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Haïti: le massacre silencieux d'un peuple

Haïti: le massacre silencieux d'un peuple








Aux yeux de tout le monde (gouvernement, parlementaires, organismes internationaux, entre autres), le sang de notre peuple coule dans les canaux. On n'arrive jamais à faire respecter les droits de ces groupes humains, parce qu'ils sont des marginalisés sociaux.

Franchement, à chaque fois qu'un frère est tombé, voire massacré sur le sol dessalinien, l'épopée tragique des Indiens refait surface dans mon esprit-patrie. Malheureusement, personne ne cherche à protéger notre peuple,
car les grands bénéficiaires de son sous-développement pensent toujours que la masse est née pour être exploitée, voire exterminée.

Si jadis les armes de la République étaient utilisées pour défendre notre patrie, aujourd'hui elles sont utilisées contre elle. Il est à constater que dans nos bidonvilles comme dans nos villes, les peaux de nos soeurs et frères servent de bidons portant pour des bourreaux, légalisés et protégés quelquefois, les balles de leurs canons. À travers nos villes, particulièrement à Port au prince, on dirait que l'Haïtien ne vit qu'avec une espérance de vie de 24 h renouvelable, à l'exception du groupe des princes d'Haïti qui jouissent de tous les privilèges de la République. L'insécurité, la misère, le manque et la rareté de quasiment tout (essence, nourriture, eau...), c'est la conjugaison quotidienne de la masse pendant qu'un groupuscule arrive facilement et stratégiquement à savourer le goût des fruits de la terre promise d'Haïti. Il est le seul à vivre avec quiétude, ce qui le fait parfois penser être le seul propriétaire de notre chère Haïti et, par voie de conséquence, il prétendrait tout dicter à la société.

Finalement, qui défendra notre peuple de ses fameux ennemis à un moment où la misère et l'insécurité défraient la chronique chez nos plus démunis, devenant une cause généralisée qui touche parfois même les plus aisés? Il est clair que, si l'insécurité devient une chanson faisant des morts à répétition dans nos milieux, la misère est le refrain quotidien de notre peuple. Hélas! Maintenant, il est évident que nos gouvernants ne sont plus à la hauteur de leurs tâches et peinent encore à trouver une juste solution. La justice reste encore un concept adopté par notre État et étudié par nos étudiants (filles et fils d'Haïti), sans être effectivement mise en pratique dans toute sa dimension et sa portée scientifique et matérielle. La théorie et la réalité sont en évolution parallèle dans notre société. Le droit et son contraire sont en compétition permanente pour avoir une place de choix dans notre administration judiciaire. Malheureusement, c'est son contraire, L'INJUSTICE, qui semble triompher dans la course.

Aujourd'hui, au moins deux options sont offertes à presque toutes celles et tous ceux qui désirent vivre dans notre pays : "la précaution" et "le sauve qui peut" (naje pou soti). Sans que l'on puisse affirmer le contraire, cela ne pourra pas être définitivement le recours d'une population qui veut paisiblement vivre, mandater des dirigeants pour faire la gestion équitable de la cité. On peut commencer sévèrement à se questionner sur l'existence réelle de notre État et son rôle dans la protection de notre société.

Quand une population est livrée à elle-même à l'instar de celle d'Haïti, en vérité l'État qui devrait être le régulateur et protecteur général de la nation cesse de remplir sa mission. L'autorité de l'État doit donc être mise en cause. Et si vous êtes dirigeants, vous dites que vous n'avez pas l'obligation de diriger ni de donner des résultats, à l'opposé, vous aurez in fine l'obligation de partir. Oui, en l'état actuel des choses, si cela persiste et que rien n'est fait pour changer cette critique situation, je m'adresse à vous, mesdames, messieurs, mes chers dirigeants: vous partirez, tôt ou tard...

Je me pose souvent cette question: où est passée notre histoire de grand peuple pour qu'aujourd'hui notre nation soit livrée à des dirigeants aveuglés et incompétents,

ceux qui ne rêvent pas GRAND et qui ne peuvent pas non plus prévenir,

ceux qui se contentent de vivre au jour le jour sans penser à l'avenir de notre génération, ceux qui nous offrent trop souvent des spectacles d'État dégoûtants, ceux qui nous font honte aux yeux du monde?

Existe-t-il encore en Haïti une jeunesse avisée qui pourrait ensemble se regrouper pour relever le défi de la misère, de l'insécurité et de l'incompétence dans l'objectif de redonner une chance à notre pays Haïti pour se développer?

Joram Vixamar, PhD



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