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La médaille et son revers



« Par vos actions, vous serez condamnés. Par vos actions vous serez justifiés ».

La première déclaration de la Covid-19 en frappant à nos portes?

Qui êtes-vous petite particule virale?, tonitrue-t-on avec arrogance et négligence. Mais une fois qu'il franchit la porte de nos pays, on est réduit au niveau maximal de notre sagesse et on sent rapidement le dépassement.

Et là l'arbre à question bourgeonne de façon exponentielle. Soudain, l'on se met à soliloquer. C’est la remise en question universelle de nos choix, de nos priorités.

Malheureusement il est trop tard pour des réponses, des choix à la va-vite, certaines décisions qu'on aurait dû prendre bien avant dans le calme. C'est beaucoup plus honorable de prévenir que de guérir
.
Durant des décennies nous avons été plus émotionnels que rationnels, nous avons emprunté la voix de l'immaturité et du superficiel. Comme un garçonnet qui préfère ses jeux vidéos à sa nourriture ou ses livres.

Nous avons, à maintes reprises, raté l'opportunité d'affermir le pont de l'avenir.

On investit plus d'argent dans les stades que dans les hôpitaux, on finance "n" fois plus le football que les recherches. L'on donne à une seule personne faisant trembler des filets ce qui aurait suffi à un hôpital pour apporter un peu de bien-être à une communauté.

Alors, quel genre d'avenir veut-on préparer en priorisant des futilités à la place d’innovation, de l'intellectualisme et de la bonne science?

Pour quel genre d'avenir travaille-t-on lorsque l'on oublie les chercheurs qui sacrifient leur vie et leurs familles au nom du futur de l'humanité?

Si les vraies priorités étaient considérées à leurs justes valeurs, on aurait un présent avec moins de peur et plus de garantie et de sécurité .

Au moment actuel durant cette pandémie de covid-19, le monde fonctionne sans le football, sans le basketball, et les plages sont fermées. Il est question de rester en vie

la santé pour une fois, de manière unanime, est prioritaire. On ne peut plus faire la sourde oreille, car nous sommes tous en danger.

Mais cette question vient et revient encore: «Pourquoi les éléments fondamentaux et déterminants sont-ils ignorés aux dépens de ceux dont pourrait même se passer»?

Le personnel de santé de divers pays en maintes fois alerte, tantôt au sujet d'une allocation à la santé insuffisante dans les budgets, tantôt sur des conditions de travail inappropriées. Par exemple, en Italie, l'un des pays les plus touchés par la covid-19, a connu en 2010 une grève où les médecins avaient dénoncé un appauvrissement de la santé publique sans approche constructive.

En Haïti, en 2016 on avait noté un arrêt de travail douloureux des médecins de tous les hôpitaux publics du pays pendant 5 mois pour réclamer de meilleures conditions de travail, un ajustement salarial et dénoncé le fait que la santé publique part à la dérive. "C'est à nous de prodiguer des soins, c'est à nous aussi de faire des grèves pour demander aux autorités de nous donner des moyens. Les malades sont livrés et abandonnés entre nos mains" déclaraient-ils.

En France, en décembre 2019 où les médecins généralistes dénonçaient le manque de moyens pour effectuer correctement leur travail. Ils sont soient leurrés, soient ignorés.

Tant d'autres pays ont confronté à ce même problème.

Voilà maintenant l'avenir du monde dépend d'eux! Mais pas de ces stars millionnaires confinées dans leurs palaces. Nous avons l'évidence.

La réalité c'est que nous sommes dépassés, vous payons la conséquence de nos inconséquences. Des morts évitables, une perte massive des vies gratuitement. Peu importe, le bilan, désastreux ou pas, ça va passer, ce qui est sûr la race humaine ne se détruira pas complètement.

Et après, il sera impératif de laisser la caverne et de considérer cette pandémie comme une plaque tournante pour réorienter nos choix.

La santé est le garant de l'existence. Restons en vie!

Dr Wislet ANDRE,
Médecin, résident en médecine interne HU




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