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La société haïtienne est-elle vraiment gouvernée par la pulsion de mort?

La société haïtienne est-elle vraiment gouvernée par la pulsion de mort?



Une appréciation de l’article du professeur Edelyn Dorismond : Pulsion de mort. La société haïtienne contre elle-même. Penser la possibilité de notre puissance d’agir.


Dans son article « Pulsion de mort. La société haïtienne contre elle-même. Penser la possibilité de notre puissance d’agir (en date du 17 Février) », Dorismond, E. (2020) fait de la pulsion de mort freudienne l’expressivité ou la cause de la situation actuelle du pays. Il l’articule ainsi : « Notre hypothèse est que ce qui se passe actuellement est l’expression d’une forte pulsion de mort qui a pris la vie pour objet en retournant la vie contre elle-même »1. Hypothèse qui va être confrmée (selon lui) à travers toute une série de manières d’être ou d’apparaitre de l’haïtien tels que : Manque d’ouverture au monde, Se laisser aller et se laisser prendre en charge, Autofagellation, Faible puissance d’agir et Absence d’esprit de responsabilité. En outre, il décèle une « fssure anthropologique » (liée au passé colonial) comme « source profonde » de cette « forte pulsion de mort » empêchant pour ainsi dire, la société haïtienne de « réconcilier avec elle-même ». Ce qui nous met en présence d’une double cause : « la fssure anthropologique » serait la cause d’une forte pulsion de mort qui elle, serait la cause de notre tendance à nous tendre vers l’Autofagellation et le Faible puissance d’agir, le Manque d’ouverture au monde, l’Absence d’esprit de responsabilité etc. Cependant, il serait intéressant de se demander à quelle logique interne de cette « fssure anthropologique » fait-il référence en l’établissant comme source profonde de la pulsion de mort dont la société haïtienne serait le manifeste. La pulsion de mort freudienne en firtant avec la « fssure anthropologique » originelle, serait-elle réellement la cause des évènements (efets) que nous sommes en train de vivre en Haïti?

Mais avant de se poser d’autres questions, il nous sied d’aborder la notion de pulsion de mort dans les écrits de Freud lui-même, afn de voir jusqu’où pourrait-on accepter cette hypothèse « métapsychologie ou clinique et phénoménale » faisant « l’hégémonie ontologique de la mort » dans l’afrmation de la société haïtienne. Ainsi, serions-nous peut-être, en mesure d’apprécier les éléments constituant les efets de cette « forte pulsion de mort » que nous propose Dorismond

La pulsion de mort, contexte et brève historique

La notion de pulsion de mort introduite dans les théories psychanalytiques par Freud (1920) dans son l’au-delà du principe du plaisir s’articule pour reprendre Martins, A. (2005 :165), comme une explication à certains cadres cliniques qui ne trouvaient pas de réponse dans sa théorie des pulsions précédentes, d’autre part, comme une solution à l’impasse théorique liée au dualisme mis en question par Jung. Notons que la pulsion de mort est ce qui a été l’instinct du moi ou d’auto-conservation qui avec les pulsions sexuelles, dégageaient une bipolarité dans la théorie (antérieure) des pulsions (1909). Et Freud, S. (1920 :46) explique : l’analyse des névroses de transfert nous avait tout d’abord mis en présence de l’opposition entre les « instincts sexuels », orientés vers l’objet, et d’autres dont nous n’avons pu discerner la nature exacte et que nous avons dénommés, provisoirement, « instincts du Moi ». Parmi ces instincts, nous avons discerné en premier lieu les instincts qui servent à la conservation de la vie. L’état de nos connaissances ne nous a pas permis de pousser les distinctions plus loin. Ici Freud veut seulement dire que la pulsion de mort constitue ce qui manquait pour établir défnitivement cette distinction relative aux instincts. Une telle distinction renforce sa vision dualiste qui est en contradiction avec celle de Jung qui serait lui-même, du côté d’une seule force instinctive (monisme). D’ailleurs Freud, S. (1920 :48) l’a critiquera : la théorie de Jung, au contraire, est une théorie moniste; en donnant le nom de libido à la seule force instinctive qu’il admet, il a bien pu créer une certaine confusion, mais ce fait n’est pas de nature à nous troubler. Il critiquera également le travail de Spielrein qui selon lui, veut subordonner le matériel psychologique à des points biologiques : cette dépendance est -à ses yeux- autant à rejeter que la dépendance philosophique, physiologique ou de l’anatomie du cerveau (Freud, S. 1975 :230). Cependant il fnira par accepter l’aspect biologique dans son élaboration du concept de pulsion de mort et il le justife dans le « moi et le ça » : nous basant sur des raisons théoriques appliquées à la biologie, nous avons admis l’existence d’un instinct de mort, ayant pour fonction de ramener tout ce qui est doué de vie organique à l’état inanimé, tandis que le but poursuivi par Eros consiste à compliquer la vie et, naturellement, à la maintenir et à la conserver, en intégrant à la substance vivante divisée et dissociées un nombre de plus en plus grand de ses particules détachées (Freud, S. 1923 :31).

Certains auteurs afrment que pour bien saisir la dynamique de cette construction métapsychologique chez Freud, il faut la situer à partir de « trois épisodes ». Un premier se situerait au printemps 1894 selon ce qu’avance Kamieniak, J.P (2008 :76) reprenant les propos d’Anzieu. « Fließ lui ayant interdit de fumer depuis quelques semaines, il lui fait part de ses violentes douleurs cardiaques et des idées de mort qui l’assaillent, convaincu de sa mort prochaine. De fait, à l’issue de la prise de conscience de sa fnitude, c’est le sentiment d’urgence à accomplir la tâche pour laquelle il se sent investi qui l’anime, et dont sortiront des travaux d’importance comme ce Projet de psychologie scientifque ».

Le deuxième épisode serait l’expérience de la mort de son père (Jacob Freud) en 1896, dont le travail de deuil qu’elle entraîne culminera dans la crise créatrice qui saisit le fls au début d’octobre 1897, et donnera le jour aux œuvres majeures que l’on connaît, notamment la Traumdeutung, présentée en 1908 par son auteur comme la « réaction à la mort de mon père, l’évènement le plus important, la perte la plus déchirante d’une vie d’homme » (Freud, S. 1899-1925 :4).

Le troisième épisode répond à la crise d’entrée dans la vieillesse. La soixantaine venue, Freud se prépare à la mort prochaine et témoigne d’un « regain créateur, entre 1917 et 1924 » indique Anzieu, remaniant son système et afrmant désormais l’existence de pulsions de mort indissociables des pulsions de vie. (Ibid.76)

De son coté, Sedat, J. (2008 :187) nous fera remarquer aussi que les cinq premiers chapitres de « Au-delà du principe de plaisir » ont été rédigés par Freud, en 1919. Les deux derniers ne seront rédigés qu’en juin 1920, après la mort de sa flle Sophie, décédée le 25 janvier 1920. Ici, la chronologie est éclairante et ne doit pas être prise d’une manière insignifante dans l’entreprise Freudienne. Il est tout de même intéressant de voir que la pulsion de mort qui apparaît dans un contexte dramatique pour lui, après la mort de Sophie, vient se placer du côté de la contrainte de répétition et de l’inéluctable, c’est-à-dire le contraire du hasard (Sedat. J. 2008 :189). Or rappelons qu’auparavant, Freud récusait toute conception faisant f du hasard, et c’est ce que lui reproche Sedat, J. (2008 : 189) en disant que ce dernier (Freud) « oublie ce qu’il énonçait, en 1910, dans « Un Souvenir d’enfance de Léonard de Vinci », -à savoir- : « Tenir le hasard pour indigne de décider notre destin, ce n’est rien d’autre qu’une rechute dans la conception pieuse du monde. » Seraitil lui-même, pris dans une conception pieuse du monde en établissant une concomitance entre la destruction et la pulsion de mort dans le devenir de l’être? La réponse à cette question se trouve peutêtre à la fn de l’« au-delà du principe de plaisir » où Freud fait de la modifcation des idées un élément fondamental à la fgure du savant, je le cite : seuls les croyants qui demandent à la science de leur remplacer le catéchisme auquel ils ont renoncé, verront d’un mauvais œil qu’un savant poursuive et développe ou même qu’il modife ses idées (Freud, S. 1920 :57). Alors que beaucoup font des réfexions de Freud des versets bibliques confrmant avec certitude toute forme réalité psychique.

Désir et Confit psychique chez l’être humain

Dorismond, E. (2020) nous dit que « La pulsion de mort est un concept freudien élaboré pour corriger la compréhension du désir, défni unilatéralement par le principe du plaisir, qui s’entend comme le plus bas niveau d’excitation du psychisme humain rendant la tension supportable ». Il faut toutefois préciser que la notion du désir ne s’afche pas de manière explicite dans la théorie psychanalytique freudienne. Le terme utilisé par Freud est « Wunsch » qui renvoie beaucoup plus à un souhait (un vœu) qu’un désir. « Le vocable français (désir) ajoute un mouvement de convoitise, mouvement qui est rendu en allemand par « Begierde » ou « Lust ». En établissant cette distinction, on s’écarte un peu de la « connotation sexuelle » que charrie le mot désir qui a été proposé dans la traduction française. Car le mot « Wunsch » recouvre une réalité encore plus large et peut-être, autre que le désir sexuel. Cela étant, nous sommes d’accord que chez Freud, S. (1920 :07) l’évolution des processus psychiques reposait sur le principe du plaisir dont le but est de rechercher une forme de constance dans la maintenance au plus bas niveau l’excitation grâce à la diminution de toute tension jugée désagréable. Nous savons aussi que « les pulsions provoquent une tension qui tend à être déchargée à travers un ressenti de plaisir. Plaisir et désir sont lies, nous pouvons associer le désir au travail des pulsions ». Associer le plaisir au travail des pulsions revient à dire que la visée ou le souhait des pulsions c’est le plaisir. Paradoxalement, Le principe de plaisir serait également présent dans les névroses, où le refoulement provoque du déplaisir du fait, disons, de n’être jamais vraiment réussi, c’est-à-dire de ne pas empêcher que certaines pulsions refoulées s’expriment, ce qui engendre de la soufrance due au confit entre le ça et le surmoi (Martins, E. 2005 :168).

Dans la théorie antérieure des pulsions, sous l’infuence de l’instinct de conservation du moi, le principe du plaisir s’eface et cède la place au principe de la réalité qui fait que, sans renoncer au but fnal que constitue le plaisir, nous consentons à en diférer la réalisation, à ne pas profter de certaines possibilités qui s’ofrent à nous de hâter celle-ci, à supporter même, à la faveur du long détour que nous empruntons pour arriver au plaisir, un déplaisir momentané (Freud, S. 1920 : 9). Autrement dit le principe de la réalité (qui se réfère au monde extérieur) peut non seulement rediriger la visée pulsionnelle (vers l’objet) mais aussi, l’ajourner provocant pour ainsi dire, un court déplaisir. Cette même dualité va être conservée mais modifée au regard de la pulsion de mort dont le déplaisir serait le corollaire et le sadisme, le représentant (Freud, S. 1923:31) efectif. Dans le moi et le ça, cette dualité sera reprise sous la rubrique d’instinct de vie (sexuel) ou Éros et d’instinct de mort ou Tanatos. Le premier instinct vise « la liaison », « la construction », l’unifcation alors que le deuxième repose sur « la déliaison », « la destruction », « l’inertie », « l’inorganique ».

D’autre part, il est dit que « la conception de la pulsion de mort répondait à deux champs de questions, l’un métapsychologique, l’autre clinique et phénoménal. Les manifestations de la pulsion de mort comportent le sadisme et les pulsions destructives lorsqu’elle se tourne vers l’extérieur ; le masochisme primaire lorsqu’elle se tourne vers l’intérieur, caractérisé par la contrainte de répétition qui serait à son tour à l’origine des névroses de transfert, de destin et traumatiques, ainsi que des jeux d’enfant. Les masochismes secondaires seraient caractérisés par le retour du sadisme sur le moi, mais satisferaient le masochisme primaire. Le sadisme et la destruction auraient ainsi la fonction d’éviter l’autodestruction » (Martins 2005 :165). Nous disons métapsychologique dans les mots même de Freud car c’est lui qui la formulait ainsi : le caractère vague et indéterminé de toutes nos considérations que nous désignons sous le nom de métapsychologiques provient de ce que nous ne savons rien concernant la nature du processus d’excitation qui s’efectue dans les éléments des systèmes psychiques et que nous ne nous croyons pas autorisés à formuler une opinion quelconque sur ce sujet. (Freud 1920 : 29). Métapsychologique recouvre en ce sens un non-observable qui est peut-être, ce dont la mort pourrait être l’expressivité aux yeux de l’auteur. Freud sait que cette troisième étape dans sa théorie des instincts ne peut prétendre à la même certitude que les deux premières, c’est-à-dire l’élargissement de la notion de sexualité et la constatation du narcissisme (ibid.53). Mais pourquoi cette notion persiste-t-elle avec une grande certitude dans les travaux de certains psychanalystes d’aujourd’hui? Une autre question fondamentale, du moins, à notre problématique serait : en quoi les éléments proposés dans l’article de Dorismond répondent à l’exigence clinique et phénoménale recouvrant les diférentes manifestations de la pulsion de mort freudienne?

Société haïtienne et psychologie

L’article de Dorismond est une tentative de confronter l’entreprise psychanalytique (freudienne) à l’anthropologie haïtienne en essayant d’aborder le problème de l’être haïtien (s’il y en a), ou je dirais plutôt, de l’apparaitre haïtien au regard d’une « tare » qui serait l’efet de notre passé colonial. C’est ce qu’il appelle : « une fssure anthropologique ». En efet, Jamais auparavant n’avons-nous essayé de faire la psychologie de l’histoire de l’État et de la nation haïtienne ou du moins, celle de la psychologie au regard de l’apparaitre des diférentes couches sociales issues d’un événement quelconque. Et Malgré quelques grands travaux comme ceux de Louis Mars, Emerson Douyon, Legrand Bijoux etc., nous sommes encore loin de pouvoir faire l’histoire de la psychologie haïtienne ou disons plutôt, l’histoire de la psychologie en Haïti. En ce sens, malgré nos désaccords sur certains points dans le texte, nous considérons à bien des égards, ce travail comme un important appel à discussion sur nous -même. Ceci dit, il nous convient maintenant d’apprécier la portée clinique et phénoménale des éléments confrmant l’hypothèse (de Dorismond) selon laquelle une forte pulsion de mort travaille et gouverne la société haïtienne.

Le premier élément est Manque d’ouverture au monde :

Dans sa réfexions, Dorismond nous voit comme replier sur nous-même ou comme une boule dont le noyau dure n’admet aucune transaction réelle à son propre extérieur. Il l’articule ainsi : « Nous sommes peu ouverts au monde (on serait enclin à objecter que les Haïtiens partent dans toutes les directions du monde à la recherche de bonnes conditions de vie. En vérité, cela ne signife pas encore l’ouverture au monde qui marque une forme d’habiter le monde dans la pluralité des relations au monde. Le grand nombre des Haïtiens partent avec leur bulle haïtienne qui ne laisse passer aucun autre sens du monde). Nous habitons le monde comme notre monde limité à notre espace territorial que nous ne maitrisons pas. Un narcissisme inversé nous inspire une admiration paradoxale à nous-mêmes: pito nou lèd nou la. Que nous soyons là, à la laideur de nos villes, de nos vices, de misère. L’essentiel est d’être » (Dorismond, E. 2020). Le narcissisme inversé dont il est question ici, serait-il l’équivalent du masochisme primaire (sadisme retourné contre le moi)? Rappelons que le masochisme est le premier des symptômes élaborés par Freud manifestant (selon lui) la présence d’une pulsion de mort chez l’être humain. Il a été révélé dans le rêve des névrosés dont leurs désirs douloureux ont été refoulés. L’actualisation (de manières répétitive) de ces évènements douloureux dans les rêves des névrosés serait à ses yeux, l’expressivité du masochisme, car il y a une sorte de « fxation » (à ces derniers) du coté des névrosés, et cela infrme la conception d’après laquelle la tendance prédominante des rêves serait celle qui a pour objet la réalisation de désirs (désirs=plaisirs) (Freud, S. 1920 :13). Dans cette perspective nous dit Freud, S. (au-dela 1920 :14) le rêve a subi, comme beaucoup d’autres fonctions, une grave perturbation, qu’elle a été détournée de son but; ou bien nous devrions appeler à la rescousse les mystérieuses tendances masochistes. Il va approfondir ce concept clinique dans l’analyse du jeu de l’enfant avec la bobine à fl tentant de reproduire l’expérience de l’absence et le retour de sa mère. Mais abstenonsnous d’aborder cette deuxième fgure du masochisme au bénéfce de ces diférentes questions que soulève ici le texte de Dorismond :

En quoi un Manque d’ouverture au monde serait le résultat d’un excès pulsionnel dont la visée serait la destination vers l’inorganique, l’autodestruction, la destruction etc. (à travers le masochisme)? Si L’ouverture au monde est réductible à une « manière d’habiter le monde dans la pluralité des relations au monde », quelles seraient les caractéristiques des structures logiques (le tableau de mendeleïeve) de cette manièrelà? Qu’est-ce qui autorise (de manière empirique) une telle formulation? D’autre part, comment peut-on vérifer l’assertion selon laquelle « le grand nombre d’Haïtiens partent avec leur bulle haïtienne qui ne laisserait passer aucun autre sens du monde? » Quelles sont les méthodes cliniques pouvant nous révéler une telle opacité-face aux autres sens du monde-chez ce grand nombre d’haïtiens-là? Et indiquer qu’il y a une bulle haïtienne opaque à tout autre sens du monde, n’est-ce pas là-même réduire ou essentialiser des catégories sociales hétérogènes à une seule forme d’être (d’apparaitre)? Le sujet n’est-il pas toujours exposé, afecté et même traversé par les diférents sens du monde dans lesquels il est jeté qu’il soit dans une posture rebelle à ces sens-là, ou tente de les mettre sous la rubrique d’une fn de non-recevoir? Il se pourrait qu’il y ait de l’indiférence à certains sens du monde car les sens n’incorporent pas les sujets de la même manière (ou d’une seule manière). Et même l’haïtien de Dorismond (sur lequel nous doutons) qui ne se laisserait pas traverser pas aucun autre sens du monde, ne peut être considéré comme gouverné par un instinct de mort. Sinon, on pourra également trouver un grand nombre de Chinois, de Juifs etc. manifestant un mode de vie pareil. Car nul ne peut prétendre « habiter le monde dans la pluralité des relations aux mondes » tel un réceptacle vidé de mondes. Le sujet est pour nous ici, celui qui est saisi par les sens qui l’incorporent, les travaille à son tour dans sa façon d’être-là, les refoule ou les sublime si nécessaire. Comme le monde, il est toujours en mouvement et n’est pas réductible à une bulle.

Concernant la non-maitrise de son propre espace territorial, est-elle due à cause de notre tendance à nous diriger vers l’inertie ou plutôt d’un système éducatif dégradant? Et aussi, l’expression « Pito nou lèd nou la » renvoie-t-elle à une complaisance dans nos douleurs, notre déchéance actuelle? Relève-t-elle d’une tendance à une sorte de « fxation » à notre laideur? Et si nous nous posons la question sur l’aspiration des hommes au regard de la vie, Freud, S. (1929 :19) nous répondrait que : les hommes veulent être heureux et le rester. Alors, notre laideur et nos misères font-ils notre bonheur? Si oui, quelle place accordée aux nombreuses manifestations et protestations qui n’arrêtent pas de saccager notre société? N’est-ce pas là un signe de révolte contre ces formes d’être (si misérable) que certains tentent à essentialiser? Sans nul doute, et Freud serait d’accord que « quand une communauté humaine sent s’agiter en elle une poussée de liberté, cela peut répondre à un mouvement de révolte contre une injustice patente, devenir ainsi favorable à un nouveau progrès culturel et demeurer compatible avec » (Freud, S. 1929:39). Et encore, comment expliquer le phénomène des « boat people », la fuite vers la République Dominicaine, le Chili, le Canada, les Etats-Unis, le Brésil etc. si nous sommes tant fascinés par nos conditions infrahumaines?

Pour compléter son analyse Dorismond fait rentrer notre dépendance économique, notre relation mesquine avec la République Dominicaine, notre orgueil (en référence à 1804), notre incapacité (au niveau étatique) d’organiser nos ressources humaines de manière à répondre à nos besoins jusqu’à l’exclusion de nos cadres formés à l’étranger dans ce Manque d’ouverture au monde. Ne peut-on pas concevoir ces problèmes comme l’insufsance des mesures destinées à régler les rapports des hommes entre eux, que ce soit au sein de la famille, de l’État ou de la société (Freud, S. 1929 :29 Malaise)? Pourquoi les ranger comme l’efet d’un instinct de mort « si spéculatif, conçu comme si concret, mais d’une réalité si imperceptible en soi-même, par conséquent si métaphysique » (Martins, A. 2005 :173)?

Se laisser aller et se laisser prendre en charge

Dans ce deuxième point, l’auteur fait état de nos politiques (politique) branchées sur des « logiques particulières » à ses yeux : « Politique des immondices, politique de l’insalubrité, politique des cadavres errants, politique de la peur ou de l’intimidation, politique de la production des corps armés para-institutionnels ( à côté des institutions exigées par la Constitution), politique d’assistance en expertise de toutes sortes (en manipulation médiatique en vue de l’abaissement de l’opinion publique), politique de la mendicité » (Dorismond, E. 2020). Il déplore cette manière de faire la politique qui vise à exploiter la situation précaire de la population, l’emporter sur l’autre, l’utiliser comme moyen pour assouvir ses intérêts mesquins. Nous avons perdu le sens de la dignité-constate-t-il, le fait d’exister pour soi avec l’autre et pour l’autre. Nous nous sommes faits un lieu dont l’humanité a du mal à se réclamer (Dorismond, E. 2020). Ces éléments et d’autres confrment-selon lui-, l’hypothèse selon laquelle nous serions mus par la pulsion de mort. En efet, ces lignes décrivent une réalité sadique, mais surtout dans la relation entre l’État Haïtien et la population. Nous disons sadique car dans la clinique psychanalytique le sadisme (et les pulsions destructives) est le « représentant de la pulsion de mort ». L’explication freudienne est que la pulsion de mort, en tant qu’excès pulsionnel, attaquerait l’appareil psychique de l’intérieur, constituant le masochisme primaire ; l’appareil expulserait ces pulsions, les projetant vers l’extérieur, en tant qu’agressivité, positive lorsque liée à Éros, négative et violente lorsque non liée (Martins, A. 2005 : 171). Face à cette description, nous sommes enclins d’admettre que nous sommes en face des pulsions non liées, la partie qui tend vers la destruction. Mais ne serions-nous pas tombés nous-même, dans une sorte de réduction métapsychologique (métaphysique) plus radicale que Freud luimême, dès lors qu’il sait que « l’homme est rarement tout à fait bon ou tout à fait mauvais : le plus souvent, il est bon sous certains rapports, méchant sous certains autres ; bon dans certaines conditions extérieures, décidément méchant dans certaines autres » (Freud, S. 1915 :12). Autrement dit, il y a des conditions qui rendent possible certains types de rapports dans une société indépendamment d’une pulsion de mort originaire. Dans cette perspective, dire qu’une société est mue par la pulsion de mort, n’est-ce pas là renoncer à admettre la complexité qui travaille cette société? Nous devons aussi préciser, que toute fgure du négatif n’est pas l’efet d’un penchant vers la destruction ou l’autodestruction.

D’autre part, cette partie nous donne l’impression que gouvernants et gouvernés constituent un tout monolithique (nous) travaillé par la pulsion de mort (et c’est peut-être nous qui avons mal compris). Or la puissance collective que le « nous » représente dans le texte n’est jamais opérationnelle à travers l’État comme expressivité de l’organisation juridique de la société. L’État et la société malgré quelques points de similitude, restent deux domaines de réalités séparées et complexes. Aussi vrai que tout au long de notre histoire, il a toujours été question soit d’un État « contre sa population », coupé de la réalité des gens, soit un qui maltraite et vende ses propres citoyens pour « les Bateys » ou « las zafras » en Republique Dominicaine. Ce qui confrme Gilles, A. (2014) lorsqu’il déclare que « la relation de l’État et la société haïtienne est une relation de prédation, de répression mais aussi d’indiférence ». Ce dernier explique qu’« il n’a jamais existé un projet de construction nationale, par la création d’un marché national, par l’adoption de mesures visant à intégrer les diférentes régions dans un mouvement national de création d’emplois dans des structures de production, de création de valeur, de formation de main-d’œuvre ou de formation de cadres. Il n’a jamais existé une politique de langues, visant à la création d’une communauté linguistique. Depuis que les denrées d’exportation, en volume et en valeur, ne fournissent plus assez de rentes, on s’est tourné vers l’aide externe qui nous arrive sous plusieurs formes. Ceci a eu notamment pour conséquence que la reconnaissance de l’État par l’international pèse davantage que la légitimité qui pourrait provenir d’un quelconque secteur de la vie nationale. Il faut des manifestations de rue violentes pour se faire entendre, et toujours avec l’arbitrage de l’international ». C’est cet État interposé qui n’arrête pas de reproduire les conditions d’un passé lointain qui porte les cicatrices des pratiques coloniales. Et c’est ce qu’on peut aussi comprendre lorsque Gustinvil, J.W., (2010:265) nous dit que « les institutions publiques haïtiennes post-indépendance se retrouvent prisonnières, selon certains auteurs, d’un certain reste barbare hérité de l’ancien modèle colonial esclavagiste au lendemain de l’indépendance. C’est dans un tel contexte que s’est nouée la controverse sur la nature de l’État haïtien. »

Autofagellation.

Dans ce troisième point, il est question des discours et des pratique auto-dénigrants rongeant l’haïtien et du même coup, ses relations avec ses paires. L’auteur part des discours tels que « les Haïtiens sont méchants, ils n’y peuvent rien de bon », pour expliquer comment nous nous dégradons et rabaissons mutuellement. Nous nous avons en horreur, et cette aversion ou plus précisément, Cette compulsion à l’autofagellation est signe d’une dynamique anthropologique plus profonde que nous pouvons lier à la compulsion de mort, mais où se joue précisément le désir haïtien d’efacer l’autre Haïtien d’en face (Dorismond, E. 2020). C’est comme si nous étions chacun (e) une machine programmée pour se détruire et détruire l’autre qui est en nous. En un mot, notre désir est branché sous l’auto-destruction sorte de sado-masochisme et sur la destruction qui est le sadisme freudien (dont nous avons expliqué dans les pages précédentes). Et l’auteur constate que ce désir dans l’économie globale de la société circulant d’un Haïtien à l’autre produit un dispositif d’annulation réciproque (c’est le fameux chen manje chen) (cela n’annule pas l’existence d’entraide individuelle ou collective, évidemment, qui se raréfe durant ces dix dernières années). Le concept de « Peyi lòk » est à ses yeux l’exemple patent de ce désir d’annulation réciproque. Il l’explique ainsi : le désir d’annulation réciproque qui a trouvé sa récente illustration politique dans les bras du pouvoir et de l’opposition politique marque aussi et surtout un penchant à l’autodestruction (nous avons frôlé cette autodestruction collective durant le dernier “peyi lok”). Le problème de notre aversion envers nous-mêmes et envers nos paires, est peut-être signe d’un drame anthropologique profonde mais n’est nullement l’efet d’une pulsion de mort, si par pulsion nous entendons la représentance psychique d’une source endosomatique de stimulations, s’écoulant de façon continue, par opposition à la “stimulation”, produite par des excitations sporadiques et externes. La pulsion est donc un des concepts de la démarcation entre le psychique et le somatique. » (Freud, S.1887 :83). Le problème de « l’autodénigrement » a été traité dans l’œuvre maitresse de Fanon (Peau noir masque blanc 1952), non pas sur la liste d’une pulsion de mort mais plutôt sur celle des complexes et des séquelles chez les noirs antillais hérités de leur passé colonial. Aujourd’hui encore, nous pouvons dire que nous sommes lus et vus par lui, et nous manifestons encore les complexes et séquelles qui ont été abordés dans son ouvrage. Cependant, même avant Fanon, Price Mars voyait déjà germer en nous ces complexes d’infériorité nous poussant à nous dévaloriser en dévalorisant tout ce qui vient de nous. C’est contre une telle atitude qu’il écrivait qu’au fur et à mesure que nous nous eforcions de nous croire des Français « colorés », nous désapprenions a être des Haïtiens tout court, c’est-à-dire des hommes nés en des conditions historiques déterminées, ayant ramassé dans leurs âmes, comme tous les autres groupements humains, un complexe psychologique qui donne à la communauté haïtienne sa physionomie spécifque (Price-Mars, J. 1928 :10). De son coté, Bijoux, L. (2011) a touché de manière tactile (dans son livre Études de psychosociologie haïtienne, Le complexe d’indépendance) les diférents complexes (complexe du Tigre, Marsouin, Pintade sauvage) entravant nos diférents rapports dans une société comme la nôtre.

En ce qui concerne la notion de « Peyi lòk », pourrait-on la réduire à une simple confrontation entre le pouvoir en place et l’opposition politique telle que nous la connaissons? Était-ce cela le « Peyi lòk »? N’y avait-il pas d’autres gens qui luttaient contre et le pouvoir en place et l’opposition politique ? N’y avait-il pas des personnes qui descendaient dans les rues pour réclamer la réduction des prix des produits de premières nécessités? Et qu’est-ce qu’il y aurait de masochisme chez des citoyens qui décideraient de bloquer toute activité en vue de forcer un gouvernement prédateur à démissionner? L’attitude masochiste, ne seraitelle pas du côté de ceux qui pactisent avec un gouvernement qui sacrifent l’avenir de leurs enfants, les déshumanise en violant leurs droits sans répit? Et ne rien faire face à un État prédateur, n’est-ce pas là adopter une attitude mortuaire? Nous répèterons une deuxième fois que tout geste négatif n’est pas l’apanage d’une pulsion de mort, et le « Peyi lòck » comme concept (tout comme le 7 juillet 2018) renvoie à des séquences d’actions complexes qui ne recouvrent pas uniquement l’évènementiel d’une dualité (Pouvoir face à l’opposition) dont le dénominateur commun serait l’autodestruction. Il se pourrait bien que cet évènement dans sa complexité fasse apparaitre un risque, mais pour reprendre Badiou, A. (2015), quel rapport a cette notion de l’exposition à un risque avec une pulsion de mort?

Faible puissance d’agir et Absence d’esprit de responsabilité

Si on place cette section sur une pulsion de mort originaire, on perdrait du coup, toutes les spécifcités sociales ayant contribué à désarmer et l’action collective des communautés et celle de l’État. Or c’est ce qu’a fait l’auteur au commencement de cette partie en disant : Les facteurs que nous avons pris en compte, à côté de bien d’autres, nous permettent d’une part, d’afrmer que la pulsion de mort est bien présente dans le société haïtienne qui réunit historiquement et sociologiquement les traits d’une affectation primordiale qui place les Haïtiens ayant perdu leur “éveil afectif” leur pouvoir d’agir dans une spirale de lamentation (en dépit de la grande débrouillardise que nous reconnaissons aux paysans, aux gens modestes) (Dorismond, E. 2020). Il ne nous semble pas aborder la société mais plutôt, un « nous » vidé de ses interactions et réduit à sa métapsychologie mais en dehors de son langage. Or rappelons que « la vie en commun ne devient possible que lorsqu’une pluralité parvient à former un groupement plus puissant que ne l’est lui-même chacun de ses membres, et à maintenir une forte cohésion en face de tout individu pris en particulier (Freud Malaise, 1929 :38).

Que notre Faible puissance d’agir et Absence d’esprit de responsabilité ont des racines anthropologiques liées à notre passé colonial, c’est un fait. Car nous sommes issus des gens à qui « on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme » (Cesaire, A. 1950). Qu’ils constituent ce que l’auteur appelle « l’afectation primordiale », peut-être, et nous sommes d’accord avec lui que la majorité des études relatives à l’histoire haïtienne se sont gardées de faire l’inventaire psychologique des époques d’après 1804. Nous divergeons seulement sur la pulsion de mort qui serait la cause de ce « Faible puissance d’agir et Absence d’esprit de responsabilité ». Et même l’aspect répétitif (contrainte à la répétition) de ces éléments négatifs n’est pas réductible à une cause métapsychologique (métaphysique) qui gagerait la fgure de la mort car la « contrainte à la répétition » peut se jouer aussi dans des actes positifs préétablis par une structure. Et Freud le sait, il nous dit que l’ordre est une sorte de « contrainte à la répétition » qui, en vertu d’une organisation établie une fois pour toutes, décide ensuite quand, où et comment telle chose doit être faite ; si bien qu’en toutes circonstances semblables on s’épargnera hésitations et tâtonnements (Freud, S. 1929 :37). L’article de Dorismond dans son rassemblement de tous ces éléments négatifs sous la bannière de la pulsion de mort, nous semble traiter un problème qui tend beaucoup plus à l’éthique qu’à la psychanalyse.

Nos problem

Comme nous l’avons articulé plus haut, nous sommes tributaires en matière psychologique que nous le dénions ou pas. L’article de Dorismond malgré nos désaccords, pose un problème fondamental (peut-être sur le plan éthique et politique) : celui d’un « nous/multiple » dans nos actions, nos représentations et nos manières d’être (d’apparaitre) dans notre espace comme dans d’autres espaces. D’autre part, il soulève la question de l’héritage colonial dont la psychologie et l’anthropologie pourraient nous aider à saisir les traces dans nos rapports dans la société. Son approche met l’expérience de l’esclavage sur deux registres : celui du corps et celui du discours. L’esclavageexplique-t-il-est une prise sur le corps dans sa corporéité, c’est-à-dire dans sa plasticité qui consiste à sédiments des expériences et les recréer. Deuxièmement, il est une prise sur le psychisme comme fux énergétique qui a besoin du langage, de la structure du langage pour forger le monde. L’esclavage est aussi un discours (Dorimond, E. 2020). C’est à l’intérieur et au regard d’un tel discours que l’État haïtiens à travers ses diférentes institutions, nous met à l’épreuve en nous faisant subir une sorte d’identifcation projective dans sa deuxième variante, c’est-à-dire celle qui consiste à déposer un contenu mental dans l’espace psychique d’un autre et à contrôler cet autre par des manœuvres d’induction, d’infuence, de suggestion, afn qu’il se comporte en adéquation avec le contenu projeté (Ciccone, A. 2013 :19).

La fn de l’article est très enrichissante, surtout là où l’auteur afrme « qu’il n’y a pas que de la pulsion de mort dans ce que nous vivons de manière dramatique dans la société haïtienne, en soubassement de laquelle (ce qu’elle renferme de ressources), une vitalité en soufrance n’attend qu’une véritable expérience de soi pour se libérer et ouvrir les possibilités d’être dans la dignité et l’estime de soi » (Dorismond, E. 2020). Une véritable expérience de soi serait-elle celle exemptée de toute fgure du négatif, ou de risque? Et si on sait que le problème de la haine de soi, (autofagellation), la haine de l’autre, faible puissance d’agir et absence de responsabilité etc. sont des séquelles issues de l’expérience coloniale et qu’ils se sont reproduits au cours de notre histoire via des institutions comme la famille, l’école, l’état, l’église etc. pourquoi les placer sur un instinct de mort originaire? Pour ne pas refaire un débat, admettons que face à certains problèmes « chacun est dominé par des préférences ayant des racines très profondes et qui, sans qu’il s’en doute, dirigent et inspirent ses spéculations (Freud, S. 1920 : 53)

En guise de conclusion

Nous dirons que la société haïtienne soufre d’une forme de « réminiscence » spécialement à travers une structure séparée qui s’appelle : l’État haïtien. Cette structure-là accentue et crée les conditions de possibilités d’une culture de haine de soi, de repli sur soi, de dépendance et d’irresponsabilité à travers ses appareils idéologiques. Freud, S. (1915 :10) nous dit que les peuples sont représentés à peu près par les États qu’ils forment ; les États, par les gouvernements qui les dirigent (Freud, S. 1915 :10). Notre cas est celui d’un État (à travers ses diférents gouvernements) qui rapetisse notre être et qui se sert de notre maudite condition pour sa pérennisation. L’État ne nous représente pas, il nous dévisage, nous met à l’épreuve jusqu’à faire sortir le démon qui habite au plus profond de chacun de nous. Car nous sommes en réalité, habités par tout : bien et mal, vie et mort (biologique), culture et nature etc. Dans cette approche, toute opposition n’est que réduction, donc simplifcation, de la multiplicité qui nous constitue. Dans la multiplicité, nous sommes conçus comme bien plus complexes et avec beaucoup plus d’excès pulsionnel que si on ne nous regarde que sous l’optique du deux. Le deux, c’est la diférence minimale ; or, il y a en nous beaucoup plus de diférences (Martins, A. 2005 :174).

Nicodem Jean-Baptiste

Licence en psychologie nicodem200@gmail.com Bibliographie

• Dorismond, E. 2020, Pulsion de mort. La société haïtienne contre elle-même. Penser la possibilité de notre puissance d’agir, Article (http://lenational.org/post_free.php?elif=1_CONTENUE/tribunes&rebmun=1303

• Martins, A. 2005, Pulsion de mort : cause ou efet, article p.167 https://www.cairn.info/revue-figuresde-la-psy-2005-2-page-165.htm

• Freud, S. (1920-1968), Au-delà du principe de plaisir, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : // classiques.uqac.ca) p.46

• Ibid. p. 48

• Correspondance S. Freud-C.G. Jung, t. II, Paris, Gallimard, 1975, p. 230 (Cité par Sedat, J. (2008), Pulsion de mort : hypothèse ou croyance, p.181)

• Freud, S. (1923), le moi et le ça, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : //classiques.uqac.ca) p.31

• Kamieniak, J.P (2008) Mort et travail de pensée chez Sigmund Freud, p.76 (https://www.cairn.info/revue-lecoq-heron-2008-4-page-75.htm)

• Freud, S. (1899-1925), L’interprétation des rêves, p. 4. Cité par Kaméniak, J.P (2008) Mort et travail de pensée chez Sigmund Freud, p.76 (https://www.cairn.info/revue-le-coqheron-2008-4-page-75.htm)

• 8-Ibid. p.76

• Sedat, J. (2008), Pulsion de mort : hypothèse ou croyance, p.187 https:// www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2008-1-page-177.htm

• Ibid p. 189

• Ibid.p.189

• Freud, S. (1920-1968), Au-delà du principe de plaisir, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : // classiques.uqac.ca) p.57

• Ibid. p.7

• Martins, A. 2005, Pulsion de mort : cause ou efet, article p.168 https://www.cairn.info/revue-figuresde-la-psy-2005-2-page-165.htm

• Freud, S. (1920-1968), Au-delà du principe de plaisir, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : // classiques.uqac.ca) p.9

• Freud, S. (1923), le moi et le ça, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : //classiques.uqac.ca) p.31

• Martins, A. (2005), Pulsion de mort : cause ou efet, article p.165 https://www.cairn.info/revue-figuresde-la-psy-2005-2-page-165.htm

• Freud, S. (1920-1968), Au-delà du principe de plaisir, Paris : Éditions Payot, (version électronique/http : // classiques.uqac.ca) p.29

• Ibid.p.53

• Ibid.p.1

• ibid.p.14

• Freud, S. (1929), Malaise dans la civilisation, trad. française 1934, (version électronique/http : //classiques. uqac.ca) p.19

• Ibid. p.39

• Ibid.p.29

• Martins, A. (2005), Pulsion de mort : cause ou efet, article p.165 https://www.cairn.info/revue-figuresde-la-psy-2005-2-page-165.htm

• ibid.p.171

• Freud, S. (1915) “ Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort ” (1915), Paris : Éditions Payot, 1968, (version électronique) p.12

• Gilles, A. (2014) Pourquoi tant de partis politiques? Et à quoi sont-ils utiles? Article, p.8 http://www.haitiperspectives.com/pdf/4.3-analyse.pdf

• Gustinvil, J.W. (2010), Production du savoir et construction sociale, l’ethnologie en Haïti, sous la direction de John picard Byron (ouvrage collectif) Éditions de l’Université d’État d’Haïti, p.265

• Freud, S. (1887), Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris, Gallimard, p. 83. (Cité dans Le Bulletin Freudienne n°35-36 Automne 2000 Les pulsions : du point de vue de Freud Nicole Stryckman )

• Ciccone, A. (2013),Transmission psychique et parentalité, conférence lors 4èm colloque cliopsy, p. 19

• Price-Mars, J. (1928), Ainsi parla l’oncle. Essais d’ethnographie, New York : Parapsychology Foundation Inc. (version électronique/http : //classiques. uqac.ca).10

• Bijoux, L. (2011), Études de psychosociologie haïtienne, Le complexe d’indépendance, les Editions Fardin

• Badiou, A. (2015) L’immanence des vérité III : les deux fnitudes, la scission subjective et le bonheur, Séminaire Alain Badiou, La commune

• Freud, S. (1929), Malaise dans la civilisation, trad. française, 1934, (version électronique/http : //classiques. uqac.ca) p.38

• Césaire, A. 1950, discours sur le colonialisme, Éditions Présence Africaine, p.12

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• Freud, S. (1915) “ Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort ” (1915), Paris : Éditions Payot, 1968, (version électronique/http : //classiques. uqac.ca) p.10

• Martins, A. (2005), Pulsion de mort : cause ou efet, article p.171 https://www.cairn.info/revue-figuresde-la-psy-2005-2-page-165.ht





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