son sens- tout simplement parce qu’elle est également relatée par des immoraux ? Caseriez-vous aussi au rang des immoraux les Petrochallengers ? Pensez-vous avoir bien fait référence à Kant en assimilant son nom à d’aussi délicates gymnastiques ne faisant pas honneur à la morale ?

J’ai vu que vous êtes l’un des rares citoyens croyant encore en l’innocence du président de la République. Comme légaliste croyant dans les valeurs républicaines ainsi que dans l’État de droit, ne faites-vous plus confiance à des institutions qui avaient accusé le président de blanchiment ; comme le Sénat qui a sorti deux rapports, les rapports Beauplan et Latortue, qui avaient accusé l’ingénieur Jovenel Moïse de détournement de fonds et de malversation ? Deux rapports qui ont été corroborés par le CSC/CA. Parlant d’ingénieur, en plus de tous ses rapports accablants, seriez-vous prêt comme avocat convaincu à défendre un usurpateur de titre, avili par-devant la nation tout entière ? Où est la notion éthique dans tout ça ? Dans ce cas, la politique peut-elle se passer royalement de l’éthique, contrairement à l’approche que vous avez eu la prétention de faire ? En défendant des causes anti-éthiques en parlant en même temps d’éthique en politique, vous vous êtes trompé de bonne foi où vous avez voulu tromper les lecteurs ?

Jusqu’à cette présente minute où je t’écris, je te vois comme un brillant intellectuel qui se trompe de bonne foi. Vos réponses à mes questions me diront si je me suis à mon tour trompé sur votre nature réelle ou pas. Recevez mes profondes salutations, cher maître, en attendant impatiemment votre riposte.

Stanley Karly JEAN-BERNARD, Politologue
Sur le « ban demokrasi » du Cap-Haïtien



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