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Au-delà de la victoire

Au-delà de la victoire








Haïti s’est couchée samedi soir avec émerveillement après l’exploit des Grenadiers face à la sélection canadienne. Après avoir été mené par de deux buts finalement, l’emporter par trois à deux, est à saluer. Cette victoire n’est pas seulement le résultat d’un match de foot. Ce n’est pas uniquement la 4e victoire d’affilée dans une compétition officielle. C’est la démonstration concrète que les racines de la liberté sont encore profondes et nombreuses. Que la rage de vaincre est un brin d’ADN de notre nation.

C’est un succès qui fait presque oublier la demi-finale de la Copa America, le fameux choc attendu entre les sélections brésilienne et argentine, deux équipes plébiscitées en Haïti. Une confrontation dans cette compétition entre les deux géants sud-américains n’a pas eu lieu depuis la large victoire 3-0 du Brésil en final à Maracaibo au Venezuela le 15 juillet 2007. Et pourtant ce matin, les statuts sur les réseaux sociaux étaient plutôt bleu et rouge, plus encore que le 18 mai dernier. Le peuple a retrouvé des raisons d’être fier.

Fier des Grenadiers. Quand on a une équipe qui dispose pour s’entrainer de la bagatelle de 25 stades sans nom ni localisation, disons invisibles pour ne pas dire fictifs et que cette équipe est en train de livrer un parcours sans faute dans une compétition officielle face à des équipes qui étaient, jadis, son cauchemar. Nous avons toutes les raisons d’être fiers, c’est pourquoi il faut s’arrêter et célébrer.

Saluons la performance de ces jeunes, saluons l’intelligence de ce peuple qui a compris et malgré les défis multiples qui s’offrent à lui, s’est levé d’une voix pour applaudir ces garçons. Contrairement à beaucoup d’immatures qui nous servent de représentants à différents niveaux de décision, qui s’amusent à casser ou salir notre image, à assombrir notre drapeau. Les Grenadiers, par leur talent, ont contribué, le temps d’un tournoi, à redorer le blason du pays, à porter le drapeau, match après match, encore plus haut.

Après la qualification j’ai lu quelque part : « qu’il n’y a pas de quoi être fier vu que compter neuf points sur neuf n’est pas une coupe ». Certes, ces victoires ne sont pas une coupe. Mais un ilot de succès dans une mer de démagogie, un point positif dans une histoire macabre. Le peuple est fier des Grenadiers. Ce résultat et surtout cette réaction du pays en dit long sur l’opportunité qui s’offre à nous et à nos dirigeants, un bon exemple à copier.

Cette victoire et l’ovation du pays démontrent que cette nation a du goût et sait faire la différence entre l’échec caractéristique de beaucoup de secteurs de notre pays et le travail démontré par ces jeunes. J’ai lu le Tweet d’un monsieur haut placé dont je ne citerai pas le nom ici, à qui j’ai envie de dire : les grenadiers sont en train de rendre la fierté au pays sur le plan footballistique, s’il vous plait monsieur rendez la fierté au peuple en trouvant où sont passés les vingt stades invisibles, en concrétisant le courant 24/24 que vous avez promis, donnez-leur une raison de vous applaudir. Un jeune que je connais, a écrit « je suis tellement content que j’ai envie de pleurer ». Monsieur, disons messieurs le peuple préfère pleurer de joie, donnez-lui des raisons d’être fier de vous.

Cette nation sait apprécier, elle est en train de vous le démontrer en laissant exploser sa joie dans un contexte d’extrême morosité économique, soyez seulement à la hauteur de ses espérances. Comme ces jeunes, prenez vos responsabilités, mouillez le maillot.

Leaders communautaires, citoyens lambda, copiez l’exemple des Grenadiers. Faites votre boulot sans vous poser trop de questions, réussissez là où toutes les conditions de votre échec sont réunies, construisez sur les ruines de nos erreurs passées, remplissez des stades qui n’existent pas. Transformez l’amertume en rage de vaincre. Étonnez le monde par votre envie et votre talent. Maintenez l’espoir qu’une flamme puisse encore jaillir des cendres de ce pays meurtri.

Hasard de calendrier, pour la première fois depuis longtemps, les fans inconditionnels du foot seront servis ce mercredi 3 juillet avec ces deux affiches.

Grenadiers, le pays vous dit merci pour ce moment. Que c’est fabuleux ! Merci d’avoir fait exploser de joie un pays qui crie sa détresse depuis trop longtemps déjà. Et quoi qu’il advienne face à la sélection mexicaine mercredi, nous sommes et nous vous serons reconnaissants d’avoir maintenu la bougie de l’espoir allumée malgré les tempêtes de scandale qui gangrènent notre pays. Vous méritez bien plus que cinq millions pour avoir rénové et repeint la façade du pays. Merci d’avoir commencé à travailler avant de recevoir votre première avance. Merci de faire le boulot pour lequel nombre de personnes ont reçu sans vergogne notre vote de confiance. Merci de nous avoir transmis la chair de poule sans même avoir nos contacts téléphoniques. Merci ti papa chéri !

Fersam Allifleur



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