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Par-delà la légitimité électorale trône l'éloquence de la compétence

Par-delà la légitimité électorale trône l'éloquence de la compétence



Les fiévreuses envolées des uns et des autres concernant l’échéance du mandat de l’actuel président haïtien se situent aux antipodes de l’approche essentielle et la plus appropriée pour la conjoncture politique actuelle. Je récuse ces catégories. L’opinion du Magister ne remplace pas l’attribution institutionnelle, soit du Parlement, soit de l’Appareil judiciaire. À cause de cela, d’une part, et, bien sûr, en raison d’une stratégie défavorable aux cohortes des âmes irresponsables se prélassant au pouvoir, j’ai opté pour le silence, d’autre part. Ce silence me parle de légitimité électorale, de légitimité administrative, des deux types principaux d’éloquence et de la suprématie incontestable et irremplaçable de la compétence. J’ai dû faire taire mon silence pour regarder la portée du piège électoral, le profil du démagogue, la valeur pratique des expressions « de facto » et « de jure » ainsi que l’exigence permanente de toute société humaine vis-à-vis des prétentions politiques diverses. Ici, le plaidoyer devient le panégyrique de la compétence trônant en unique éloquence valable élucidant, dans ses méandres, la différence fondamentale entre la légitimité électorale et la légitimité administrative.
I. Quid de la légitimité intrinsèque ?

La légitimité se rapporte au caractère de ce qui est juste et moral. Ce qui diffère de la légalité qui traduit la conformité à la loi. La légalité s’apprécie par rapport à l’ordre juridique établi. L’épistémologie nous enjoint à soupçonner la valeur de cet ordre juridique en nous obligeant à justifier la régularité formelle exprimée par la légalité d’un acte. Ce principe de justification ramène la légitimité qui hante l’équipe au pouvoir en procédant à une comparaison entre « ce qu’est le pouvoir » et « ce qu’il doit faire ». La légitimité donc, par définition, n’est ni immanente ni inhérente au pouvoir, mais relève du principe normatif indiqué dans le binôme de « ce qu’est le pouvoir » et « ce qu’il doit faire ». En d’autres termes, le pouvoir cesse de s’exercer avec autorité dans l’absence d’une action impérative reconnue à la dimension exacte des attributions y relatives. Par voie de conséquence, toute légitimité est reléguée à la relativité et est forcément tributaire de nombreux facteurs contingents. La légitimité du pouvoir est donc inextricablement liée au prestige administratif qui, à son tour, est reconnu à partir d’actes concrets. Nous en déduisons que la légitimité politique ne découle pas uniquement de la victoire électorale. En outre, toute légitimité basée sur une tradition quelconque est faussée et ne parviendra jamais à se supplanter à la légitimité démocratique qui est caractérisée par l’obtention d’une majorité absolue des voix aux Urnes ce qui, à son tour, suppose l’acceptation unanime de cette majorité que représente l’intérêt général. L’avis ou le vœu de la majorité absolue peut-être remise en question, à n’importe quel moment, par l’opinion publique nationale. Celle-ci est la caractéristique indéniable du fondement démocratique du pouvoir.

II. De la légitimité électorale.

Nous mettons en défi les institutions haïtiennes et le ressortissant haïtien de nous fournir les données statistiques vérifiables et crédibles supportant une tenue électorale ayant favorisé l’accession de quelqu’un au pouvoir, au suffrage universel, avec une majorité absolue réelle. Les Haïtiens, en majorité absolue, n’ont jamais porté quelqu’un ou un groupe au pouvoir. Qu’il s’agisse de la population haïtienne dans son ensemble ou de l’Électorat haïtien en particulier, nous n’avons pas encore assisté à la participation même de la moitié de la nation aux élections. Manigat, Aristide, Préval, Martelly ou Moïse n’ont bénéficié, aux Urnes, d’aucune unanimité ou majorité absolue et ne peuvent se targuer d’avoir représenté ou de représenter l’intérêt général. Voilà pourquoi nous tenons à expliquer les conséquences préjudiciables de la légitimité électorale telle que conçue chez nous, en Haïti.

Nous entendons par légitimité électorale l’obtention d’un mandat dérivé de la majorité absolue des voix des participants à une élection. Ce mandat est légal, mais non représentatif de la volonté de la nation haïtienne, à proprement parler. Un petit groupe décida de rédiger une loi électorale. Celle-ci établit un faux critère consacrant la victoire aux Urnes : « la majorité absolue des participants aux Élections et non la majorité absolue des Électeurs ». Il s’ensuit que les élus doivent continuer de se mettre à l'écoute de la nation après avoir pris investiture. En ce qui concerne le président actuel d’Haïti, Monsieur Jovenel Moise, vérifions les données statistiques relatives à son élection. Il a obtenu environ 591 000 voix aux élections. *Peyi Dayiti genyen anviwon 12 milyon moun ladan l. Sa vle di ke Jovenel Moïse pa gen menm 5% nan Pèp ayisyen an kite mete l prezidan. Gen yen 6 milyon 200 mil moun ki gen laj pou vote an Ayiti. Sa vle di pa gen yen menm 10% nan Elektora Ayisyen an ki te mete Jovenel Moïse prezidan*. De ce qui précède, nous déduisons que nos joutes électorales, à l’instar de Monsieur Jouthe, dérivent d’un arrangement en vue d’accéder au pouvoir. La légitimité électorale devient alors hautement questionnable et d’une précarité telle que nous assistons à la constante remise en question de cette majorité électorale par l’expression de la majorité réelle. Dans un pareil cas, on ne peut pas continuer à afficher un visage plus dur qu’un caillou face à l’expression populaire contraire, battant la grosse caisse creuse d’un mandat résultant d’un mauvais arrangement électoral fragilisé par l’absence de la population aux Urnes. Quel en est l’antidote efficace ?

III. De la légitimité administrative

En général, l’administration s’évalue à l’aune de la compétence. C’est le terrain unique de la régularisation pratique du pouvoir. « Si pèp la pat sòti an mas al vote w, omwen atire l nan sa ki bon ak gran ke w reyalize » Les élections déterminent « ce qu’est le pouvoir », l’administration constate « ce que fait le pouvoir ». Les étapes logiques d’une administration étatique postélectorale s’énumèrent comme suit :

• Le processus du transfert des dossiers, suivi de la prise en charge ou l’entrée en fonction ;

• Le dépouillement des priorités et classement des initiatives ;

• Maximiser l’emploi judicieux des ressources disponibles ;

• Gérer l’effrayante réalité en abandonnant ses vues utopiques antérieures ;

• S’acquitter loyalement de ses tâches.

IV. Le démos et le Démagogue

La légitimité administrative célèbre l’aboutissement logique des élucubrations idéologiques et doctrinales du démagogue en inaugurant, simultanément, l’ère de la nécessité de la satisfaction palpable des besoins de la population. Car le démos est balloté entre la ligne de conduite tracée par le démagogue et ses besoins urgents propres. Nous n’avons aucune indication sur la nature de la politique prônée par l’équipe actuelle. L’évasion caractérise, fondamentalement, la présidence de Jovenel Moïse. Que résulte-t-il de la caravane ? Qui peut identifier une seule initiative émanant de l’équipe actuelle dont la portée et les avantages seront concrétisés même dans un lointain avenir en faveur de la nation haïtienne ? Tout s’aggrave et s’empire. Le succès s’esquive partout. Les gaucheries et les maladresses se multiplient. L’apparence même de la fonction publique s’absente. Le démagogue, au sens péjoratif du terme, triomphe par l’effroyable gaspillage de tout ce qui se rapporte à la fonction publique.

V. La Fonction publique

La fonction publique, en Haïti, chancelle et clopine. C’est même un éloge de le formuler ainsi. Aucune activité d’intérêt général ne corrobore sa mission. Aucun mode d’organisation ne témoigne d’une prise en charge de la nation par les responsables. La stabilité est un rêve lointain. La continuité de l’État relève de l’imaginaire. Les institutions évoluent glorieusement dans la sclérose et l’ankylose. Le territoire est occupé par des missions étrangères. La sécurité n’est assurée à aucun égard. Le bien commun n’est même plus un vœu de poète ou un souhait de nouvel an. La capacité des responsables actuels de transcender appartenance et intérêts personnels pour cimenter les couches du pays et former ensemble une société plus juste et plus prospère est nulle. On ne reconnait plus l’image républicaine dans les activités de l’État. Les mêmes rengaines, les mêmes répétitions, un ramassis malsain de paroles décousues et dépourvues de sens répugnent l’éloquence. Exiger de l’équipe actuelle au pouvoir un brin de compétence revient à vouloir photographier le Dieu Très-Haut assis sur son Trône éternel : c’est une impossibilité.

VI. Les deux Éloquences en politique

L’éloquence ou verve concerne d’abord la capacité de persuader, de convaincre. Elle épouse deux formes principales : la parole et la signification ou substance. Hermès est congédié de la scène politique en Haïti. Les actions des responsables actuels sont empreintes d’une saleté telle qu’on aurait dit un renversement de tout ce qui est raisonnable et un éloge constant des contradictions les plus irréconciliables. Aucune expression de la beauté, de la bonté et du bien ne laisse un pâle reflet du passage de l’administration actuelle dans la vie nationale. Aucune idéologie ou système n’est en vigueur, aucune approche connue ou identifiable n’est préconisée dans le présent contexte politique en Haïti. Littéralement, nos politiciens ont suivi de Verlaine le conseil que voici : « Prends l’éloquence et tords-lui son cou ». Il y a belle lurette que nous avions assisté aux funérailles de l’éloquence politique en Haïti.

VII. La compétence par les actes

Nous venons de passer en revue les concepts et les notions qui déterminent le fonctionnement de l’Administration publique et du pluralisme démocratique. Notre première remarque concerne les carences et un problème de compétence. Quid de la compétence ? Le latin nous fournit deux mots. Cum qui signifie avec et potentia qui veut dire puissance. L’aptitude ou capacité à accomplir certaines tâches, la compétence témoigne d’un juste rapport. Sans ce juste rapport, la légitimité n’existe pas. La fonction publique plonge dans une pleine déliquescence. Il est évident que les autorités politiques haïtiennes actuelles ignorent tout de l’éloquence. Rien ne s’accorde, rien ne s’obtient de la nullité. Ex nihilo nihil. Néanmoins, l’État vit d’une exigence permanente : la recherche de l’excellence.

VIII. L’interchangeabilité des expressions « de facto » et « de jure »

À proprement parler, le pays haïtien n’a pas élevé l’actuel président d’Haïti à la Magistrature suprême de l’État. L’état actuel des choses en témoigne grandement. À la précarité d’un mandat issu d’un mauvais arrangement électoral s’ajoute la nullité administrative. Avec moins de 5% de la population entière du pays, qui oserait parler de légitimité électorale ? Avec moins de 10% de l’Électorat haïtien, comment octroierait-on un mandat digne du nom ? Il nous faut, en toute urgence, repenser les élections en Haïti. Il faut, à plus forte raison, redéfinir le cadre administratif de l’État haïtien. Car les dernières manifestations populaires organisées contre le président actuel à travers le pays comportaient un effectif largement supérieur aux 591 000 voix qu’il a obtenues aux Urnes. Nous n’avons pas entendu le cas d’un compétiteur, dans aucun domaine connu des hommes, célébrant triomphalement sa victoire avec une note de 5 sur 100 ou de 10 sur 100. Il n’est donc point insultant d’employer, alternativement, les clichés juridiques « de facto », « de jure », en référence au pouvoir actuel. Admettons que sur le plan administratif, les gouvernements, pour réussir, doivent être inclusifs.

IX. Le piège électoral

La compassion marque profondément notre identité. Un instinct de solidarité a commandé notre unité lors des prouesses ayant abouti à 1804. Ainsi, le noir est offensé quand ses traits physiques et sa teinte épidermique servent de base aux attaques politiques dirigées contre sa personne dans les compétitions électorales. En Haïti, le noir siège en digne fondateur de Nation. Voilà pourquoi nous avions tancé, très sévèrement, ceux qui parlaient avec une humeur triviale et grivoise du président actuel et de sa femme. Car le citoyen haïtien, de quelque provenance qu’il soit, doit pleinement jouir de ses droits civils et politiques. Un certain degré de respect s’attache aussi à l’institution qu’il incarne aussitôt investi dans ses fonctions. Nous devons apprendre à établir le distinguo entre la personne individuelle et la personne institutionnelle. Ironie du sort, l’actuel président d’Haïti répond, dans tous les sens, à l’image de l’écrasante majorité des citoyens du pays. Son épouse nous rappelle également nos cousines, nos sœurs, nos voisines, nos condisciples, bref, une haïtienne. Nul n’est donc autorisé à s’en servir pour minimiser leur présence à la tête du pays comme s’ils devraient avoir les cheveux couleur carotte et la peau comme l’intérieur du giraumont. Conservons notre froideur d’esprit. Car en présentant nos cahiers de charges contre le vacarme administratif qui prévaut en Haïti, certains s’amusent dans une folie conservatrice des stupidités relatives à une stratification sociale plus dangereuse encore que la corruption, le vol et les crimes puisqu’elles alimentent ces derniers en en faisant les frais de manière ponctuelle et régulière. Réitérons l’incontestable admission de l’échec spectaculaire du président actuel ainsi que celui de ses prédécesseurs.

En effet, le piège électoral octroie un titre, une écharpe de Chef de l’État. Ces derniers pèsent aussi lourdement que tous les maux, tous les problèmes de la nation. L’entourage du président n’assume pas une responsabilité pratique dans les défaillances qui lui sont attribuées. La catastrophe nationale actuelle arrive malgré les valises lourdes de diplômes de ces docteurs sans nombre peuplant tous les couloirs du palais et des ministères. Une note aiguë de méchanceté sans rivage nous découvre ces éléments jouissant abondamment de la bonne grâce du président et plus abondamment encore des ressources de la nation sans parvenir à mouvoir d’un cran la brouette nationale. Une plus grande responsabilité repose sur les épaules de ces âmes damnées, visiteurs haineux de ce pays qui les a vus naitre et les a nourris. Les accusations touchant l’incompétence s’adressent d’abord et principalement à ces savants avortant sans cesse de la moindre réussite et des plus insignifiantes réalisations.

X. Les procédures de destitution.

Revenons à la question essentielle. Est-il possible de destituer le président actuel ? La procédure de destitution d’un Chef d’État n’est quasiment plus applicable dans la conjoncture actuelle. Car on ne déclare pas le renvoi ou la révocation d'un président de la République. La présidence étant une institution, seule une institution compétente est habilitée à constater la caducité, le renvoi, la destitution de son titulaire. Or, Monsieur Jovenel Moïse ne démissionnera pas. Les groupes de pression lui sont jusqu’ici favorables. La communauté internationale opte pour les élections. Les deux autres options restantes sont un gaspillage non souhaitable. La première consiste dans les exégèses des hommes de droit du texte constitutionnel s'y rapportant. Les opinions d’un distingué membre du Tribunal ou d’un professeur de droit n’exercent aucune autorité véritable dans le concret des décisions de l’État. Il ne s’agit que d’opinions individuelles. L’interprétation du texte de la Constitution, tant la lettre que l’esprit, relève de la compétence de la branche législative de l’État. Heureusement pour le président actuel, celle-ci n’existe pratiquement pas pour l’instant présent. Le débat sur l’échéance du mandat de Monsieur Jovenel Moïse – 7 février 2021 ou 7 février 2022 ? – devient un exercice intellectuel peu productif, proche de la stérilité. L’autre option renvoie à des mobilisations massives. La dernière diversion orchestrée avec un nombre impair de « mauvais G » représente le paroxysme de l’intimidation et une forme brutale d’avertissement en ce sens. N’oublions pas que le but des manifestations populaires est de pressurer les différents acteurs à se désolidariser avec le pouvoir, provoquant ainsi l’isolement et la démission éventuelle du Chef de l’État. Une telle aurore ne se lèvera point à l’horizon politique actuel.

Seule la réédition de l’Unité réalisée au sein de la Crête-à-Pierrot repoussera les jeux macabres des foules vampirisées des ennemis de la nation. Cette Unité n’est pas politique, elle est citoyenne. Pour saper le piège électoral étranglant la nation, pour le triomphe historique du peuple haïtien contre les fallacieuses légitimités électorales, pour l’instauration de la légitimité administrative où trône l’éloquence de la compétence, l’heure sonne déjà pour forcer les partisans, alliés et mercenaires du pouvoir actuel à battre en retraite afin que les bras courageux des filles et des fils du pays participent pleinement, une fois pour toutes, à la construction de notre nation.


Rabbi Yaakov Betzalel HaShalom Porte-des-Étoiles, Kilomètre 47, Thozin, Grand-Goâve, Haïti ryhshbbam1@gmail.com




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