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Symboles

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Le sacrifice d’ Isaac n’ eut pas lieu comme prévu. À la dernière minute, un ange intervint et intima à Abraham l’ordre d’ arrêter. Le bûcher était déjà prêt . Isaac lui-même avait contribué à la préparation du lieu de sacrifice sur lequel son père soumis et fidèle à sa foi comptait l’immoler. Le bûcher, en ce temps-là, symbolisait donc un espace sacrificiel .

Des millénaires, plus tard, au Moyen-Âge au temps de l’ Inquisition, les hérétiques, les sorcières, les livres passaient par le feu purificateur et expiatoire du bûcher, cette fois-ci pour exorciser et exterminer à tout jamais toute velléité de penser autrement en dehors des canons et des dogmes. Le bûcher n’était plus un lieu sacrificiel, un holocauste, mais l’endroit idéal pour envoyer un message clair et fort à ceux qui par leur attitude, leur dissidence, menaçaient l’ordre établi. Que d’innocents reconnus coupables avaient péri brûlés vifs! Quelle horreur, quelle souffrance pour ces suppliciés!

Avec les grandes découvertes, vinrent la colonisation et l’ esclavage, La Croix et l’épée et naturellement les avatars de l’ inquisition.

Bien avant Boukman, bien avant Toussaint, il y eut sur la terre de St Domingue un déporté d’ Afrique devenu esclave nommé François Mackandal! Il était manchot. Son handicap n’altérait en rien sa détermination à conscientiser et à soulever ses frères et sœurs contre l’exploitation et la déshumanisation érigées en système!! Arrêté, il fut jugé, déclaré coupable de sorcellerie et fut condamné à être brûlé vif comme au temps de l’ inquisition. Son exécution eut lieu en janvier 1758.

Là encore, il fallait tracer un exemple, décourager tout éventuel fauteur de troubles à venir. Le bûcher se révélait être le lieu d’exorcisme, d’expiation et de punition par excellence.

L’ histoire ne rapporta ni ne dénombra d’ autres cas de célèbres suppliciés par le feu dans la colonie. Il faudra attendre longtemps, très longtemps au cours de l’ année 1986 pour voir un retour en force de cette pratique, modernisée cette fois-ci, plus expéditive, mais certainement toujours aussi inhumaine et cruelle. Son utilisation se justifiait par l’absence de confiance dans le système judiciaire en place d’alors et toujours par la nécessité de tracer des exemples sur ceux qui, hier encore, étaient assimilés à des bourreaux... La pratique du supplice du collier sera pour un temps tolérée sinon encouragée comme une réédition de la terreur lors de la révolution... Les bourreaux devenus victimes souffraient dans leur chair la douleur de leurs victimes passées devenues martyres... Avec le supplice du collier, c’était le temps de la revanche, de la vengeance et de la justice expéditive.

Du bûcher sacrificiel d’Abraham en passant par celui purificateur du Moyen-Age pour atterrir à St Domingue et ressurgir dans l’ Ayiti du 20e siècle, l’immolation des victimes et des bourreaux par le feu a une longue histoire. Quelle longue route ! De la Chaldée à Ayiti !
Ce qu’ il faudra souligner par contre c’est qu’ à travers les enfants d’ Isaac, nous avons aujourd’hui les fils et filles d’ Israël. De l’Europe médiévale, nous avons eu la renaissance, les Lumières à l’Occident d’ aujourd’hui. Et nous ? Devons-nous être toujours à la traîne? Quel est notre destin? Notre place dans le monde et dans l’ univers? À quand notre renaissance qui fera de nous une fois de plus un peuple de Lumière?

Samuel E. Prophète,
13 janvier 2020




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