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La véritable transition: faut-il de nouvelles élites politiques pour la porter ? Une brève comparaison entre Haïti et la République dominicaine

La véritable transition: faut-il de nouvelles élites politiques pour la porter ? Une brève comparaison entre Haïti et la République dominicaine








Le constat selon lequel la crise de gouvernabilité a atteint longtemps déjà sa phase entropique est clair et net. Souffrant de l’absence chronique de leadership politique éclairé et d’une classe économique progressiste, le pays peine à mettre fin à la “déroute de l’intelligence” à un point tel que la mauvaise gouvernance, l’amateurisme politique, la pauvreté, l'inégalité, le banditisme, l'instabilité politique ont fini par être érigés en système. En 1986, “ un large mouvement social et politique” à la suite d’une période continue de luttes ( 1975-1986), a non seulement conduit au renversement du régime duvaliériste, mais a également posé les bases d’un changement de système devant permettre l'éclosion d’un nouveau projet sociétal et institutionnel cristallisé dans la Charte de 1987.

Les principaux éléments de ce nouveau régime politique étaient les suivants: la réforme de l’État à travers un rejet du présidentialisme traditionnel et du mode de pouvoir autocratique, une reconstitution de l'Exécutif en une structure bicéphale , un rôle plus ample accordé au Parlement et aux assemblées avec pour objectif de bien asseoir le système de séparation des pouvoirs “checks and balances”, le renforcement de l'indépendance du système judiciaire et la création ou la réingénierie d’ institutions indépendantes comme le Conseil Electoral Permanent, la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif, la Commission de Conciliation, l’Office de Protection du Citoyen, la création des collectivités territoriales et l’introduction du système de partis.

Mais l’enjeu de la transition démocratique dépasse la question d’un “simple aménagement constitutionnel” même si comme l’ose affirmer Claude Moïse, dans la foulée des revendications pour le changement, les constituants de 1987 avaient accouché du “ régime constitutionnel le plus avancé de notre histoire”. Le mouvement démocratique de 1986 à travers ce changement de régime visait une transformation sociale et économique plus profonde, optant pour la démocratie dans l’espoir de voir un changement réel se produire dans les conditions de vie de la majorité de la population et la mise sur pied d’un autre modèle d’Etat en mesure de jouer son rôle régalien, régulateur et capable de garantir la protection des droits fondamentaux des citoyens. Pourtant, aujourd’hui, plus de trente ans après cette transition, le discours des revendications sociales à la mode dans la conjoncture actuelle de crise appelle à nouveau à un nouveau changement de système, un tabula rasa, disent les plus radicaux.

Qu’est-ce qui se trouve véritablement à la base de l’échec de la transition démocratique en Haïti? Beaucoup d’acteurs organisés de la société font écho à ce discours de changement de système et ont proposé récemment des documents présentés comme des voies de sortie de crise ou des propositions d'éléments pour changer le système comme indiqué. Ces documents par exemple regroupent: l’Alternative consensuelle pour une Refondation d'Haïti de l’opposition politique, les 4R de la cellule Nou Pap Domi du groupe des PetroChallengers, et le Cadre d'échange de sortie de crise d’un regroupement inédit d’organisations telles des groupes de syndicats, le Forum du secteur privé et le secteur populaire. Ils traduisent tous un désir de trouver une alternative à la situation actuelle. Mais la question que l’on doit se poser, pourquoi le changement de système annoncé et amorcé en 1986 n'a-t-il pas eu lieu?

La Constitution de 1987 a aménagé le système politique de manière à faciliter l'émergence d’une société démocratique et moderne. Si “ le seul fait de l’existence d’une constitution démocratique ne préjuge pas de l’implantation de la démocratie”, ne doit-on pas remettre en question le rôle des acteurs qui étaient chargés de faire atterrir cette vision dans l’échec du projet démocratique en Haïti? Claude Moïse en ce sens précise: “ L’usage qu’on fait des textes constitutionnels, la personnalité, l’intelligence, et les desseins de ceux qui sont appelés à les appliquer dans les trois composantes de l’État central comptent tout autant que les contenus des constitutions, fussent-ils les plus généreux et les mieux ficelés. L’individu historique, au pouvoir ou dans l’opposition, peut beaucoup pour l'avènement de l’État de droit.” En ce sens, cet article argumente que les hommes et les femmes qui ont défilé sur la scène politique dans la période post duvaliériste dans l’ensemble n’ont pas été à la hauteur de leurs tâches et qu’il faut, sur la base d’une compréhension lucide des multiples facteurs de blocage de la transition, que d’autres modèles d’hommes, de femmes d’État émergent pour réaliser le changement de système incarné dans les “ espérances démocratiques” de 1986.

Aussi, la mission de la génération actuelle engagée dans la lutte pour le changement, ne consiste-t-elle pas de préférence à restituer et approfondir une promesse de changement non tenue, à corriger les dérives qui ont bafoué le rêve de changement et de démocratie, à compléter un projet social largement inachevé ou pris en otage par les forces du statu quo réfractaire au changement et à la pleine émergence d’une société moderne en Haïti qu’à provoquer un tabula rasa à proprement parler?

En fonction d’une analyse comparative, ce texte met en relief comment une classe politique dominicaine tournée vers la modernité a permis une implantation plus souple et efficace de la démocratie en République dominicaine dont les bénéfices les plus visibles sont une situation de croissance économique soutenue et de développement et la stabilité politique. Par contre, l’absence de vision nationale et de leadership qui a caractérisé la classe politique haïtienne a constitué un obstacle important à la transition démocratique avec pour corollaires les fruits amers de la stagnation économique, la pauvreté de masse, et l'instabilité politique.

La modernisation dominicaine initiée sous la dictature trujilliste versus le “ fascisme de sous-développement” duvaliérien en Haïti

Les régimes trujilliste et duvaliériste étaient similaires à bien des égards. C'étaient deux dictatures s'étendant sur plus de deux décennies ancrées dans la répression, la corruption, la kleptocratie, le patrimonialisme et le culte paroxyste de la personnalité. À sa mort en 1961, Rafael Leonidas Trujillo et son cercle personnel et familial contrôlaient plus de 60% des industries du sucre, du tabac, du ciment, des ports, et possédaient plus de 600,000 hectares de terres cultivables. François Duvalier de son côté, étalait son contrôle sur l'économie à travers la Régie du Tabac qu’un diplomate américain avait fini par qualifier d’ “instrument intouchable d’un pouvoir personnel”. Les taxes collectées à travers la Régie en effet sous des produits comme le tabac, le ciment et plusieurs autres commodités n'étaient pas intégrées au budget national, mais allaient renflouer les comptes personnels du clan et de la famille des Duvalier. Même si les montants exacts transférés aux Duvalier ne sont pas révélés, selon des chiffres du Fonds Monétaire International (FMI), en 1969, la Régie avait collecté environ 10 millions de dollars, l'équivalent de 68 millions de dollars en 2019 et représentait à l'époque 40% du budget national.

Paradoxalement, en République dominicaine, le pouvoir autoritaire de Trujillo a quand même apporté un certain niveau d’industrialisation et jeté par défaut les bases de la modernisation de l'économie dominicaine. Ainsi, entre 1950 et 1958, l'économie dominicaine avait enregistré en moyenne une croissance économique de l’ordre de 6.5%. Cette situation contrastait avec celle d'Haïti ou le niveau de croissance économique demeurait rachitique. Entre 1960-1970, Haïti n'a connu qu’un faible niveau de croissance de 0.4% en moyenne. Cette différence de performance économique entre les deux régimes indique que l’autoritarisme a donné des résultats différents en matière de développement et de croissance des deux côtés de la frontière. Malheureusement, le jeanclaudisme n'a constitué qu’une continuité structurelle du duvaliérisme en dépit d’une certaine ouverture.

Jean Claude Duvalier: la parodie de la “ révolution économique”

À son arrivée au pouvoir 1971, le président Jean Claude Duvalier avait annoncé en grande pompe que son père avait réalisé la “révolution politique” et que lui il allait réaliser la “révolution économique”. En réalité, bien qu’il y ait une certaine ouverture économique due à une meilleure pénétration du capital étranger au cours de la période jeanclaudiste, cette ouverture n’a fait que profiter aux oligarchies locales et alimenter l'économie de rente qui n’est profitable qu’aux secteurs économiques bourgeois et non à la production nationale et au développement. Le café par exemple, le produit de spéculation le plus caractéristique de l’histoire économique d'Haïti arrivait en deuxième position comme produit d'exportation durant le régime de Jean Claude. Il faut remonter à la période d'indépendance nationale pour constater une telle performance du café dans les exportations.

La politique économique de Jean Claude Duvalier en général a contribué à appauvrir davantage le monde rural, un fait clairement visible dans l'extermination des cochons créoles qui constituaient une forme d’investissements pour les paysans pauvres. Ainsi entre 1982-1984, l’administration de Jean Claude a éliminé plus d’un million de cochons créoles. La dépendance du pays par rapport à l'étranger a aussi augmenté durant la période jeanclaudiste. Le niveau d’importation de produits de première nécessité a aussi considérablement augmenté, passant de 10.7 millions de dollars en 1970 à 62.1 millions en 1976. En plus de cette débâcle économique, le Jean-Claudisme, tout comme le Duvaliérisme, a été un régime corrompu et sultaniste. En fait, il est reporté que Jean Claude a accumulé plus de 500 millions de dollars en termes de fortune personnelle sans compter le gaspillage de l'argent public destiné à satisfaire les extravagances du couple présidentiel.

Débuts difficiles de la transition et domination de Balaguer de la scène politique dominicaine

Tout comme après le départ de Jean-Claude Duvalier en Haïti en 1986, les élites militaires et les oligarchies locales en République dominicaine ont mis du bâton dans les roues du processus de transition démocratique à son démarrage à la disparition de Trujillo en 1961. Joaquin Balaguer, vice président de Trujillo, et qui a pris le relais après la mort du dictateur, a été contraint de partir pour l’exil en 1962. Un gouvernement provisoire a donc été nommé pour organiser des élections démocratiques. Contrairement aux attentes des couches conservatrices de la société dominicaine, c’est Juan Bosch, l’un des fondateurs du Parti révolutionnaire Dominicain (PRD) que le président Fernandez plus tard présentera comme “ un géant dans la pensée et dans l’action” qui a été élu président en décembre 1962.

Il y a en effet beaucoup de similarités entre la trajectoire politique de Juan Bosch et celle du président Jean Bertrand Aristide. Ils sont les deux premiers présidents pionniers de la période de transition démocratique dans leur pays respectif. Élus tous deux démocratiquement avec plus de 60% des voix respectivement en décembre 1962 et en décembre 1990, Bosh et Aristide vont être tous deux victimes de coup d’État 7 mois plus tard, soit septembre 1963 et septembre 1991. Bosch et Aristide étaient tous les deux renversés par les militaires avec l’appui des couches oligarchiques qui ne supportaient pas leur vision radicale de changement social.

Aux élections présidentielles de 1965, c’est Joaquin Balaguer qui l’emportera face à Bosch, les deux étant revenus d’exil. Balaguer, à la tête de son propre parti, le Parti réformiste (PR),de tendance conservatrice, inspirait beaucoup plus de confiance aux secteurs économiques et avait l’appui des Américains qui considèrent les idées de gauche de Bosch trop proches du communisme.

Vice-président de Trujillo, Balaguer a dominé également la période post-trujilliste, cumulant la fonction présidentielle à 6 reprises: soient 1966-1970, 1970-1974, 1974-1978 puis 1986-1990, 1990-1994, 1994-1996. Balaguer est certainement moins imposant et autoritaire que Trujillo. Cependant, il est à la fois un grand théoricien politique, un doctrinaire doublé d’un politicien expérimenté, habile et ambitieux à l’esprit modernisateur . Balaguer a continué dans le sillage des grands projets publics de Trujillo tout en permettant une meilleure diversification de l'économie dominicaine, autrefois basée presqu’exclusivement sur l’industrie sucrière. Ainsi, entre 1966-1978, les douze années consécutives des trois premières administrations de Balaguer, la République dominicaine a connu en moyenne un taux de croissance économique avoisinant les 7.6%.

À partir de 1980, les exemples de la diversification de l'économie étaient palpables. Par exemple, l’industrie minière dominicaine était en plein élan, exploitant en particulier de l’or, de la bauxite, de l’argent, du ferronickel, et cela représentait 38% des exportations du pays. Les industries d’assemblage également ont connu de l’essor. Au cours de la décennie 1980-1990, le nombre d'employés dans ce secteur d'activités a augmenté considérablement, passant de 16,000 à environ 100,000 et la contribution de ce secteur aux exportations, autrefois de l’ordre 11%, à atteint un niveau de plus de 33%. La République dominicaine a aussi connu le boom touristique le plus spectaculaire dans la région au cours de cette même période.

Réémergence de Bosch: précurseur de Leonel Fernandez et avant-goût de la domination à venir du PLD

En 1973, Juan Bosch a abandonné le PRD au sein duquel a émergé Pena Gomez, un parti dont il est l’un des fondateurs pour créer un nouveau parti, à son avis plus réceptif à ses idéaux progressistes, le PLD ( Partido de la Liberación Dominicana). Bosch a échoué dans la conquête de la présidence, se faisant devancer par Jorge Blanco en 1982 puis Balaguer en 1986, 1990 et 1994, mais en dépit des déconvenues de son leader, le PLD avait continué à grandir, à contribuer à la construction de la démocratisation du jeu politique et de la société dominicaine et a fini par gagner les élections pour la première fois en 1996 avec l’apparition de Leonel Fernandez.

Les élections de 1996 ont marqué un véritable tournant dans la politique dominicaine. À l’issue du Pacte de la Démocratie impliquant les 3 partis politiques majeurs de la République dominicaine, ce qui allait déboucher sur les élections démocratiques en 1996 au cours desquelles, Leonel Fernandez, grâce au support du Parti Réformiste Social Chrétien (PRSC) de Balaguer, raciste et anti-haïtien invétéré, a évincé Pena Gomez du PRD pour le poste de président. Cet épisode a ouvert une nouvelle ère de progrès et de consolidation de la démocratie en République dominicaine. Pour clore le 20e et faire son entrée dans le 21e siècle, la République dominicaine aura a choisi un jeune leader compétent, ouvert, décomplexé, intelligent et pragmatique dont l’ambition est de positionner la RD comme l’un des pays les plus avancés de la région. Il faut souligner que la République dominicaine dans la période post-trujilliste, beaucoup plus de fois qu'Haïti dans la transition post-duvaliérienne a fait le choix du leadership éclairé pour diriger le pays.

Qu’il s’agisse de Bosch, Balaguer, Pena Gomez ou encore Fernandez pour la période post-Balaguer, il s’agit tous de “ cerveaux intellectuels” de la politique au sens où Leslie Manigat en admiration lucide devant son propre “ Firmin de Manigat” disait de ce dernier qu’il est “ réputé le plus grand cerveau intellectuel de toute l’histoire politique nationale”. Ces leaders dominicains de la période post-trujilliste disposent tous de bagages académiques solides, sont des membres à part entière du panthéon des penseurs de l’histoire politique de leur pays et par ricochet naturellement figurent parmi les plus brillants politiciens de l’histoire politique moderne dominicaine.

Jean-Bertrand Aristide: les revers du messianisme ou du charisme incontrôlé

En Haïti, dans la période post-1986, à part Manigat, personnage “ immense, ample et pluridimensionnel” comme président élu de courte durée, c’est le président Jean Bertrand Aristide qui avait le potentiel et la possibilité de “ faire basculer Haïti dans la modernité” pour reprendre une formule chère à Manigat. Premier président élu démocratiquement dans l’histoire politique d’Haïti, Aristide jouissait d’une symbiose unique avec les masses populaires et utilisait son charisme pour galvaniser et capter les foules. Si les masses plaçaient tous leurs espoirs en lui au point de transformer le personnage en une sorte de prophète,il personnifiait par contre aux yeux des secteurs oligarchiques de la société l’oiseau de mauvais augure qui annonçait la fin du statu quo et par conséquent, ces couches avaient fini par le diaboliser. Pour les forces du statu quo: les militaires, l’État bourgeois prédateur, la bourgeoisie mercantile, la transition démocratique euphoriquement incarnée par Aristide en 1990 symbolisait le crépuscule d’un système de privilèges basées sur l’exploitation, l’injustice et le mépris des couches défavorisées du pays. L’agenda démocratique haïtien en embrassant des questions comme le changement de l'État, la justice sociale, la transparence, la redevabilité était en contradiction directe avec les intérêts de ces groupes dominants de la société.

Comme mentionné avant, Aristide a subi le même sort que Bosh en République dominicaine, à plus de 30 ans d’intervalles. En dépit des échecs successifs de Bosch à accéder plus tard à la présidence, il a continué à apporter une contribution substantielle à la démocratisation dominicaine en créant un parti moderne qui est devenu instrumental pour la démocratie et le développement en République dominicaine et au sein duquel ont émergé des leaders comme Leonel Fernandez ou l’actuel président Danilo Medina. Le président Aristide par contre n'a pas démontré l’intelligence politique des figures telles que Bosch ou plus tard Fernandez en s’enfermant dans un modèle de leadership autocratique, trop basé sur le culte de la personnalité, et une manière de gouverner qui n’encourage pas l'institutionnalisation de l'expérience démocratique.

Vers un Pacte haïtien pour la démocratie à la manière dominicaine?

La signature du Pacte pour la démocratie entre les 3 grands partis politiques ( PRD, PLD, PRSC) en 1994 a marqué un moment important dans la consolidation de la transition démocratique en République dominicaine. Le pays était plongé dans une crise postélectorale après les élections frauduleuses de 1994. Le président Balaguer a accepté d'écourter son mandat et rester seulement deux ans au pouvoir et le président Fernandez a pu accéder au pouvoir à partir des élections tenues en 1996. Depuis lors, la RD a maintenu un progrès continu vers la démocratie, la stabilité politique, la croissance économique et le développement. Par contre, Haïti s’enlise dans l'instabilité, la stagnation économique, et une situation d'insécurité et d’effondrement de l’État voisine du chaos.

Dans la situation actuelle de crise, les élites politiques en vogue sont-elles capables à la manière des élites dominicaines en 1996 de dégager un pacte de gouvernabilité ou pacte pour la démocratie de façon à permettre l'émergence d’un leadership éclairé capable enfin apporter les changements sociaux et économiques ? Leur incapacité à construire un tel pacte jusqu’à date indique la nécessité pour de nouvelles élites politiques d’apprendre des figures qui avaient le potentiel d’aider à bien mener cette transition chez nous, mais n’ont pas pu le faire et de s’inspirer de modèles qui ont réussi la transition démocratique dans la région en vue de concrétiser en Haïti le projet démocratique de transformation économique et sociale exprimé par la grande majorité de la population depuis 1986.

Un prochain article va analyser comment le modèle de leadership politique éclairé, visionnaire, compétent et pragmatique incarné surtout par Leonel Fernandez ayant permis une transformation de la République dominicaine en une démocratie stable supportée par une dynamique de progrès économique et social peut inspirer ces nouvelles élites pour mieux répondre aux défis auxquels ils font face pour permettre à Haïti d’entrer vraiment dans un nouveau cycle de stabilité politique, de paix sociale, de croissance et de développement économique.

Joseph Wendy Alliance
alliance.joseph86@gmail.com

Références:

1. Moïse, Claude. Une Constitution dans la tourmente: le nouveau régime politique haïtien et la crise nationale ( 1987-1993). Les Éditions Images. 1994.

2. Gaillard, Roger. La Republique Exterminatrice 3. La Déroute de l’Intelligence. Port-au-Prince. 1902.

3. http://www.hpnhaiti.com/nouvelles/index.php/politique/5788-haiti-politique-les-petrochallengers-ont-presente-leur-document-d-une-transition-de-rupture-apres-le-depart-de-jovenel-moise

4. https://rtvc.radiotelevisioncaraibes.com/notes-presse/presentation-du-cadre-dechanges-sortie-crise.html

5. https://www.lenouvelliste.com/article/203496/alternative-consensuelle-pour-la-refondation-dhaiti-le-plan-de-lopposition-enfin-pret

6. https://www.marines.mil/Portals/1/Publications/Dominican%20Republic%20and%20Haiti%20Study_1.pdf

7. Manigat, Leslie F. Statu quo en Haïti?: D’un Duvalier à l’autre: l'itinéraire d’un fascisme de sous-développement. La Technique du Livre. Paris, 1971.

8. https://www.alterpresse.org/spip.php?article6543#.XUrnIOhKhPY

9. Manigat, Leslie. Anténor Firmin: Les moments marquants d’une vie, les temps forts d’une doctrine et d’une pratique politiques. Collection du Centre “ Humanisme Democratie et Action” CHUDAC. Port-au-Prince, 2010.

10. https://www.globalfoundationdd.org/the-ideology-of-the-pld-an-article-by-dr-leonel-fernandez/

11. https://listindiario.com/la-republica/2015/05/11/366648/bosch-aristide-y-estados-unidos

12. https://www.ledevoir.com/monde/101437/haiti-croise-les-doigts#

13. https://www.sun-sentinel.com/news/fl-xpm-1988-03-27-8801200021-story.html

14. https://almomento.net/trujillo-autoritarismo-y-conservadurismo-en-rd/

15. Schneider, M. Ronald. Caribbean Crusader: Leonel Fernandez and the Transformation and the Dominican Republic. Dorrance Publishing Co., Inc. Pittsburgh. 2008.

16. https://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/145427/Leslie-Francois-Manigat-ou-les-infortunes-du-risque-calcule

17. Trouillot, Michel-Rolph. Haiti- State against Nation: The Origins and Legacy of Duvalierism. Monthly Review Press. New York. 1990.

18. Dupuy, Alex. Haiti and the New World Order: the Limits of the Democratic Revolution. Westview Press. Boulder,Colorado. 1997.



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