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Élection indirecte : la seule façon de résoudre la crise du Conseil Électoral Permanent en Haïti

Élection indirecte : la seule façon de résoudre la crise du Conseil Électoral Permanent en Haïti



Le CEP est un problème majeur dans la construction du système démocratique haïtien au cours des 30 dernières années. Il semble que l’ancienne présidente Ertha Pascal Trouillot ait été la seule de ce titre à avoir le moins de problèmes avec cette institution. Nous devons comprendre que les élections qui ont conduit Aristide au pouvoir au début des années 90 ont été les premières à être de véritables élections démocratiques. Dans les années 90, nous n’avions pas tous ces partis politiques qui s’intéressaient autant au système politique. Quand on regarde le problème de près, le CEP n’est pas l’unique complication ; il faut plutôt se pencher sur la configuration politique avec une approche de « gagnant prend tout ». Dans le système politique haïtien, qu’un parti politique prenne tout est inacceptable pour tous les autres partis. À l’heure actuelle, il s’agit de PHTK et tous les autres partis sont à l’extérieur. S’il y a une autre élection, ce sera probablement la même chose. C’était la même chose sous les gouvernements Lavalas.

Le CEP sous le président Préval

René Préval a été président d’Haïti de 1996 à 2001 et de 2006 à 2011. Il a dû créer un CEP au moins deux fois au cours de ses deux mandats. M. Préval a été le seul président de l’histoire moderne d’Haïti à avoir purgé 2 mandats pacifiquement. À la fin de son premier mandat, la plate-forme politique la Convergence démocratique refusait de participer au CEP parce qu’elle n’y croyait pas. Ce CEP était perçu comme une organisation pour placer le président Jean Bertrand Aristide comme remplacement du président Préval. L’ancien professeur Gérard Pierre Charles considérait le CEP comme une organisation pour poursuivre la politique du régime Lavalas. Plusieurs organisations de la société civile comme la conférence de l’Église Épiscopale avaient critiqué l’Organisation des États américains (OEA) pour son soutien au CEP et à la position du président Préval. Le président Préval a quand même réussi à avoir le CEP sans la participation des principaux partis politiques de l’opposition ou de la plateforme de convergence. M. Aristide est devenu président, mais a été démis de ses fonctions en 2004.

C’était la même chose en 2010 au CEP. Le sénateur Youri Latortue et d’autres membres de l’opposition ont été très critiques à l’égard du CEP. Ils voulaient que le président Préval l’abolisse et le remplace par un nouveau CEP. Le président ne voulait pas faire cela. L’ambassade américaine sous Kenneth Merten était un allié du président parce que les deux tenaient absolument à tenir les élections. Le président Préval a réussi à expulser Wyclef Jean de la liste du CEP et le musicien Michel Joseph Martelly est devenu président du pays. Des membres de l’opposition ont accusé le président Préval et l’ambassade des États-Unis de fraude électorale. Malgré cela, l’OEA a approuvé l’élection comme un succès.

Le CEP sous le président Martelly

Le président Michel Martelly a eu toutes sortes de problèmes lors de la mise en place du CEP. L’opposition politique ne le pensait pas capable de mettre en place un CEP crédible pour des élections justes et équilibrées. Le président Martelly a rencontré les membres du CEP en septembre 2014 pour voir la meilleure façon d’organiser les élections. Ensemble, ils ont convenu que l’élection devrait être juste et démocratique. Le parlement était très sceptique à l’égard du CEP et ne voulait pas y choisir ses représentants. Le président Martelly avait dû leur accorder du temps pour choisir leurs représentants. Malgré tout cela, le président termine son mandat sans élection présidentielle. Le parlement du pays avec un accord avec le président Martelly a réussi à organiser une élection unique où M. Privert est devenu le président du pays par un vote majoritaire du parlement.

Le CEP sous le président Jovenel

Les présidents Alexandre Boniface et Gérard Latortue après la destitution d’Aristide au pouvoir en 2004 ont eu toutes sortes de problèmes dans la mise en place du CEP. En dépit des problèmes, Gérard Latortue avait réussi à organiser une élection où le président Préval a été réélu président du pays. C’était pareil pour le président Privert. Il avait eu toutes sortes de problèmes avec le CEP, mais avait réussi à tenir l’élection où M. Jovenel Moise est devenu président du pays.

Par rapport aux administrations précédentes, la mise en place du CEP est plus difficile sous le président Jovenel Moise. La plupart sinon tous les partis politiques de l’opposition et de la société civile ont catégoriquement refusé de participer au CEP pour les prochaines élections. Le président parvient quand même à avoir son CEP. Comme d’habitude, l’ambassade américaine et l’OEA soutiennent le président. La direction du Parti démocrate aux États-Unis a déclaré que : « des élections justes et équilibrées n’auront pas lieu en Haïti en raison des conditions de sécurité sur le terrain. » La députée américaine Maxine Waters a déclaré qu’Haïti ne peut pas avoir l’élection parce que les conditions ne sont pas réunies. L’Ambassade de France a une position similaire. Malgré cela, l’administration Trump, l’Ambassade des USA et l’OEA soutiennent le président Jovenel pour organiser l’élection indépendamment de la participation de l’opposition et des conditions de sécurité sur le terrain.

Comme vous pouvez le voir dans cet article, le problème du CEP dépasse ce président ou ce gouvernement. Le problème est centré sur le régime politique établi dans la constitution de 1997. D’autres pays avec le même régime ont des problèmes électoraux similaires. Biélorussie, Venezuela, la République du Mali, etc. sont des exemples de pays faisant face à ce même problème. Comme je l’ai mentionné dans plusieurs articles auparavant, la seule façon pour nous de résoudre ce problème du CEP est d’avoir des élections indirectes où le CEP est mis en place pour n’avoir que des élections parlementaires où la plupart des grands partis politiques auraient des représentants au Sénat et à la chambre des députés. Le président du pays serait choisi par un vote majoritaire au parlement avec un pouvoir limité tout comme c’est le cas dans les pays établis à régime parlementair ; le gouvernement proviendrait de la chambre des députés. C’est la seule solution durable à cette crise.

La configuration actuelle où un parti ou une personne prend tout le pouvoir politique du pays n’est pas acceptable. Les élections indirectes, le régime d’assemblée, de gouvernement parlementaire ou de gouvernement représentatif résolvent le problème du CEP dès le départ. C’est la beauté de ce système. Le Canada, l’Allemagne, l’Italie, l’Afrique du Sud, les Bahamas, la Jamaïque, Trinidad-et-Tobago et de nombreux autres pays avec le système électoral indirect n’ont jamais eu ce problème. Nous pouvons les suivre dans cette belle tradition d’élection indirecte.

Pour lire mes autres articles, vous pouvez m’envoyer un email à : Adeshommes@hotmail.com ou aller sur google et taper : Le national/Archange Deshommes

Archange Deshommes, ancien enseignant des écoles publiques à Miami, FL, USA
Certifié en sciences sociales par le Florida Department of Education

Adeshommes@hotmail.com




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