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Confinement, pour combien temps ? Et avec quels moyens ?

Confinement, pour combien temps ? Et avec quels moyens ?



Le virus covid-19 bouleverse l’ordre des choses. Tous les pays touchés, et ceux qui ne le sont pas encore prennent des mesures pour se protéger contre ce virus, et éviter du même coup sa propagation. Cette épidémie montre à quel point que l’espèce humaine est vulnérable. Notre fragilité est souvent ignorée par les pourvus. Pourtant nous faisons partie d’un même corps social. Nous sommes interreliés. Le sentiment d’orgueil établit des distances entre nous, et nous porte à oublier que nous appartenons à une même planète. Nous vivons dans un monde où les gros cherchent à avaler les plus petits. Certains pays sont victimes du dictat des grandes puissances, et aujourd’hui ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins. En cas de catastrophe, de pandémie, ils attendent toujours l’aide des autres pour survivre. À quand la fin de cette dépendance, où chaque peuple aura les moyens de prendre en main son destin.

Haïti se trouve à un carrefour difficile aujourd’hui. Elle doit faire face à une épidémie pour laquelle elle n’a pas de moyens. Ses infrastructures sanitaires sont insuffisantes et sont dans des piteux états. Le personnel médical est sous-équipé et en quantité très réduite. Le support qu’on a eu de l’international lors du choléra ne sera pas de même. Puisque chaque pays s’occupe d’abord de sa population.

La situation économique précaire et délabrée du pays laisse la grande majorité des citoyens dans une situation d’inquiétude pour subvenir à leurs besoins. Ils assurent leur survie à partir des activités quotidiennes. Ils sortent chaque jour pour se ravitailler. Voilà aujourd’hui, l’État leur demande de rester chez eux en vue de freiner ou de contrôler mieux la propagation du virus. Ce qui est logique. C’est ce que font d’autres pays pour limiter les dégâts. Dans ces pays, l’État adopte un ensemble de mesure pour supporter les gens.

Il n’est pas un secret pour qui que ce soit ici, la population haïtienne, dans sa grande majorité, n’a pas de moyens pour être confinée pendant longtemps. Que doit faire l’État, le secteur des affaires, le secteur bancaire, le secteur religieux, les propriétaires d’école, d’université, les entrepreneurs, les patrons des médias, les détenteurs des capitaux pour donner une réponse collective à l’épidémie en supportant les plus faibles, les plus vulnérables ? La solidarité est le meilleur remède à apporter au virus. L’entraide, on en a grand besoin. Il faut comprendre à quel point que l’égoïsme social accable notre pays. Le vivre-ensemble exige certains dépassements pour penser aux autres avec qui nous partageons le même milieu. Les plus faibles doivent être mieux protégés.

Nous ne savons pas pour combien de temps que nous soyons confinés. Les gens qui n’ont plus de salaire, comment vont-ils assurer leur survie ? Comment peut-on demander à un affamé, un assoiffé de rester chez lui pendant longtemps ? Et qu’en est-il pour les sans-abris ? Les enfants de rue ? L’instinct de survie va de toute manière pousser la personne à sortir de sa demeure à la recherche de moyens ? Et ceci, quel que soit le risque. L’État doit définir et communiquer de manière claire les mesures d’accompagnement qu’il adoptera pour permettre à la population d’être moins inquiète, et de répondre à ses besoins. Le couvre-feu, c’est bon. Il faut qu’il soit aussi respecté par les citoyens. Et les personnes qui survivent à partir de leur activité nocturne comme : les vidangeurs, les travailleurs sexuels, les petits marchands… comment vont-ils survivre ?

Confiner pour combien de temps ? Et avec quels moyens ? Ce sont des questions qui méritent des réponses immédiates. Avec plus de quatre millions de personnes dans l’insécurité alimentaire, leur demander de rester confinés sans des mesures d’accompagnement, ce serait très irrationnel de la part de l’État. À notre sens, ce virus offre de l’opportunité à l’État pour se renforcer et exercer son leadership.
Le meilleur moment pour l’État d’intervenir comme acteur au sein du marché, en faisant fonctionner les magasins qu’il détenait avant, de contrôler la fluctuation des prix des produits sur le marché, de réorganiser l’économie, de dynamiser la production nationale, d’investir notamment dans l’agriculture. Ce serait un ouf de soulagement pour les consommateurs, principales victimes de la spéculation illicite. Il peut aussi réduire l’écart entre les couches sociales en exigeant aux grandes entreprises des œuvres sociales, en les taxant plus. Établir une gestion efficace et en toute transparence des taxes collectées en investissant dans les infrastructures sanitaires, scolaires et routières. Ce, dans le but d’améliorer les conditions de vie et les cadres de vie de la population. C’est aussi l’occasion de penser à investir massivement dans l’humain afin d’avoir dans un avenir proche, une masse critique de personnes capables de relever les défis auxquels le pays fait face.

Saintony FANFAN, Doc
Recteur de l’Université Innovatrice d’Haïti
Professeur d’université, Écrivain
saintonyfanfan@yahoo.fr




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