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Pour combien de temps encore le président Jovenel Moïse pourra-t-il se rebeller contre le peuple ?

Pour combien de temps encore le président Jovenel Moïse pourra-t-il se rebeller contre le peuple ?



Après six semaines de contestations musclées du peuple haïtien presque partout dans le pays pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse, ce dernier qui était disparu des écrans radar a fait trois apparitions publiques pour tenter d’amadouer encore le peuple avec des mensonges. Le contenu de ces trois interventions est vide selon les citoyens qui ne croient plus dans ses discours. Il parle pour ne rien dire, sinon irriter davantage la population qui réagit à chaque fois pour renforcer les barrages sur les routes en signe de protestation face à l’impuissance d’un président qui se plaint comme le commun des mortels, au lieu d’apporter des solutions aux problèmes auxquels le pays est confronté.

En ce moment crucial, deux (2) ans et huit (8) mois après, le président Jovenel Moïse revient avec son discours de campagne qui consiste à mettre ensemble : les terres, les eaux, le soleil, les ressources humaines pour mettre de l’argent dans les poches et de la nourriture dans les assiettes. Il se dit piégé par un système puissant qui a la capacité de se régénérer et qui l’empêche de travailler au bonheur et au bien-être du peuple haïtien.

Mais, que dirige le président quand on constate qu’il n’a aucun pouvoir réel et qu’il n’est plus capable de se déplacer nulle part sur le territoire national ? Avec beaucoup de difficulté d’accès, il se limite seulement à son bureau au Palais national. Quand il ne dort pas dans sa résidence au Palais au soir de ses heures de travail, il se dirige chez lui à Pèlerin ou vers un lieu inconnu pour passer la nuit. On dit qu’il est devenu un sans domicile fixe (SDF). Jovenel Moïse qui est réputé de bluffeur pour de multiples promesses non tenues est devenu indésirable aux yeux de la population. En constatant son incapacité et la faillite de toutes les institutions du pays, on se demande, en quoi consiste son travail quotidien au Palais ?

Cédé à la pression de la population qui lui avait donné une mise en garde, pour commémorer les 213e anniversaire de l’assassinat du Père Fondateur de la nation, l’Empereur Jean Jacques Dessalines le 17 octobre 2019, le président Jovenel Moïse n’a pas pu se rendre au Pont-Rouge et à Marchand Dessalines pour déposer une gerbe de fleur au pied de la statue de Dessalines comme il est de coutume. Cependant, le chef de l’État a pu faire ce geste symbolique au musée du panthéon national (MUPANAH) dans l’indifférence totale avec seulement quelques membres du pouvoir exécutif. Les pouvoirs législatif et judiciaire n’étaient pas représentés. Quant aux membres du Corps diplomatique, ils ont brillé par leur absence. Est-ce un signe de désolidarisation du Core Group au président ?

Sachant qu’il est décrié par la population, pour réaliser cette cérémonie qui n’a duré qu’environ 15 minutes, le président Jovenel Moïse a dû déployer de très tôt, une force répressive musclée dans les parages du champ de mars pour empêcher à la population d’y avoir accès y compris les journalistes. Tout le site était vide à l’exception de quelques fanatiques qui ont applaudi le président ; pourtant, c’est un évènement d’une portée nationale. Des membres de l’USGPN étaient déployés sur tout le champ de mars et ses issus, et dans les mausolées de la tour 2004. Des agents étrangers ont été aussi remarqués sur le toit de la tour. Notons que dans sa conférence récente, Jovenel Moïse avait démenti avoir recruté des étrangers pour renforcer sa sécurité. Pour lui, c’était plutôt une mission d’évaluation comme l’ont fait plusieurs de ses prédécesseurs.

Dans cette cérémonie symbolique qui a eu lieu au MUPANAH, seuls les journalistes de la TNH étaient autorisés à y prendre part. Malgré l’exhibition de leurs cartes de Presse, les membres médias indépendants ont été tenus à l’écart. Reynald Petit Frère, un reporter de radio signal FM a été victime d’un agent de l’USGPN. Selon ce qu’il a expliqué au micro de Radio Kiskeya, le policier lui a frappé au visage à trois reprises. Le pire, ce dernier lui a infligé des coups au dos et dans l’un de ses poignets avec une arme de grand calibre. Signalons que le même jour, François Jacquelin, le correspondant de radio Zénith aux Cayes a été bastonné par des agents de l’UDMO pour leur avoir seulement rappelé que le port de cagoules est interdit par la PNH dans les mouvements populaires sur la voie publique.

Rappelons que dans sa conférence de presse au Palais national le mardi 15 octobre 2019, très susceptible, le président Jovenel Moïse n’avait pas répondu aux questions des journalistes. À chaque question, il tournait autour de ce qu’il avait à dire. Pressurés par le directeur général de la radio nationale M. Daniel Joseph fraichement nommé et qui faisait office de faciliter le micro baladeur, les journalistes avaient des difficultés à exposer complètement leurs questions. « Map raple w se nan Palè nasyonal ou ye la a » dixit Jovenel Moïse avant de répondre à une question du Journaliste Éloge Milfort de radio Métropole. Cette déclaration du président vient seulement 5 jours après l’exécution du journaliste Néhémie Joseph à Mirebalais dont des proches du pouvoir sont dénoncés par la clameur publique.

Doit-on comprendre que le processus de répression consistant à museler la presse pour donner le champ libre à ce régime sanguinaire qui ne cesse de massacrer la population est en pleine progression ? Peut-on croire que le président Jovenel Moise entendra la raison pour répondre à la population qui réclame sa démission ? Suivez son regard !

Jocelyn Singer




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