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Insécurité et banditisme: le MVP Arnel, au tapis

Insécurité et banditisme: le MVP Arnel, au tapis








Avec la complicité d’un Exécutif et d’un Législatif pourris par la tête, couplée de la légèreté de nombreux médias de la capitale, le nom d’Arnel Joseph résonnait dans tous les espaces physiques et intangibles du pays, comme la cymbale de la cigale. Le trophée de l’homme de l’année, bien mérité, à lui décerner, ne constituerait pas, contrairement à la situation de l’autre, une usurpation de titre.

Franc dribbleur, excellent-tireur de penalty et de coups francs, ayant maintes fois ironisé et ridiculisé la PNH et la justice, à l’instar de Messi face à Boateng ou de Ronaldinho dans ses meilleurs moments, Arnel Joseph n’a pas été un simple homme du match, mais la plaque tournante de son équipe de malfrats. Que ce soit dans les grands championnats ou dans les simples tournois locaux lui mettant aux prises à ses rivaux munis de grands calibres et de joueurs similaires aux environs de village de Dieu, son fief, le chef de gang réputé, « de seulement 32 ans », dispose de stratégies dominantes pour remporter ses duels balistiques avec facilité. Des policiers, des femmes, des jeunes filles, des jeunes garçons, des commerçants, des hommes d’affaires, toutes les catégories, soit dans des viols, des vols, des meurtres, des kidnappings ou des détournements de camions de marchandises, étaient la proie de cet animal mal dressé, armé jusqu’aux dents.

Dans un classico à Marchand, cette « étoile brillante », protégé du pouvoir en place, allait s’éteindre devant un tacle farouche de son homologue Ti-Sourit, capitaine de l’équipe rivale des bandits de Savien, qui l’a envoyé au vestiaire, sans la moindre possibilité de refaire surface. Balle montée dit-on, Ti-Sourit a trouvé le bouchon du chef de gang de village de Dieu qui faisait la pluie et le beau temps. Aujourd’hui agonisant, en salle d’opération, expirant, parlant et déparlant, l’animal traqué inquiète de nombreux officiels qui seraient trempés avec lui dans ses actes barbares.

Serait-ce la fin du match ? N’existerait-il pas de titulaires ou de réservistes aussi talentueux, voire plus compétents pour détrôner Arnel dans ses œuvres, dans ses prouesses techniques et fantaisistes ? Quand on sait que ce club de bandits a du bois officiel derrière sa banane, il ne fait aucun doute que d’autres titulaires seront émergés et rapidement pourvus de nouvelles techniques et de crampons vissés pour substituer à cet Arnel polyvalent pour tenter d’assurer une remontonda sur ce terrain piégé par des compétiteurs et des acteurs délégués par des institutions de vigie locales et internationales.

Les bandits peuvent repousser par les racines, car ils sont nombreux

Quelques joueurs s’en plaignaient déjà de la sortie surprenante de leur coéquipier, ballon d’or de l’année, suite au geste anti-fairplay de Ti-Sourit à la jambe droite de leur leader. Les remplaçants ont tenu des discours ardents en exposant le cachet inépuisable de leurs armes et munitions pour continuer ce championnat de banditisme macabre alimenté de manière souterraine par des officiels et des serpents politiques animés par le désir luciférien de maintenir un pouvoir malhonnête, quitte à ce que le pays soit disparu.

Dans son entrevue d’après match où il expliquait la scène opposant Arnel et Ti-Sourit, le numéro 2 de l’équipe, du nom d’Odma, expliquait que n’étaient sa dextérité et sa vigilance, son partenaire aurait même laissé sa peau sur le terrain de Savien. Odma, qui se réclamait un bandit de l’État, a fait l’éloge de son capitaine qui n’était pas un simple joueur au terrain ; mais également un ami, un généreux et un conseiller qui ne les poussait jamais à l’excès. « Après avoir créé le monstre, le concepteur doit s’attendre à ce que l’animal se soulève contre lui, soutenait le « remplaçant » d’Arnel qui reconnait qu’il a été mal utilisé par des assoiffés du pouvoir qui ont gâché son avenir. L’ancien serviteur qui anéantissait et tuait pour l’élu de la commune de Petite Rivière, aujourd’hui révolté affirme-t-il, promet de tenir le flambeau allumé, pour faire honneur à son confrère fou allié incapable de poursuivre ce championnat d’horreur.

Odma et consort prévoient déjà, tôt ou tard, leur propre expulsion et leur élimination dans ce jeu vilain et déloyal dirigé par de hautes autorités qui les ont garnis de munitions et de matériels lourds très sophistiqués pouvant leur garantir trois jours non-stop dans des raids avec les forces de l’ordre ou d’autres ennemis. Ce bandit, apparemment sincère, a avoué avoir volé un véhicule de son ancien patron, en contrepartie de services fournis, non rémunérés. Période de vache maigre, se plaint Odma, car les patrons les ont lâchés ; ils continuent de faire usage des outils et des instruments à leur disposition pour assurer leur survie.

Des criminels qui disent s’engager dans la promotion de la justice sociale

Distribution de nourriture à la population affamée, travaux de canalisation et d’irrigation des terres pour propulser la production agricole, vente de produits à des prix alléchants, tels que du ciment ou du riz volés, la plupart des groupes de bandits récemment émergés au pays, s’identifient comme des révolutionnaires au secours de la masse. Ils menacent et fustigent le pouvoir central qui a failli à sa mission de garantir le bien-être de la population. Des institutions, nommément citées comme l’ODVA, qui devaient encadrer les paysans dans leurs activités agricoles, sont l’objet des frustrations et des invectives de ces brigands qui ont déjà exprimé des revendications à propos du coût exorbitant de l’engrais dans la plaine de l’Artibonite. Le sauveur d’Arnel, dans le raid face à Ti-Sourit, a critiqué la motivation voilée de la caravane de la présidence qui consisterait à éliminer le riz de l’Artibonite au profit de la céréale étrangère.

Et voilà les résultats navrants dans le règne de la confusion et la mauvaise gouvernance. Des bandits, des criminels, des voleurs, des kidnappeurs et des violeurs qui menacent et font la leçon à des officiels assis honteusement sur les chaises dorées et bourrées de la nation.

O ! Messieurs les animaux politiques, vous avez distribué de l’argent, des armes et des produits dopants à ces jeunes pour les transformer en des bêtes féroces, afin d’exécuter vos projets indécents. Au lieu de terrains de jeu, de parcs sportifs, d’écoles professionnelles, d’hôpitaux, de bibliothèques, de salles de théâtres, de salles de cinéma, de centres de réflexions et de partages de savoirs, vous avez pollué le pays avec des foyers de criminels en dépensant des sommes faramineuses dans des armes lourdes. Vos cœurs sont endurcis, vous avez assassiné vos consciences, vous n’êtes plus dotés des sentiments de pères de famille qui vous rendent humains et enfants de Dieu. Qu’a donc fait Haïti pour mériter ce triste sort ?

Malheureusement ou heureusement, vous avez oublié un jeton crucial dans ce puzzle complexe. Un scénario plausible vous avait échappé ; vos prévisions ont été erronées. Eu égard aux déclarations et aux preuves concordantes vous accusant de complicité avec ces bandits, nous sommes certains que vous restez dans vos petits coins et lancent « Je t’ai fourni des armes ; et vous voilà pris dans les filets de la justice ; comment vais-je faire pour me défendre ? »

Il est vrai que dans toutes ces cacophonies et ces histoires avilissantes d’officiels de connivence avec des kidnappeurs, des criminels et des chefs de gangs notoires, les jours de cette grande nation s’assombrissent. Mais, n’est-ce pas quand même une période avantageuse pour tirer des leçons de nos errements politiques récents et prendre des mesures politiques drastiques pour comprendre qu’un pays doit être dirigé par l’honnêteté, la décence et la compétence.

Le bandit n’a qu’un temps, après quoi, il dégénère. Longues ont toujours été les listes des bandits et des malfrats qui squattérisaient la Capitale et certaines villes de province. Amaral Duclona, Evens Ti-Kouto, Tijean, Amio Metayer, Dread Wilme, Ti-Je, Gro-Je, Nen Kankan, etc. Ces âmes détournées des valeurs divines avaient mis en otage des parties géographiques du pays et obstrué le progrès et l’épanouissement de tous les secteurs de la vie économique et sociale. Les coûts psychologiques des agissements de ces êtres déchaînés sont encore plus élevés. Hier, Bel-Air était invivable, aujourd’hui, Cité Soleil est en « guerre civile », demain, La Salline, Carrefour-Feuille, Grand-Ravine, Cayes, Petit-Goâve, St Marc sont bloqués et pris en otage par des malfrats et des évadés de prison. Certes, les bandits font toujours long feu ; mais avec la complicité des animaux politiques, ils ont toujours des remplaçants pour assurer la relève. À quand donc la fin de cette façon arbitraire de pérenniser le pouvoir en Haïti ?

Définitivement, ces plaisanteries malsaines ont trop duré. Haïti en a trop souffert. Les enfants, les commerçants, les entrepreneurs, les forces vives de la nation n’en peuvent plus avec ces films d’horreur. Il est temps que tous les bandits légaux, illégaux et officiels soient jugés et envoyés en tôle pour que décidément le pays puisse respirer à plein poumon ; pour que les enfants, les jeunes, les adultes, les étudiants, les professionnels, les commerçants et les entrepreneurs vivent et évoluent dans des climats harmonieux de paix, de quiétude et de confiance.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com



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