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Vaincre le coronavirus en Haïti: ni la volonté gouvernementale ni les moyens matériels!

Vaincre le coronavirus en Haïti: ni la volonté gouvernementale ni les moyens matériels!



Un coup de massue à la tête, la nouvelle de l’atterrissage de la pestiférée au territoire national non barricadé choque les cœurs et les esprits. Dans ce contexte sans précédent d’une déchéance intégrale résultant d’une gouvernance «mazette» inédite, le destin de l’Haïtien se dessine dans sa vigilance, son attitude et son humilité à invoquer le Tout-Puissant.


Pendant que le virus faisait rage à l’étranger et sautait d’étape en étape, aucune disposition de barrages pour le sauvetage collectif n’a été prise par les personnages politiques insouciants qui avaient d’autres chats à fouetter.

Leur désinvolture, négligence, déni de la réalité et leur laxisme à prendre des décisions raisonnables dans la célérité, augurent que ces nouvelles têtes à la tête de ce gouvernement de facto qui bouge la tête en l’air, ne comprennent absolument rien. Ces chefs sont tombés sur la tête !

Plus d’une centaine de pays avaient déjà forcé dans la douleur la fermeture de l’école, des rencontres de foules, les réunions politiques, ecclésiastiques et les évènements touristiques. Pourtant, dans leur incrédulité et leur manque de prévoyance, les officiels de notre pays ont attendu que des diagnostics positifs au test soient rendus publics sur un Belge et un Haïtien revenu de la France pour qu’ils y croient. Incroyable !

Ils discutaient sur les armes nucléaires et ils arrangeaient déjà des élections frauduleuses à planifier dans une ambiance de suspicion avec une carte Dermalog délivrée dans un contexte démagogue sous les auspices de Martine Moïse qui s’est immiscée, on ne sait de quel droit dans les dossiers stratégiques de la nation. L’un des mauvais cerveaux de la Maison-Blanche maculée, hypocrite du serment d’Hippocrate, avait déjà lancé, au passif de la démocratie, « Nous avons ce pouvoir pour 50 ans ». Ils joueront ainsi toutes les cartes déloyales pour concrétiser leurs rêves et leurs chimères. Haïti ne peut se permettre de répéter les mêmes bêtises du passé, nous avons raté trop de belles opportunités. Il faut cesser avec cette pratique de nous laisser diriger par la médiocrité, l’usurpation et l’imposture. Cette équipe politique de facto n’est nullement habilitée à organiser des élections crédibles et démocratiques.

Précarité déprimante de notre système médical

À cause d’une simple embolie pulmonaire, l’ancien président Michel Martelly a failli exhaler son dernier souffle en avril 2012 dans l’indignité nationale. Dieu merci que la Floride se situe à seulement une heure et demie de Port-au-Prince. Aucun hôpital en Haïti n’a été équipé ou confié la tâche de soigner une hernie discale qui tracassait l’ancien président René G. Préval. Encore merci à l’immortel Fidel Castro qui a privilégié un système social où la santé et l’éducation occupent des places princières. En raison de la précarité du système médical, l’ancienne ministre de la Santé, Mme Amédée Gédéon a rendu l’âme de manière tragique après un accident de la route, sur la côte sud, en aout 2018. Agonisant dans une souffrance prolongée durant de longues heures, son titre prestigieux de présidente de la Croix Rouge haïtienne ne pouvait lui garantir le minimum de soin que nécessitait son cas.

De nombreuses personnalités politiques et des figures ignobles de l’élite économique exécrable se sont échappées de justesse du passage de la vie à trépas, parce qu’elles avaient une ultime chance d’atteindre Santo Domingo, la Floride, Santiago ou la Havane, en sursaut. Certaines fois, de simples grippes, migraines et malaises causés par notre agressif climat tropical qui nous sert de bouclier et de produit antiviral, contraindraient des « experts » étrangers physiquement frêles à vite s’embarquer, même avant la fin de leurs missions, au plus prochain vol de la American Airlines pour retourner se faire soigner dans des hôpitaux et cliniques répondant à un minimum de standard. Des véhicules privés de type Troopers, Pajero et 4-Runner dépourvus de dispositif approprié et de structures adaptées se transforment en ambulance dans la Capitale, cela fait peur.

Le système médical haïtien évolue dans une précarité surprenante. Les conditions hygiéniques et infrastructurelles sont écœurantes. Les problèmes sont multiformes, absence de lits, d’appareils respiratoires, de produits pharmaceutiques et faible effectif du personnel médical. Un diagnostic et une visite des lieux à l’hôpital général et au Sanatorium se concluent par la note regrettable que ces espaces qui devaient se vouer à sauver des vies sont de préférence des mouroirs. La situation des hôpitaux privés n’est pas non plus reluisante. Les rares qui s’évertuent à fournir un service dans un petit effort miraculeux, se perdent dans la foule. Leur offre est totalement en deçà des demandes croissantes émanant des cœurs, des foies, des intestins, des reins et des poumons intoxiqués et infectés par les virus mortifères qui adulent les corps fébriles.

Très peu de médecins et d’infirmières, surtout les mieux formés, ont été voir ailleurs pour servir d’autres pays de la région qui les valorisent et facilitent leur pleine intégration sociale. À travers une exquise coopération, le Cuba a investi dans la préparation de plusieurs centaines de médecins haïtiens qui devaient être mobilisés sur tout le territoire national. L’État haïtien a joué toutes les cartes pour les forcer à s’expatrier. Ce même État sans vision et sans politique publique sectorielle qui érige des éléphants blancs s’en plaint de la carence et du manque de personnel dans son système médical. Paradoxe !

Déjà invivable, inabordable et révoltant, l’infiltration du Covid-19 dans notre système médical moribond vient amplifier nos inquiétudes.

Le Covid-19 met du sable dans le moulin de toutes les nations

Le monde est en mode «lock». Les dégâts humains, économiques et financiers du Coronavirus sont incalculables. Cette vermine coupe l’oxygène vital aux âmes humaines dans l’humiliation et l’infamie. Selon les statistiques officielles de l’OMS en cette date du 22 mars 2020, plus de 307 200 infectés et plus de 13 000 décès dus au Covid-19 ont été confirmés.

L’Italie occupe la tête du peloton avec un total de 4825 décès. La Chine où les hostilités se sont déclenchées maîtrise le sujet du Covid-19 ; malgré l’effectif énorme de 81 000 infectés, la Chine n’enregistre que 3255 décès, deuxième position après l’Italie. L’Iran et l’Espagne sont respectivement les deux autres pays qui ont déjà dépassé la barre de plus de mille décès causés par le Coronavirus. De grandes inquiétudes s’expriment quant à la capacité des États-Unis à freiner la vitesse expansive du Covid-19. Plus de 22 000 cas d’infections au coronavirus y ont été déjà recensés. Du point de vue épidémiologique, la Première Puissance mondiale ne rassure pas. Sa population de 330 millions d’habitants est extrêmement en inadéquation par rapport à sa capacité technique de réagir au risque d’une contamination élevée du Covid-19. Des mesures-barrières, confinements, prophylaxies, renforcement du personnel médical, amélioration et accroissement des structures d’accueil, acquisition de matériels nécessaires, appareils respiratoires et utilisation de masques sont mis en œuvre par les gouvernements afin de casser la propagation de la vermine. Et Haïti dans tout cela ?

Absence d’instances de confiance pour sortir la carte de la délivrance

Impossible de contenir les effets multiplicateurs de cette vilaine pestiférée dans ce contexte de promiscuité, d’insalubrité et de pauvreté extrême. On se souvient encore des dégâts du choléra qui avalait du terrain à cause des expositions à l’insalubrité, estimés à plus de 8000 morts. Évidemment n’était notre endurance enveloppée dans un acquis naturel exceptionnel qui désarme et expulse les virus, la situation aurait pu être plus chaotique. Nous sommes passés champions dans les capacités de résilience et de persévérance dans les circonstances de déchéance de la pire répugnance. Le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 étant l’exemple le plus éloquent. Nous avons défié les prévisions des effets regrettables post-traumatiques projetés par les analyses scientifiques.

En substance, la nation haïtienne se dresse fort souvent comme un cas de déviance face aux assurances des superpuissances dans certaines prévisions catastrophiques qui tomberaient d’aplomb pour d’autres peuples. Il est à espérer, dans la reconnaissance envers le Tout-Puissant, que nous saurons encore faire démentir les prédictions d’un génocide imminent dans les ravages du parasite en Haïti. Par nos atouts naturels et notre foi spirituelle inébranlable, puisse Dieu le désarmer de ses facultés criminelles et faire en sorte que son passage se dessine comme celui d’un moustique pour lequel des anticorps ont été déjà développés.

De toute évidence, des retombées économiques très sévères vont s’ensuivre. Il n’existe aujourd’hui aucune économie d’autosuffisance, assurer la subsistance dépend toujours de la vigilance et de l’intelligence d’une gouvernance qui s’appuie sur des performances locales et aussi sur des produits en provenance des puissances économiques étrangères. Ennemies de la délinquance, de l’ignorance et l’insouciance, les rares nations guidées par la clairvoyance, savent maintenir des niveaux de croissance et d’équilibre pour assurer un minimum de subsistance pendant une certaine durée. Le Cuba, emmené et galvanisé par un grand visionnaire, est un exemple vivant, en ce sens ; mais Haïti un contre-exemple puisque prise en otage par l’indécence, l’incompétence, l’arrogance et l’imposture.

En raison de l’arrogance de la vermine du Covid-19, des distances dans les alliances commerciales nous sont imposées par une certaine prudence qui ne facilitera pas les échanges commerciaux habituels. Nous aurons besoin ainsi de développer des mentalités de rationnement et de solidarité dans un esprit de discipline et de partage.

De ce contexte de désespoir et de vulnérabilité, les œuvres de bienfaisance peuvent énormément contribuer à atténuer les répercussions économiques néfastes de ce parasite. Il faut donc agir suivant des échéances bien coordonnées en vue d’estomper les impacts de la crise alimentaire qui se dessine dans un proche horizon.

Une combinaison des mesures de prudence et du spirituel

À ce stade, le recours au spirituel est aussi essentiel. Le charlatanisme, la vantardise et le prophétisme mercantiliste qui pensent pouvoir défier les analyses scientifiques sont à condamner. D’ailleurs, les fidèles et les adeptes doivent comprendre que Dieu utilise l’intelligence humaine, donc la science, pour accomplir ses œuvres. Oui, dans un tel contexte, Haïti doit se livrer dans une dynamique de créer des anticorps dans un spirituel insondable. Dans ce contexte de vulnérabilité fulgurante, nous devons implorer la miséricorde divine.

Le temps, le temps, le temps, le temps, le temps ; à l’instant présent, l’humanité fait face à ces cinq problèmes, comme aurait dit l’autre. Pas que le Coronavirus ne puisse être apprivoisé et traqué ; pas que le vaccin ou l’antidote ne puissent être inventés. Mais, dans sa malice, le Covid-19 nous a pris de vitesse, à contretemps et à contre-courant ; ce qui nous a laissés très peu de temps d’ajustement.

C’est au stade de la vitesse de croisière de la pestiférée que les moteurs des laboratoires de recherche ont été activés. Dans sa diète, elle court à pas de géants, alors que les chercheurs, les universités, les institutions de veille, les instituts de recherche, la Nasa et la CIA sont montés sur un éléphant qui se distrait dans quelques branches d’herbes sur sa longue route. Pas moyen alors d’arrêter le Covid-19 dans ses ravages sismiques, à juste temps. Il est petit certes ; mais, le vent, le froid et les carences physiques sont tous dans son camp pour nous trainer dans des défaillances viscérales, à défaut de couper notre souffle.

Les maladies cardiovasculaires, diabète, hypertension, hypotension, déficiences cérébrales sont des coéquipiers qui facilitent la victoire au Covid-19 qui développe des tactiques supplémentaires pour humilier et ironiser l’humanité.

Tous les géants sont inquiets. Ils ne savent de quoi demain sera fait. Malgré leur statut économique et leur position sociale envieuse, ils doutent de l’avenir de leurs populations. La science est abattue, les scientifiques ne ferment pas les paupières, aucune solution finale jusqu’à présent. L’antidote n’est pas encore créé.

Des discours fusent dans le sens que le passage de la période hivernale à l’estivale peut se révéler défavorable au Covid-19 et donc propice aux poumons fragiles. Toujours exposé à un soleil tropical brûlant couplé de quelques acquis non clairement dévoilés, espérons que notre nature sera résistible pour ne pas se plier à la spirale infernale du Covid-19. Par ailleurs, au cas où quelques rares poumons fragiles auraient fait défection, l’État haïtien devrait penser à jouer la carte de l’intelligence pour solliciter de l’aide de notre frère sincère de la Caraïbe, le Cuba, qui ne marchande jamais sa générosité envers Haïti.

La combinaison science et foi est plausible, particulièrement dans ce climat tendu et sceptique d’un lendemain assuré. Les scientifiques le savent et le témoignent constamment ; dans l’incapacité d’expliquer le cosmos par les approches scientifiques, nous faisons place à la foi. Dans ce contexte alors, appliquons les mesures de prudence, de confinement et d’hygiène pour éviter que même les moins résilients n’avalent leurs extraits de naissance. Et prenons l’option salutaire de remettre tout entre les mains de Dieu, dans la gratitude et l’humilité.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com




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