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Jovenel Moïse soutenu par les États-Unis contre le peuple haïtien

Jovenel Moïse soutenu par les États-Unis contre le peuple haïtien



Haïti, où des actes de banditisme prennent de chaque semaine l’importance, est désormais livré totalement à lui-même. Le président Jovenel Moïse vit sous le dictat de l’ambassadrice des États-Unis, Michèle Sison. Il est impuissant face à la présente situation chaotique ; les mouvements de protestation réclamant son départ paralysent le pays. Le président a fait savoir publiquement sur les ondes de la radio Métropole qu’il n’est pas seul [1]. Tout le monde comprend qu’en faisant une telle déclaration, il compte sur l’appui inconditionnel des États-Unis, grâce aux soutiens sans réserve de l’ambassadrice des États-Unis, Michèle Sison. Fait bizarre, la plupart des dirigeants politiques de l’opposition, tout comme les médias, ainsi que la population attendent toujours son dernier mot comme-ci cette dernière était la cheffe de l’État.

Le contrôle du pays échappe totalement au président Moïse. Celui-ci s’adresse rarement à un peuple affamé qui le traite à répétition de menteur [2]. Les rares sorties médiatiques qu’il a eu à faire se révèlent toujours être un désastre et ont parfois exacerbé les mouvements de protestation. Il a fait plusieurs promesses électorales à la population, il leur a promis qu’il allait mettre de l’argent dans leur poche et de la nourriture dans leurs assiettes [3]. Rien de tout cela n’a été fait depuis son accession à la tête de l’État en 2017 et jusqu’à l’heure actuelle. Il ne tient donc aucune de ses promesses. Au contraire, les conditions de vie de la population se sont dégradées. Le taux d’inflation a dépassé la barre de 19,5 % et le taux de croissance économique est négatif [4]. Accusé de corruption à maintes reprises, le président est soupçonné de détournement de fonds dans plusieurs affaires par la Cour Supérieur des Comptes sur le dossier Petrocaribe à travers ses firmes AGRITRANS, BETEX et COMPHENER. Depuis le mois d’août dernier et jusqu’à l’heure actuelle, plusieurs manifestations de grande ampleur s’enchainent presque chaque jour contre Jovenel Moise qui s’attache aveuglement à son pouvoir. Il répète souvent : « qu’il ne démissionnera pas » [5]. Malgré toutes les accusations, le président Jovenel reçoit toujours le soutien sans faille des États-Unis sous n’importe quelle forme : soit par le biais l’ambassadrice en poste à Port-au-Prince, soit à travers des sous-secrétaires d’État : David Hale, Jon Piechowski, et Kenneth Merten. Ce dernier a été « décoré de la Grande Croix d’Honneur et Mérite » sous la présidence de Michel Martelly pour son bon travail en Haïti en tant qu’ambassadeur [6], et c’est grâce à lui que Martelly est devenu président de la République. Pour tous les Haïtiens, c’est la communauté internationale qui a imposé Michel Martelly [7]. Un petit rappel de l’histoire : Kenneth Merten a été parmi les premières personnes ayant déclaré que l’élection organisée en 2011 par l’ancien chef d’État René Préval était remplie de fraudes [8]. Le dauphin de Préval, Jude Célestin était arrivé en deuxième position et Mirlande Manigat en première position ; par contre Michel Martelly était en troisième position. Après un arrangement en coulisse effectué par des ambassadeurs occidentaux, notamment Kenneth Merten, à l’époque ambassadeur des États-Unis à Port-au-Prince, Michel Martelly a été propulsé en deuxième position suite à des scènes de violence orchestrées par certains de ses partisans. Il est devenu en deuxième position grâce à un re-comptage de vote de l’OEA. Et Martelly a tout fait pour les récompenser [9].

Relativement à la crise actuelle, tous les sous-secrétaires d’État américains, et même l’ambassadrice Kelly Craft, « Représentant permanent des États-Unis auprès de l’Organisation des Nations unies a effectué une brève visite en Haïti » cette semaine [10], demandent le dialogue entre les protagonistes, alors qu’ils savent très bien que le président Jovenel Moïse est un inculpé. L’ingérence flagrante à répétition des États-Unis dans la vie politique haïtienne continue d’agacer les Haïtiens eux-mêmes. Cela fait plus d’un siècle depuis que les États-Unis dictent ses leçons aux Haïtiens tantôt par des dictateurs, tantôt par des chefs d’État malhonnêtes qui pillent le pays (prenons par l’exemple l’ère des Duvalier, Papa Doc et Baby Doc, jusqu’au président Jovenel Moïse). Pour l’essentiel, c’est leurs intérêts qui priment, et tant pis pour les pauvres haïtiens qui pataugent dans la misère extrême. Pour bon nombre d’Haïtiens, les États-Unis, en s’érigeant tout le temps en donneur de leçon, s’en fichent de leurs situations. Ils continuent à ne défendre que leurs propres intérêts par l’intermédiaire de Jovenel Moïse qui se présente seul contre tout le peuple haïtien avec leurs soutiens indéfectibles. Selon les propos de Me Mario Joseph, rapportés par la journaliste Nancy Roc [11] « De 1915 à nos jours, les États-Unis ont maintenu leur hégémonie en Haïti : que ce soit pendant l’occupation de 1915, ensuite à travers les Forces armées d’Haïti qui fomentaient des coups d’État contre tout gouvernement ne voulant pas défendre les intérêts américains en Haïti. En 2004, cette occupation va prendre une autre forme avec l’arrivée des différentes missions des Nations-Unies : la MINUSTAH [NDLR : Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti], suivie de la MINUJUSTH [Mission des Nations unies pour l’appui à la Justice en Haïti] et bientôt le BINUH ». À noter que le BINUH (Bureau intégré des Nations Unies en Haïti) a déjà pris fonction dans le pays et est dirigé par l’Américaine Helen La Lime.

Tous les secteurs de la vie nationale demandent le départ du président. Le pays est paralysé depuis onze semaines par les mouvements de protestation de l’opposition qui demande le départ sans condition du président ; mais l’ambassadrice des États-Unis en Haïti, Michèle Sison, tient les ficelles, et demande souvent le dialogue. Pour la majorité des Haïtiens, cet appel répétitif au dialogue en dépit de l’incapacité manifeste du président à diriger le pays constitue un support camouflé à Jovenel Moise. L’opposition critique haut et fort la manipulation et, l’ingérence des États-Unis, qui veulent toujours imposer leurs points de vue aux Haïtiens en demandant à l’opposition d’aller s’asseoir avec un président impliqué dans plusieurs affaires pas claires et qui est de plus en plus décrié par la population. Rappelons qu’en 2004, la France et les États-Unis étaient impliqués personnellement pour demander le départ d’Aristide jusqu’à l’enlèvement de ce dernier dans la nuit du 28 au 29 février 2004 [12].

En 2019, les U.S.A soutiennent sans relâche un président corrompu. Rappelons que Jovenel Moïse a donné un vote négatif à l’OEA (Organisation des États américains) contre le Venezuela, juste pour satisfaire Donald Trump. Il a reconnu le président autoproclamé Juan Guaido face à Nicolas Maduro et a de plus voté pour une intervention militaire au Venezuela [13]. C’est l’une des raisons clés qui lui permettent d’obtenir ce soutien aveugle de Donald Trump pour se maintenir au pouvoir. Si, depuis deux mois et demi, le pouvoir tient tête aux manifestants, et à tous les secteurs de la vie nationale, qui demandent le départ de Jovenel, c’est grâce aux soutiens de l’administration Trump au mépris des Haïtiens. Cependant, plusieurs indicateurs sociaux, politiques et économiques sont dégradés depuis la présidence de Michel Martelly jusqu’à son successeur Jovenel Moïse. Cela s’est soldé par l’effondrement de l’économie nationale ! Haïti continue donc sa descente aux enfers sous le regard et la complicité de la première puissance économique mondiale.

C’est le chaos, la misère qui règne en maître dans le pays. C’est le triomphalisme de la misère tandis que le sous-sol d’Haïti regorge de ressources naturelles telles que le pétrole, l’or, le cuivre, et l’iridium (cf. l’article de Me Osner Fevry, dans le Nouvelliste le 23/01/2013). Exploiter et piller silencieusement par les pays occidentaux, notamment le Canada, les États-Unis, en complicité avec les dirigeants corrompus ! Bien protégé dans son confort, le président Jovenel Moïse jouit de tous les privilèges et se fiche aveuglement de la misère de la population tandis que le pays patauge dans la boue, espérant que l’oncle Sam sera toujours là pour le défendre de façon inconditionnelle. Mais pour combien de temps encore, face à une opposition déchainée qui cherche à se rassembler contre les abus du pouvoir et l’ingérence flagrantes des ambassadeurs occidentaux notamment des États-Unis qui dictent sans cesse leurs propres leçons à une population affamée, laissée-pour-compte ? Un pays piétiné ! Les Haïtiens ont l’impression que c’est l’ambassadeur des États-Unis qui dirige le pays selon son propre gré, sous le regard de la communauté internationale. Malgré les divers cas d’assassinats, les massacres de la Saline et de Bel-Air, des cas d’enlèvements, et le banditisme qui gagne de plus en plus du terrain, le pouvoir actuel est incapable de mettre de l’ordre dans le pays. Le président Jovenel Moïse fait appel au secours du gouvernement américain en vue d’apporter de l’aide humanitaire et logistique. Cet appel n’a pas trouvé une réponse favorable du côté de la Maison-Blanche. Pour combien de temps encore, les États-Unis mèneront-ils cette politique discriminatoire à l’égard du peuple haïtien ?

Roodley DAVILMAR
Journaliste et enseignant en Belgique
23/11/2019

Sources

1.- LLM /radio Métropole Haïti http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=33119, 28/10/2019, consulté le 13/11/2019.

2.- Nancy Roc, Haïti : un chaos entretenu par les États-Unis, 29/07/2019.

https://www.mondialisation.ca/haiti-un-chaos-entretenu-par-les-etats-unis/5635689, consulté le 13/11/2019.

3.- Sabrina Cleska Pierre, Haiti/Crise:- Jovenel Menteur ! La plus grande manipulation de l’histoire, répond le Président, consulté le 11/02/2019

http://www.gazettehaiti.com/node/716, consulté le 12/11/2019.

4.- AFP, La hausse des salaires n’apaise pas la contestation en Haïti, 6/11/2019

Roudy Bernadin, BRH : La dernière rescapée des institutions haïtiennes, 22/10/2019.

https://www.tvanouvelles.ca/2019/11/06/la-hausse-des-salaires-napaise-pas-la-contestation-en-haiti ; BRH, consulté le 12/11/2019.

5.- Amélie Baron, Devant la presse, Jovenel Moïse déclare qu’une démission serait « irresponsable », 16/10/2019.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20191016-conference-presse-jovenel-moise-demission-irresponsable, consulté le 13/11/2019.

6.- Ambassade des États-Unis,

https://ht.usembassy.gov/fr/our-relationship-fr/das-merten-fr/, consulté le 12/11/2019.

7.- Dan Beeton et Georgianne Nienaber, Haïti du péché originel à l’intervention électorale : Interview de Ricardo Seitenfus, Haïti Liberté, 27/3/2014

http://cepr.net/en-francais/opinions/haiti-du-peche-originel-a-lintervention-electorale-interview-de-ricardo-seitenfus, consulté le 12/11/2019.

8.- HL/Haïti Libre : Les États-Unis soutiennent le rapport des experts de l’OEA /HAITI LIBRE – 16/01/2011 09:54:55,
https://www.haitilibre.com/article-2131-haiti-elections-les-etats-unis-soutiennent-le-rapport-des-experts-de-l-oea.html, consulté le 13/11/2019.

9. - Ibid.

10.- LLM /radio Métropole Haïti, http://metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=33181, consulté le 21/11/2019.

11. – Nancy Roc, Haïti : un chaos entretenu par les États-Unis, 29/07/2019.

https://www.investigaction.net/fr/haiti-un-chaos-entretenu-par-les-etats-unis/, consulté le 13/11/2019.

12.- Perspective monde, Démission du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, 29/02/2004.

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=393, consulté, le 12/11/2019.

13.- Rezo Nòdwès, Jovenel Moise critiqué par la CARICOM pour son appui direct à une intervention militaire au Venezuela, 2/10/2019

https://rezonodwes.com/2019/10/02/jovenel-moise-critique-par-caricom-pour-son-appui-direct-a-une-intervention-militaire-au-venezuela, consulté le 11/11/2019.




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