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L’antiracisme peut-il devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle ?

L’antiracisme peut-il devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle ?



Introduction

« C’est à partir de leur violation que les interdits fondateurs se dessinent, nourrissent le mouvement des idées, se conçoivent sur un mode théorique et se traduisent en normes juridiques contraignantes », Magalie Lafourcade, les droits de l’Homme.

Les débats en cours, ressurgissent à la suite du meurtre à consonance raciste, s’il faut le rappeler, de George Floyd aux États-Unis, sur le sens- entendu au double sens d’importance et de signification- des droits de l’Homme dans nos sociétés contemporaines révèlent des ignorances, des dissonances cognitives graves et des conceptions assez calamiteuses. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que dès qu’un évènement d’envergure se produit, « des spécialistes autoproclamés ou pop-up experts s’épanouissent comme mille fleurs », pour reprendre la belle expression de Leyla Dakhli. Pour certains, les violences policières perpétrées aux États-Unis (pas seulement) contre les minorités ethniques, particulièrement les Noirs traduisent indéniablement l’échec des droits de l’Homme (on peut en discuter), mais pour d’autres leur inexistence, tout simplement. Cela dit, si l’on accepterait l’idée selon laquelle, comme le croient fermement ceux qui se rallient à cette dernière position, le meurtre de cet Afro-américain serait l’enterrement, non « sans tambour ni trompette », de l’idéal des droits de l’Homme, ne serions-nous pas en droit de nous demander au nom de quoi on revendique aujourd’hui la fin des dérives discriminatoires et, donc, des sociétés plus égalitaires un peu partout à travers le monde, notamment dans les pays occidentaux ? Pourquoi sommes-nous d’ailleurs autant indigné (s) par ce meurtre ? Compte tenu de ces discours pour le moins nocifs et rétrogrades, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, n’avait-il pas raison de s’alarmer et de déplorer, au moment de l’ouverture de la 43e session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en février dernier, le fait que les droits de l’Homme soient « attaqués et pris d’assaut de toutes parts dans le monde ? » Voilà ce qui, en substance, donne lieu à cet article, dont l’objectif n’est pas de faire les gros titres, mais de rappeler, d’abord, à certains esprits brillants, mais certainement distraits ce que veulent dire les droits de l’Homme, de proposer, ensuite, une lecture géopolitique du mouvement Black Lives Matter et de voir, enfin, dans quelle mesure l’antiracisme peut devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle, après la question écologique.

Ce que les droits de l’Homme veulent réellement dire

Pour introduire notre propos, qu’il nous soit permis d’emprunter à Magalie Lafourcade [2018] ces quelques phrases éclairantes: « Si les droits de l’Homme sont la chose du monde la mieux partagée, c’est parce qu’ils synthétisent l’indignation devant les expériences les plus tragiques vécues par l’humanité. Ils expriment l’intuition de l’universalité du refus de l’injustice. » N’est-ce pas ce refus universel de l’injustice que met en lumière le meurtre de George Floyd, à la suite de traitements inhumains et dégradants liés à son interpellation ?

Il est indéniable que cette vague de manifestation qui s’empare de la planète est la caisse de résonnance de notre indignation à l’égard de l’acte de torture dont George Floyd, entre autres, a été l’objet. Nous ne sommes pas indignés uniquement parce que ce dernier a été martyrisé, mais aussi parce que nous savons tous que son droit a été violé, son humanité a été piétinée, sa dignité a été ainsi massacrée en raison de sa couleur de peau. De manière un peu caricaturale, on pourrait affirmer que nous en sommes indigné (s) parce que nous savons tous que George Floyd a subi cette injustice parce qu’il était Noir, donc discriminé, alors qu’il devait jouir, au moment de son interpellation, du même traitement bienveillant que tous les autres êtres humains, ainsi que l’affirme le principe de la non-discrimination consacré à l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), l’architecture de l’ensemble du droit international des droits de l’Homme. Bref, c’est parce que nous avons tous conscience de l’existence des droits de l’Homme, lesquels ne discriminent pas entre « Noirs » et « Blancs » que nous en sommes autant indigné (s), et exigeons à ce jour le rétablissement de leurs principes fondateurs, comme la non-discrimination et le respect de la dignité humaine, non seulement au nom de Georg Floyd, mais aussi et surtout au nom de l’humanité dans son ensemble. Il est alors temps de noter que l’indignation est un sentiment causé par l’injustice et qui vise la justice [Wolff, 2019], valeur fondamentale prônée par les droits de l’Homme.

En outre, tel que l’a soutenu Boutros Boutros-Ghali, les droits de l’Homme sont des droits en mouvement. Pour étayer ses propos, il convient de souligner qu’au commencement, c’était la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Aujourd’hui, nous ne combattons plus pour les droits de cette nature, car, reconnaissons-le, certains progrès, pour ne pas dire beaucoup, ont été enregistrés partout, ne serait-ce que dans ce domaine. Ce n’est donc pas parce que les principes et les normes des droits de l’Homme sont fort souvent victimes de distorsion et de manipulation à des fins politiques et idéologiques douteuses qu’ils n’existent pas. Il arrive tout simplement qu’ils se trouvent dans une situation de misère [cf. Le Nouvelliste du 3 juin 2020].

Enfin, à ceux qui nient l’existence des droits de l’Homme en raison du manque d’application pratique auquel ils sont confrontés, il convient de rappeler la nature fragile et vulnérable de ceux-ci. N’étant jamais établis pour l’éternité, les droits de l’Homme reculent plus vite qu’ils ne se conquièrent. C’est en ce sens même « qu’ils justifient une vigilance incessante et un combat de tous les instants. » [Tiberghien, 2001]

Pour une lecture géopolitique du mouvement Black Lives Matter.

Le mouvement Black Lives Matter est éclaté aux États-Unis- qui n’ont jamais dissimulé leur grande hostilité vis-à-vis de leur plus probable dauphine chinoise, en ce qui concerne le leadership mondial, sur la question du respect des droits de l’Homme- dans un contexte de crise sanitaire aigüe mettant à nu les inégalités criantes de la première puissance mondiale. Si, tel que le soutient Moreau Defarges [2009], « toute géopolitique est une réflexion sur la puissance », la lecture géopolitique de ce mouvement est d’une impérieuse nécessité, tant la lutte pour la puissance peut bien s’y inviter.

En effet, l’Etat qui torture, c’est un Etat qui s’anéantit lui-même. C’est un État qui programme sa propre destruction. Il y a dans cette pratique une espèce d’autonégation qui contredit la finalité première du pouvoir de coercition que lui ont délégué les citoyens afin d’éviter le déchainement des violences individuelles [Terestchenko, 2008]. Cette autodestruction peut être aisément exploitée par d’autres États en quête de puissance. On retient d’ailleurs des anciens Empires que leur effondrement est davantage dû à une situation de guerre intestine qu’à toute autre chose. Concrètement, ce qui se joue de nos jours aux États-Unis où l’on vit, outre la gestion calamiteuse de cette crise par le 45e président américain, Donald Trump, la brutalisation d’un vieillard de soixante-dix-ans par des agents de l’État (encore des policiers) est, avouons-le, une grosse perte pour les États-Unis, du point de vue moral, de la séduction et de la persuasion, des piliers essentiels du soft power. Du moins, pour le dire de manière plus sophistiquée, cela représente très clairement un facteur d’impuissance non négligeable de la puissance américaine. Même si depuis quelque temps déjà on assiste à une sorte de dégringolade de la puissance américaine, sur le strict plan du soft power, l’administration Trump a quand même accéléré ce processus. Pour s’en persuader, il suffit de constater, depuis, les retraits en cascade des États-Unis des instances multilatérales [Marc Armstrong NOEL, 2018].

De plus, quand on sait que la Chine- ayant certainement tiré les leçons de l’histoire de l’instrumentalisation faite par les États-Unis de la thématique des droits de l’Homme pour ébranler et précipiter dans le passé la chute du communisme- qui a toujours été intraitable à ce sujet n’hésitera pas à exploiter, fût-ce idéologiquement, ce mouvement afin de questionner l’Occident, y compris les États-Unis sur leurs propres valeurs. Forts de leur influence par le moyen de la dette en Afrique notamment, ce sera peut-être l’occasion pour les Chinois de répandre, voire d’imposer leur propre vision des droits de l’Homme dans ce continent (y compris dans certains pays de l’Amérique latine) ayant, pour sa part, saisi de la question du racisme au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU [Le figaro du 12 juin 2020].

Si ces régions-là, victimes de leur passé esclavagiste et colonial, resteront certainement insensibles à une vision des droits de l’Homme qui sous-estime, du moins relègue au second plan les droits civils et politiques, telle que la liberté d’expression, ils le seront moins face à celle qui propose, en y incluant ceux-ci, la souveraineté de l’État, la stabilité politique, la prospérité économique et le progrès social comme de « nécessaires préconditions à la réalisation des droits de l’Homme. » [Bell & Chan, 2001] Et quoi que l’on puisse dire, la posture de secouriste mondiale qu’ont adoptée les autorités de l’empire du Milieu au tout début du déclenchement de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, en tendant notamment la main à ces régions, risque de constituer une des bases non moins convaincantes de leur argumentation. Ainsi sera construit un vrai chantier de discussion, de dialogue, voire de « négociation » entre le Sud et l’Asie. Dans tous les cas, la Chine en sera bénéficiaire, puisqu’à l’heure actuelle personne ne peut ignorer la voix, voire l’influence des pays du Sud dans les négociations multilatérales. C’est exactement ce que Bertrand Badie [2018] désigne par l’expression « la puissance de la faiblesse » dans son ouvrage intitulé Quand le Sud réinvente le monde. Essai sur la puissance de la faiblesse. Tout ceci pourra être renforcé par l’attitude de l’Europe qui, ne serait-ce que pour se distinguer, doit se positionner face à ce qui se dessine aux États-Unis. Mais, il y a là deux choses fondamentales à comprendre.

Premièrement, les derniers mouvements de protestation contre le racisme ayant enflammé les rues de Paris, Londres et Berlin ont rappelé que les puissances européennes doivent elles aussi commencer par balayer devant leur propre porte, car ce racisme systémique n’est pas, nous semble-t-il, l’apanage de l’Amérique. Deuxièmement, même un esprit distrait sait qu’aucune de ces puissances n’envisage de fragiliser ses bonnes relations avec l’Oncle Sam. Alors que la situation exige de prendre des positions claires, quelle souris s’aventurera d’accrocher la cloche au cou du chat ? Ce ne sont pas les déclarations de « soutien » de la France à la Cour pénale internationale contre les sanctions américaines à l’égard de l’institution et ses fonctionnaires qui vont dissiper les perplexités [Lexpress du 12 juin 2020].

Dans cette conjoncture, même si les États-Unis vont rester pendant quelque temps encore la société qui dicte les modes de consommation (le primat des marques comme Coca Cola, Mac Donald, Nike), celle qui dicte les modes de pensée (le primat des universités américaines, d’Hollywood et des médias américains) [Tiberghien, 2001], il faut avouer, objectivement et sans esprit de prophétie, que les plaques de puissance risquent, non pas de se déplacer, mais de bouger de façon importante en faveur de la Chine. Il faut, en revanche, souligner que la puissance s’inscrit moins dans un cadre évènementiel que processuel. Et, quoi qu’il en soit pour le moment, l’issue des élections de novembre 2020 aux États-Unis, sur lesquelles le Mouvement Black Lives Matter ne sera pas sans incidences, aura certainement son mot à dire. Le mouvement Black Lives Matter- « directement lié à la répétition et à la médiatisation de faits divers révélant l’ampleur de la brutalité policière à l’égard des hommes et femmes de couleur aux États-Unis » [Célestine & Martin-Bretau, 2016]- devenu désormais plus ambitieux tant dans son extension géographique que dans ses visées, dépassant, pour ainsi dire, le cadre de violences policières pour s’attaquer à la problématique du racisme sous ses formes diverses et variées, il n’est pas sans importance de nous interroger sur le lendemain de la lutte contre le racisme à travers le monde.

L’antiracisme peut-il devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe Siècle ?

Après plusieurs semaines de protestation contre la discrimination et les brutalités policières contre les Noirs aux États-Unis et à travers le monde, les signaux envoyés sont jusqu’ici très positifs. Cependant, si force est de reconnaître que le mouvement Black Lives Matter peut bien s’essouffler dans les rues pendant un certain moment (même s’il n’aura pas de mal à se revigorer) en raison d’un manque cruel d’absence de leader, mais un fait est certain, c’est que le virage que prend la lutte contre le racisme a de beaux jours devant lui. Autrement dit, après la lutte contre le réchauffement climatique, l’antiracisme a toutes les chances de devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle. Ce, pour de multiples raisons. Mais avant d’entrer de plain-pied dans le vif du sujet, il paraît qu’il est de bonne méthode de commencer par livrer notre appréhension de la notion d’utopie.

Depuis l’émergence du concept avec Thomas More [1516], il ne fait pas de doute qu’il se retrouve sous des définitions et des conceptions variées. Outre le sens commun, tout un pan de littérature des sciences sociales présente l’utopie sous un versant péjoré. Le concept désigne ainsi une rêverie, une chimère sans implication pratique. Dans une autre perspective, plutôt méliorative, on considère que toutes les utopies procèdent d’une « insatisfaction fondamentale à l’égard des conditions actuelles de l’existence sociale (…). Elles expriment donc les attentes, espoirs, besoins sociaux non satisfaits d’une société et formulent un projet, une vision du monde, qui soient une réponse à ces problèmes et espérances. » [Baczko, 2001]. C’est cette dernière approche que nous retenons ici, dans le cadre de cette réflexion, lorsque nous faisons usage de la catégorie d’utopie, renvoyant aussi, dans la même veine, à « tout ce qui a trait à la construction d’une société souhaitable. » [Houcarde, 2007] Nous pouvons donc reprendre notre fil argumentaire en exposant les raisons pour lesquelles l’antiracisme peut devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle.

D’abord, parce qu’il y a un réveil, une prise de conscience mondiale du racisme structurel et systémique. Celle-ci se traduit, fort heureusement, par des décisions institutionnelles qu’il faut encourager et poursuivre, même dans des pays où les pratiques discriminatoires sont peu évidentes. C’est le cas, par exemple du Canada, ayant officiellement reconnu l’existence de ce fléau mondial, et œuvre déjà à la création d’un poste de commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques [Le Devoir du 16 juin 2020]. A cela on pourrait ajouter le fait que les pays africains prennent dorénavant en main cette préoccupation mondiale (le Sud, peut-il vraiment réinventer le monde ?), en demandant un débat sur le racisme au sein Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, l’instance chargée de combattre les différentes formes d’expression du racisme, lequel représente, à notre humble avis, un danger pour la paix et la sécurité internationales. En tout cas, les articles 55 et 56 de la Charte des Nations unies encourageant les Etats à promouvoir le respect universel des droits de l’Homme ne nous permettent pas vraiment de penser le contraire.

Ensuite, parce qu’il y a un changement de mentalité, une maturation psychologique à l’œuvre. De Paris à Berlin, en passant par Londres, le point commun à toute cette vague de protestation est la diversité ethnique. Les images publiées à la une de certains journaux et sur les réseaux sociaux ont quand même montré une participation accrue des « Blancs » qui y prennent part, contrairement aux années précédentes. Néanmoins, il convient de souligner au passage que l’accouchement ne sera pas sans douleur. L’illustration a été donnée récemment à Londres par une manifestation organisée sous la houlette de l’extrême droite, composée essentiellement d’« hommes blancs » [Le monde du 13 juin 2020], afin de contrer la manifestation antiraciste qui s’y tenait. Dans le même esprit, le lancement de la sélection Black Lives Matter par Netflix (entreprise multinationale américaine) permettant de visionner, parfois gratuitement, des films, des séries et des documentaires portant sur le racisme et la condition noire [Le Devoir du 12 juin 2020] traduit de manière indiscutable non seulement ce changement de mentalité, cette maturation psychologique qui est à l’œuvre, mais va également y contribuer de façon considérable. Après le géant du cinéma américain, d’autres plateformes, comme Cineplex et Criterion Channel ont emboité le pas. Il faut ajouter à cela la rebaptisation de certaines rues, partout dans le monde, au nom de certaines personnes qui ont donné leur vie en échange d’un monde sans discrimination, ayant encore peine à advenir.

Enfin, parce que les temps ont bien changé. Le temps, par exemple, où les policiers pouvaient tuer et s’en aller tranquillement est révolu. Avec la mondialisation des technologies de communication, les bavures policières peuvent être filmées, contre la volonté des bourreaux, devenir virales en une fraction de seconde et suscite, du même coup, l’indignation mondiale. Dans cette optique, il nous serait extrêmement difficile de ne pas penser au projet d’Emmanuel Kant [1795]. Dans l’une de ses œuvres de référence, Vers la paix perpétuelle, le philosophe de Königsberg décrit en effet une communauté mondiale où un droit violé quelque part est ressenti partout. Cette heure kantienne a-t-elle réellement sonné ? Si, malgré les indices dont nous disposons, nous ne sommes pas encore en mesure de répondre à cette interrogation (laissée au libre jugement de nos lecteurs), nous sommes néanmoins en mesure d’affirmer que l’heure où l’opinion publique exige que les coupables des violations des droits de l’Homme soient non seulement punis, mais que des changements structurels soient opérés a réellement sonné.

Tout bien considéré, s’il s’avère que revendiquer une société juste et égalitaire, sans discrimination n’a pas forcément la même signification pour un européen, un Américain, un Lybien et un Haïtien, il y a là, pour tous, dans cette mouvance, la construction d’un socle commun de paix et de liberté (car la discrimination aliène ceux qui la subissent). En espérant que les lacunes que nous n’avons pas pu éviter, en raison du volume assez limité de notre cadre d’élaboration, n’affectent pas l’essentiel de notre argumentation, nous réaffirmons que l’antiracisme, susceptible de mobiliser l’opinion publique internationale aux préoccupations des droits de l’Homme, a toutes les chances de devenir la nouvelle utopie mobilisatrice du XXIe siècle. Les droits de l’Homme sont un sport de combat.

Marc Armstrong NOEL

Doctorant en Science politique et Relations internationales à l’Université Laval (Québec)/Philosophe/Spécialiste en droits de l’Homme/Juriste international
marcarmstrongccnoel@gmail.com




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