S'identifier Contact Avis
 
27° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

À quand la réouverture de l’Église?

À quand la réouverture de l’Église?



En réponse aux deux cas confirmés annoncés par le président de la République 19 mars 2020, un arrêté n’a pas tardé à sortir. Dans l’article premier de celui-ci, l’alinéa 1 se lit comme suit :

« Les écoles, les parcs industriels, les péristyles ou temple de vodou, les églises, les mosquées et tous outres lieux de cultes généralement quelconques, les aéroports internationaux, les frontières terrestres et maritimes demeurent fermés jusqu’à nouvel ordre ».

Suite à la publication de cet arrêté, au moins cinq pasteurs ont été arrêtés pour violation de celui-ci. Maintenant l’interdiction de réunir à dix personnes au maximum est passée à cinq. Donc cela devient beaucoup plus compliqué pour l’Église dont certaines sont obligées d’utiliser les réseaux sociaux (plus particulièrement Facebook) pour nourrir leurs fidèles. Une stratégie, il faut le dire, qui exclut automatiquement certains fidèles. Mais la situation l’oblige.

Maintenant nous nous posons la question : est-ce que, exclusivement, c’était l’église qui était dans l’œil de cet arrêté? En regardant la réalité en face, on est en droit de répondre affirmativement à cette question. Car après la décision du gouvernement de fermer les institutions mentionnées dans l’article cité plus haut, on est presque certain qu’il y a, uniquement, deux institutions qui ont subi toutes les rigueurs de cet arrêté: les églises et les institutions scolaires. Car celles-ci ont été surveillées comme le lait sur le feu par les autorités. Comme mentionné dans les lignes précédentes, « Au moins cinq pasteurs ont été arrêtés pour violation de l’interdiction de rassemblement » (le nouvelliste, 23 mars 2020). Depuis lors, il y a une sorte de contrôle masqué qui se lance à l’encontre de l’église sous des formes diverses.

Cependant il y a d’autres espaces qui fonctionnent sans s’inquiéter de quoi que ce soit. Il n’est pas un secret pour personne, des programmes comme : Ti sourit, chanpiona katye e atè plat, s’organisent dans tous les endroits de la capitale. Ils n’ont jamais cessé de fonctionner. Cela se fait sous l’œil complice des autorités. Toutefois, nous n’ignorons pas l’intérêt qu’il y a dans ces gens de programme. Nous tenons à rappeler, dans ce type de programme, on consomme beaucoup d’alcool et de cigarettes. Donc ceci étant dit, on peut se fait une idée. Cet État bourgeois qui œuvre constamment pour protéger l’intérêt de cette classe n’allait pas trop leur causer de préjudice. Il faut qu’il y ait un espace où l’on peut consommer de l’alcool et de cigarettes en masse pour arranger ceux qui ont le monopole de ces produits dans le pays. C’est exactement ça le rôle d’un État courtier. Alors le fait de laisser dérouler des programmes favorisant la consommation de l’alcool et de cigarette en quantité c’est une position calculée. Il y a d’énormes intérêts économiques qui s’y jouent.

Il faut le croire, ce n’est pas parce que les autorités qui sont dans l’État aiment tellement les fidèles de l’église que pour les protéger ils les empêchent de rassembler. NON ! Comme dit un proverbe africain : « les poissons se trompent grandement s’ils croient que les pêcheurs veulent leur fait du bien en leur donnant à manger». Donc il faut déceler le caractère suspect de cette décision.

L’église comme institution religieuse, dans son rôle sociale, pouvait apporter leur quote-part dans la sensibilisation contre la propagation de la COVID 19. Qu’est ce qu’on constate ? On l’écarte tout simplement en l’interdisant de se rassembler. On a souvent oublié que l’église fait aussi parti de la société civile. Elle était séparée de l’État, comme c’était le cas en France, mais elle reste membre à part entière de la société. Elle doit être prorogée par l’État, comme membre de la société. Mais les faits nous prouvent le contraire. Dans cette affaire de «confinement», à mon humble avis, l’église ne reçoit aucun moyen (masque et produits alcoolisés) de la part de l’État pour se protéger. Seule mesure de protection qu’on l’impose, c’est l’interdiction de rassemblement. À cela, il y a une politique deux poids deux mesures entre l’église et autres lieux de rassemblement. Il y a une fixation sur l’église.

29 juin 2020 dans une conférence de presse le président de la République, M. Jouvenel Moïse, annonce la réouverture totale des usines (où il y a une surpopulation terrible), les clubs ont jusqu’à minuit pour fonctionner. Toujours pas de date pour la réouverture des églises et les établissements scolaires. On ne voit pas du tout la logique de cette décision. Est-ce que cela veut dire la santé ou la vie des gens travaillant dans les usines et qui fréquentent les boite de nuit ne compte pas? Ce n’est pas difficile à répondre. C’est une question d’INTERET ! Ce qui m’inquiète le plus dans tout cela, c’est le silence des associations des pasteurs, des chefs de mission et de la fédération protestante d’Haïti qui ne pipent pas un mot sur cette situation. Les fidèles doivent comprendre que l’heure est cruciale et intimidante. Pendant que l’église n’a toujours pas l’autorisation de rassembler, le gouvernement prend des décrets sans équivoque sur leur velléité de l’égaliser le « massi-madi » en Haïti. Le dernier en date est celui paru dans un numéro spécial du journal officiel ; le moniteur 16 juin 2020 portant sur le numéro d’Identification nationale unique (MINU) et la Carte d’identification nationale Unique (CINU) dont l’article 5, deuxième paragraphe se lit ainsi :
« Toutes personnes, ayant subi des changements morphologiques, fait la mise à jour y relative dans les deux mois qui suivent ces changements au bureau de l’Office national d’Identification.»

C’est article a fait couler beaucoup d’ancres. Pour certains, c’est une licence pour le «massi-madi». Voilà que l’église est fermée, les pasteurs n’auront pas la chance de le critiquer et d’expliquer aux fidèles les portées d’un tel décret sur la société et les précautions à prendre. Encore un autre calcul des autorités.

Puisque l’église ne peut pas rassembler, certains fidèles n’ont même pas d’avis de l’existence d’un tel décret. Dans son rôle social, l’église doit informer ses membres sur des choses qui auront une incidence sur le cops social. Car, en attendant le retour de Jésus Christ, qui est l’espérance de tous les chrétiens, nous devons jouer notre rôle comme citoyen et membre d’une nation. Ainsi subirons-nous toutes les décisions des autorités et nos droits sont susceptibles d’être violé comme tous les autres membres de la société. Les chrétiens ne doivent pas rester indéfiniment polis, laissant leurs droits les plus fondamentaux, celui d’être dans son assemblée, foulé au pied par des personnes censées placées pour le protéger. On est plus fort quand on est ensemble. Une assemblée (église) n’est pas la somme des parties qui la forme, c’est un tout. Nous parlons ici de l’église physique. L’église est à la fois physique et spirituelle.

Il faut que les autorités disent clair, s’ils sont en train de servir du COVID 19 pour imposer une censure lente aux institutions religieuses du pays ou s’ils veulent finir de promulguer tous les décrets stupides souillant, indignement, l’imaginaire collectif du peuple haïtien.

Nous les chrétiens notre lieu de prédilection c’est notre assemblée. Nous vivons pour elle. C’est là nous pouvons guéris de nos maux spirituels, moraux, psychologiques et émotionnels. Il est vrai que nous ne vendons pas des boissons alcoolisées et des cigarettes, nous n’organisons pas de programmes valorisant ces produits, mais nous faisons des choses qui dépassent toutes considérations économiques et la société en profite grandement. Nous sommes certains si nous étions de l’autre coté cela allait précipiter notre réouverture. Par exemple si nous organisons des programmes qui incitent à la débauche, des programmes que les autorités aiment à financer d’ailleurs! On nous comptera sur la liste qui entre la main du président.

Mais nous cherchons la vraie raison pour laquelle l’interdiction de rassembler prise à l’endroit de l’église est encore maintenir. Nous voulons croire qu’il n’y a pas eu de réunion avec les propriétaires des clubs, les patrons des usines ainsi que les responsables des programmes atè plat, ti sourit et autres. Pourquoi toutes ces formalités pour l’Église?

Comme l’église n’a pas de groupe de pression, elle reste au bon vouloir de Monsieur l’État de la laisser une chance de ré-rassembler pour la satisfaction des plusieurs milliers des fidèles. J’invite tous les fidèles à continuer à implorer Dieu. Tout cela arrive parce que nous sommes l’Église, le sel de la terre. Le pire des choses qui peuvent nous arriver c’est de laisser filer notre saveur.

Paix de Dieu sur vous!

Robenson SAINT-HILAIRE
Membre de l’Église de Dieu en Christ de la rue Acacia
Diriger par : Pasteur Adler Chatelain et Gregory Simon




Articles connexes


Afficher plus [1536]