S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

N’est-il pas temps de régulariser la situation des maires en Haïti?

N’est-il pas temps de régulariser la situation des maires en Haïti?



Il n’est un secret pour personne que le mandat des élus municipaux est arrivé à terme depuis janvier 2020 suivant la constitution haïtienne. Mais cela semble ne pas déranger le président, ses partisans, les membres de la Fédération nationale de maires haïtiens (FENAMH), les partis politiques de l’opposition, les organisations de la société civile et plus particulièrement celles des droits de l’homme. Cependant, dans tous les pays administrés suivant les normes de la bonne gouvernance où le concept état-nation n’est pas une utopie, les principes démocratiques et valeurs républicaines seraient respectées. Ces maires plieraient bagages et laisseraient leurs postes à la fin de leur mandat. Ceux et celles qui obtiendraient un autre mandat ou la bénédiction du peuple à travers un scrutin pour opérer en toute légalité et légitimité retourneraient en fonction. En Haïti, c’est le contraire qui est constaté. Mandat terminé ou sans nomination, pas de problème.

Aujourd’hui, l’indifférence, quant à l’application des lois et des règles dans les pouvoirs publics, saute aux yeux. La question du respect des normes constitutionnelles n’intéresse guère les autorités au pouvoir actuellement. L’actuel premier ministre et son équipe, sans oublier leurs prédécesseurs, à travers leurs multiples décisions et actions, démontrent qu’ils ne pensent même pas au concept « état de droit ». Pour eux, il est normal pour les conseillers municipaux de liquider les affaires courantes jusqu’en juillet 2020 comme des ministres ou directeurs démissionnaires. C’est d’ailleurs la position soutenue par Jude Édouard Pierre, président de la FENAMH, arguant, après une réunion tenue le 16 décembre 2019 avec ses collègues, que les maires ne sont pas responsables de la tenue des élections. Mais cet état de fait ne saurait plaire aux constitutionnalistes, citoyens attentifs et engagés dans la lutte pour la bonne gouvernance du pays.
Le président doit agir

Il reste clair que la légitimité du président de la République tend à diminuer chaque jour. Toutefois, cela n’enlève pas ses droits constitutionnels de pouvoir nommer et révoquer les responsables des communes dans la situation qui se présente. Le locataire des RUINES du palais national, qui devrait surveiller à la bonne marche de nos institutions, en se référant à l’article 136 de la constitution en vigueur, a utilisé toutes les cartes dans son arsenal pour ne pas organiser à temps les élections municipales après s’être opposé à l’aboutissement des élections indirectes. Les législatives n’ont même pas effleuré son agenda apparemment.

Alors, comme, en politique, toute absence de plan constitue une sorte de plan, celui de Jovenel Moïse reste et demeure un plan macabre. Sa stratégie de ne pas organiser les scrutins et son silence sur la situation des magistrats communaux est une violation pure et simple de la constitution. Son mépris des mécanismes institutionnels ne fait que salir davantage l’image de la nation. En fait, ce ne sont pas seulement ses mensonges quotidiens qui dérangent. Il ne respecte aucune loi et mène le pays comme une bananeraie isolée et délaissée.

En bonne analyse, il est probable que personne n’ait dit au champion des fausses promesses (électricité 24 heures sur 24, par exemple) que les maires ne peuvent pas liquider les affaires courantes comme un ministre démissionnaire. Et si par hasard, le connu usurpateur de titre d’ingénieur pense que les affaires de l’État peuvent être administrées ainsi, les anciens députés et sénateurs de la 50e législature pourraient donc décider à regagner leurs sièges au parlement. Par conséquent, les magistrats, dans ce cas bien précis, doivent obéir aux mêmes lois et principes. Ils doivent partir. C’est un principe démocratique et républicain universel. Il faut un décret présidentiel pour leur nomination.

Quelle stratégie cache ce silence ?

À présent, beaucoup sont d’avis que le président Jovenel Moïse a toujours agi comme quelqu’un qui ne comprend pas le plus élémentaire de ses prérogatives constitutionnelles. Cependant, les partisans de Michel Martelly, qui attendent impatiemment l’arrivée des prochaines joutes présidentielles, auraient pu rappeler au chef de l’état qu’il est impératif qu’il sorte un décret ou arrêté présidentiel pour régulariser la situation des magistrats. Il n’y a pas de doute que la constitution haïtienne en vigueur actuellement lui donne les pleins pouvoirs de nommer les magistrats dans des situations pareilles.

Comme d’habitude, il est possible que l’autoproclamé ingénieur sans études aucune ou diplômes de référence, prendra du temps pour agir parce que la résolution qui mettrait fin à ces violations de la loi s’opposerait à ses stratégies supposées. N’est-il pas courant chez nous qu’on nomme les conseillers municipaux quelques mois avant les élections générales pour avoir le contrôle du terrain et opérer des fraudes ?

Tout compte fait, il est temps pour le président et son gouvernement de montrer qu’ils sont intéressés à la bonne gestion des villes du pays. Les maires ont des tâches énormes à accomplir envers les populations qu’ils servent. Leur nomination génèrera une paix psychologique et administrative, sachant qu’ils ne vont pas être relevés de leur fonction le lendemain. Cela contribuerait aussi au respect de leurs engagements envers les communautés. Même si le gouvernement a peut-être oublié que les maires effectuent un certain nombre de formalités administratives pour le compte de l'état, ils sont aussi les premiers citoyens de leur commune respective. Ils représentent l’état dans leur municipalité. Mais, sans un mandat, ils ne peuvent ou doivent rien faire, ne connaissant pas les politiques générales du régime en place. Dans cette perspective et pour la bonne marche des 146 communes du pays, le président doit: soit nommer les magistrats ou en désigner d'autres pour continuer le travail en attendant les élections générales.

Jocelyn Jean
Sociologue




Articles connexes


Afficher plus [1496]