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L’humanité pour contrer le système

L’humanité pour contrer le système



SYSTÈME. Un sacré mot! Un mot qu'on entend en boucle ces jours-ci. Certains plaisantins, en profitent même pour faire des amalgames, des jeux de mots, à tort et à travers. Histoire sans doute de détourner l’attention, à un moment où la volonté du peuple ne semble guère fléchir. Par quoi se caractérise cet état de fait, vieux de plus de deux siècles? Et, d’où peut justement venir le changement dont nous rêvons tous, si nous ne croyons pas que le changement doit nécessairement venir de nous?

Tout le monde s’acharne contre l’État. Mais, n’est-ce pas nous qui depuis toujours, continuons de renouveler cet État-voyou tant décrier? Cet État que nous avons là, n’est-ce pas une structure à notre image? Impitoyable! Tout a commencé avec cette complicité: la politique ce n’est pas mes affaires! “Je” vis dans un semblant de comfort. Cela me suffit. La politique devrait régir la vie dans la cité et non pas être un repère pour des vautours et des rapaces de mauvais augures, je sais! Par contre, ici chez moi, malheureusement, c’est comme ça. Que de fois que “tu” réfléchis et que tu te dis que: les choses ne peuvent pas continuer comme cela ! Ce ne sont pas des conditions pour vivre. Mais, vite tu te ravises. Tu passes à autre chose. Tu as peur. Tu as peur de ne pas être entendu, ou de ne pas être pris au trop sérieux. Cette structure semble être si profondément enracinée… dans notre tête, surtout. Que moi, tout comme toi, savons que rien n’y fera. Une goutte d’eau dans l’océan. Dans ce cas, laissons les choses se faire. Autant laisser à l’autre le soin de penser pour nous. De décider de notre avenir, dans les conditions que nous savons tous.

Qui d’autre à par nous-mêmes savons ce qui est bon pour nous? Pourtant, toujours faut-il que nous sachions ce qui est bon pour nous? L’haïtien d’aujourd’hui, sait-il au moins ce qui est bon pour lui? Sinon, comment comprendre que certaines personnes pensent que l‘autre n’a pas le droit de vivre? N’est-ce pas accepter dans un sens plus subtil, qu'elles aussi étant être vivant, n’ont pas le droit de vivre? si l’on tient compte du fait que tout homme étant égal par ailleurs. Qu’est-ce qui te rend si différent de moi? Pourquoi banaliser la vie de l’autre? Pourquoi fermer les yeux sur la misère de l’autre? Pourquoi ce mépris pour cette frange de la population? Les Afro-Américains aujourd’hui disent: All lives matters.

La vie a-t-elle encore un prix aujourd’hui? Surtout quand on ne laisse pas derrière soi, des comptes en banque vertement garnis. Comment peut-il exister de nos jours des gens qui croient que “c’est bien fait” pour quelqu’un qui perd la vie au cours d’une manifestation, où il réclamait de meilleures conditions de vie? Où est-ce qu’il a péché? Alors que des millions ont été dilapidés, détournés. L’argent de la communauté. Le véritable crime, ce devrait être la corruption! Un mal que l’on combat partout dans le monde. La morale collective, a-t-elle un sens pour nous? Cette conscience commune qui devrait nous pousser à nous indigner, à dire: “Halte-là! Cet acte ne passera pas sous silence!” Vous savez? Cela n’aurait en rien à voir avec des luttes intestines pour le pouvoir. Ce serait au contraire, des cris de mises en garde pour préserver la dignité intrinsèque à chaque être humain. Contrer les dérives. Garder l'équilibre.

Aurait-on perdu toute notion d’humanité? Dessalines dans sa tête, c’était tellement clair! Cet humaniste, ce révolutionnaire avait déjà transcendé le concept de "Vivre", qu’il ne résumait pas au simple fait de respirer et de végéter dans des conditions infrahumaines. La possibilité pour lui de dissocier bien-être et liberté est presque nulle. Que nous reste-t-il aujourd’hui? Ce système a déjà fait tellement de dégâts. Tellement de zombis. Tellement de vendus. Mais, aussi tellement de résignés, que nous ne sommes plus en mesure de discerner la vraie violence, du raz-le-bol. Cette violence qu’on se fait, à chaque fois qu’on se dit: "Qui nous écoutera?" "Qu'aucun changement n'est possible" sachez que Jean-Jacques Dessalines ne s’est pas demandé ce que les colons penseront? Ou est-ce que les esclaves embrasseront sa vision?…

À ceux qui rient de la douleur d’une sexagénaire qui vient de perdre son seul fils, à ceux qui rient de la grève de faim des étudiants, je leur demanderai s’ils connaissent Tarek Bouzizi. Je leur demanderai s’ils connaissent l’idéal Dessalinien. Tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord. Nous ne sommes plus à l’air de la pensée unique. Nous n’avons pas non plus, les mêmes intérêts. Toutefois, au-delà des limites de classes, de races, les besoins fondamentaux de l’être humain sont les mêmes. Pour se révolter, pour oser dire non, il faut d’abord se faire une conscience, il faut apprendre à réveiller, à chercher l’humain en soi.

Marie Paul Isabelle Théosmy




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