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Le changement annoncé ?

Le changement annoncé ?



Où est passé le changement en de meilleures conditions de vie annoncé avec la fin du règne de la dictature des Duvalier en 1986 ? Trente-quatre (34) années après qu’Haïti ait passé de la dictature duvaliérienne à une nouvelle période dite démocratique et de changement. L’on se questionne encore pour demander s’il y a vraiment eu un changement ; ou, si changement il y en a eu, ne s’agit-il pas d’une détérioration d’une situation mauvaise au départ, laquelle a empiré par la suite ?

En effet, la situation du pays a incontestablement empiré pendant la période dite démocratique : les crimes ne sont plus seulement politiques ou commis essentiellement par les sbires qui s’identifient au pouvoir, mais se généralisent pour devenir des œuvres de bandits appartenant à des groupes de gang, sans nier les cas de crime isolés. Jadis les forces de l’ordre disposaient du monopole de la violence, que nous ne qualifierons pas de légitime, car trop souvent utilisé à des fins politiciennes, tandis qu’aujourd’hui ses membres se comptent aussi parmi les victimes ; l’économie continue sa chute exponentielle de façon scandaleuse avec une inflation de l’ordre de 20%, un taux de chômage qui gonfle sans s’arrêter, un taux de change effarant qui galope à grande vitesse, un pouvoir d’achat tendant de plus en plus vers l’incapacité des ménages à faire face à leurs besoins de base, contraints à baisser leur niveau de vie, la fuite de nos cerveaux qui s’accélère de façon de plus en plus importante ; la gouvernance est amateurisme sinon extrêmement corrompu et scandaleux, au point qu’elle ne pouvait donner autre chose que ce qu’on a aujourd’hui.

À qui la faute ? La faute est, bien sûr, à nos politiciens et aux partis politiques qui n’ont jamais un programme politique élaboré, voire adapté aux besoins de l’heure du peuple. Ceux qui accèdent au pouvoir et leurs proches font tout pour forcer les observateurs à les concevoir comme des corrompus qui ne visent aucun programme bénéfique à ceux qu’ils dirigent. La faute est aussi à ceux qui composent les forces vives de la nation : les organisations de la société civile, les médias, l’Église, pour ne citer que ceux-là. Heureusement, ces dernières ont pris collectivement l’habitude depuis quelques mois de dénoncer massivement la corruption et la mauvaise gouvernance pour ne plus se rendre complices dans la détérioration de la situation du pays. C’est dans ce sens que le Regroupement citoyen pour une meilleure Haïti (RECIMHA), dans son devoir d’organisation citoyenne, se voit obligé de se positionner dans le cadre de la situation sociale, économique, et politique actuelle du pays, tenant compte des différentes crises persistantes qui gangrènent notre pays après cette triple décennie.

Un vieil adage vernaculaire dit « Tout boulin, menm plas ». Autrement dit, il n’y a aucun changement réel, aucun gouvernement n’ayant pris en cause les revendications du peuple haïtien. Ces derniers jours, le territoire du pays est fragmenté en plusieurs parties considérées comme des zones de non-droit et dirigées par des bandits et les autres parties résiduelles laissées au pouvoir en place. Cette balkanisation est différente de la scission qu’a connue Haïti avec Christophe et Pétion après la mort de l’empereur. La différence s’explique par rapport à la façon dont les délimitations sont faites, dans le sens que plusieurs parcelles du territoire, de façon éparse, échappent au contrôle de nos gouvernants. L’on se demande perplexe comment parvenir à un changement réel et profitable à la population ? Fort de cette crise profonde, qu’on permette que le RECIMHA reprenne Arturo TOSCANINI pour dire : « Il y a deux sortes de chefs d’orchestre : ceux qui ont la partition dans leur tête et ceux qui ont la tête dans leur partition.» Une façon pour dire que les protagonistes ne s’accordent jamais pour sauver Haïti, d’ailleurs ils sont toujours en parallèle, c’est le jusqu’au-boutisme qui est prôné, soit ouvertement, soit hypocritement.

Le RECIMHA se voit donc astreint, dans le cadre de son devoir citoyen, de tirer la sonnette d’alarme à l’idée de faire comprendre aux différents acteurs que le moment est enfin arrivé pour se rendre à l’évidence en des assises sérieuses pour voir comment sortir Haïti de ce bourbier politique, économique et social. Qu’il est temps de prendre conscience et de comprendre dans quel labyrinthe est plongé le pays à cause de l’insouciance des membres de l’équipe au pouvoir et de ceux composant celle de l’opposition. Qu’il est impérieux que l’hypocrisie soit mise de côté ou à l’écart pour laisser la place à un esprit consensuel qui s’élève à la hauteur des nécessités de redressement du pays en vue d’une issue heureuse.

Le RECIMHA finit cette note de positionnement sur la situation politique, économique et sociale du pays, dans la perspective véritable qu’Haïti connaisse effectivement un renouveau apte à permettre aux citoyens de vivre des jours meilleurs, en faisant les recommandations suivantes :

a) Adoption d’une période de trois (3) ans pour une transition politique visant à doter le pays : (1) d’une nouvelle Constitution adaptée aux réalités de la vie politique (2) d’un conseil électoral permanent (3)d’un conseil d’État (4) d’un conseil constitutionnel (5) d’une institution indépendante issue de la fusion des institutions de lutte contre la corruption (UCREF, ULCC, CSC-CA) ;

b) Élaboration d’un document de programme d’urgence, par ministère, visant à satisfaire les problèmes criants de la population à court et moyen termes ; et précisant les attributions spéciales de la personne qui sera nommée ministre au sein d’un ministère donné, en plus de ses attributions déjà prévues dans la loi-cadre de ce ministère ;

c) Mise à l’écart de tous les insouciants qui ne s’intéressent qu’au pouvoir : tous les membres du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif et de l’opposition ;

d) Formation d’un gouvernement composé uniquement de personnalités dont l’intégrité ne souffre d’aucune implication, dans le passé, dans des cas avérés, ni dans des scandales de corruption (telles que : Kesner PHAREL, Jean Robert ARGAN, Marie Yolène GILLES, Wando SAINVILLIER, Amendo ALEXIS, Jean Wilner MORIN, Monferrier DORVAL, Gélin COLLOT, Patrice DUMONT et d’autres personnalités du même genre);

e) Nomination d’une des personnalités suivantes : Madame Ertha Pascal TROUILLOT, Madame Odette Roy FOMBRUN ou Franck ÉTIENNE à la Présidence de la République pour relever l’image de la présidence du Pays tenant compte de ce que représente ces icônes de la vie nationale ;

f) Adoption du système politique américain en deux grands partis politiques et élimination du poste de Premier ministre pour donner place au poste de Vice-Président ;

g) Établissement de la fonction de député-maire pendant que la gestion quotidienne de la mairie est confiée à un directeur général qui a fait campagne avec le député élu comme tel. Une ville devient une circonscription à raison d’un député par circonscription ;

h) Élimination du poste de sénateur de la République et du délégué départemental au bénéfice d’un nouveau poste intitulé Gouverneur départemental (un par département élu pour 4 ans), qui siège en permanence au Conseil des ministres.

i) Concordance de la durée du mandat de tous les élus politiques du pays à quatre (4) ans : président, gouverneur départemental, député-maire et Casec ;
Pour le RECIMHA :

Me Marcel ALEXIS
Professeur Jean Robert PLAISIMOND




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