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La corruption en Haïti, une arme qui tue sans faire de bruit, mais par contre, fait du bruit pour masquer les évidences

La corruption en Haïti, une arme qui tue sans faire de bruit, mais par contre, fait du bruit pour masquer les évidences



La corruption comme son nom l’indique n’a jamais été un phénomène nouveau. Aristote en parlait déjà longuement en son temps. Pour reprendre une vieille expression camerounaise : « la corruption est la politique du ventre ». Elle est une pratique généralisée qui est répandue sur toutes les surfaces du globe. Elle a sûrement pris forme dès que la toute première institution étatique fit son apparition et renforcée avec le temps ; à cause de l’accroissement de l’inégalité galopante dans le monde, puis dans un second temps avec l’émergence de la globalisation financière.

Selon l’OCDE, plus de 80 milliards de dollars changent de mains chaque année dans le monde du fait de la corruption […] L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018 révèle que l’incapacité chronique de la plupart des pays à contrôler efficacement la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie dans le monde.

Le problème de la corruption est étroitement lié à la pauvreté et au chômage endémique. Les pays en développement apparaissent comme étant les plus vulnérables et du coup exposés aux différentes conséquences négatives de la corruption, particulièrement les conséquences liées à la croissance économique et à la pauvreté extrême.

D’après de nombreuses recherches empiriques, on réalise que le genre est aussi à l’origine des comportements très différents vis-à-vis de la corruption. Ainsi, certaines recherches sur la corruption mettent en relief un comportement distinctif des femmes à son égard. Dans une perspective macroéconomique, Dollar, Fisman et Gatti (2001) montrent que les pays où la représentation des femmes dans la vie politique est élevée sont aussi ceux qui présentent les niveaux de corruption les plus faibles. D’autre part, Di Tella et Shargrodsky (2003), à partir d’une expérience de lutte contre la corruption dans les hôpitaux de Buenos Aires, mettent en évidence la complémentarité entre le salaire et le contrôle. Ils découvrent qu’en l’absence de contrôle, une nette augmentation des salaires n’a aucun impact sur le comportement de la corruption, mais qu’elle peut s’avérer efficace si elle s’accompagne d’une augmentation du contrôle des fonctionnaires.

Chez nous, en Haïti, la corruption demeure aussi un véritable fléau qui tue sans faire de bruit et, par contre, fait de bruit pour masquer les diverses pratiques frauduleuses intenables constatées dans les organismes publics. Le coût de la corruption est énorme pour le pays et, par conséquent, pèse très lourd dans la balance des décès prématurés, à cause d’un manque criant des structures hospitalières adéquates, car les fonds publics n’ont pas souvent été gérés de manière rigoureuse ; en prenant en compte toutes les procédures comptables.

Pour bien mesurer la portée de la corruption en Haïti, il suffit juste de tourner le regard vers les différents rapports internationaux publiés annuellement par les organismes chargés de régler cette question.

À chaque rapport, Haïti occupe toujours une place embarrassante, ce qui contribue à renforcer de plus en plus des suspicions à l’égard de nos autorités au niveau de la population et du même coup, disqualifier davantage le pays dans le palmarès des affaires.

Cette nébuleuse gestion des deniers publics a des conséquences néfastes sur l’ensemble de la population. Arrêtons-nous ici un instant pour se poser certaines questions pertinentes — combien parmi nos frères et sœurs haïtiens qui seraient encore en vie aujourd’hui si l’argent des contribuables a été utilisé à bon escient pour construire et mener une bonne politique de gestion des routes et hôpitaux, par exemple ?

Combien de cas de délinquance juvénile qui aurait pu être évité si l’État avait utilisé l’argent public pour implémenter des mesures de prévention au lieu de l’utiliser à des fins strictement personnelles ?

Combien d’enfants orphelins et sans-abri qui meurent chaque jour de faim à travers les rues du pays alors qu’une forte proportion des recettes du pays a été engloutie pour honorer les caprices de grands commis de l’État ?

Dans cette même lignée de détournement de fonds public, il est rapporté que le 20 février 2009, le gouvernement américain avait pris le contrôle de Stanford’s Antiguan Bank appartenant à un milliardaire du Texas dénommé Robert Allen Stanford pour empêcher son effondrement alors que les déposants se précipitaient pour retirer leur argent après que le financier américain a été accusé de fraudes.

De profondes investigations ont par la suite permis d’identifier 401 clients qui avaient en leur possession un passeport haïtien, tandis que pour ouvrir un compte dans cettedite banque il fallait avoir un minimum de cinq cent mille dollars américains.

Cette étrange découverte est venue une fois de plus éveiller notre curiosité sur l’ampleur de la corruption en Haïti et de l’autre côté, appréhender l’implication du marché de blanchiment des avoirs et le trafic illicite dans le pays.

La corruption ne peut être totalement éradiquée, car il n’existe pas encore de méthode suffisamment efficace pouvant emmener à sa destruction complète. Cela n’existe dans aucun pays, d’ailleurs. Cependant, il ya des mesures préventives adéquates susceptibles de ralentir considérablement toute exagération qui pourrait se révéler comme un facteur nuisible au développement économique et social d’un pays. On peut, par exemple, se servir du modèle d’audit de la Chine populaire implémenté par le Comité central du gouvernement chinois pour éradiquer la pauvreté d’ici 2020.

Selon les données de l’organe suprême de lutte contre la corruption du pays. La Chine a sanctionné 180.100 personnes impliquées dans environ 133.100 cas de corruption et de violations du code de conduite depuis le 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) fin 2017.

Autre signe marquant des progrès réalisés par la Chine en matière de gouvernance stricte du régime : depuis le 19e Congrès national du PCC, 316.000 fonctionnaires de niveau inférieur ont été sanctionnés dans quelque 238.700 affaires de corruption liées aux intérêts immédiats du peuple.

« La grande victoire obtenue dans la campagne anticorruption doit être consolidée en renforçant la dissuasion afin que les responsables n’osent pas, ne puissent pas et ne veuillent pas commettre d’actes de corruption. À cette fin, les efforts de lutte contre la corruption dans les domaines financiers devront être intensifiés, en particulier dans les projets, domaines et positions clés qui concernent le développement global et la sécurité du pays. » Xi Jinping

À l’approche de la formation d’un nouveau gouvernement, le principal axe prioritaire d’intervention sur lequel les futurs responsables devraient se concentrer demeure la récupération des fonds détournés aux fins de combler les déficits budgétaires générés par le mouvement “pays lock”. Cette mesure consisterait surtout à renforcer et valider cette fameuse phrase du président de la République : « un président qui se respecte ne doit pas avoir d’ami(e) s ».

John Peter César, Ph. D.




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