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Lettre à Jean Léopold Dominique

Lettre à Jean Léopold Dominique



Monsieur Jean Léopold Dominique,

Lorsque vous et Jean-Claude Louissaint, le gardien de votre Radio Haïti Inter, avez été tombés, lundi 3 avril 2000, sous les balles des criminels, j’habitais à Bayonnais, 3e section des Gonaïves. J'y demeure encore. Étant donné que les droits des paysans sont bafoués, depuis après l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, donc nous n’avons pas, à l’époque, trop d’accès à l’information. Une façon de vous dire que j’ai appris à vous connaître à travers vos œuvres, les archives…

J'apprends que vous aviez une solide formation académique. Outre, le journalisme, vous avez fait des études en agronomie que vous aurez complétées à l'Institut national agronomique dans les années 1950 à Paris où vous aurez découvert le cinéma. Encore êtes-vous le premier à avoir introduit le créole, élément culturel qui cimente tous les Haïtiens, à la radio en Haïti, et faire la promotion du journalisme d’investigation. Comme récompenses, vous étiez contraint à laisser le pays, à maintes reprises, avant même d’être abattu par les assassins.

Je vous écris, Monsieur Dominique, pour vous dire qu'après 20 ans depuis que vous êtes parti, la presse haïtienne pour laquelle vous avez tant lutté est devenue très irresponsable, partisane et malmenée. Contrairement à vous qui avez donné une place importante à la paysannerie, à Radio Haïti Inter, la presse haïtienne d'aujourd'hui n’accorde aucune importance aux revendications des paysans haïtiens.

Oubliés par les directeurs d’information et les patrons de médias, je dois vous dire que les problèmes des paysans ne font jamais la "une" de nos médias. Le déferlement du riz américain sur le marché haïtien auquel vous vous êtes opposé reçoit la promotion des médias haïtiens qui, par ricochet, boycottent la production nationale. Cela dit, les cultivateurs de riz haïtien en particulier ceux de l’Artibonite sont laissés à eux seuls face au libre-échange.

Il n'y a plus de chroniques sur le cinéma haïtien comme vous avez habitude de le faire. La presse culturelle haïtienne est réduite à un petit clan constitué d'annonceurs et d'animateurs de musique. Très peu de places sont accordées, dans les médias, à la littérature, l'artisanat, la danse, la peinture, la mode... Les étudiantes et les enseignantes-chercheuses qui font des efforts dans des espaces machistes comme l'Université d'État d'Haïti (UEH) ne sont pas valorisées.

Dans son ouvrage titré : Autopsie de l'autorégulation de la presse haïtienne : Considérations éthico-politiques [1], Lafontaine Orvild identifie que l’overdose politique, la corruption-business, la hargne à devancer les concurrents dans la diffusion de scoops sont les plaies d'une presse victime de mimétisme servile. À preuve, la presse haïtienne est souvent frappée par des scandales de corruption.

Cela dit, au cours d’une interview accordée à Scoop FM, dans le cadre de sa participation au carnaval des Cayes en 2019, l’ancien président Michel Martelly [2] a accusé Le Nouvelliste d’avoir marchandé sa ligne éditoriale auprès de son ancienne administration. Le Nouvelliste a promis qu’il allait intenter une action en justice en vue de sommer Michel Martelly de fournir les preuves de ses accusations, des tentatives de chantage, des paiements et les copies des articles complaisants commandités par ses soins ou par les institutions à ses ordres pendant la période où il avait la haute main sur les milliards du Trésor public. Jusqu’à aujourd’hui, Monsieur Dominique, aucune suivie n’a été faite par le journal. Les doutes restent toujours planés.

Des millions de gourdes ont été décaissés pour certains médias par l’administration de Jovenel Moïse, dans le cadre son «caravane changement». Récemment, un scandale de corruption a éclaté entre des présentateurs de l’émission «Matin Caraïbes» sur la Radio télévision Caraïbes (RTVC). Emmanuel Jean-François, l’un des co-animateurs, a dénoncé ses collaborateurs (Edmond Jean-Baptiste, Remarais Jean-Baptiste, Joseph Guyler Cius Delva et Eric Laguerre, dit «Tonm Malè» décédé en mars dernier) d’avoir empoché un million de gourdes (250 000 gourdes pour chacun), de l’ancienne directrice du Service métropolitain de collecte de résidus solides (SMCRS), Magalie Habitant, en décembre 2019. Cette somme du Trésor public était destinée à l’assainissement. Est-ce qu’il avait cette pratique de corruption au sein de la presse haïtienne, à l’époque où vous étiez journaliste, Monsieur Dominique ?

Il n’y a pas que la corruption qui ronge la presse haïtienne. Peut-être ne seriez-vous pas au courant, si Baron samedi et Baron cimetière, deux tout-puissants, vous auraient privé le droit de vous informer. Mais laissez-moi vous dire que les agressions, les exploitations et le harcèlement sexuels sont des pratiques courantes dans le milieu médiatique haïtien. Par exemple, le 28 novembre 2014, sept employés de la Radio télévision nationale d’Haïti (RTNH), dont deux journalistes (de sexe féminin), ont dénoncé, dans une lettre ouverte, le harcèlement de la part du directeur d'alors en l'occurrence, Harrison Ernest. Reporters sans frontière (RSF) a exigé une enquête approfondie suite à ces révélations. À l’heure où je vous écris ces lignes, aucun point n’a été fait sur cette situation.

En plus d’informer, divertir et éduquer, la presse a une fonction d’investigation. Moi, qui vis en Haïti et suis avec attention les médias haïtiens, je constate que nos journalistes ne font pas usage du genre journalistique appelé "investigation" dans les travaux qu'ils ont réalisés. Ce qui revient à dire qu'aucune enquête n’a été réalisée sur des actes malhonnêtes répétés dans le pays, au cours de ces 30 dernières années.

Placé à la tête de la Fédération haïtienne de football (FHF) pendant plus de 20 ans, soit depuis en 2000, Yves Jean-Bart, dit «Dadou», ancien président de ladite fédération, ancien journaliste et PDG de la Radio télé Galaxie, a été accusé d’avoir contraint de jeunes joueuses du Centre technique national de Croix-des-Bouquets à avoir des relations sexuelles avec lui.

Et c’est un média britannique, «The Guardian», qui a mené cette investigation [3]. D’après vous, Monsieur Dominique, pour quelles raisons, la révélation a été faite par un média étranger ? Nos journalistes sont-ils incompétents pour pratiquer ce genre journalistique ? Ne choisissent-ils pas d’investiguer parce que de nombreux d'entre eux supportent M. Jean-Bart à la tête de la fédération au profit de leurs intérêts mesquins ?

J’ai appris à la Faculté des sciences humaines (FASCH) de l’UEH qu’un journaliste doit éviter d’utiliser des genres explicatifs et/ou d’opinion dans des éditions de nouvelles (genres informatifs). De nos jours, je constate que des journalistes qui se font appeler «journaliste senior» et ayant travaillé sur votre supervision à Radio Haïti Inter et bon nombre de jeunes journalistes fraîchement arrivés ne respectent pas ce principe. Et chaque seconde, ils brandissent votre nom comme leur référence. Puisque le dicton dit «Tel père, tel fils», est-ce vous qui seriez un mauvais maître ou ce sont vos élèves qui ont été, à cette époque, incompétents et ont assis dans la mauvaise rangée ?

Après avoir intégré radio Haïti de Ricardo Widmaeir en tant que commentateur culturel, les informations ont rapporté que vous avez acheté ladite station et l’avez rebaptisée Radio Haïti Inter. Donc vous étiez un patron, c’est-à-dire vous avez eu des salariés. Vous avez accepté, dans ce cas, Monsieur Dominique, le fonctionnement des médias qui, à la lumière de Patrick Charaudeau [4], obéit à une double logique : commerciale et démocratique. Logique commerciale, vous vous inscriviez dans le principe du profit. Celui-ci se réalise par le biais des rentrées publicitaires à proportion du nombre d’auditeurs et/ou de lecteurs. Logique démocratique, parce que vous vous êtes engagé à informer, former et éclairer l’opinion publique.

Les médias comme entreprises capitalistes, tant est que la logique commerciale soit satisfaite, la seconde est absente. Je tiens à vous féliciter, Monsieur Dominique, parce que j’ai appris que vous avez réfuté cette thèse. «Radio Haïti Inter est très vite reconnue comme une station anti-autoritaire luttant inlassablement pour la restauration de la démocratie en Haïti. Elle se donne pour mission la protection des droits et de la dignité de tous les Haïtiens. Elle parle sans hésitation de la violence effrénée des tontons-macoutes envers les paysans haïtiens», souligné-je dans un article. Compliments!

L’ouvrier qui travaille mérite son salaire. Même s’il s’agit d’une affaire administrative, mais permettez-moi de vous demander comment vous avez traité, sur le plan salarial, vos journalistes qui, aujourd’hui, de nombreux d’entre eux, sont des propriétaires de médias ? Selon le Conseil supérieur des salaires, le salaire minimum mensuel d’un journaliste est fixé à 16 500 gourdes. Cette somme doit constituer le salaire plancher de tout emploi se trouvant dans le «secteur A», dont font partie les médias.

Pour citer Samuel Celiné du média en ligne AyiboPost [5], bon nombre de journalistes perçoivent, jusqu’à présent, Monsieur Dominique, des salaires de misère n’atteignant même pas la moitié du salaire minimum. Selon les résultats de cette enquête, sur 30 entreprises de presse analysées au niveau de la capitale haïtienne (Port-au-Prince), seulement huit qui offrent des salaires respectant le dernier ajustement du salaire minimum qui remonte au mois de novembre 2018. «Pour les huit entreprises respectant le salaire minimum, lit-on, les salaires les plus bas varient entre 18 000 et 25 000 gourdes pour des professionnels ne réalisant qu’une seule tâche au sein du média».

Il y a d’autres patrons, poursuit-il, proposant à un journaliste 10 000 gourdes pour travailler à la fois comme reporteur et présentateur d’un journal qu’il doit préparer lui-même. Comme étant un vrai témoin qui dit la vérité, je connais de grands médias à Port-au-Prince qui paient des journalistes entre 6 000 et 7 000 gourdes par mois. Alors que, Jean Léopold Dominique, ces médias ont des recettes publicitaires s’élevant à des milliers de dollars américains. Est-ce que ce sont les mauvaises manières dont vous avez traité vos employés (journalistes) qu’ils ont reproduites? De façon plus précise, avez-vous habitude de leur donner des salaires misérables qui restent chez eux comme des schèmes ?

Monsieur Dominique, vous savez mieux que moi que les journalistes et les hommes politiques sont deux maillons de la chaîne de la communication politique. Il est normal qu’un média se positionne clairement, sur le plan idéologique. Après votre retour en Haïti en 1986, vous avez soutenu aveuglément Jean-Bertrand Aristide, élu président d’Haïti en décembre 1990, sous la bannière du Front national pour le changement et la démocratie (FNCD).

Contrairement à ce que vous prétendiez, les élections présidentielles de 1990 n’ont jamais été crédibles, ni honnêtes, ni démocratiques. Selon l’enseignant-chercheur Luné Roc Pierre Louis [6], ce sont les mégafoules manipulées par un discours populiste qui finiront par placer Jean-Bertrand Aristide comme président de la République d’Haïti. Pierre Louis souligne que les médias le (Aristide) préparaient davantage à se forger une auréole et une aura mythiques pour mieux gagner les mégafoules à sa solde en prélude aux dionysiaques plébiscitaires du 16 décembre 1990.

À se déclarer vainqueur dès l’aube du 17 décembre, cette recherche réalisée par Luné Roc Pierre Louis montrent que ce sont les bacchanales plébiscitaires qui forcèrent le Conseil électoral provisoire (CEP) à octroyer la victoire à Aristide, ainsi qu’à tous les autres candidats "Lavalas" pour les élections de ce même 16 décembre. Même si vous avez tourné le dos à Jean-Bertrand Aristide pour les dérives de corruption, vous avez toutefois participé à mettre ce leader populiste au Palais national.

Vous vous êtes opposé à Jean-Bertrand Aristide pour avoir libéré, sous les pressions des institutions internationales, le marché haïtien, mais, vous étiez conseiller de René Préval, dauphin d’Aristide qui va rentrer au Palais national le 7 février 1996, sans pour autant intégrer son cabinet, bien sûr. Le président Préval a reproduit les mêmes faits que vous avez reprochés à Jean-Bertrand Aristide. René Préval, votre ami fidèle, a participé, au cours des 30 dernières années (1990-2020), à la suppression des licences d’importation et a abaissé, de manière drastique, les droits de douane prélevés à l’importation de produits alimentaires de base, sans compter certaines institutions publiques, dont la compagnie des Télécommunications d'Haïti (TELECO) qu’il a privatisées.

Dans une recherche menée par Sandrine Fréguin et Sophie Devienne [7], je retiens, pour vous, les indications suivantes: «[De 1995 à 1996], les tarifs douaniers passèrent pour le riz de 50% dans les années 1970 à 3%, pour le haricot de 50% à 0% et pour le maïs de 50% à 15%.» Donc allant au-delà des règles des accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Haïti est devenu, à l’époque, l’un des pays les plus libéraux au monde.

À l’égard d’H. Bruce Huff [8], la majorité des importations de produits agricoles entrent en Haïti en franchise de droits, avec des droits de douane consolidés à taux zéro pour un certain nombre de produits agricoles notamment le lait en poudre, les graines, le blé, l'huile de lin ainsi que les huiles et graisses animales. Le défenseur des paysans haïtiens que vous prétendiez être, Monsieur Dominique, j’aimerais que vous expliquiez à la République d’Haïti pourquoi vous avez accepté de partager des relations cordiales avec René Préval, un chef d’État de doublure qui agissait sous les ordres de Jean-Bertrand Aristide et Bill Clinton, vos ennemis ?

Il y a un proverbe qui dit qu’«une fois, c’est une erreur, deux fois, c’est une mauvaise habitude». Sur ce, l’histoire prouve que vous avez contribué, comme journaliste, à faire surgir des leaders populistes. À deux reprises (en 1990 et 1995), vous avez participé à faire élire deux présidents marionnettes – Jean-Bertrand Aristide et René Préval – qui permettent à Haïti de passer d'une économie hautement protégée à une économie extrêmement libérale.

Il y a toujours un laisser-frapper entre les scientifiques et les journalistes. Ces derniers estiment qu’ils ont la légitimité pour prendre la parole à la place des chercheurs. Raison? À force de rencontrer des scientifiques, par exemple, les journalistes, selon Dominique Wolton [9], spécialiste incontesté des médias, se croient appartenir au même monde que les intellectuels.

Dit autrement, suivant Luné Roc Pierre Louis [10], la plupart de journalistes prétendent faire passer leurs déclarations pour des analyses scientifiques et que celles-ci donnent lieu à leur tour à des conclusions qui s’accusent être des pétitions de principe. Pour l'histoire et pour la vérité, avez-vous, Monsieur Dominique, la prétention d’appartenir au monde scientifique par le simple fait que vous avez habitude d’interviewer des savants?

Je terminerai, Monsieur Jean Léopold Dominique, pour dire que même si vous avez votre part de responsabilité dans cette crise que sévit la presse haïtienne, cela n’empêche que je vous pose ces questions : que doit-on faire de cette presse corrompue, pourrie et décrédibilisée ? Comment peut-elle regagner la confiance de la population?

Loin de me vanter d'avoir une culture livresque, Monsieur Jean Léopold Dominique, je récapitule pour vous, ci-dessous, les références que j'ai citées.

Cordialement,

Wilner Jean
Licencié en communication sociale et journaliste

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Lafontaine ORVILD, Autopsie de l’autorégulation de la presse haïtienne : Considérations éthico-politiques, Paris, l’Harmattan, «Questions contemporaines», 2019.

[2] «Haïti-Médias : Le Nouvelliste rejette les accusations diffamatoires de l’ancien président, Michel Martelly à son encontre», in Alterpresse, [en ligne], https://www.alterpresse.org/spip.php?article24120#.XxG6XyhKjIU, publié le 8 mars 2019, consulté le 17 juillet 2020.

[3] Romain MOLINA et alii., «Haiti FA president accused of sexually abusing young female footballers», in «The Guardian», https://www.theguardian.com/football/2020/apr/30/haiti-fa-president-accused-of-sexually-abusing-young-female-footballers, publié le 30 avril 2020, consulté le 17 juillet 2020.

[4] Patrick CHARAUDEAU, « Les médias, un manipulateur manipulé », in La manipulation à la française, Paris, Ed. Economica, 2003.

[5] Samuel CELINÉ, «La précarité des journalistes fragilise la démocratie en Haïti», [en ligne], https://ayibopost.com/la-precarite-des-journalistes-fragilise-la-democratie-en-haiti/, consulté le 17 juillet 2020.

[6] Luné Roc PIERRE LOUIS, Habermas et Haïti. Prolégomènes à une sémantique politique, Port-au-Prince, Média-Texte, 2e édition, 2015.

[7] Sandrine FRÉGUIN et Sophie DEVIENNE, «Libéralisation économique et marginalisation de la paysannerie en Haïti : le cas de l'Arcahaie», in revue Tiers-Monde, no 187, juillet-septembre 2006, pp. 621-642.

[8] H. Bruce HUFF, «Évaluation de diverses réformes possibles des droits de douane sur les importations de produits agricoles en Haïti», [en ligne], http://www.fao.org/3/a-au444f.pdf, publié en 2014, consulté le 17 juillet 2020.

[9] Dominique WOLTON, Sauver la communication, Paris, Flammarion, «Essais», 2005.

[10] Luné Roc PIERRE LOUIS, «Les médias haïtiens dans la crise du coronavirus ou l’épreuve du trilemme de Münchhausen (deuxième partie)», in Les Carnets Nord/Sud, [en ligne], https://lescarnetsnordsud.blog/2020/04/17/lune-roc-pierre-louis-les-medias-haitiens-dans-la-crise-du-coronavirus-2/, consulté le 17 juillet 2020.




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