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« On a banalisé chez nous les principes démocratiques et de l’État de droit ! »

« On a banalisé chez nous les principes démocratiques et de l’État de droit ! »








Comme tout un chacun s’en plaint, l’État de droit a le plus grand mal à s’implanter chez nous. À qui la faute ? Dans le texte ci-après, Me Sonet Saint-Louis estime que la voie à suivre passe par l’éducation de la classe politique en particulier, et de nos élites en général.

Notre Constitution continue en effet d’exprimer l’idée d’une République démocratique. La simple phrase selon laquelle tout pouvoir procède du peuple, a-t-il un sens pour les politiciens haïtiens ?

En effet, une culture de l’État de droit, de la démocratie, du pluralisme politique, de l’alternance du pouvoir de manière pacifique, ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire naître d’un coup de baguette magique. C’est une erreur de croire que les proclamations des idéaux suffisent pour leur permettre de germer.

Comment, dans une démocratie, peut-on admettre qu’un groupe de citoyens puissent se réclamer de l’opposition sans qu’ils aient de représentation au Parlement ? Cela s’explique probablement par le fait que, dans le cadre de nos pratiques politiques, on a banalisé les principes démocratiques et de l’État de droit pour se concentrer uniquement sur la réalisation d’intérêts mesquins.

La loi de 2014 sur le fonctionnement et le financement des partis politiques en Haïti pose le principe de l’étatisation des partis. En clair, les partis politiques font partie de l’État. Leur rôle consiste en tout premier lieu à donner vie à nos institutions, au fonctionnement de l’État de droit et de la démocratie.

Dans un État de droit, démocratique et constitutionnel, l’opposition institutionnelle bénéficie de la légitimité populaire au même titre que le pouvoir en place. C’est en accord avec ce principe républicain qu’il est clairement établi que pour parler et décider au nom du peuple, il faut être mandaté par celui-ci. Les agitateurs professionnels et traditionnels qui ne jurent que par le renversement de tout président élu démocratiquement, peuvent-ils être considérés comme les représentants de l’opposition ?

Dans une démocratie, l’opposition et le pouvoir, à défaut d’être des partenaires compréhensifs, sont des adversaires respectueux, parce qu’ils sont tous mandatés par le peuple. Nous ratons malheureusement la démocratie, comme « nous perdons la journée ratée » du Colonel Himmler Rebu, à cause de l’imbécillité de plus d’un et de la classe politique haïtienne. Le respect de la loi et des principes est une question d’éducation. C’est pourquoi Leslie Manigat, répondant au cri de Price Mars avait préparé tout un programme d’éducation à l’intention des élites haïtiennes abruties par l’archaïsme, donc incapables d’évoluer dans une société de droit. Mais, il était trop compétent pour régner sur tant de médiocrités. Il a été disqualifié pour excès de compétence, a écrit une fois le colonel Rébu. La classe politique haïtienne, voilà notre misère ! Cette classe politique dont malheureusement le colonel Rébu est un membre à part entière. Cet intellectuel bien préparé, devenu politicien par choix ou par nécessité, devra un jour, comme tout homme politique, faire l’inventaire de ses réalisations et de ses bêtises. Cet inventaire exhaustif est d’autant plus nécessaire qu’il permettra à la jeunesse de ne pas renouveler l’échec à la tête du pays.

Quoi qu’il en soit, ma génération ne désespère pas. Donc, l’heure a sonné : un homme, ou une femme doit venir. Mais quand arrivera-t-il cet homme ou cette femme qui viendra réparer les torts séculaires faits à toute une jeunesse et à tout un peuple ?

La Constitution de 1987 définit une vie publique, et qui pis est la forme de vie spécifique de la modernité politique. Il me semble que les acteurs politiques haïtiens se révèlent incapables d’évoluer dans le cadre moderne dominé par les principes démocratiques et de l’État de droit.

Je suis contre le pouvoir hors norme. Dans une démocratie, les citoyens doivent avoir la conscience que ce sont eux, par leurs décisions électorales, qui donnent le pouvoir et qu’ils conservent, à certains moments cruciaux, le pouvoir d’influencer la politique et les décisions. Il faut que les élites politiques haïtiennes se fassent à cette tournure d’esprit. Voilà pourquoi, je suis contre la formule de la transition politique pour remplacer le président Jovenel Moïse.

Me Sonet Saint-Louis, av

Sonet43@Hotmail.Com



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