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La place des femmes dans la circulation des échanges en Haïti

La place des femmes dans la circulation des échanges en Haïti



En questionnant les déplacements des produits, les conditions matérielles d’existence, on interroge l’invisibilisation de la femme dans les transactions. À un moment de l’histoire, les spécialistes des Sciences sociales ont remis en question, les multiples définitions données du concept « circulation » considéré comme des formes et des structures sociales de la répartition et du déplacement des biens. Dans le contexte haïtien, les valeurs dominantes d’une société patriarcale en définirent les contours.


Études ethnographiques sur les transactions sociales

Les travaux ethnographiques menés par les historiens, les économistes, les sociologues et les anthropologues ont montré un concept qui a assuré l’unité de l’anthropologie économique, qui a donné naissance à de nombreuses recherches ethnographiques ; comme les travaux d’ethnographie de Marcel Mauss en 1925 (don), Frantz Boas en 1897 (potlach), Bronislaw Malinowski en 1922 (Kula), décrit le circuit d’échanges comme des obligations sociales, qui lient des personnes entre elles, des personnes avec des choses, et des choses entre elles. On parle de « circulation » des biens entre les individus et les groupes. Les transactions sociales ne coïncident pas toujours avec des transactions monétaires. Le terme « circulation » est souvent affilié aux différentes formes qu’elles peuvent prendre selon le sens, le lieu et les conditions de la transaction. Une notion qui semble être très utilisée dans la langue courante, un concept complet, chargé de références théoriques et historiographiques, comme les mots « réseau » ou « marché ». Il n’y a pas une définition universelle à propos de ce concept, et chaque discipline le définit à leurs propres manières. Pierre Bourdieu a fait (les modes de dominations, 1979) l’écart entre un transfert et son contre-transfert, afin qu’il puisse classifier les différents types d’échanges, ou plus exactement les types de transferts et de transactions.

Circulation des échanges et liens sociaux

L’objectif de ce questionnement est de préciser ce que nous entendons par circulation des échanges et l’invisibilisation de la femme dans les échanges, pour en dégager un certain nombre de principes susceptibles d’orienter notre réflexion. Ce qui pourrait apparaître difficile au départ, c’est de chercher de décanter certains aspects sur les rapports entre les personnes, car le lien humain, entre autres monétaire, propose au bout du compte plusieurs possibilités, par exemple : le sentiment des personnes qui envoient de l’argent, des cadeaux, des vêtements.

La notion de transactions intimes, échanges et relations personnelles, longtemps employées par des auteurs. Prenons le cas de Viviana Zelizer, Florence Webert, elles se sont intéressées en particulier au sens des échanges et aux formes prises par les transactions. Outre les transferts d’argent, les liens sociaux parmi l’ensemble des relations qui pourraient exister entre deux personnes. Toutefois, les rapports qui existent entre deux personnes ont de lourdes implications économiques, lorsque les canaux d’échanges sont marqués entre elles en fonction de leur utilisation. Les choses échangées ne sont pas des objets ordinaires, mais des choses précieuses qui engagent les personnes entre lesquelles elles circulent.

Échanges socioéconomiques en Haïti et le rôle de la femme.

Les femmes représentent plus de 52% de la population haïtienne. Malgré cette majorité quantitative, elles sont opprimées notamment par rapport au travail, différencié selon le genre. Avec une informalité aggravante des conditions matérielles d’existence, une absence de prestations sociales, et la sous-valorisation du travail à la maison. En dépit de tout, et ceci en majeure partie, une femme peut classifier ce qui lui est important selon ses choix personnels, justifiés sur la proximité et la prise en charge. Et très souvent, les femmes haïtiennes adressent non pas de l’argent à leur famille ou à leurs proches, mais à elles-mêmes. Elles font passer les besoins de leurs familles avant les leurs. On n’en déduit que le fait d’assumer sa responsabilité dans les relations familiales, amicales et autres ces femmes canalisent des sentiments « négatifs » au niveau des rapports et crée des dépendances affectives. Selon la signification de chaque transfert (monétaire), il peut y avoir un nom pour justifier cette transaction. Souvent les canaux des échanges coexistent de plusieurs façons et pour différents usages. Elles peuvent avoir intérêt à diversifier ses émotions pour défendre ses avantages.

Dans notre société, le patriarcat impose à chacun des deux sexes un rôle et un statut bien défini, et pour le renverser, il nous faut une révolution (économique) fondée sur une liberté totale en redéfinissant les rapports sociaux de sexe et du genre. La représentation sociale des vies des femmes qui vivent en Haïti ou des femmes migrantes haïtiennes cache bien des contradictions. Il se pourrait que les interactions dans les espaces sociaux soient très complexes et incompatibles à partir de leur différente réalité sociale. Cependant, la nouvelle faveur accordée à ces termes dans l’ensemble des sciences humaines et sociales nous invite à réfléchir sur le sens, l’intérêt et le contenu donner à ces deux concepts.

Valentina MORENCY
Féministe/Spécialiste en équité de Genre




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