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Du droit du plus fort au droit du plus faible

Du droit du plus fort au droit du plus faible



Le nouveau Code pénal haïtien suscite beaucoup de débats depuis sa publication au journal officiel « Le Moniteur » en date du 24 juin 2020. Les intellectuels de tout acabit, les militants politiques, les défenseurs des droits humains se positionnent sur plusieurs articles du nouveau code qu’ils jugent immoraux. Le secteur religieux de la société haïtienne exprime aussi leur désaccord. Dans ce long débat, nous nous interrogeons surtout sur la dépénalisation de l’avortement, un sujet que nous avons traité dans le cadre de notre travail de mémoire de sortie à la faculté de droit : « L’avortement dans la société haïtienne : crime ou droit »

La vie humaine commence dès la conception et le fœtus est un être humain autonome et indépendant du corps maternel selon le mouvement pro-vie (Le livre rouge de l’avortement Jhon Charles Willke 1973). Entre l’union du spermatozoïde et de l’ovule, ou du moins le blastocyste et la naissance de l’enfant, il n’y a pas un moment précis où l’on puisse dire qu’il n’y a pas de vie humaine. Autrement dit, la vie humaine débute dès la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule. Cela traduit que la pratique de l’avortement est la destruction d’une vie, c’est également la violation du droit à la vie du fœtus, le meurtre pur et simple d’un enfant.Par Conséquent, la destruction de cette vie humaine est l'équivalent d'un meurtre et tout meurtre est passible de sanctions pénales. Il est inconcevable que les autorités, qui devraient être garantes de la vie des plus faibles, prennent la défense des meurtriers et des meurtrières. Il faut appeler un chat un chat.Quelqu’un qui commet un crime sur un fœtus ou un embryon, avons-nous souligné, est équivalent à celui qui tue un individu, car l’enfant à naître est un être humain.

Il est important de comprendre que l’avortement est à la fois un génocide et un quasi-suicide. Un génocide : la femme avortée anéantit délibérément la progéniture de la victime. Elle a détruit un ensemble de générations. C’est aussi un quasi-suicide, car c’est au péril de sa vie que la femme extermine, déracine le produit dont elle a germé.

Une loi au plus faible

Si ce nouveau Code pénal est fait pour protéger les plus vulnérables, les plus faibles. , je me demande entre la femme qui a la capacité de se défendre et le fœtus qui est sans défense, lequel des deux est plus faible? Entre le droit de la vie et le droit de la femme, lequel est prioritaire dans une société de droit? Aujourd’hui, nous assistons à un virage à 1800 degrés, l’avortement qui est un crime puni par le Code pénal de 1835 dans son article 262 va devenir un droit dans le nouveau Code pénal. Ce nouveau code dépénalise l’avortement. Il n’y a maintenant aucune punition contre quiconque commet un tel acte.

Ce qui est juste doit être fort et ce qui est fort doit être juste. Dans tout état de droit, la justice est une force qui doit faire sa preuve et non satisfaire les desiderata d’un groupe.Elle est faite pour contraindre les citoyens à vivre d’une manière respectueuse, décente, convenable et agréable. L’État a le monopole de la contrainte juridique. Il est le garant de la société, il maintient l’ordre public par un ensemble de règles qui assurent la moralité et la sécurité de tous les citoyens. Ces règles et lois visent à contrôler et à faire modifier le comportement du citoyen dans le sens du bien et non le sens du mal.

Cependant, l’avortement, l’homosexualité, le transgenre, la pédophilie, la zoophilie, la prostitution juvénile, l’exploitation sexuelle des mineurs, etc. du nouveau Code pénal sont tous condamnés par la loi naturelle. Cette dernière est connaissable tant par la foi que par la raison. Cela veut dire que la loi ne doit pas se concevoir au détriment de la société, au contraire elle doit être créée pour le bien et pour le bon fonctionnement de celle-ci. Elle constitue le lien qui unit chaque individu dans la communauté. Elle protège les droits fondamentaux tels que : droit à la vie, droit à l’éducation, droit à la santé, droit à la liberté.

Depuis que le monde est monde, la justice a toujours été le produit de la raison, jamais du sentiment ou de la folie. Quand le sentiment prime sur la raison, la justice devient obsolète et morte. À qui profite de ce nouveau code pénal? Le droit des plus faibles de la société haïtienne est-il réellement pris en compte dans ce nouveau code?

Antony Louis MA, Éd. B.D. av.




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