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Le pays va mal

Le pays va mal



Le pays va mal. Mal à un point tel qu’on ne sait plus quelle partie soigner avant. Toutes les institutions sont en crise. Qu’elles soient publiques ou privées. Comme l’aurait dit l’éminent professeur Yves Dorestal, Ph.D : « en Haïti, seule la crise n’est pas en crise ». Outre le pays le plus pauvre de la région, Haïti est devenu un pays spécial.

Les bonnes zones, ou les bons départements n’existent presque plus en Haïti. Jadis, il fallait être à Cité Soleil, Solino ou Grand-ravine pour se faire abattre, maintenant les zones dites résidentielles n’existent presque plus. À titre d’exemple, on peut prendre le cas du feu professeur Dorval qui s’est fait assassiner à un jet de pierre de la résidence privée du président de la République, Jovenel Moïse, à Pèlerin 5. Un quartier qui était censé être sous la haute surveillance.

L’institution policière n’existe presque plus. Elle perd progressivement sa crédibilité. En effet, certains agents de cette force de l’ordre rejettent d’un revers de main leur mission de protéger et servir, et s’accoutument de préférence à des missions politiques, despotiques et « macoutistes » au point qu’ils deviennent aussi effrayants que les bandits le sont eux-mêmes. C’est le cas des meurtres, bastonnades et jets de gaz lacrymogènes qu’ils font à l’encontre de la société civile face à leurs revendications populaires. C’est aussi le cas de Gregory Saint Hilaire qui s’est fait abattre par les agents de l’USGPN à l’intérieur même de son établissement universitaire (ENS-UEH).

Face à la surabondance de crises auxquelles fait face Haïti depuis plusieurs années, les bourgeois ont eux aussi perdu leur crédibilité. Car, à part de vouloir maintenir la classe prolétarienne dans la crasse, alors qu’elle est la main d’œuvre qui leur a valu toute leur richesse, ils ont aussi leur mot à dire face à la situation insécuritaire du pays. Doit-on rappeler à ce sujet l’un des derniers discours de Barbecue, selon lequel Réginald Boulos aurait l’habitude de lui octroyer des armes et munitions de guerre ?

Le Parlement aussi, bien que caduc, n’a plus la même valeur républicaine qu’elle avait dans le temps, conformément à la constitution de 1987 qui l’a fait naître. En effet, à l’instar du pouvoir de contrôle qu’il exerce à l’encontre de l’exécutif comme l’une de ses missions principales, le parlement a aussi pour mission de voter des lois. Pourtant, étant une centaine de députés et une trentaine de sénateurs, ils sont des dizaines à avoir achevé leurs mandats sans pour une fois avoir pris l’initiative de la création d’une loi. Outre la faillite de cette mission constitutionnelle, ils sont nombreux à monnayer leurs votes à des fins personnelles.

Les "savés" haïtiens aussi sont vus d’un mauvais œil. Car pour eux, sont intellectuels les gens qui savent manigancer leurs savoirs et intelligences au détriment de ceux qui ne savent pas : les profanes. Ils s’érigent en Malice (le sophiste et intelligent) au préjudice de l’autre qu’ils considèrent forcément comme Bouqui (l’incrédule et loyal). Tout le monde veut profiter de la faiblesse et l’ignorance de l’autre pour satisfaire son égo. C’est le cas des autorités électives haïtiennes qui, ayant la mémoire courte, font en sorte d’oublier la masse populaire qui les a votés une fois avoir conquis le pouvoir public. Est-ce la finalité de l’intelligence, de l’intellectualisme ? Prendre pour abrutis ceux qui vous ont fait confiance ?

De quelque façon que cela soit, telle que susmentionnée, il n’y a pas une institution de la République qui soit épargnée des maux dont souffre le pays. C’est la République en entier qui est malade. À quand le rétablissement de la première république noire du monde ?

© Jim Larose

Note : je suis certes Jimmy Larose, mais mon nom de plume est Jim Larose.




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