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La société haïtienne doit nécessairement revoir son contrat avec l’école

La société haïtienne doit nécessairement revoir son contrat avec l’école



L’éducation, comme droit fondamental, consiste au creuset du développement et de la croissance économique. Il s’agit d’un canal efficace pour réduire la pauvreté, faciliter l’accès à l’emploi et à l’amélioration des revenus, en plus de promouvoir l’égalité, la stabilité et la paix. Dans cette mouvance, l’éducation doit développer chez les individus la compréhension, les compétences et les valeurs dont ils ont besoin pour contribuer à résoudre les défis de la société dans laquelle ils évoluent , de surcroit sans laisser de côté les défis du monde entier.

Or, parler de l’éducation en Haïti ravive un ensemble de questions fondamentales relatives aux conditions sociopédagogiques des apprentissages, combien difficiles, aux méthodes d’enseignement jugées trop anciennes, en dépit de formes nouvelles, qui n’apportent guère davantage, les résultats attendus, en plus des contenus souvent non adaptés aux réalités socioculturelles, sans parler de l’absence d’une politique linguistique claire, cohérente et applicable.

Il se trouve fort d’appréhender l’éducation en Haïti, sans immédiatement penser aux élèves à risque de décrochage scolaire, faute d’un système d’accompagnement rigoureux, au rôle du contexte scolaire dans la démotivation et l’absentéisme des élèves ; à un taux élevé d’analphabétisme, en dépit des programmes lancés et des actions entreprises depuis la mise en place du système éducatif haïtien, vers 1844. En outre, il se trouve ardu de réfléchir à l’efficacité interne et externe du système éducatif haïtien, sans soulever sa problématique d’accompagnement des élèves en situation de handicaps.

Ces problèmes soulevés montrent clairement que le système éducatif haïtien ne réussit pas à développer depuis sa création et durant son développement une école compétitive, productive et inclusive, en termes d’accès, de participation et de réussite collective.

Notre propos ici est d’aborder l’urgente nécessité pour la société haïtienne de revoir son contrat avec l’école, de surcroit avec l’éducation. Dans un premier temps, il s’agit de relever un ensemble d’éléments, qui bloquent le développement et la croissance de ce système, et de considérer l’impact de ces éléments sur le fonctionnement normal des institutions scolaires. Dans un deuxième temps, nous essayerons de proposer quelques pistes de réflexions autour de ce nouveau contrat de la société haïtienne avec l’école, en mettant l’accent sur des axes prioritaires.

Quelques éléments de blocage du système éducatif

Les auteurs qui ont fondé et développé la théorie du Capital humain (Schultz (1962, 1963) ; Becker (1964) et Mincer (1958), ont clairement démontré, le rapport étroit entre l’investissement dans le capital humain et le développement économique, en comparant le taux de rendement du capital humain, et le taux de rendement du capital physique. Ces auteurs ont démontré comment l’éducation contribue directement, à la croissance économique, à la croissance de l’emploi, et à la réduction de la pauvreté, en améliorant la qualification et les capacités de production des employés. Leurs études ont, depuis, influencé significativement, les financements alloués par les secteurs publics et les bailleurs de fonds à l’éducation et à la formation. Environ 60 plus tard, ces recherches n’ont toujours pas engendré de retombées significatives sur les politiques publiques en matière d’éducation et de formation, en Haïti.

En effet, comme depuis toujours, l’éducation ne fait guère partie des priorités de l’État haïtien. En ce sens, ce dernier n’est pas arrivé jusqu’à aujourd’hui, à développer un système éducatif inclusif, en prenant en compte l’enseignement-apprentissage et la formation de tous les jeunes haïtiens, sans distinction aucune. De la période coloniale à 1843, des chercheurs en éducation ((Joint, 2005 ; François, 2006) ont démontré que l’accès à l’éducation était réservé à une catégorie précise d’enfants, soit les enfants des colons et quelques rares affranchis pendant la période coloniale et ceux des dirigeants et des hauts gradés de l’armée après l’indépendance, hormis dans le Nord avec Henry Christophe. La création du département de l’instruction publique en 1844, conséquence de la révolution l’année précédente, avec une vision de massification de l’éducation pour répondre aux revendications populaires en cette matière, n’a pas apporté les résultats escomptés. Cela a poussé l’Etat haïtien a signé un accord avec le Vatican dans le but d’autoriser l’église catholique à s’implanter dans le pays pour répondre à la demande sociale en matière d’éducation.

Cet accord a favorisé le développement de l’éducation religieuse, l’implantation et la multiplication des écoles congréganistes classiques, en Haïti. Selon ces auteurs, L’arrivée de ces missionnaires en Haïti a produit dans le système de nouvelles disparités entre les enfants de la ville et ceux de la campagne, entre les enfants des riches et ceux des pauvres. L’enseignement des religieux surpassant largement en qualité celui des écoles publiques, la bourgeoisie envoie leurs enfants aux écoles congréganistes et la classe populaire oriente leurs enfants dans les écoles publiques.

À l’heure actuelle, pendant les heures de classe, des enfants trainent dans les rues sous les yeux des responsables de l’État, passent devant des écoles, voient des enfants en train de jouer dans la cour des écoles, sans s’en occuper. Ainsi, l’école haïtienne, est-elle perçue comme un outil de marginalisation et de reproduction de l’inégalité, qui laquelle favorise, depuis la période coloniale, la réussite de quelques citoyens-échantillons, pendant qu’un nombre important de la population n’accède guère à l’éducation. D’ailleurs, les parents pauvres qui tentent de prendre en charge la scolarité de leur enfant, n’arrivent pas toujours à assurer leur mobilité sociale, à cause du manque de moyens pour défrayer ces frais en question, ce qui tend à conduire leurs enfants à croupir dans la misère, sans compter leur progéniture. À leur instar, ces quelques citoyens-échantillons contrôlent l’administration publique, le secteur privé des affaires, la diplomatie haïtienne, la presse, alors que les marginalisés occupent les ghettos, les bidonvilles, les quartiers populaires et certaines régions du pays.

Le problème d’accès aux services éducatifs

La demande sociale en matière d’éducation consiste en une question cruciale pour les pouvoirs qui se sont succédé entre 1804 et aujourd’hui. Il n’est pas vain de rappeler que cette demande sociale a réussi à renverser le président Jean-Pierre Boyer au pouvoir, en 1843. Aujourd’hui encore, le problème d’accès à des services éducatifs pour tous perdure, en dépit des actions et des initiatives du secteur privé et de l’État. Pour l’année 2002-2003, il y a avait 2.793.829 personnes (38, 8%) de la population totale haïtienne qui n’avaient jamais fréquentée l’école (GTEF, 2010). À tous les niveaux du système éducatif, l’offre est nettement insuffisante, et inégalement répartie. Selon le plan opérationnel 2010-2015, plus de 500 000 enfants en âge scolaire espèrent accéder à leur scolarisation. Cette situation ne fait qu’augmenter la masse d’analphabètes estimée à près de 3 millions dont 52% sont des femmes (Plan opérationnel, 2012). De plus, selon les auteurs, persiste une inégalité criante dans le cadre de la répartition géographique de l’offre.

En effet, plus d’une vingtaine de sections communales manquent d’infrastructures scolaires, et environ 145 d’entre elles n’accèdent à aucune infrastructure scolaire, publique. C’est la raison pour laquelle 52,9 % des gens non alphabétisés sont concentrés en milieu rural, comparés à 19%, en milieu urbain (GTEF, 2010). Cette observation ne diffère guère pour le sous-secteur de la formation professionnelle.

En outre, la situation de l’offre éducative s’est aggravée après le passage du tremblement de terre du 12 janvier 2010, en plus des passages de plusieurs cyclones en Haïti, au cours de la dernière décennie, pendant que la démographie tend à progresser, considérablement. Le passage de ces catastrophes naturelles dévaste l’ensemble des secteurs d’activités de la vie nationale, en particulier, le secteur éducatif.

Les crises sociopolitiques et l’école

Le système éducatif haïtien a pris naissance et s’est développé dans une atmosphère marquée par des crises sociopolitiques, à répétition. Ces bouleversements, qui rendent dysfonctionnels assez souvent, les activités sociales, économiques et politiques du pays, semblent tirer leur origine de l’inefficacité des politiques sociales et économiques, appliquées par les tenants de pouvoirs, qui se sont succédé entre 1804 et aujourd’hui, à la différence des pouvoirs de ceux de Dessalines, de Christophe dans le Nord et d’Estimé, qui avaient une vision sociale et économique plus large, cohérente et inclusive. Ces luttes politiques constituent en outre, en des stratégies pour prendre ou conserver le pouvoir politique, pour sauvegarder les intérêts des groupes financiers, avec la complicité, l’irresponsabilité et l’incompétence de certaines élites religieuses, intellectuelles, politiques et économiques. Elles ont occasionné des coups d’État, des renversements de gouvernements associés à chaque fois, à des actes d’assassinats, d’enlèvements et de kidnappings, de soulèvements populaires, de pillages, de violations des droits humains, de multiplication des gangs armés, d’interventions des forces étrangères sur le territoire national, en considérant essentiellement les quatre dernières décennies qui viennent d’écouler (GTEF, 2010).

L’école, en tant qu’institution sociale qui jouit d’un prestige rare dans la société haïtienne, n’arrive pas à résister à l’effet des bouleversements sociopolitiques. À chaque crise, les systèmes d’enseignement fondamental, secondaire, universitaire et professionnel, se voient affectés. L’école en Haïti sert de stratégies aux conflits ou batailles politiques en vue de contrôler et de conserver le pouvoir politique, ou pour chambarder de manière radicale, les systèmes politique et économique (Jean & Artus, 2019, citant Trouillot, 2014).

Ainsi, les conflits politiques ont-ils occasionné plusieurs arrêts de travail, privant plusieurs milliers d’élèves de leur salle de classe pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si on tient compte de la période allant de 1986 à aujourd’hui, nous pouvons constater comment les activités de l’institution scolaire ont souvent été dysfonctionnelles.

Pour mettre fin à la dictature des Duvalier, l’école a été fortement perturbée. Même cas de figure quant au coup d’état d’Aristide en 1991, dans le cadre des revendications sociales de 2004, 2018 et 2019, ou encore, à l’intérieur des questions électorales de 2010 et de 2015.

À notre avis, l’école se trouve doublement victime : 1) en périodes de contestations politiques et sociales, ces bouleversements engendrent l’insécurité qui à son tour occasionne à répétition le blocage des activités scolaires et parascolaires, transformant ainsi le lieu éducatif en instrument de nuisance. 2) À cela s’ajoute le fait que l’école est victime de son incapacité à proposer un autre modèle de société, d’autres formes de régulation sociale ou d’autres types de citoyens, car elle a priorisé l’éducation d’un petit groupe privilégié depuis la période coloniale, aux dépens de la majorité, qui évolue en marge de l’école.

La violence rentre à l’école

En 1762, Rousseau a publié deux ouvrages fondamentaux et complémentaires : l’Émile et Du Contrat Social. Ces deux textes ont été dénoncés à la Sorbonne, condamnés par le parlement français à être brulés, puis condamnés et brulés à Genève. Ils abordent des questions relatives à l’éducation et à la vie dans la cité. Selon l’auteur, ces deux questions se trouvent intimement liées, car elles visent à sauvegarder les bonnes dispositions naturelles, en formant des hommes libres, capables de vivre en société. Les thèses défendues par Rousseau (1762) étaient dès lors, considérées scandaleuses et impies, selon les autorités de l’époque, car elles tendaient à détruire la religion chrétienne et les gouvernements. Pour reprendre les propos de Hadji (2004), on ne brûle guère les livres, aujourd’hui, mais ce sont « […] les cités, les quartiers, les ghettos, qui brûlent ».

En Haïti, c’est l’école brûle. Elle brûle sous l’effet de la violence, de la montée de l’insécurité et de l’inégalité sociale. C’est en ce sens, que la direction de l’École Normale supérieure (ENS) de Port-au-Prince, l’une des plus grandes institutions nationales de formation des enseignants pour le secondaire, et où siègent des enseignants-chercheurs de renommée internationale, s’insurge contre des attaques répétées perpétrées par des agents encagoulés de l’Unité de Sécurité générale du Palais national (USGPN, 2020), lesquels « […] ont brutalisé deux professeurs de l’école, dont l’un, blessé à coups de crosse de fusil, a dû être conduit à l’hôpital ». Dans cette même veine, les dirigeants de l’ENS estiment que : « […] l’insécurité qui règne dans les quartiers populaires rattrape désormais écoles et universités ».

Au cours des soulèvements populaires de 2018 et de 2019, connus sous le nom de « Peyi Lòk », l’école a fait l’objet d’attaques dans plusieurs départements du pays, notamment dans la Grand-Anse, où on a mis le feu à une école classique. On a également badigeonné d’excréments des écoles dans l’Ouest et dans le Nord-Ouest, forçant les responsables à fermer la porte des institutions scolaires, et les agents éducatifs ainsi que les élèves à rentrer chez eux. On pourrait aussi noter des cas d’injures en vers des enseignants, de bagarres entre élèves, des actes de vandalisme, des gaz lacrymogènes tirés à répétions dans certaines entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH), en particulier à la Faculté d’Ethnologie et des Sciences humaines, etc.

Cette liste en aucun cas exhaustive qui ne prend guère en compte des écoles qui fonctionnent sur l’autorisation de groupes armés dans certaines régions, ou à l’intérieur de certains quartiers populaires, révèle une double faillite : éducative et socio-politique. Voilà pourquoi la société haïtienne doit redéfinir son contrat avec l’école dans le but de repenser l’éducation et, par la suite ou parallèlement, reconstruire la vie sociale haïtienne, en organisant mieux, le système politique haïtien. Il s’agit peut-être l’une des formes la plus efficace pour lutter contre l’inégalité sociale, la montée exponentielle de la violence et pour mettre le pays sur la voie de développement, tant souhaité par les Haïtiens.

Pourquoi la société haïtienne doit revoir son contrat avec l’école ?

Après deux cent seize (216) ans d’indépendance, et suite à trente-trois (33) ans d’adoption de la constitution de 1987, laquelle attribue l’obligation à l’État haïtien, de garantir l’éducation gratuite à ses enfants, en ce qui concerne leurs deux premiers cycles du fondamental en son article 32, l’offre en matière d’éducation, soulève encore nombre de difficultés, à tous les niveaux, le taux de chômage et la misère augmentent, la violence et la criminalité se déploient, la corruption s’impose, la croissance économique diminue, le nombre de diplômés dans tous les domaines est très faible, et les valeurs humaines s’effritent. Cela prouve qu’il y a un malaise.

Ce mal réside d’abord et avant tout, dans la mise en place du projet éducatif de la société haïtienne, qui a depuis toujours priorisé un petit groupe, considéré et se considérant, comme des ayant droits, depuis le lendemain de l’indépendance, en écartant les opprimés. Ce projet mis en place depuis la période coloniale, et basé sur la mémorisation et la formation de quelques citoyens-échantillons, s’est renforcé après 1804, mais ne peut plus continuer au XXIe siècle, à l’ère de la compétence et de la digitalisation des secteurs d’activités sociale, économique et politique.

Il n’est pas inutile de rappeler que l’école n’est pas l’affaire d’un pouvoir ou d’un gouvernement, mais plutôt, le projet de toute une société. Quand elle laisse ce projet entre les mains d’un petit groupe, elle récolte de la domination, de la violence, de l’insécurité, de l’inégalité, de la pauvreté et de l’exclusion. C’est pourquoi, nous pensons qu’il est urgent, en lien avec l’histoire du pays, notamment entre 1986 et aujourd’hui, que tous les membres de la société civile, sans distinction aucune, du secteur privé des affaires, de la classe politique, de repenser le contrat entre la société haïtienne et l’école, tout en mettant l’accent sur les points considérés, ci-dessous :

1- l’abandon de l’école coloniale, fondée sur la mémorisation et la formation de quelques citoyens-échantillons, au profit d’une école inclusive, critique, pratique et de qualité, valorisant le raisonnement, l’esprit critique et l’expérimentation ;

2- l’autonomie de l’école, libérée des influences politiques et religieuses, facilitant le vivre ensemble, la solidarité et la réussite collective, dès le préscolaire ;

3- une école qui apporte des solutions aux défis d’Haïti, en développant une éducation digitalisée et globale, car l’expérience du « Peyi Lòk », la montée de l’insécurité et depuis quelques jours seulement, la propagation du coronavirus, montrent l’acte d’enseignement-apprentissage ne peut se dérouler qu’entre les quatre murs de la salle de classe;

4- la création de lycées, de collèges et de laboratoires techniques dans chacun des départements du pays, visant à donner aux élèves une profession ou un métier de qualité, grâce à un nouveau secondaire classique et technique, reconnu par l’État ;

5- une loi-cadre sur le statut et la protection de la profession enseignante ;

6- la nécessité d’élargir progressivement l’offre scolaire à tous les niveaux ;

7- la nécessité de revoir et de renforcer conséquemment, le budget alloué au Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), à l’UEH et aux Universités Publiques en Régions (UPR), dans le but de répondre aux besoins du système et de prendre progressivement, le contrôle du secteur ;

8- donner des avantages adéquats pour les enseignants de tous les niveaux, et pour le personnel éducatif ;

9- l’investissement dans la formation initiale et continue des personnels éducatifs ;

10- renforcer et rendre dynamique le service d’inspectorat au niveau des différents organes décentralisés du MENFP ;

11- intégrer de nouvelles compétences au moyen de formations adéquates et de dossiers du secteur éducatif ;

12- implanter progressivement, des écoles nationales dans toutes les sections communales et à l’avenir des lycées ;

13- revoir et renforcer les curriculums de formations des différents niveaux, en mettant l’accent sur la réalité haïtienne, sur ce qui se passe dans la Caraïbe et dans le monde ;

14- revoir et renforcer la loi sur les frais scolaires publiée au journal Le Moniteur ;

15- définir un code déontologique pour la profession enseignante et former les enseignants sur la délibération éthique en éducation.

Ces points non exhaustifs, pourraient s’associer à des programmes réels d’éducation à la citoyenneté et à la démocratie, ainsi qu’à des programmes d’éducation à la création et à l’entreprenariat. Nombre de recherches (Galant, 2012 ; Malinvaud, 1994 ; Reguzzoni, 1988) ont déjà démontré que l’école est le point de départ de tout progrès social, économique, technologique et politique, notamment celle de l’approche économique contemporaine de l’éducation qui montre que les compétences acquises dans le système d’enseignement (école, collège, lycée, université, formation technique et professionnelle) influent sur la productivité, la croissance économique et le revenu des travailleurs.

Par conséquent, pour une relance du système éducatif haïtien, en vue d’y trouver progressivement, une autre forme d’organisation sociale haïtienne permettant de vivre ensemble, la révision du contrat entre l’État haïtien et l’éducation, gagnerait à se réaliser.
Pour ce faire, la société haïtienne doit forcer l’État, à prendre des décisions importantes pour l’éducation, à travers des assises, à investir dans ce secteur, et à étendre la mise en œuvre de ce contrat parmi toutes les couches de la société, au sein de toutes les régions du pays, à travers des journées de revendications nationales citoyennes, avec tous les secteurs de la vie nationale ( agents éducatifs, société civile, secteur privé, classe politique, etc.).
Bibliographies

Becker, G. (1964). Human Capital : A Theoretical and empirical analysis, with special reference to Education. Chicago, University of Chicago Press.

FRANÇOIS, P. E. (2006). Système éducatif et Abandon Social en Haïti : Cas des enfants et des jeunes de la rue. Thèse de doctorat inédite. Paris : Université Paris X Nanterre.

Hadji, C. (2004). L’insécurité, et alors ? A propos d’un double défi. Revue généraliste de recherches en éducation et formation.

Jean, J. & Artus, W. (2019). L’effet du mouvement « Pays lòk » sur l’éducation. Journal, Le National, Port-au-Prince.

JOINT, L.A. (2005). Système éducatif et inégalités sociales en Haïti : le cas des écoles catholiques. Thèse de doctorat inédite. Paris : École des hautes Etudes en Sciences Sociales.

Le Groupe de Travail Sur L’éducation et la Formation (GTEF). (2010). Pour un pacte national pour l’éducation. L’éducation par-dessus tout. Port-au-Prince, Haïti : bibliothèque nationale.

Mincer, J. (1958). Investment in human capital and personal income distribution. Journal of Political Economy, 281-302.

Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (2012). Vers la refondation du système éducatif haïtien : plan opérationnel 2010-2015, Port-au-Prince, Haïti : bibliothèque nationale.

Rousseau, J.J. (1762). Émile ou De l’éducation. Genève, Royaume de France.

Rousseau, J.J. (1762). Du contrat social ou principes du droit politique. Amsterdam, Marc-Michel Rey.

Schultz, T. (1962). Reflections on Investment in Man, JPE. AER.
Schultz, T. (1963). The Economic value of Education. New York. Columbia University Press.

Francky Cassamajor
M.A en éducation
École Normale Supérieure de Port-au-Prince
cassamajor05@gmail.com




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