S'identifier Contact Avis
 
33° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Qui sera-t-il le prochain président de la République dominicaine ?

Qui sera-t-il le prochain président de la République dominicaine ?



Des élections présidentielles et législatives se tiendront ce dimanche 5 juillet au pays de Juan Pablo Duarte. La plupart des sondages donnent gagnant dès le premier tour le candidat du Parti Revolutionario Moderno (PRM), Luis Abinader, avec au moins 53% des intentions de vote. À moins d’une surprise !


Si Luis Abinader arrive en tête des sondages, Gustavo Castillo, le candidat du Partido de la Liberacion Dominicana (PLD), le parti au pouvoir, est bien loin derrière lui, avec au moins une dizaine ou une quinzaine de points d’écart. Quant au troisième candidat majeur de cette présidentielle très importante, Leonel Fernandez, le leader de la Fuerza del Pueblo, les sondages le créditent de 10% environ des suffrages.

Sur un plan heuristique, que valent ces sondages effectués régulièrement par des firmes renommées spécialisées dans les consultations électorales ? Une question qui vaut son pesant d’or quand on sait combien la République dominicaine est affectée par la pandémie de la Covid-19. Beaucoup estiment que la crise sanitaire créée par le nouveau coronavirus aura un impact important ou décisif sur le déroulement des opérations électorales.

On se souvient que le scrutin municipal de mars denier s’était caractérisé par une très forte abstention du corps électoral. Néanmoins, le parti de Luis Abinader avait remporté très largement ces élections en dépassant nettement le PLD qui, par la même occasion, perdait son hégémonie totale au niveau municipal. Grand gagnant, le PRM a acquis à l’issue de ces joutes plus de la moitié des mairies, soit 81 sur 158 tandis que le PLD qui dominait totalement l’espace municipal dominicain n’a obtenu que 65 mairies en tout.

Cette victoire pourrait représenter, dimanche, un avantage tactique pour le PRM et Luis Abinader. Ceci d’autant plus que ce parti disposera sur le plan psychologique de l’effet de la victoire du 15 mars dernier et le contrôle de 81 mairies - dont celle de Santo-Domingo - va lui permettre de mieux déployer ses forces sur le terrain afin de conjurer définitivement le démon de l’abstention massive (près de 50% du corps électoral) des dernières municipales. Car rien n’est encore totalement perdu pour le PLD de Danilo Medina et de Margarita Cedeno de Fernandez. D’ailleurs le chef effectif du PLD vient de déclarer que son poulain Gonzalo Castillo gagnera dès le premier tour. Dernière bravade ? Ou stratégie électorale secrète ou coup de Jarnac massif ? Mystère et boule de gomme !

En tout cas, ces présidentielles promettent d’être intéressantes à plus d’un titre. C’est tout le paysage politique dominicain qui pourrait être bouleversé et reformaté après plus de quinze ans de domination totale de la scène politique dominicaine par le PLD. Une nouvelle ère pourrait peut-être s’ouvrir à l’est de l’île d’Haïti.

Cependant, certains sceptiques doutent de cette nouveauté systémique en arguant que c’est toujours le même schéma global qui se dessine à l’horizon. Que c’est la famille politique de Juan Bosch qui, à travers divers avatars, continuera de dominer la scène politique dominicaine. Le PRM de Luis Abinader est bien issu de la matrice politique boschienne. Tous les grands partis politiques dominicains, à l’exception des néo-balagueristes du Parti réformiste social-chrétien (PRSC), continuent à se réclamer nolens volens de l’icône de l’ex-président renversé par un coup d’État complexe en 1963. Le PRM de Abinader réussira-t-il à se débarrasser de l’image du père ? La grande question !

Une bataille pour la survie et la suprématie
Mais le scrutin du 5 juillet prochain n’est pas seulement présidentiel, mais aussi législatif. Ce qui va rendre le combat électoral d’autant plus âpre pour gagner le cœur des électeurs et des électrices. Lors des présidentielles de 2016, près de 32% du corps électoral dominicain s’est abstenu de participer au scrutin. La sortie de Leonel Fernandez du Partido de la Liberacion Dominicana et la création dans l’enthousiasme du bloc de La Fuerza del Pueblo pouvaient laisser espérer que l’ex-président dominicain allait mobiliser ces votants dormants pour une nouvelle percée sur la scène politique dominicaine. Mais rien de tout cela n’est survenu et la donne est restée la même. Et ces récalcitrants électoraux resteront sans aucun doute une fois de plus chez eux.

Ni Leonel Fernandez, ni Gonzalo Castillo, ni même Luis Abinader n’auront réussi à les mobiliser et à les faire sortir de leur léthargie. Il s’agit là de plus de deux millions d’électeurs et d’électrices. Il est vrai que la Covid-19 s’est mise de la partie en forçant les gens à se terrer chez eux.

Pour la plupart des observateurs, les jeux sont déjà faits. À 95%. Mais les 5% de cette équation sont des inconnues que sans aucun doute Danilo Medina essaie de maîtriser ou a déjà dans sa poche de manière secrète. Mais ce grand “docteur es élections” est desservi par le manque évident de charisme de son poulain qui n’arrive pas à atteindre, voire à dépasser, la barre des 40% dans les sondages électoraux.

Medina espère-t-il un miracle pour son candidat ce 5 juillet 2020 ? La messe est peut-être déjà dite, mais les enjeux sont ailleurs. Notamment en raison du fait que les présidentielles et les législatives auront lieu le même jour. Les enjeux : 32 postes de sénateurs et 190 postes de députés. Le Partido de la Liberacion Dominicana possédait la majorité absolue dans les deux instances du parlement dominicain. Maintenant il doit se battre à fond la caisse pour espérer conserver 45 ou 50% de ces postes pour pouvoir peser valablement sur la politique dominicaine à court et moyen terme.

Margarita Cedeno, la candidate à la vice-présidence pour le Partido de la Liberacion Dominicana, pourra-t-elle être d’un secours de dernier moment ? Des observateurs sont très dubitatifs à ce sujet, car la “stratégie Cedeno” s’est fracassée bruyamment lors des municipales annulées en février 2020 pour dysfonctionnements massifs des machines électorales électroniques. On espère que ce scenario ne se renouvellera pas ce dimanche.

Lundi 6 au matin, on saura si la République dominicaine se réveillera avec un nouveau président. Qui sera-t-il ? Luis Abinader ou Gonzalo Castillo ? Quelle sera la nouvelle configuration de l’échiquier politique dominicain ? Comment le nouveau président va-t-il sortir la République dominicaine du marasme provoqué par la Covid-19 avec plus de quatre milliards de dollars de croissance économique partis en fumée, l’espace d’un cillement. Leonel Fernandez va-t-il créer une très grosse surprise ce dimanche en faisant mentir tous les sondages ? En cas de victoire de Luis Abinader, comment ses voisins - dont Haïti - vont-ils se positionner ? Quelle est la pensée profonde du candidat du Parti Revolutionario Moderno à la présidence sur Haïti en ce qui concerne les questions économiques ? De toute manière quelque soit, le candidat qui gagnera, la scène politique dominicaine ne sera plus la même.

Azad Belfort
Spécialiste de Relations internationales.
WhatsApp:509-3170-4502
courriel:azad59_2009@yahoo.fr




Articles connexes


Afficher plus [1544]