S'identifier Contact Avis
 
27° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

L’option politique actuelle la plus cohérente

L’option politique actuelle la plus cohérente



L’Eat est conçu à partir du savoir, de l’avoir et du pouvoir. Le primat de l’un d’entre eux détermine le type de société qui en résulte. Les trois sont exigibles, sine qua non, pour édifier une République. Celle-ci, par définition, ne s’aligne à aucun d’entre eux. Car la république ou res publica appartient à la nation en propre. D’où la prééminence du citoyen dans les décisions politiques. Étrangement, le citoyen est dépouillé de cette prééminence lors des élections. On lui octroie des droits en le soumettant, simultanément, à des devoirs. Cela s’appelle la citoyenneté. Celle-ci s’érige ou s’articule en système. Le système s’élabore à partir d’institutions clamant la prise en charge de la nation pour le meilleur. Une usurpation de toutes les ressources remplace le citoyen, l’individu, la personne. Cette usurpation dénommée « système » n’a côtoyé la perfection à aucun moment de l’histoire humaine. Des flots d’excuses et de prétextes rabâchent la ou les raisons, des défaillances et des déchéances successives. Encore, faut-il admettre qu’au seuil du XXIe Siècle, récuser l’État s’avèrerait absurde, impensable. Il convient de définir, d’expliquer, de bien comprendre et d’assumer notre rôle afin d’améliorer notre présent historique et d’assurer un meilleur avenir à la postérité. Tout s’obtient, se désagrège, se redresse à partir des joutes électorales. Expliquons comment le savoir, l’avoir et le pouvoir s’entremêlent de manière inextricable pour créer les crises, les maintenir afin de garantir la multiplication exponentielle des intérêts d’un groupe et la paupérisation honteusement excusable de l’écrasante majorité. Attelons-nous à la tâche aussitôt.

I. Quid des Élections ?

De l’étymologie latine electio, electionis, l’élection est un choix qu’on exprime par le biais d’un vote. Le maitre mot ici est CHOIX. Celui-ci signifie que nous remettons notre sort entre les mains d’autrui. Nous déclarons, par ce fait même, que les choisis sont investis de l’autorité nécessaire pour penser, agir, parler en notre nom collectif. Le critère obligatoire de ce choix est la CONFIANCE. En décomposant le mot confiance, nous obtenons deux (2) autres mots : cum qui veut dire avec et fidare qui signifie se fier. Se fier à quelqu’un suppose des informations en suffisance partagées mutuellement. Ce partage dérive d’un processus. Élire veut dire se fier à quelqu’un, s’accoupler, marcher ensemble, aller de pair. Ce processus donc, en aucun cas, ne saurait être bâclé. Pour toutes les parties concernées, c’est une véritable découverte, un voyage, une enrichissante expérience. Il faut avoir bien peu de noble fierté pour faire dépendre son bonheur et son avenir des autres. En d’autres termes, le choix de l’autre n’atteste pas notre démission citoyenne. La détermination de ce choix passe nécessairement par le prisme du savoir, de l’avoir et du pouvoir. La proportionnalité de ces trois (3) en vue d’obtenir un triangle équilatéral à l’intérieur duquel s’égalisent pour tous les citoyens les opportunités et la quête du bien-être, tel est le credo pérenne de toute société humaine, la nôtre incluse. Mais les enjeux, les facteurs, les influences, les tactiques, les stratégies, les vents contraires peuvent réduire à néant cette proportionnalité combien souhaitable. Déchiffrons ensemble le mystérieux rapport entretenu par le savoir, l’avoir et le pouvoir afin de révéler le secret de ces élections au demeurant fallacieuses en dépit des apparences contraires et majoritaires.

II. Le règne des supercheries.

Le savoir n’est certes pas synonyme d’excellence, de supériorité, ni de succès. Des déficiences peuvent être incrustées au savoir tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Les présomptions s’ajoutent à la liste des incertitudes en matière de connaissance, de savoir. Viennent ensuite le morcellement outrancier et l’aspect sélectif du vaste champ des informations disponibles dans un domaine donné. Enfin survient le spectre monstrueux des influences. Celles-ci sont de deux sortes : (1) Capacité financière (2) autorité politique. En Haïti, le jeu des influences se profile à nos yeux tel le combat opposant un éléphant à une souris. L’issue fatale s’affirme et la victoire de la souris proscrite à moins qu’il ne lui soit permis d’éviter les assauts écrasants de l’éléphant. Car la force véritable réside dans la perspicacité, l’œil perçant, les jeux d’esquive, les reculs ponctuels et les avancées fulgurantes.

La sagesse populaire proclame que « l’argent répond à tout ». Et nous savons tous qu’« un chef ne se révoque pas ». À cet égard, le filet est tendu devant les pas de la nation. Les véhicules du savoir connaissent les pires de toutes les carences : l’insécurité, l’intimidation, la pauvreté, l’infiltration. Quelles station de radiodiffusion, de télévision ou autre organe du quatrième pouvoir peuvent fonctionner convenablement dans l’emprise des quatre (4) carences précitées ? On dit toujours que « les affaires sont les affaires ». La Presse tend à devenir de plus en plus commerciale et de moins en moins noble. Et la plus grande de toutes les supercheries concernant la Presse réside dans l’amputation conjoncturelle de certains éléments d’exception en les élevant en dignité pour mieux se débarrasser d’eux. L’effet consécutif est double. D’une part, leur apostolat se termine ipso facto. De l’autre, les bourgeons encore fébriles deviennent sympathiques au gouvernement et s’alignent pour succéder à leurs aînés. Faut-il encore admettre, par écrit, que le savoir est par ainsi confisqué par le pouvoir à travers la Presse ?

L’avoir est bicéphale. Elle possède deux têtes. Le budget national en forme une, et la bourse de la classe commerçante en complète l’image. Une rivalité s’érige ici en antinomie apparente : le gouvernement sortant fait sa valise. Lourde des sous emportés de notre caisse, celle-ci entre en conflit avec l’idéal du commerçant qui entend conserver ses intérêts. L’avarice des dirigeants sortants est contrée par la perspective des futures poursuites en justice pour leurs actions exécrables, notamment la dilapidation des deniers publics. C’est ainsi que vont naitre les alliances décousues entre les commerçants et le gouvernement sortant. Ne croyez pas aux dissensions de façade qu’ils affichent pour s’assurer de la crédulité du peuple. Ils sont toujours de mèche et agissent en conséquence. Si l’information se distille en gouttelettes préférentielles, l’avoir part en exil loin de la bourse du peuple, le pouvoir s’exerçant par une troupe servile dénuée de scrupules, la proportionnalité du triangle équilatéral assurant l’harmonie sociale se perd dans un SUFFRAGE confectionné sur mesure. C’est en ce sens que la responsabilité et les moindres redevances envers la nation proprement dite s’absentent de l’échiquier administratif de nos gouvernements. La rigueur dans la discipline et le sens de l’honneur s’esquivent de notre quotidien historique. Un climat d’exil interne remplace l’engagement du citoyen. Remédier à cette torpeur représente un pas géant vers le changement souhaité et attendu par tous. Découvrons ensemble les étapes à franchir pour redresser nos torts sociaux par le biais d’un processus électoral conçu et exécuté par la nation haïtienne dans son intégralité.

III. Le Défaut de notre cuirasse : l’Exotisme.

« Depi’w keyi mango a lanjelis, san’w pa gen moun pou veye’l ni bèt pou pote’l, se nòmal pou vòlò anba raje bwote’l ». Cela s’appelle déphasage. « Nou pa gen kòb pou achte sèpèt ak wou, nap selebre revolisyon endistriyèl. Nou pa ka ranplase tòl ki sou do lekòl ak dispanse nan pwovens yo, epi men lajè drapo revolisyon sibènetik nou kap flote toupatou ». Nous nous nourrissons de très dangereuses illusions. Nous creusons notre propre tombe. Pourtant, nous n’en sommes pas coupables. À quoi ce paradoxe est-il dû ? « Tout eleksyon ki fèt san kondisyon yo pa reyini, se vòlò ganize epi dezas pou Pèp Ayisyen an ».

La seule circonstance historique où nous avions décidé de, par et pour nous-mêmes, date de plus de deux cents ans. Après quoi, l’opacité du nuage de l’exotisme nous emplit l’âme et le front. Le vieil adage latin ne ment pas en affirmant que « consuetu do secunda natura ». (L’habitude est une seconde nature.) Toute la représentation mentale du ressortissant haïtien privilégie les valeurs de provenance étrangère. Ceci est encore plus axiomatique dans le cadre des activités et des décisions politiques. Notre politique, pour le comble de nos malheurs, est tributaire des influences étrangères. L’homme haïtien ne décide pas des affaires de sa nation, il exécute les plans qu’il n’a pas conçus. D’où, un désaccord majeur avec notre réalité intrinsèque. L’invasion de l’exotisme dans toutes les sphères de la vie nationale est-elle rémissible, réversible ?

IV. Un aveu judicieux : notre faiblesse actuelle.

Effectuons l’inventaire de l’arsenal des catégories en présence dans le cadre précipité des préparatifs en vue d’une prochaine tenue électorale en Haïti. Nous n’avons que nous-mêmes, mais nous sommes la seule arme décisive en matière électorale. Cela devrait nous suffire et aurait suffi amplement. Fort malheureusement, les enjeux présagent le maintien du statu quo. Que voulons-nous dire par là ?

Le compétiteur à évincer détient la caisse de la république en sa possession. Malgré les diversions et apparentes dissensions, le pouvoir actuel s’entend bien ou même très bien avec les commerçants. En outre, le statu quo bénéficie de l’appui entier de la Communauté internationale. Sans contredit, les bandes armées des Quartiers défavorisés sont des Zenglen à la Soulouquoise ne jurant que par la volonté des hommes du pouvoir. Le jeu macabre qui se dessine àl’horizon électoral prochain d’Haïti s’annonce très sanglant. Faut-il accorder gain de cause à ces ravisseurs sans vergogne ? L’aisance d’un assaut en vue de la reprise éventuelle du pouvoir par les responsables actuels nous inquiète. Le sacrifice des fils et des filles de la nation est hors de question. Pourtant, il n’est pas exagéré d’affirmer que le peuple haïtien n’est plus qu’un spectateur lointain de sa propre histoire politique quotidienne. Il convient de trouver, dans le meilleur délai, un moyen sûr de contourner cette apparente impossibilité historique. Rouvrons les pages du Mouvement du Grief généralisé et apprenons de nous-mêmes le modus operandi convenable pour dérouter et plonger dans l’ignominie les ennemis de la nation.

V. Rappel approprié des Équivalences historiques.

Le groupe du grief généralisé ne possédait aucune possession matérielle. En effet, ils étaient eux-mêmes la propriété des gens à combattre et à vaincre. Leur entreprise était apparemment vouée à l’échec. Un ciment de qualité supérieure les transforma en un bloc monolithique. Ce ciment est la ferme et inébranlable conviction qu’ils ne pouvaient, ne voulaient et n’allaient plus tolérer leur condition d’existence. Un point et c’est tout ! Jean-Jacques Dessalines n’avait pas de comptes en banque ni de consortium jouant au troc avec lui : de l’argent pour le partage des ressources de l’État haïtien ! Dumarsais Estimé, en dépit de sa longue carrière de Griot et de Parlementaire, était financièrementtrès humble. Notre histoire nous enseigne que les centimes que les uns et les autres font tinter aux oreilles de nos concitoyens et de nos concitoyennes ne sont ni une finalité ni un handicap majeur.

Les conditions infrahumaines d’existence de l’Haïtien d’aujourd’hui, la précarité et l’incertitude de sa vie, la désespérance ensevelissant, la perte de son humanité, de sa citoyenneté, les guenilles des préjugés et des mépris s’amoncelant partout, tout concourt à établir une parfaite correspondance entre la société haïtienne et la poudrière de Saint-Domingue. La conjoncture actuelle d’Haïti n’a rien à voir avec nous. La compétence ou l’incompétence n’ont ici aucune importance. La conscience elle-même est cautérisée par un engrenage qui résulte des fraudes électorales successives. Car, dans une république souveraine, les missions étrangères s’imposent et décident de notre avenir. Rien n’est accompli et ne saurait être accompli par elles. Alors comment nous expliqueront-elles leur présence dans notre arène politique ?

VI. Comment vaincre la violence cyclique et la politique de doublure ?

Peut-on vraiment imaginer Sisyphe heureux ? Le peuple haïtien vit des turpitudes cycliques inacceptables et inhumaines. Les responsables actuels ne satisfont pas nos attentes. Le changement est impératif. L’équipe actuelle doit nécessairement céder la place à un autre groupe d’hommes et de femmes. Un effort colossal s’impose. L’enclume du temps et des circonstances nous engloutit minute par minute. Le marteau de l’action fracassante produirait plus de pertes en vies humaines. Les factions médusées de nos concitoyens et de nos concitoyennes se heurteront à la troupe des mercenaires qui n’hésiteront point à nous abattre. Évitons le jeu de la mort. Préconisons la supériorité de l’esprit sur la férocité instinctive des animaux sauvages vêtus de peau d’homme. Rappelons-nous que le dernier mot demeure celui du peuple en matière électorale. Alors que ferons-nous ?

Répudions la terreur sous toutes ses formes. Regroupons le peuple dans ses quartiers et décidons directement de l’avenir de notre nation. Renonçons aux centimes empoisonnés des objecteurs de la conscience nationale. Asseyons-nous ensemble et enseignons à tous nos détracteurs que le hasard n’a pas accouché de notre indépendance. Votons contre le statu quo en choisissant de bien cerner la priorité de la conjoncture politique actuelle : Que les Barreaux d’Avocats, les Associations Médicales, les Syndicats d’Enseignants et de chauffeurs, les organisations religieuses, les professionnels des petits métiers, les étudiants, surtout les étudiants, les paysans, toute la masse paysanne, les chômeurs et les journalistes dignes du nom se dévouent à un volontariat patriotique pour proclamer la fin de la politique de doublure en Haïti ! Telle est l’option actuelle la plus cohérente.

Rabbi Yaakov Betzalel HaShalom Porte-des-Etoiles, Km 47, route Nationale # 2, Thozin, Grand-Goâve, Haïti.




Articles connexes


Afficher plus [1506]