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Vertières, pardonnez-nous nos offenses !

Vertières, pardonnez-nous nos offenses !



Une décennie de tortures, de supplices et de crucifixions des vertus et des valeurs perpétrées par des officiels incultes et des criminels de lèse-patrie qui fragilisent les relations séculaires sacro-saintes de l’amitié, la fraternité, la liberté, la solidarité et l’amour régnant chez des peuples frères tissés par des liens consanguins, héréditaires et congénitaux sincères, depuis des siècles.


En début de cette année , dans une incohérence malicieuse, une choquante ingratitude et une trahison à la Judas Iscariote, un vote fratricide a été réservé à un fidèle ami, un frère et un voisin de bon commerce pour appuyer son expulsion injustifiée du bassin diplomatique de l’OEA ruisselé de liquides toxiques dans les jeux politiques viciés, truffés de bassesse, de négociations opaques et d’incitations suspectes avec les acteurs d’une Amérique déséquilibrée par un certain géant qui impose ses lois, comme s’il était le lion de la jungle. Eu égard au traitement différencié de la situation politique d’Haïti comparée à celle du Venezuela, c’est à juste titre que le chercheur canadien Léo-Paul Lozon a qualifié le comportement incohérent de la puissance étoilée de véritable « Hypocrisie occidentale ».

La plupart de ces nations libres et reconnaissantes de l’Amérique latine sont devenues des sympathisants et des adeptes inconditionnels fiers de nos valeurs, notre courage, notre prestige, notre passé glorieux et de nos magnanimes héros qui les ont inspirés, enthousiasmés, fascinés, éblouis, motivés et galvanisés pour arracher leur propre liberté, leur autonomie et leur dignité face à d’anciens prédateurs de l’Europe et de l’Amérique qui les appauvrissaient, les putréfiaient et les déshumanisaient.

Le Venezuela, à travers ses hauts représentants, ne tarit jamais d’éloges, bien mérités, envers la geste miraculeuse du 18 novembre 2003 qui allait signer la fin de l’esclavage en Haïti et qui constitua une référence, un booster, un modèle et une source de motivation pour les autres peuples de la région assommés, atrophiés et abêtis par des bourreaux qui les matraquaient, les amputaient, les mutilaient, les décapitaient, les égorgeaient et les décimaient, dans des siestes et des shows démoniaques.

D’honorables et prestigieux dirigeants influents du monde actuel, notamment nos voisins du Cuba, du Venezuela et de l’Équateur mettent cette réalisation sur un piédestal. L’immortel Fidel Castro a cherché, tissé et consolidé des amitiés profondes avec Haïti en signe de gratitude aux monstres sacrifices consentis par nos héros en contrepartie de leurs encadrements et leurs expertises fournis à Cuba dans sa lutte et sa prise d’indépendance en octobre 1848.

Dans un discours prononcé en 2011, l’ancien président du Venezuela, feu Hugo Chavez, a rendu un vibrant hommage à nos ancêtres en déclarant : « Haïti est un peuple angélique ! Le plus éminent général Napoléon Bonaparte y a été vaincu ». Son successeur, Nicolas Maduro , a abondé dans la même veine, à l’occasion de notre 214e anniversaire d’indépendance, pour soutenir qu’Haïti est le premier peuple noir à avoir dit NON aux pratiques inhumaines et criminelles de l’esclavage. Depuis des années, l’Équateur adhère au rituel de fêter Vertières, dans la passion, l’euphorie et la gratitude, comme pour disséminer, véhiculer et répandre les chromosomes de courage portés par Toussaint, Dessalines, Pétion, Christophe, Capois, au profit des enfants et des jeunes pour ne jamais quitter Quito dans leurs cœurs et leurs esprits.

Le Petrocaribe, en guise de témoignage de gratitude et de solidarité ; mais galvaudé par des avides et des cupides !

L’accord économique « Petrocaribe » - visant la construction des infrastructures économiques et sociales, pour promouvoir le tourisme, attirer les investissements, créer de la richesse, assurer des conditions de vie décentes et éradiquer la pauvreté - constitue l’apothéose de l’expression de gratitudes du peuple bolivarien envers le peuple Dessalinien. Quatre milliards de dollars de prêt, dont une partie à honorer à court terme et une autre partie, de manière graduelle, sur le long terme, au taux d’intérêt quasiment nul ; les dirigeants vénézuéliens n’entrevoyaient pas, dans leur acte solidaire et généreux, qu’ils allaient jeter des perles aux pourceaux. Il a fallu attendre l’arrivée insolite d’un régime politique emmené par des amateurs de l’administration publique, sans science ni conscience, pour voir dilapider et voler en fumée les milliards de dollars de cette franche coopération bilatérale. Au lieu de servir les intérêts collectifs pour sortir la population dans la vulnérabilité, la pauvreté, la misère, l’indécence et l’ignominie, la coopération économique bolivarienne, tel que le confirme, dans une triste clarté lumineuse, le rapport de la Cour des comptes, s’est soldée en un désastre scandaleux en enrichissant déloyalement une kyrielle de poches individuelles logées dans un législatif et un Exécutif honteux.

Une série de bluffs, de slogans et de mensonges multicolores visualisée dans le néant et endossée par des constructions artificielles de stades, de ports, d’aéroports, de viaducs, de ponts, de routes, d’écoles, d’hôpitaux et de téléphériques. Tout est faux, moribond et révoltant avec ce régime cupide qui monte aujourd’hui au créneau pour sortir une dernière carte salvatrice fallacieuse et audacieuse de « Régime Peze Souse » soi-disant responsable de ses gourmandises qui amplifient la misère aiguë de la population jovenelisée, martellée et lamothée dans des promesses creuses de courant 24/24, de l’argent dans les poches et de la paix dans la tête et dans l’intestin grêle.

Absence de vision combinée d’attitudes viciées et vicieuses, les conséquences ne peuvent être que catastrophiques !

Les fonds Petrocaribe, cumulés avec les multiples coopérations bilatérales et multilatérales pourvues par les pays amis d’Haïti et les organisations internationales, pouvaient et devaient effectivement constituer un « big push » pour mettre l’économie haïtienne sur un sentier de croissance florissante. Cependant, telle n’était pas la motivation de ces hommes et ces femmes vils et avilissants qui mentent comme ils respirent, qui chantent dans les mêmes micros, mangent et boivent dans les mêmes assiettes et les mêmes verres que les bandits, les fraudeurs et les corrompus.

Au lieu d’investir leurs temps à identifier des ressources humaines aptes à dresser des plans de bien-être et d’avenir de la population dans des projets de justice, de paix, de sécurité, de santé, d’éducation, de culture ; ces impitoyables dirigeants chronophages, comme des « cons sans temps », gaspillaient leurs énergies et leurs temps dans des zins politiques, tergiversations, diversions, procrastinations et la planification d’un ensemble de missions lucifériennes pour mettre des balles dans la tête, dans le ventre et dans le cœur, en sollicitant l’expertise des Arnel, Ti-Je, Gro-Je, Nenkankan et des snipers de l’international.

Avec l’avènement surprenant de ces extraterrestres, dans les postes stratégiques de la République, qui gavaient, s’enivraient et se saoulaient constamment dans l’éthanol, le something, le barbancourt, le bakara, des produits déviants et qui invectivaient sans contrainte spatio-temporelle, les dieux sont tombés sur la tête, au vu des Kalachnikovs, des AK-47, M-1, et des mitraillettes qui envahissent même les coins les plus reculés du pays. Pieds nus, sandales déchirées, en haillon, sans abris et sans habits, le jeune ne dispose même pas du minimum vital ; pourtant, il est comme un commando, détenteur d’une arme lourde munie de chaines de balles sur le dos ; un véritable amalgame et une cohabitation hétérogène indescriptible entre une pauvreté abjecte et un banditisme musclé, alimentés par des officiels sans cœur, sans tête et de courte vue !

Vertières, un produit compétitif et savoureux à exposer et à vendre, mais avarié par les dirigeants actuels !

Des dizaines de pays dans ce monde de rude compétitivité - déclenchée et sauvegardée dans le moindre avantage comparatif, dans les images, les histoires, les emblèmes, les productions culturelles, les expertises et les talents - seraient prêts à payer des milliards de dollars pour transférer chez eux cette œuvre fascinante, cette merveille, cette victoire impossible de l’ultime bataille de la conquête de l’indépendance du 1er janvier 1804, pour rehausser leurs images, impacter et émerveiller les enfants, les jeunes, les peuples et les institutions internationales de vigie. La bataille de Vertières, remportée au prix du sang sur l’armée sanguinaire de Napoléon Bonaparte, garnie jusqu’aux dents, a tracé les avenues de liberté, d’égalité, de paix, de fraternité et de justice qui sont les prémisses qui supportent les plaidoiries des nobles entités et des fondations caritatives et philanthropiques de la planète.

Vertières a donné de la matière aux matières grises et aux cœurs généreux pour faciliter l’institutionnalisation du fameux document des Déclarations des droits de l’Homme, accaparés, dans un crédit inéquitable, par les progénitures ceux-là mêmes qui s’érigeaient en des tortionnaires et des exploiteurs pour sucer, dans un égocentrisme expansif, les richesses naturelles des anciennes colonies.

Par l’universalité de sa vision, Vertières n’est plus un concept réductible et un patrimoine typiquement haïtien. Vertières n’est pas juste une combinaison de cinq consonnes et d’une voyelle qui se répète ; Vertières n’est pas une localité du Cap-Haïtien. Aujourd’hui, le rêve concrétisé dans le monument de Vertières, à l’instar de la Statue de la Liberté de New York, l'obélisque de Washington, la Tour Eifel de l’Hexagone ou les Pyramides d’Égypte, devraient pétiller, rayonner et flamboyer de mille feux à travers le monde. Cette histoire singulière, captivante et époustouflante devrait propager dans les cœurs des 7.7 milliards de voisins, dans ce village que nous habitons. L’œuvre spectaculaire de Vertières est censée être source d’inspiration pour les gouvernants de la planète qui doivent fixer des objectifs de développement durable, réduire les inégalités et promouvoir l’harmonie au sein des continents, des régions et des espaces vitaux en les transformant en des surfaces paisibles où règnent l’amour, la liberté, le bien-être, la fin des atrocités et de la misère, comme l’a soutenu Victor Hugo.

Vertières est un acte précurseur des alliances de protections collectives et de renforcement des principes libertaires, dont la création de la Société des Nations (SDN), en 1919 et des Organisations des Nations unies (ONU), en 1945, les deux grandes instances de promotion de paix enfantées respectivement à l’issue des deux guerres mondiales. Vertières est une opération ingénieuse référentielle pour les concepteurs de la Déclaration des droits de l’Homme, les organismes de coalition fraternelle tels l’OEA, l’OTAN, l’OUA. À travers leurs véhémentes plaidoiries contre les ségrégations raciales, les marginalisations, les hostilités, les injustices, les déséquilibres économiques et sociaux, Martin Luther King, Nelson Mandela, Jose Marti, Che Guevara, Fidel Castro et toutes les âmes immortelles qui incarnaient la paix, la liberté, le courage, l’amour et qui embrassaient les mêmes luttes, les mêmes desiderata d’un monde équitable, ont vendu et exposé avec brio les vertus de la geste de Vertières.

Un faux président, un faux premier ministre et de faux officiels imposteurs qui crachent sur cet acte libérateur et mémorable, accompli dans la césarienne par nos ancêtres qui se sont sacrifiés, pour léguer cet héritage sacro-saint aux générations actuelles et futures, pataugent tout simplement dans la honte, l’ignorance et l’inculture. Par lâcheté, par petitesse ou par invalidité, personne, encore moins un président et un gouvernement quoiqu’illégitime, ne sauraient manquer de festoyer et de rendre un vibrant hommage à nos héros de l’indépendance, comme l’exigent les règles de l’art.

Les Équatoriens, les Cubains, les Vénézuéliens, voire les Américains ont savouré les externalités positives de la bravoure de nos immortels héros, assoiffés, instigués, motivés et stimulés à s’offrir en holocaustes pour partager et insuffler les techniques et les stratégies savantes pour la libération de tout peuple de l’époque tyrannisé, humilié et assujetti.

Pourtant, les dirigeants actuels, sans dimension, sans hauteur, sans colonnes vertébrales, continuent de trahir la vision de courage, de solidarité, de paix et de justice préconisée par l’acte de Vertières qui a accouché l’indépendance de la Première République noire du monde.

Vertières a donc été poignardé et assassiné par de traitres fils. « Toussaint, Dessalines, Capois… » ! Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

La prochaine équipe, à trier sur le volet, pour assurer les rênes de l’administration du pays, devra inscrire dans son agenda la nécessité de nettoyer les écuries d’Augias, pour ressusciter Vertières et raviver la démarche de la restitution de la dette de l’indépendance imposée arbitrairement par la France à Haïti.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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