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'Amérique, une vitrine de violences raciales et d'inégalités sociales effrayantes

'Amérique, une vitrine de violences raciales et d'inégalités sociales effrayantes



De l'Afrique à l'Amérique,
des plantations aux usines, plus de quatre cents ans d'exploitation.

Comme dans le reste du monde, les inégalités de tout genre continuent de poser des défis de taille aux États-Unis. En plus du problème systémique des violences physiques des policiers blancs sur les noirs, la pandémie a permis à plus d'un de mieux cerner et comprendre les disparités économiques, sociales existant entre les gens des classes défavorisées ( les have not) et les nantis ( les have) de la société américaine.

J'ai été pendant plusieurs années un travailleur social qui intervenait régulièrement auprès des individus, des couples, de familles, des groupes de jeunes, des immigrants en vue de les aider à résoudre ou à prévenir des problèmes d'ordre personnel, familial ou social comme les violences physiques, le suicide, la délinquance, les grossesses précoces, l'addiction aux drogues, les difficultés de performance académique. Donc, à partir de ces expériences de première main, j'ai une idée de cette grande disparité sociale et économique existant aux États-Unis, pourtant encore première puissance mondiale ainsi que le pays le plus riche du monde.

Mis à part des visites de certains clients dans mon bureau, mon travail était non seulement d'accompagner les gens dans des institutions publiques, mais il s'agissait aussi d'effectuer régulièrement des visites à domicile pour avoir une idée des conditions et du mode de vie des familles. Pour répondre à cette obligation, que ce soit en voiture privée ou transport en commun, j'ai eu la chance de fréquenter presque quotidiennement les grands "projects" de Brooklyn et de Queens où s'entassent, comme des sardines dans des appartements étroits, des familles des classes défavorisées.

Cette situation m'a permis de comprendre que si, à première vue, les gratte-ciels, les grandes autoroutes, les subways, les hôpitaux de New York et dans bien des cas, l'abondance de"food" durant des fêtes traditionnelles comme le 4 juillet ou de Thanksgiving peuvent bien émerveiller certains gens, par contre, ceci représente en fait la partie visible d'un iceberg qui cache une disparité sociale et un racisme sans merci à l'intérieur même des États-Unis, pays donneur de leçon des droits humains au reste du monde, particulièrement les pays moins avancés de la planète comme Haïti.

Au fil des ans, des décennies et de générations, ces spirales d'inégalités sociales ne se sont pas seulement amplifié à New York le big Apple, elles le sont aussi dans bien d'autres grandes villes comme New Jersey, Chicago, Pennsylvanie, Florida, Detroit, etc.

Philippe Corbé dans son texte, États-Unis: pourquoi le rêve américain est ébranlé par les inégalités sociales écrit que: "le rêve américain, cette promesse que n'importe qui peut réussir s'il travaille suffisamment dur reste l'un des mythes les plus ancrés dans la société américaine. Pourtant la réalité est beaucoup plus complexe dans le pays le plus riche du monde. En effet, les inégalités sociales n'y ont jamais été aussi profondes. Aux côtés de multimillionnaires, certains Américains doivent cumuler deux voire, trois emplois pour s'en sortir".

Toujours selon Philippe Corbé " La société américaine est beaucoup plus inégalitaire que les autres pays de l'OCDE, que les pays européens, notamment la France, mais ce fossé s'est accru considérablement depuis la crise financière de 2008. Jamais depuis que les statistiques existent, l'écart de revenu entre les plus riches et les plus pauvres n'a été aussi large. Ce n'est pas forcément que les plus pauvres sont devenus les plus pauvres, c'est que les plus riches sont devenus beaucoup, beaucoup plus riches".

Dans son texte, États-Unis: pourquoi les noirs et les pauvres sont les plus touchés par le Covid 19 publié le 20 avril 2020, Grace A. Noppert écrit: "Aux États-Unis, l'épidémie du Covid 19 a déjà fait plus 40.000 victimes en quelques semaines. Sans surprise, les Américains les plus touchés par cette crise sont les minorités et les pauvres. Mais ce qui interpelle surtout, c'est le nombre impressionnant d'Afro-américains contaminés par le virus. Le Washington Post rapporte ainsi que dans l'État de Michigan, 40% des décès dus au Covid-19 proviennent de la communauté noire, alors qu'elle ne représente 14% de la population".

En découvrant ce chiffre, Noppert, épidémiologiste spécialisée dans les maladies infectieuses n'a pas été surprise. Puisque, selon elle, "le nombre de décès élevé au sein de la communauté noire aux États-Unis est en grande partie dû à des siècles de ségrégation et de discrimination qui ont relégué une proportion très élevée de Noirs dans des quartiers pauvres et surpeuplés ou l'accès aux services de santé est largement insuffisant. Cela indique clairement que "la discrimination imprègne tous les aspects de la vie aux États-Unis et s'étend à toutes les personnes de couleur".

Les Afro-américains sont particulièrement vulnérables face à cette pandémie du Coronavirus car ils ont plus de probabilité d'occuper des emplois mal payés, qui ne peuvent pas être effectués en télétravail et n'offrent ni assurance maladie ni indemnités en cas d'absence pour maladie".

Selon une étude menée en 2018, 11% des blancs vivent dans des foyers dont leurs revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté officiel, contre 23% des Afro-Américains et 19% des Hispaniques. Les personnes de couleur ont plus de probabilité de vivre dans les quartiers pauvres où l'accès aux biens de première nécessité et aux soins médicaux est restreint. Il est prouvé depuis longtemps qu'il existe un lien de cause à effet entre la pauvreté et la propagation des maladies infectieuses". En effet, aux États-Unis, "La politique raciale reste un phénomène majeur. Le racisme se reflète toujours dans les inégalités socio-économiques et emprunte des formes d'expressions plus modernes et indirectes, et la plus prédominante étant le racisme symbolique. La stratification sociale se perpétue dans les secteurs de l'emploi, du logement, de l'éducation, des prêts bancaires et du gouvernement".

En guise de conclusion, l'Amérique des grandes infrastructures routières et de gratte-ciel, est en réalité, l'apparence qui cache des centaines d'années d'inégalités sociales liées à la ségrégation raciale, aux périodes de Jim Crow et au virus non éradiqué du racisme. L'affaire George Floyd, un cas de trop, révèle qu'il est temps que L'Amérique arrogante, condescendante et donneuse de leçons sur les notions de droits humains et de démocratie à des pays de la Caraïbe et autres comme le Venezuela ou Haïti, accepte de se regarder dans le miroir de la dignité humaine dont il trop souvent pensé que c'est destiné à l'usage des autres et non à la tête parfaite de l'Oncle Sam.

Esau Jean Baptiste
younalot@yahoo.com




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