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Qu’avez-vous fait de l’héritage du Pasteur King?

Qu’avez-vous fait de l’héritage du Pasteur King?



Les faits n’existent pas, il n’existe que des interprétations, c’est ce qu’affirmait le philosophe allemand Friedrich Nietzsche. Cette phrase qui peut paraître mystérieuse, voire grotesque, pour certains, doit aujourd’hui plus que jamais nous inciter à prendre le temps de réfléchir, surtout dans ces moments d’hystérie collective orchestrée de main de maître dans les médias, nous poussant ainsi à oublier l’usage de la logique la plus élémentaire.

Notre logique, notre raison, notre capacité à juger par nous-mêmes de ce qui est vrai ou ne l'est pas, doivent nous pousser à recevoir de manière au moins perplexe certaines affirmations à l'emporte-pièce de certains médias occidentaux.
Combien de fois n'avons-nous pas entendu certains journalistes occidentaux lancer en début de journal «Nouveau crime raciste aux États-Unis!» Souvent, le seul élément de preuve qu'ont ces journalistes pour affirmer qu'il s'agit d'une affaire raciale est le fait que la victime est afro-américaine et que le «criminel» ne l'est pas.

Soyons sérieux, même dans les cas d'homicides volontaires, donc de meurtres, il y aura toujours des victimes et des meurtriers de toutes origines ethniques. Cette logique, qui en fait n'en est pas une puisqu'elle joue plutôt sur l'émotion, est si absurbe, qu'il faudrait alors que tous les meurtriers aux États-Unis tuent les gens par paire: un afro-américain et un caucasien (appelé plus communément blanc).

La vraie question qu'il conviendrait de poser dans presque toutes ces affaires de morts d'Afro-Américains, surtout à la suite d'interpellation policière, est la suivante? Pourquoi y a-t-il tant d'Afro-Américains qui se retrouvent dans des situations d'illégalité, et pour beaucoup d'entre eux, de banditisme caractérisé? Ce qui nous conduit fatalement à une autre question plus douloureuse que je poserais directement aux Afro-Américains: Qu'avez-vous fait de l'héritage du Pasteur Martin Luther King?

La lutte pour les droits civiques

Avant de débattre sur cet héritage, il convient de rappeler en quoi a consisté la lutte pour les droits civiques, menée principalement par le pasteur King.

À partir de 1954, et même un peu avant, et jusqu'à la fin des années 1960, les États-Unis ont traversé une période très mouvementée, caractérisée par la lutte pour les droits civiques, menée par d'éminentes figures de la communauté afro-américaine. Ces activistes, qui menaient des actions presque toujours pacifistes, ne réclamaient qu'une seule et unique chose: l'égalité. En 2020, cela peut paraître simpliste, pourtant tout ce qu'ils demandaient n'était ni plus ni moins que l'égalité entre tous les citoyens américains. Ils ne demandaient pas des droits spéciaux, ni de bénéficier de faveurs, mais uniquement d'avoir les mêmes droits que tous les autres citoyens. Ils voulaient pouvoir voter comme tout le monde, partout aux États-Unis. Ils voulaient pouvoir aller eux aussi et leurs enfants dans les grandes écoles et universités réservées aux blancs, et non pas être parqués dans des établissements pour «gens de couleur». Voilà en gros ce qu'était la lutte pour les droits civiques.

Le 25 septembre 1957, à la suite de l'arrêt de la Cour Suprême de 1954 (Arrêt Brown v. Board of Education) qui qualifiait d'inconstitutionnelle toute discrimination dans le domaine de l'éducation basée sur l'origine ethnique, la race ou le sexe, le président de l'époque, Dwight Eisenhower, a fait appel à l'armée pour escorter neuf étudiants afro-américains qui devaient intégrer pour la première fois le College de la petite ville de Little Rock, dans l'Arkansas, pour les protéger d'une foule haineuse prête à les lyncher, furieuse de les voir entrer dans ce qui était jusqu'ici une école réservée aux blancs. Ce fut une première et grande victoire pour ceux qui menaient la lutte pour les droits civiques.

Quel bilan?

Plus de cinquante après la fin de la lutte pour les droits civiques, toutes les lois de ségrégation (dites lois Jim Crow) ont été abolies. Toutes les interdictions d'occuper certains postes ou d'exercer certaines professions ont été supprimées.Toutes les entraves au droit de vote des Afro-Américains ont été levées. Rarement dans l'histoire de l'humanité, une lutte n'a obtenu pratiquement tout ce qu'elle réclamait du point de vue légal.

Pourtant, près de soixante ans après la promulgation du Civil Rights Act en 1964, loi fédérale qui rend la plénitude de leurs droits de citoyens américains aux Afro-Américains et criminalise même toute discrimination tant dans le secteur public que dans le privé, la situation aussi bien économique que sociale de ces derniers est lamentable.

Aux dernières élections présidentielles américaines, le taux d'abstention chez les Afro-Américains se situait aux alentours de 40% au niveau national, tandis que dans certains quartiers pauvres de certaines grandes villes, il dépassait allègrement les 70%. Donc, dans les années 1950 et 1960, des centaines d'activistes afro-américains se sont faits bastonner, insulter, emprisonner pour réclamer légitimement le droit de vote, et voilà ce qu'en font les générations actuelles.

L'autre réalité à souligner concerne l'université. En 2010, 40% des blancs ayant terminé le College sortaient diplômés de l'université. Ils n'étaient que 22% chez les Afro-Américains, alors que les portent des universités ne leurs sont plus fermées, et que partout les offres de crédits pour financer les études supérieures pullulent aux États-Unis.

À qui la faute?

Si les prisons américaines sont peuplées à plus de 30% d'Afro-Américains tandis qu'ils ne représentent que 13% de la population ce n'est pas parce que le système judiciaire américain est honteusement raciste comme certains l'affirment ou qu'il laisse repartir paisiblement les criminels blancs. Le problème vient bel et bien de la communauté afro-américaine, que cela plaise ou non. Il y a deux facteurs sur lesquels j'aimerais mettre l'accent.

D'abord, les séquelles de l'esclavage sont toujours d'actualité, plus de 150 ans après son abolition. En effet, durant l'esclavage, le nègre était considéré comme un animal et était traité comme tel. Donc, pour survivre à ce système inhumain, les victimes de l'esclavage se sont approprié certaines valeurs, certaines pratiquent qui leur ont été très utiles et leur ont même sauvé la vie dans certains cas. Parmi ces pratiques, il y a eu le mensonge, le vol, la trahison.

Par exemple, un esclave qui avait faim, et dont la maigre ration était terminée, n'allait surement pas trouver son bourreau, que le système appelait son maître, pour lui dire de lui donner quelque chose à manger. Au mieux il s'exposerait à des coups de fouet. Donc, la solution la plus simple était soit de voler dans les stocks de la plantation, soit de voler dans les rations des autres nègres.

De plus, à part quelques rares familles qui ont pleinement réussi à s'intégrer à la société américaine en adoptant toutes ses valeurs, notamment chrétiennes, la plupart des descendants d'esclaves ont toujours perçu, et perçoivent souvent aujourd'hui encore, le travail comme une contrainte, un mal qu'il faut à tout prix éviter, parce que le seul travail qu'ils ont connu pendant des générations fut le travail forcé du système esclavagiste. Raison pour laquelle les petits trafics en tout genre fleurissent dans la communauté afro-américaine.

Le problème, c'est que beaucoup d'Afro-Américains ont du mal à admettre que l'esclavage, la ségrégation et les discriminations systématiques sont derrière eux, et qu'il est temps de mettre à jour leur mentalité et leur système de valeurs.
Encouragés par certains intérêts politiques et idéologiques cachés qui les poussent à voir dans tout du racisme, ils refusent d'admettre qu'ils sont seuls responsables de leur destin.

Heureusement, le tableau n'est pas totalement sombre, et il y a énormément d'Afro-Américains, jeunes et moins jeunes, qui ont décidé de prendre leur vie en main et de tout miser sur l'éducation et le travail. George Floyd était l'un d'eux. Après une enfance misérable et une jeunesse faite de petits trafics et d'allers-retours en prison, il avait mis sa vie plus ou moins en ordre et définitivement tourné le dos au banditisme. Il se concentrait sur son travail et ses enfants. Son addiction aux stupéfiants semble être la seule faille qu'il n'avait pas encore colmatée.

Les facteurs aggravants

Certains intérêts puissants ont tout à gagner si les Afro-Américains continuent en majorité de croupir dans la pauvreté et le banditisme. C'est la raison pour laquelle, même s'ils disent soutenir l'idée de la lutte des droits civiques, dans les faits ils font aujourd'hui exactement le contraire de ce pourquoi les hommes et les femmes des années 1950 et 1960 ont lutté.

Les principaux leaders de la lutte des droits civiques étaient des hommes d'Église. Que l'on soit croyant ou non, on est obligé d'admettre que l'église est un cadre normatif qui protège la famille. Pourtant, aujourd'hui l'un des plus gros problèmes de la communauté afro-américaine est le nombre croissant d'enfants qui grandissent sans père. Un père soit en prison, soit qui a tout simplement fui ses responsabilités. Or, il a été démontré qu'un enfant ayant grandi dans une famille monoparentale a beaucoup plus de chances de se retrouver en prison qu'un enfant ayant grandi avec la présence d'un père à la maison, sans compter les autres troubles psychologiques et comportementaux qu'entraîne cette absence.

Il est évident qu'un homme qui se trouve dans une assemblée religieuse peut difficilement affronter quotidiennement la pression sociale et le regard de ses coreligionnaires en ayant 6 ou 7 enfants de 3 à 5 mères différentes, tout en restant paisiblement au chômage. L'église force les hommes à être des pères présents et responsables; et par l'obligation de monogamie, elle les pousse à n'avoir qu'un seul foyer, ce qui du point de vue économique et social, crée une stabilité indéniable.

Comme par hasard, ce sont les mêmes aujourd'hui qui disent défendre l'idée de la lutte des droits civiques, qui font aussi la promotion du hip-hop et de toute la street-culture avec toutes les dérivent sociales que cela implique. Bizarrement, la culture hip-hop est venue terrasser l'église afro-américaine.

Qui est derrière cette agitation?

Aux dernières élections présidentielles, environ 8% des Afro-Américains avaient voté pour le candidat républicain, contre moins de 5% quatre ans plus tôt. Pire, au début du mois de mars de cette année, ils étaient près de 20% à dire être tentés de voter pour Donald Trump en novembre prochain, surtout à cause des résultats économiques de son mandat durant lequel le chômage des Afro-Américains n'a jamais été aussi bas, et le système de bourses d'études des enfants de familles pauvres a marché à plein régime.

C'est peut-être de ce côté qu'il faut chercher en grande partie les motivations de l'agitation et de la manipulation actuelle dans les médias et de cette minorité très active dans les rues. Il s'agit peut-être d'une tentative de rapatrier l'électorat afro-américain qui pourrait choisir en grande partie de ne pas voter par fidélité, mais en fonction de ses intérêts. C'est cette panique qui vraisemblablement a poussé le candidat Joe Biden à faire cette déclaration raciste: «Vous n'êtes pas noir si vous votez Trump». Oui, une déclaration raciste, car le racisme ce n'est pas seulement le fait d'insulter quelqu'un par des mots se rapportant à ses origines ethniques, réelles ou supposées, mais c'est avant tout juger quelqu'un en fonction de ses origines ethniques; c'est précisément ce qu'a fait M. Biden, car il dénie le droit à tout citoyen afro-américain d'avoir ses opinions propres, mais uniquement celles que M. Biden considère comme conformes à sa vision des Afro-Américains.

Enfin, dernier point à souligner, et non des moindres, durant les manifestations de ces dernières semaines aux États-Unis dans le sillage du fameux slogan «Black Lives Matter», beaucoup de drapeaux américains ont été brûlés dans les rues, ceci est très révélateur. Car, durant la lutte pour les droits civiques, les manifestants portaient fièrement le drapeau américain, affirmant qu'ils étaient des citoyens à part entière. Ceux d'aujourd'hui brûlent et foulent au pied le drapeau américain. Et sachant que les États-Unis ont depuis toujours abrité en leur sein des groupuscules qui ne rêvent que de voir ce pays se disloquer, sans compter les ennemis extérieurs qui peuvent très bien s'allier à ceux de l'intérieur, il convient de se demander si ce mouvement ne vise pas insidieusement la fin des États-Unis, comme les promoteurs du glasnost avaient en réalité comme objective suprême le démantèlement de l'Union soviétique.

Conclusion

Il est temps pour les Afro-Américains de faire leur examen de conscience en tant que communauté, et de prendre leur destinée en main en s'intégrant pleinement et complètement à la nation américaine. Ils doivent tourner le dos aux prêcheurs de haine qui leur disent que toutes les fois qu'un homme blanc tue un homme noir c'est par racisme, comme si un homme noir qui tue un autre homme noir ou un homme blanc qui tue un autre homme blanc, c'était de la fiction. De plus, ces prêcheurs de haine essaient de leur faire croire que tous les actes de racisme sont, soit du fait de l'État fédéral, soit tolérés par lui.

Ils doivent savoir raison garder et avoir la tête froide pour analyser toute situation avant de se jeter dans les rues et de se faire manipuler comme du bétail par des intérêts politiques et idéologiques.

Dimitri Cyprien
dimitricyprien@gmail.com





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